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André-Marie
Ampère
est un physicien, né à Polémieux, près de Lyon,
en 1775, et mort à Marseille
le 10 juin 1836. Son père J.-J. Ampère, ancien négociant,
était chargé des fonctions de juge de paix à Lyon,
au moment de la Révolution. Il
fit partie du comité qui s'insurgea au mois de mai 1793 contre la
municipalité terroriste et résista pendant 60 jours à
l'armée de la Convention.
Aussi, Dubois-Crancé le fit arrêter le 29 septembre 1793 et
l'envoya à l'échafaud le 24 novembre. Avant de mourir
J.-J. Ampère adressa à sa femme une lettre touchante où
nous relevons une phrase prophétique :
« Quant à mon fils. il n'y a rien que je n'attende de lui. »Dès son enfance, en effet, André-Marie avait montré des dispositions remarquables pour les mathématiques -
André-Marie Ampère (1775-1836). La mort terrible de son père causa à André-Marie Ampère un ébranlement profond : pendant près d'un an il fut incapable de s'intéresser à ses études. Mais le 10 avril 1796, il rencontra, en herborisant dans un pré, la jeune fille qui devait être la passion, le seul amour de toute sa vie; les sentiments qu'il éprouve à sa vue mettent heureusement fin à cette apathie, à ce dégoût de toute chose, de ses livres mêmes, dont il se plaignait à ses amis. Dès lors, Julie occupe dans son existence une place immense. Il écrit un Journal où les moindres entrevues avec sa fiancée sont notées soigneusement en phrases courtes et nettes, d'une naïveté et d'une fraîcheur exquises. Nous suivons pas à pas ses progrès, ses luttes, ses joies, ses désespoirs : il est très jeune, il est pauvre, il n'a d'autres ressources que le prix de leçons de mathémathiques qu'il donne à Lyon; toutes raisons qui inspirent à la famille Carron de légitimes inquiétudes. Enfin, le 6 août 1799, Ampère
épouse Julie. (Ballanche à écrit
à cette occasion un curieux épithalame.)
La première année de cette union réalisé toutes
les joies rêvées : mais de l'aveu du grand savant, c'est la
seule vraiment heureuse de sa vie entière. En 1800 naît J.-J.
Ampère ( « Ma vie est un cercle, dit-il, dont tous les anneaux se ressemblent, m'ennuyer en travaillant, m'ennuyer lorsque j'ai un moment de repos, voilà à peu près toute mon existence. »Il avait toujours eu un penchant aux impressions mélancoliques, au détachement terrestre. Mais ces impressions, rares dans sa jeunesse, deviennent habituelles quand il a perdu Julie. II n'a plus désormais qu'un plaisir : disputer sur la méthaphysique avec Maine de Biran, Cabanis, Destutt de Tracy. Pourtant il a conquis rapidement la notoriété et la gloire. Il est nommé successivement répétiteur d'analyse à l'Ecole polytechnique (novembre 1804), membre du bureau consultatif des arts et métiers (1806), inspecteur général de l'université (1808), professeur d'analyse à l'Ecole polytechnique (1809), membre de l'institut (1814), membre de la plupart des académies étrangères. Il est devenu le grand Ampère. En effet, en 1820, il trouva véritablement sa voie; répétant les expériences d'Oersted , il découvrit la loi générale des attractions et répulsions électromagnétiques; il sut, par une analyse profonde, remonter de l'action complexe, exercée l'un sur l'autre par deux courants électriques, à l'action élémentaire de deux courants de dimensions infiniment petites; c'est son plus beau mémoire. Les théories qui y sont exposées forment encore aujourd'hui la base de l'électromagnétisme classique. Ampère a été aussi l'un des promoteurs d'une hypothèse célèbre, d'après laquelle tous les gaz renfermeraient, sous le même volume, le même nombre de molécules. Ampère a laissé deux mémoires célèbres sur l'intégration des équations aux dérivées partielles, qui, à eux seuls, suffiraient pour lui faire occuper une place distinguée parmi les mathématiciens de son époque (Journal de d'Ecole polytechnique, t. XI). Mais il n'a retrouvé ni la bonheur, ni la tranquillité d'esprit de ses jeunes années. En vain a-t-il essayé d'aimer une autre femme : son second mariage (1807), dont il eut une fille Albine Ampère, ne lui causa que des déceptions et il dut se séparer de sa femme, après de cruels démêlés judiciaires (1809). André-Marie Ampère mourut, ou plutôt, comme on l'a dit justement, il acheva de mourir au cours d'une tournée d'inspection générale, peu de temps après avoir terminé un important ouvrage sur la classification des sciences. Grâce au Journal et à la Correspondance d'Ampère, nous avons la bonne fortune de connaître ce savant d'exception dans l'intimité la plus complète. La tendresse la plus pure, la bonté la plus rare, la bonhomie la plus charmante, tels sont les traits principaux de son caractère. Sa sensibilité est extrême : quand le malheur ne le touche pas personnellement, il souffre pour les siens, pour ses amis, pour l'humanité; une catastrophe historique lui fait verser des larmes. Ballanche a dit : « C'est un brasier qui était dans son coeur. »Aussi, en quelque haute estime que l'on mette les oeuvres d'Ampère, la sympathie qu'excite son caractère est si vive qu'on ne sait ce qu'il faut admirer le plus de son coeur ou de son génie. (J. et R. S.).
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| Jean-Jacques Antoine Ampère
est un littérateur français,
fils du précédent, né à Lyon
le 12 août 1800, et mort à Pau Romantique et libéral, Jean-Jacques
Ampère avait collaboré, dès la fondation, au Globe
de Dubois et à la Revue française où Guizot
combattait le gouvernement, mais où lui-même, dédaigneux
de la politique militante, ne s'occupa jamais que de questions littéraires.
En 1830, sur le refus de Sainte-Beuve et
la proposition de Mignet, il alla professer à l'Athénée
de Marseille,
nouvellement fondé. Il y traita de la poésie
primitive chez les peuples du nord de l'Europe Plus importante encore peut-être
fut la révélation au public français des Niebelungen
Jean-Jacques Ampère (1800-1864). Ces sortes de problèmes le passionnèrent toujours, et, mis en goût par ces premières découvertes, Jean-Jacques Ampère étudia l'origine de la langue et de la littérature françaises, qui n'était alors guère mieux connue que celle des épopées scandinaves. Que n'étudia-t-il pas? Rien ne l'avait rebuté, ni le sanscrit, ni le chinois, ni les hiéroglyphes; et sur tout il avait quelque vue originale, paradoxale souvent, parfois profonde. Revenu à Paris, il suppléa Fauriel et Villemain à la Sorbonne et en 1833, à la mort d'Andrieux, le remplaça dans la chaire d'histoire de la littérature française au Collège de France. En 1841, J.-J. Ampère repartit pour
un nouveau voyage, alla jusqu'en Egypte A son retour, Jean-Jacques Ampère
fut nommé à l'Académie des inscriptions en remplacement
de Gérando (1842). En 1848, il remplaçait
A.
Guiraud à l'Académie
française. L'Amérique Jean-Jacques Ampère est un esprit avant tout curieux, primesautier, avec plus d'étendue que de profondeur et d'exactitude. Il a touché à bien des sujets et il ne laisse rien de complet, c.-à-d. de relativement définitif sur aucune des diverses études qu'il avait embrassées. Hippolyte Babou a pu l'appeler spirituellement « l'écrivain de société, le savant d'académie, le voyageur content, l'historien touriste..., le démocrate de salon... » Il faut du moins lui rendre cette justice, d'avoir, en plus d'un côté, entrouvert des voies nouvelles. Sainte-Beuve l'a reconnu et en a témoigné. Ses recherches, bien que superficielles, sur les premiers siècles de la littérature française en ont provoqué de plus savantes, et c'était tout au moins une idée heureuse que d'aller étudier l'histoire ancienne aux lieux mêmes où elle s'était déroulée. Il avait sur toutes choses des curiosités d'ordre supérieur, le besoin de savoir et le besoin d'enseigner; aussi a-t-il beaucoup écrit. (R. de Gourmont). |
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