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Jussieu
(Antoine de) naturaliste, né à Lyon
en 1686, mort en 1758, était fils d'un apothicaire et manifesta
de très bonne heure un penchant invincible pour l'étude de
la botanique. Après s'être fait recevoir docteur en médecine
à Montpellier ,
il vint en 1708 à Paris, puis fit un voyage botanique en Normandie
et en Bretagne ,
fut nommé à son retour professeur de botanique au Jardin
du Roi ,
en remplacement de Tournefort, enseigna la
même science à la Faculté de médecine de Paris ,
en même temps qu'il exerçait avec grand succès comme
médecin. Il fut admis en 1711 à l'Académie
des sciences.
Antoine de Jussieu fit de savantes excursions
dans la France méridionale, l'Espagne, le Portugal, les résultats
de ses travaux dans les Mémoires de l'Académie des
sciences. Il a aussi publié à part quelques petits ouvrages,
notamment un Discours sur les progrès de la botanique, Paris,
1718. On lui doit une édition des Institutiones rei herbariae
de Tournefort augmentées d'un Appendice (Lyon, 1719), et
la publication des planches botaniques de Barrelier,
auxquelles il joignit un texte (1714, in-fol.).
En 1772, le docteur Grendoger de Foigny
publia, sous le titre de Traité des vertus des plantes, un
cours de matière médicale qu'A. de Jussieu avait professé
à la Faculté de médecine de Paris. C'est Antoine de
J. qui fit le premier connaître la fleur
et le fruit
du caféier. |
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Jussieu (Bernard de),
frère du précédent, né à Lyon
en 1699, mort à Paris
en 1777, accompagna Antoine dans son voyage botanique en Espagne et au
Portugal, se fit recevoir docteur à Montpellier en 1720, et succéda
en 1722 à Vaillant dans les fonctions
de démonstrateur de botanique au Jardin du Roi .
En 1725, il publia une édition augmentée de l'Histoire
des plantes des environs de Paris, de Tournefort. Ce livre, encore
estimé aujourd'hui, le fit admettre à l'Académie des
sciences, quoiqu'il fut âgé seulement de 26 ans. Aucun naturaliste
de son temps n'a plus ni mieux su. Cependant il publia peu, et il se borna
à donner quelques Mémoires, très remarquables
à la vérité, dans le recueil de l'Académie
des sciences. Mais cet homme qui écrivait si peu méditait
sans cesse sur les lois qui régissent les êtres organisés,
et sur les rapports par lesquels ils se lient les uns aux autres : chargé
en 1758 de diriger la plantation d'un jardin botanique à Trianon,
au lieu de suivre pour cette opération le système de Linné,
presque exclusivement adopté à cette époque, il distribua
les plantes suivant une méthode naturelle, basée sur l'ensemble
de leurs rapports. Cette méthode est la première esquisse
de celle qu'Ant. Laurent, son neveu, publia par la suite. Bernard de Jussieu
est un de ceux qui ont le plus contribué à l'accroissement
du Muséum d'histoire naturelle : on remarque au Jardin des Plantes
un cèdre du Liban qu'il apporta dans son chapeau en 1734, et qui
est devenu le plus grand arbre du jardin. |
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Jussieu (Joseph de),
frère des précédents, né à Lyon
en 1704, mort en 1779, se livra aussi dès sa première jeunesse
à l'étude des sciences. A la fois ingénieur, naturaliste
et médecin, il accompagna, en qualité de botaniste, les astronomes
qui allèrent en 1735 au Pérou mesurer un arc du méridien.
Après que ses collègues furent repartis pour l'Europe, il
continua de parcourir l'Amérique méridionale pour y poursuivre
ses recherches d'histoire naturelle et ne revint en France qu'en 1771,
après 36 ans d'absence. Mais sa santé avait reçu de
profondes atteintes et il mourut sans avoir pu rédiger les mémoires
de ses voyages. Il avait envoyé ou rapporté au Jardin du
Roi
un grand nombre de graines
et d'échantillons de végétaux. On lui doit la découverte
de l'héliotrope du Pérou. Depuis 1743, il appartenait à
l'Académie des sciences. |
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Jussieu (Ant. Laurent
de), neveu des précédents, né à Lyon
en 1748, mort en 1836, vint à Paris
en 1765, pour terminer ses études sous la direction de son oncle
Bernard y prit en 1770 le grade de docteur en médecine, suppléa
quelque temps Lemonnier dans sa chaire de botanique
au Jardin du Roi ,
fut nommé en 1777 démonstrateur dans le même établissement
à la place de son oncle et fut admis en 1773 à l'Académie
des sciences. En 1789, il publia le Genera Plantarum secundum ordines
naturales disposita, livre admirable, "qui fait, dit Cuvier,
dans
les sciences d'observation, une époque peut-être aussi importante
que la chimie de Lavoisier dans les sciences
a d'expérience." Il y applique à tout le règne
végétal une méthode de classification naturelle (ou
du moins visant à l'être). En 1784, il fit partie de la commission
choisie au sein de la Société royale de Médecine pour
l'examen du magnétisme animal : ne pouvant s'accorder avec ses collègues
sur l'appréciation des faits, il refusa de signer leur rapport,
et en publia un particulier pour expliquer et motiver son refus : il y
reconnaît la réalité des effets singuliers produits
par Mesmer, et les attribue à l'action
de la chaleur animale. De 1790 à 1792, il fut membre de la municipalité
de Paris, et chargé, à ce titre de l'administration des hôpitaux
et hospices. En 1804, il fut nommé professeur à la Faculté
de médecine de Paris: mais, en 1822, il se vit arbitrairement privé
de cette chaire. En 1826, l'affaiblissement de sa santé et de sa
vue l'engagea à se démettre de ses fonctions de professeur
au Muséum; mais il conserva jusqu'à sa mort toute la netteté
de son esprit. Depuis la publication de son Genera, il était
sans cesse occupé de perfectionner ce grand travail : les résultats
de ses recherches à ce sujet ont été consignés
dans une suite de Mémoires remarquables; mais il n'a pu,
comme il le voulait, donner une nouvelle édition de son ouvrage.
On doit encore à Ant. Laurent une suite de notices sur l'histoire
du Muséum, et un grand nombre d'articles de botanique dans le Dictionnaire
des sciences naturelles, parmi lesquels on remarque surtout l'article
sur la méthode naturelle. |
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Jussieu (Adrien de),
fils de Laurent, né à Paris
en 1797, mort en 1853, continua l'illustration de cette famille. Il remplaça
son père dans sa chaire de botanique au Muséum en 1826, et
fut reçu en 1831 membre de l'Académie des sciences. En 1845,
il suppléa à la Sorbonne Aug.
de St-Hilaire comme professeur d'organographie végétale;
il continua ce cours jusqu'à sa mort avec un succès remarquable.
Ses principaux ouvrages sont : sa Thèse sur la famille des
Euphorbiacées, 1824; une Monographie des Rutacées,
1825; un Mémoire sur le groupe des Méliacées,
1830; la Monographie des Malpighiacées, 1843, oeuvre capitale,
à laquelle il avait travaillé 14 ans; un excellent Traité
élémentaire de botanique, rédigé pour les
collèges, 1840; un petit traité de taxinomie
botanique, publié en 1848 dans le Dictionnaire universel d'histoire
naturelle. On a en outre de lui un grand nombre de Notices ou
Rapports
insérés dans divers recueils. |
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