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La Divine Comédie

La Divine Comédie est une Epopée qui a pour auteur Dante Alighieri. C'est le récit d'une vision durant laquelle Dante, transporté dans le monde surnaturel enseigné par la théologie du Moyen âge, est admis à contempler les supplices des damnés dans l'Enfer, l'état des âmes dans le Purgatoire, les joies célestes des justes dans le Paradis. Rien de plus commun alors que ces sortes de visions : au nombre des plus célèbres se trouvent le Voyage de St Brandan, la Vision du frère Albéric, le Purgatoire de St Patrice, etc., et c'est à ces fantastiques récits que Dante a emprunté le cadre de son poème.

Ce poème s'ouvre par une sorte de prologue allégorique où Dante raconte qu'il se trouva transporté, au lever du jour, dans une forêt sauvage, au pied d'une haute colline. Après avoir longtemps et péniblement erré dans cette forêt, il avait enfin réussi à trouver une issue, et s'apprêtait à gravir la colline, lorsqu'il fut rejeté dans la forêt par trois animaux féroces. Une dame des cieux a pitié de ses angoisses; elle court avertir Béatrix (ou Béatrice), la bien aimée du poète sur la Terre, qui envoie aussitôt Virgile au secours de son ancien serviteur. Sous la conduite de cet étrange guide, Dante commence son lugubre pèlerinage, en recevant de son compagnon toutes les explications que réclament les divers tableaux dont il est successivement témoin. Virgile, auquel vient plus tard se joindre le poète Stace, accompagne Dante jusqu'aux limites du Paradis, qu'il lui est interdit de franchir. Béatrix vient alors recevoir Dante, et lui sert de guide dans ce bienheureux séjour, jusqu'au point culminant où réside dans sa triple essence la divinité elle-même. Dante succombe ébloui à cette vue, et le récit de cette vision sublime est le terme de la Divine comédie. Ce poème forme 100 chants, dont 34 pour l'Enfer, 33 pour le Purgatoire, et 33 pour le Paradis; ils sont écrits en tercets ou petites strophes de 3 vers endécasyllabes.

Les meilleurs commentateurs ont vu dans la Divine comédie une sorte de monument expiatoire élevé par Dante à la mémoire de l'amour enthousiaste et mystique qu'il porta dans sa jeunesse à Béatrix Portinari, laquelle y joue en effet le rôle principal et par moments admirable. Mais la Divine comédie n'est pas seulement l'apothéose de la jeune Florentine : c'est encore une œuvre de théologie, de science et même de pédantisme, de vengeance et de satire, dirigée par l'ancien guelfe, que le dépit rendit gibelin, soit contre ses ennemis personnels, soit contre ceux de sa faction, soit enfin contre les ennemis de l'Italie.

La Divine comédie, monument d'une grandeur incontestable malgré les bizarreries de l'exécution, est par moments un récit épique, et, plus souvent encore, une oeuvre lyrique; cette partie, composée des fragments très nombreux dans lesquels Dante donne un libre cours à ses impressions et à ses passions, forme la plus belle portion du poème et la plus intéressante pour des lecteurs modernes; Dante, génie extraordinaire, se montre, dans ces épisodes, digne de l'admiration qu'on lui voue aujourd'hui peut-être trop indistinctement; car, sous plus d'un rapport, son immense épopée ne supporte pas l'analyse.

On connaît surtout de la Divine comédie certaines descriptions de l'Enfer, probablement parce que beaucoup de lecteurs n'ont pas eu le courage de passer outre. Les épisodes de Farinata degli Uberti, de Francesca de Rimini, d'Ugolin, méritent en effet l'admiration; mais il y a des beautés tout aussi remarquables dans les chants du Purgatoire et du Paradis : nous placerons au premier rang l'épisode de Sordello de Mantoue (Sordel), la rencontre de Béatrix, les beaux développements sur St François d'Assise et St Dominique, et surtout l'épisode où Cacciaguida, aïeul du poète gémit sur la destinée de Florence, et prédit les malheurs de son petit-fils. 

Dante a porté à sa perfection, dans la Divine comédie, la langue italienne, dont il est demeuré à la fois l'Homère et le Virgile. Sous le rapport de l'idiome, il emprunta beaucoup aux troubadours provençaux, dont il connaissait parfaitement les oeuvres; témoin le magnifique éloge qu'il décerne à Arnaud Daniel, troubadour aquitain, et la mention qu'il fait de Bertrand de Born et de ses querelles avec Henri Il Plantagenet.

Le nom de Divine comédie attribué par Dante à son poème vient de ce que, selon la critique du temps, professée par Dante lui-même, tout poème dont la conclusion était heureuse devait porter le titre de comédie. Or, la Divine comédie se termine de cette manière, par l'apothéose de Béatrix; l'épithète divine s'explique suffisamment par les matières théologiques dont traite le poème. (E. B.).

L'Enfer
Si Virgile a donné une description des enfers, c'est en a puisé l'idée dans Homère. Le poète grec, au onzième chant de l'Odyssée, fait descendre Ulysse au ténébreux séjour; mais la peinture qu'il en donne n'a rien de bien net et de bien arrêté. Il parle encore, au huitième chant de l'Iliade, du Tartare, "lieux reculés que fortifient des portes de fer au seuil d'airain, abîmes profonds autant au-dessous de l'empire de Pluton que le ciel est au-dessus de la terre." Dans le poète latin, l'idée a grandi; elle fournit presque un chant à l'Enéide. Dante s'en empare à son tour, et l'idée grandit encore; elle devient un poème.

Dans l'oeuvre de Virgile, tout est pur, tout est harmonieux, rien qui blesse le regard, rien qui choque le sentiment, pas d'images révoltantes, même lorsqu'il décrit les châtiments les plus terribles du Tartare; les dieux infernaux y sont peints avec des couleurs fortes, mais il sait respecter la délicatesse du lecteur. Fidèle aux traditions de l'art grec, il a horreur du laid, et dans ses Géants tombés du ciel, dans ses Furies à la chevelure de serpents, on reconnaît encore des divinités : il n'en est pas de même dans l'Alighieri; à côté de pensées vraiment sublimes, on trouve les réflexions les plus communes; à côté des images les plus terribles, les peintures les plus grotesques, souvent même les plus dégoûtantes; et malgré cela, si l'on veut moins s'attacher aux détails et reculer de quelques pas pour ne plus voir que le tout, on est frappé de la grandeur et de la puissance de ses oeuvres. Son poème peut être comparé à une immense cathédrale gothique, où des myriades de statuettes grimaçantes n'empêchent pas d'admirer l'harmonie, de l'ensemble, la hardiesse et l'élévation des nefs, la légèreté des colonnes et la masse imposante des tours. D'ailleurs, pour juger Dante et Virgile, il faut se rappeler dans quel milieu ils écrivaient : l'un aux beaux temps de la littérature latine, avec une langue toute faite; l'autre au milieu de la barbarie qui régnait dans toute l'Europe, avec une langue à faire.

Dans l'Enfer de Dante, les commentateurs ont tout expliqué; ils ont trouvé des choses que le poète lui-même n'a probablement jamais songé à y faire entrer. Suivant eux, Virgile qui conduit Dante représente la Raison humaine, et Dante, au contraire, figure les Sens. Trois femmes, Béatrix, Lucie et Rachel, sont la Théologie, la Grâce coopérante et la Vie contemplative. Nous ne discuterons pas ce sens mystique; nous n'examinerons pas non plus s'il sont exacts dans les mesures qu'ils ont données de chaque division de l'enfer, car ils sont allés jusqu'à mesurer les différents cercles; à en calculer le diamètre, la hauteur, la largeur, à chiffrer avec scrupule la grandeur des Géants placés autour du neuvième cercle, et celle de Lucifer, etc. Nous nous bornerons à indiquer brièvement ce qui se trouve réellement dans le poète italien.

D'après Dante, la forme de l'enfer ressemble assez à celle d'un entonnoir ou d'un cône renversé. Tous les cercles en sont concentriques et vont toujours en diminuant; ils sont au nombre de neuf principaux. Virgile aussi admet neuf divisions : trois fois trois, nombre sacré par excellence, et les Juifs, qui, suivant le Talmud, comptent neuf démons, ne partagent le Shéol qu'en sept sphères, nombre également mystérieux. Le septième, le huitième et neuvième cercles se subdivisent en plusieurs régions, et l'espace qui se trouve depuis la porte de l'enfer jusqu'au fleuve Achéron, endroit où commence réellement le séjour des damnés, se partage en deux parties. Dante, guidé par Virgile, traverse tous ces cercles du côté gauche, et c'est pour cela que, sur notre plan (ci-dessous), en déchirant le terrain, nous n'avons découvert que cette portion du cercle qu'il est facile de continuer en idée.


L'Enfer de Dante dessiné par J. Ratel. 
Dante, après avoir franchi la porte où il lit avec épouvante ces désolantes paroles écrites en caractères infernaux : "Abandonnez toute espérance, vous qui entrez," n'est pas encore dans l'enfer qui ne commence que de l'autre côté de l'Achéron. Cet espace est partagé en deux autres : dans le premier, sont les âmes de ceux qui vécurent sans crime, mais aussi sans vertus, pécheurs tièdes, lâches et pusillanimes. Des mouches et des frelons leur piquent le visage, et le sang qui en découle à leurs pieds devient la pâture des vers; ils courent sans relâche à la suite d'une bannière entraînée si rapidement qu'elle semble ne devoir jamais s'arrêter. C'est dans ce lieu que sont les anges qui, dans la révolte de Satan, ne furent ni pour lui ni pour Dieu, et les hommes qui, par pusillanimité, refusèrent d'accepter des charges dans leur patrie. Il n'est pas étonnant qu'au temps de guerre civile où vivait l'Alighieri, il ait regardé comme un crime de n'avoir embrassé aucun parti. Le second espace est rempli par ceux qui se pressent sur les bords de l'Achéron pour traverser ce fleuve. C'est, comme dans Virgile, Charon qui conduit la barque; seulement, dans le poète romain, c'est un dieu; ici, c'est un démon.

Premier cercle. Quand on a franchi l'Achéron, on entre dans le premier cercle qui comprend les Limbes (ch. IV, v. 30) où sont les enfants morts sans baptême, et tous les anciens qui vécurent avant Jésus-Christ. Ceux qui ne se sont fait connaître par aucune action éclatante sont au milieu des ténèbres. Au contraire, un globe de feu éclaire les grands hommes qui ont acquis une réputation brillante, soit par la vie contemplative, soit par la vie active; ils sont, les uns dans un superbe château ceint d'un ruisseau, de sept murailles avec sept portes; les autres sont dans de verdoyantes prairies (ch. IV, v. 105). Ces ombres poussent des soupirs et des gémissements, quoiqu'elles ne ressentent aucune douleur corporelle; leur plus cruel tourment est d'expirer toujours, mais en vain. C'est là que se trouvaient aussi, avant la venue du Christ, tous les saints de l'Ancien Testament. Le poète s'y entretient avec Homère, Horace, Ovide et Lucain, et il y voit tous les héros de Rome et de la Grèce.

Deuxième cercle. Ce cercle a moins de circonférence que le Premier; mais la douleur y est plus vive. A l'entrée siège Minos. On ne doit pas s'étonner de retrouver ici le juge de l'enfer de Virgile : Dante mêle continuellement le sacré avec le profane; mais, comme Charon, il n'est plus qu'un démon. Il juge les âmes, et la manière dont il indique le cercle où elles doivent être plongées est vraiment étrange. Pour cela, il se ceint de sa queue autant de fois qu'il y a d'unités dans le chiffre du cercle qu'il veut indiquer; ainsi, veut-il désigner le huitième cercle, il s'entoure huit fois de sa queue. Ce cercle est sans lumière; les pécheurs (ch. V, v. 33) y sont agités et portés en tous sens par un tourbillon infernal, et dans leur douleur ils poussent mille sons plaintifs. Sémiramis, Hélène, Achille, Pâris, Tristan, Didon, habitent ce cercle, ainsi que Françoise de Rimini, qui a fourni au poète un de ses plus touchants épisodes.

Troisième cercle. C'est le cercle de la pluie éternelle, maudite, froide, insupportable, de la grêle et de la neige; Cerbère y aboie de sa triple gueule et déchire les condamnés qui y sont enfermés : ce sont les gourmands; ils sont couchés par terre et se pressent les uns contre les autres pour se garantir du terrible déluge.

Quatrième cercle. Pluton commande en ce lieu. Le poète, faisant encore ici un emprunt au paganisme qui remettait à Pluton la garde des trésors enfermés dans le sein de la Terre, le représente comme le démon de l'avarice et des richesses; les damnés, plus nombreux dans ce cercle que dans aucun autre, y sont partagés en deux bandes : ce sont les avares et les prodigues; ils roulent avec leur poitrine des poids énormes et marchent, les uns à la rencontre des autres, avec des hurlements effroyables. Les prodigues vont du centre vers la circonférence, et les avares de la circonférence au centre. Quand ils se rencontrent, ils se heurtent, se repoussent mutuellement et se tournent le dos; les prodigues crient : "Pourquoi entasses-tu?" Les avares : "Pourquoi prodigues-tu?" (ch. VII, v.31.) Dès qu'ils arrivent au point d'où ils étaient partis, ils se retournent et recommencent sans cesse cette marche pénible, ce choc, ce combat et ces reproches. Pour aller au jugement dernier, les avares sortiront du sépulcre les mains fermées, et les prodigues les cheveux coupés. Mahomet, dans le Coran, revêt cette même pensée d'une forme non moins poétique : il dit que dans l'enfer l'avare sera entouré des nombreux replis d'un serpent lui mordant la main qui ne s'ouvrit, jamais pour répandre l'aumône.

Cinquième cercle. Ces lieux sont arrosés par une fontaine bouillante (ch. VII, v. 102) dont les eaux noirâtres, après avoir roulé quelque temps sur des pentes désolées, forment le marais du Styx. Les coléreux (ch. VII, v. 116) y sont couchés tout nus dans la fange; ils se déchirent avec les mains, les pieds et les dents. Dans la partie la plus profonde du marais sont enfoncés tristement les paresseux (ch. VII, v. 116); ils racontent sans cesse pourquoi ils subissent ce châtiment, et l'eau fangeuse s'engloutit dans leur gorge en y formant un murmure confus et sourd. Là sont les rois fainéants comme des pourceaux dans leur bouge.

Après avoir côtoyé quelque temps ce marais, Virgile et Dante arrivent au pied d'une tour; c'est de son sommet qu'on signale les damnés qui doivent passer, en allumant des feux égaux à leur nombre; on y répond de la ville de Dité, qui est au delà du Styx, par une seule flamme, pour faire connaître que l'on envoie Phlégias [1], nocher du Styx, comme Charon l'est de l'Achéron. Il dépose les âmes au pied des hautes tours du Dité, tours étincelantes dont le fer est rougi comme s'il sortait de la fournaise par le feu qu'elles contiennent; une porte s'ouvre et l'on entre dans le sixième cercle, séjour de Midas et des Furies.

[1] D'après les commentateurs, Phégias est l'emblème de la colère et de l'orgueil.
Sixième cercle. Cette enceinte est nommée Dité (la ville de Feu); elle renferme des tombes ouvertes et brûlantes, où sont torturés les hérésiarques et leurs sectateurs (ch. IX, v. 129). Ces tombes seront fermées de leurs couvercles quand ces damnés reviendront de la vallée de Josaphat avec leurs corps qu'ils ont laissés sur la Terre. Parmi les hérésiarques, Dante place Épicure pour avoir cru que l'âme meurt avec le corps; Cavalcante gentilhomme florentin, Guelfe ardent et zélé, l'ennemi du poète, qui l'accuse d'épicurisme; Farinata, l'empereur Frédéric II, violent antagoniste de Grégoire IX et d'Innocent IV qui l'excommunièrent; le cardinal Octavien de la maison des Ubaldini de Florence, qui passait pour athée, et le pape Anastase II, sur le tombeau duquel sont inscrits ces mots : "Je renferme le pape Anastase que Photin entraîna dans ses erreurs." Ce tombeau est placé au commencement du septième cercle, formé de pierres brisées [2], et d'où s'exhale une odeur infecte.

Septième cercle. Cette région est divisée en trois circuits (gironi), et l'entrée en est gardée par le Minotaure. Le premier circuit renferme ceux qui firent violence à leur prochain (ch. XI, v. 37), c'est-à-dire les homicides, ceux dont la cruauté fut sans bornes, et les brigands; ils sont divisés en autant de groupes et plongés dans un fleuve de sang (ch. XII, v. 47); les Centaures décochent des flèches sur ceux qui tentent d'en sortir. Le poète y reconnaît Alexandre, Denys, Ezzelin le cruel, Obizzon d'Est, Guy de Monfort, Attila, Pyrrhos. Le second circuit est le séjour de ceux qui se firent violence à eux-mêmes (ch. XI, v. 40) en se tuant ou en dissipant leurs biens, c'est-à-dire les suicides et les dissipateurs. Les suicidés sont changés en troncs noueux et couverts d'épines; les Harpies demeurent sur les branches, se nourrissent de leurs feuilles et leur causent de vives douleurs; au jugement dernier, ces coupables iront, comme les autres, chercher leurs corps, mais ils ne pourront s'en revêtir, parce que, pendant leur vie, ils s'en sont volontairement séparés; ces corps seront suspendus aux arbres qui renferment les âmes qui les avaient animés. Les dissipateurs sont poursuivis par des chiennes noires et affamées. Enfin le troisième circuit voit les supplices de ceux qui usèrent de violence contre Dieu, la nature et l'art (ch. XI, v. 50). Ils sont tous au milieu d'une plaine sablonneuse et exposés à une pluie de feu. Les blasphémateurs restent étendus à la renverse sur le sable brûlant; parmi eux est Capanée; d'autres courent sans cesse; les usuriers demeurent toujours assis dans la même attitude et à la même place [3].

Huitième cercle. Comme ce cercle s'enfonce dans l'abîme encore plus profondément que les précédents, les deux poètes n'y descendent que portés sur le dos d'un énorme dragon c'est l'emblème de la fraude, et par là Dante nous apprend déjà que ce cercle renferme tous les fourbes, puisque c'est la fraude qui les y a conduits. Il l'appelle Maleboge (male, mauvais, bolge, gouffre); et comme il admet dix espèces de fraudes, il le partage en dix parties auxquelles nous conserverons le nom de bolges. Ces dix bolges sont entre le mur immense qui entoure ce cercle, et le puits large, profond, qui se trouve au centre (le neuvième cercle). Dante les compare aux fossés d'une forteresse; des quartiers de roche s'élèvent de ces gouffres, forment des ponts, traversent les fossés et vont aboutir au puits central. La première bolge est remplie de pécheurs nus, qui forment deux longues files marchant en sens inverse; des démons, placés des deux côtés et armés de fouets, battent cruellement ces damnés : ce sont les séducteurs et les amants perfides (ch. XVIII, v. 66). La deuxième bolge est un abîme ténébreux dont les bords moisis sont remplis de fumier. Les ombres qui y gémissent sont couvertes d'immondices : ces coupables sont les flatteurs (ch. XVIII, v. 125). Le fond de la troisième bolge est percé de trous ronds : les simoniaques y sont plongés la tête en bas, les jambes à moitié sorties, et la plante des pieds brûlant comme une torche enflammée. Dans le même trou se succèdent les papes simoniaques; le dernier venu reste suspendu à l'entrée, jusqu'à ce qu'un autre lui succède et le précipite au fond. Dans la quatrième bolge habitent les devins, les astrologues, les sorciers : pour punition, ils ont le visage tourné vers le dos et sont forcés de marcher à reculons, et les larmes qui tombent de leurs yeux baignent leurs talons; ils furent jaloux de la prescience divine et voulurent lire dans l'avenir (ch. XX, v. 29). Avec eux on compte Amphiaraüs, Tirésias, Manto, Eurypile, Michel Scot, astrologue de Frédéric II. Une poix gluante et visqueuse bouillonne dans la cinquième bolge, et ce n'est point du feu qui l'échauffe, c'est la justice divine; ceux qui vendent ou achètent la justice y sont engloutis, et s'ils veulent en sortir, des démons les déchirent avec des crocs. Le vingt et unième chant se termine par la description de la cinquième bolge. Dante y voit une troupe de démons guidés par leur chef au son d'un instrument étrange et qu'il est impossible de décrire.

[2] Ces pierres brisées signifient, toujours au dire des commentateurs, que les hérésiarques divisent et mettent en pièces la vérité et la vertu.

[3] Pour faire connaître les usuriers, Dante emploie le nom de Caorsa, parce que, assure-t-on, du temps du poète, la ville de Cahors était remplie d'usuriers.
 
 
 
 
 
 
 

 

Dans la sixième bolge, on voit les hypocrites, dont le visage est fardé. Ils marchent à pas lents et paraissent abattus : en effet, ils portent des manteaux avec de grands capuchons qui leur retombent sur les yeux; ces manteaux, dorés et éblouissants à l'extérieur, sont de plomb intérieurement. "Ô manteaux fatigants pour l'éternité!" s'écrie le poète. Par terre sont crucifiés avec trois pieux Caïphe et Anne, sur lesquels passent sans cesse les hypocrites en leur faisant sentir tout leur poids. C'est ainsi qu'ils sont punis d'avoir conseillé aux pharisiens de faire périr un seul homme pour le salut de tout le peuple. La septième bolge contient les voleurs : ils y courent épouvantés au milieu d'une foule de serpents cruels, sans espérance de les fuir ou de les éviter. Quelques-uns subissent d'étranges métamorphoses: ils échangent leur forme contre celle de serpents et de lézards, pour les reprendre ensuite. Dans la huitième, des flammes enveloppent et décorent ceux qui donnèrent pendant leur vie des conseils frauduleux (ch. XXVII, v. 116); Ulysse y est renfermé. Le spectacle de la neuvième bolge, où sont punis les auteurs de scandales, de schismes, d'hérésies, de dissensions, est horrible : un démon frappe d'une épée ces damnés toutes les fois qu'ils ont fini le tour de la bolge et qu'ils passent devant lui, et leurs plaies se referment avant qu'ils repassent devant ce ministre infernal. Les auteurs de nouvelles religions sont fendus depuis le menton jusqu'à la ceinture; de leur nombre est Mahomet. Les défenseurs des hérésies et ceux qui aident à les répandre ont le visage séparé en deux parties. Les hommes dont les mauvais conseils ont fait naître la guerre entre le prince et ses sujets ont la langue entièrement coupée. Ceux qui semèrent la haine et le désordre entre la famille et les parents ont les mains mutilées. Les monstres enfin qui excitèrent les fils à se révolter contre leurs pères portent devant eux, à leur main, leur tête séparée du tronc. Au milieu d'une odeur infecte et d'une obscurité profonde, les faussaires sont éternellement châtiés dans la dixième bolge où ils sont divisés en quatre classes, et leur punition est différente. Les alchimistes sont couverts d'une lèpre horrible. Ceux qui, en se déguisant, ont voulu se faire passer pour autres qu'ils n'étaient se poursuivent avec fureur et s'entre-déchirent cruellement. Les faux-monnayeurs sont tourmentés par une hydropisie effroyable et par une soif ardente, image de l'avare, qui plus il possède plus il désire posséder.
Neuvième cercle. Le neuvième et dernier cercle a la forme d'un puits profond; placé précisément au centre et au fond de tout l'enfer, Il est formé des eaux du Cocyte, que le vent des ailes de Lucifer change en un lac de glace transparente comme le verre, et si dure que des montagnes, en s'écroulant dessus, ne pourraient seulement la fendre. Autour et en dehors du puits infernal sont les géants, enterrés jusqu'à la ceinture; c'est Nemrod, c'est Ephialte, Briarée, Titye, Typhon, Antée; ce dernier prend les deux voyageurs dans sa main, se penche sur l'abîme et les dépose sur le lac glacé, où sont engloutis les traîtres. Ce cercle est divisé en quatre régions, qui ont chacune leur nom. Dans la première, que le poète appelle Caïna, parce que le premier meurtrier y est puni, les traîtres envers leurs parents sont enfoncés jusqu'au cou dans la glace. Dans la seconde, les traîtres envers leur patrie sont de même plongés dans la glace; les dents leur claquent de froid et leurs larmes se gèlent à leurs paupières; cette région porte le nom d'Anténora (un prince du nom d'Anténor trahit sa patrie, et cacha Ulysse dans son palais). C'est dans un même trou de cette glace que Dante a placé le comte Ugolin et l'archevêque Roger. Le premier couvre de sa tête celle de son compagnon, lui déchire la nuque et la cervelle avec ses dents, et essuie sa bouche ensanglantée aux cheveux de Roger. On connaît l'histoire d'Ugolin, périssant victime de l'archevêque de Pise, dans la tour de la Faim. Cet épisode fait frémir dans le poème italien, il est à la fois terrible et pathétique; Ducis, dans sa tragédie de Roméo et Juliette, l'a porté sur la scène, où il est du plus grand effet. Dans la troisième région, sont les traîtres envers leurs bienfaiteurs, mais qui pourtant étaient leurs égaux, elle est nommée Ptoloméa, à cause de Ptoléméa qui fit égorger dans un festin Simon, son beau-père et ses deux fils. Les damnés y sont couchés à la renverse, le visage découvert et enchaînés étroitement par d'énormes glaçons; leurs larmes ne peuvent couler, elles trouvent toujours un obstacle, se renfoncent et augmentent leur douleur; les premières se rassemblent sur leurs paupières, se durcissent en y formant comme une enveloppe de cristal, et remplissent toute la cavité de l'oeil. Une chose étrange est particulière à Ptoléméa; c'est que souvent l'âme des traîtres y est plongée avant que la mort les ait frappés; Dante suppose que, sitôt qu'une âme est souillée d'une perfidie atroce, un démon la précipite dans ce gouffre, et dès ce moment la remplace, anime le corps qu'elle habitait sur la Terre, et le gouverne jusqu'au dernier instant de sa vie. Dans la quatrième partie enfin, appelée Juda, souffrent les traîtres envers leurs bienfaiteurs d'une condition supérieure à la leur; ils sont entièrement couverts de glace et paraissent au travers comme un fétu dans des verres (come vestuca in vetro); les uns sont couchés, les autres debout; plusieurs sont renversés la tête en bas, quelques-uns courbés comme des arcs. Au centre est Lucifer, il a trois visages qui se terminent en une seule crête; le visage du milieu est rouge, celui de droite est livide, et l'autre noir; deux ailes de chauve-souris sont attachées à ses épaules. Dans ses trois gueules, il broie trois damnés : dans la gueule du milieu est englouti, la tête première, Judas Iscariote, et Lucifer lui déchire sans cesse les reins avec sa griffe; Brutus est suspendu, la tête en bas, à la gueule du visage noir, et se tord les membres sans se plaindre; le troisième est Cassius. On est surpris de voir réservés à ce supplice ces deux illustres Romains; mais il ne faut pas oublier que Dante était un fougueux gibelin.
Malheureusement, une si rapide analyse, loin de donner une juste idée des beautés du poème, n'en montre guère que les bizarreries. A la lecture du texte, les pensées, les expressions fortes et sublimes, font oublier les singularités du plan; elles saisissent l'imagination. A la vue de toutes les tortures imaginées par Dante, l'esprit s'épouvante, mais le coeur se serre aussi; on éprouve une douloureuse pitié, et à chaque obstacle qu'on franchit pour descendre dans l'abîme éternel, a chaque cercle qu'on traverse, il semble que ce soient autant de chaînes qui vous entourent, autant de noeuds qui vous enlacent et qui vous arrachent tout espoir de retour, et l'on comprend alors ces terribles mots écrits sur la, porte de l'enfer : Lasciate ogni speranza, voi ch'intrate... "Abandonnez toute espérance, vous qui entrez; c'est par moi que l'on va dans la cité des plaintes, c'est par moi que l'on va dans l'éternelle douleur, c'est par moi que l'on va au milieu de la lignée proscrite." (M.P., 1850).
Le Paradis
La Troisième partie de la Divine Comédie de Dante, le Paradis, est une de ces productions originales qui ne peuvent être comparées à aucune autre. Le Paradis n'est pas moins admirable que l'Enfer et le Purgatoire; mais les beautés de ce poème sont d'un ordre différent, elles sont en quelque sorte plus immatérielles : pour les bien sentir, il faut comprendre la hauteur du but que le poète a voulu atteindre, se pénétrer de son extase, et quitter avec lui les régions terrestres. Dans le Purgatoire, et surtout dans l'Enfer, Dante avait à parler aux passions et aux sens; il a pu disposer en maître de toutes les images de la nature, et les fondre dans son riche langage de poète. Aussi voyez comme il a mis en oeuvre tous les éléments, le fer, le feu : tous les phénomènes de la nature lui sont venus en aide pour tourmenter ses damnés; il les plonge dans un fleuve de sang toujours bouillonnant; il les accable d'une pluie brillante ou d'une neige éternelle. Il peut varier à l'infini les couleurs de ses tableaux; car il a sous la main, par la nature de son sujet, qui laisse a son imagination un libre essor, toutes les richesses de la poésie descriptive. Dans le Paradis, rien de semblable. Dante est chrétien, et même théologien; c'est un Paradis chrétien qu'il veut peindre. II ne peut, comme Fénelon l'a fait dans Télémaque, ressusciter les riantes fictions du paganisme, et promener ses saints sur les gazons éternellement fleuris des champs élyséens. Où donc ira-t-il prendre des couleurs pour composer ses tableaux? Comment peindre des êtres dépouillés de toute forme substantielle, jouissant d'un bonheur aussi immatériel qu'eux-mêmes? II a bien fallu que le poète, tout orthodoxe qu'il voulait être, prit dans la nature physique une image pour vêtir ses âmes bienheureuses et donner une forme à leur félicité; car sans cela toute poésie était impossible. Mais on voit que c'est comme à regret que Dante s'est soumis à cette nécessité : il a choisi pour unique matière l'effet naturel qui semble le moins matériel, celui que la science physique de l'époque regardait comme échappant le plus complètement à ses efforts pour le comprendre et l'analyser, la lumière. C'est la lumière qui à elle seule fait tous les frais des personnages et de l'action du poème du Paradis; tous les êtres que Dante y fait apparaître ne révèlent leur existence que par la lumière, et c'est par la lumière seulement que la poésie peut les saisir et les peindre. Aussi toute la partie scénique, tout le drame de ce dernier acte de la Divine comédie, se compose uniquement d'une suite d'effets de lumière, que l'imagination incroyable de Dante a variés à l'infini; et sous ce rapport ce singulier ouvrage, qui fourmille de beautés de détail, est le plus étonnant tour de force qu'ait jamais accompli un cerveau de poète.

Pour rendre sensible la vérité de cet aperçu, et prouver à nos lecteurs que l'action du Paradis roule exclusivement, ainsi que nous l'avons dit, sur des effets de lumière (ce qui peut sembler paradoxal), suivons le poète dans sa marche, et voyons-le mettre en scène et faire agir ses personnages. Telle est sa matière et l'originalité de son faire, que le seul moyen de donner une idée de son ouvrage, c'est de le citer.

Dante est conduit par Béatrix dans le premier ciel, celui de la Lune; il y rencontre des âmes bienheureuses :

Une vision m'apparut, qui attira si étroitement à elle mon âme curieuse de voir, que j'oubliai ce que j'allais avouer à Béatrix. Si nous regardons au travers d'un cristal poli et transparent, ou dans une source pure et limpide dont on puisse apercevoir le fond malgré la profondeur de ses eaux, les images reviennent à nos yeux affaiblies, comme l'éclat d'une perle qui orne un front éblouissant. de blancheur; telles se montrèrent à moi une multitude de figures brillantes qui semblaient prêtes à parler. Aussi je tombai dans une erreur contraire à celle qui alluma l'amour entre l'homme et une fontaine : prenant les êtres lumineux que j'apercevais pour l'effet de la réflexion d'un miroir, je tournai les yeux du côté opposé pour voir de qui je rencontrais l'image; mais ne voyant rien, je les ramenai sur la brillante lumière qui me servait de guide, et les yeux de Béatrix étincelèrent d'une splendeur sacrée, tandis qu'elle me regardait en souriant. (Chant II, vers 7 et suivants.).
Voyons l'arrivée de Dante dans le second ciel, celui de la planète de Mercure :
De même qu'une flèche, qui frappe le but avant que la corde qui l'a lancée ait cessé de vibrer, ainsi nous courûmes au second royaume. Je vis Béatrix si joyeuse et si belle quand elle se mêla à la lumière de ce ciel, que la planète elle-même en devint plus brillante. Si l'étoile acquit un nouvel éclat, que ne dus-je pas ressentir, moi qui suis naturellement susceptible de si vives impressions!... De même que dans un vivier dont l'onde est pure et tranquille les poissons s'élancent vers tout ce qui tombe du dehors, s'ils croient y trouver quelque pâture, de même plus de mille lumières célestes se dirigèrent vers nous, et chacune s'écriait : Voilà qui accroîtra nos amours! Tandis qu'elles approchaient, on voyait leurs ombres pleines de joie dans le sillon rayonnant qu'elles répandaient autour d'elles. (Chant V, vers 91 et suivants.).
Dante converse avec une de ces lumières, qui se trouve être l'âme de l'empereur Justinien :
J'adressai ces mots directement à la lumière qui m'avait parlé la première. Elle se montra alors plus brillante qu'elle n'avait encore été; bientôt, comme le Soleil qui se dérobe lui-même à nos yeux par son trop vif éclat quand il a dissipé les vapeurs épaisses qui tempéraient sa chaleur, la figure sainte, pénétrée d'une joie nouvelle, se concentra dans ses propres rayons, et ainsi renfermée complètement en elle-même, me répondit comme on le verra au chant suivant. (Chant V, vers 130 et suivants.)
Voici comment les âmes du ciel de Mercure prennent congé de Dante :
- Sois béni, ô Sauveur! Dieu saint des armées toi qui éclaires de ta lumière les flambeaux bienheureux des célestes royaume! - Ainsi chanta, en tournant sur elle-même, cette substance qui était revêtue d'une double lumière, et aussitôt fille et ses compagnes s'éloignèrent en formant une sorte de danse, et disparurent après avoir franchi en un instant un espace immense, comme de rapides étincelles. (Chant VII, vers I et suivants.).
Dante monte avec Béatrix au troisième ciel, celui de la planète de Vénus :
Je ne m'aperçus pas que je montais dans cette planète; mais la beauté plus grande dont je vis rayonner Béatrix me prouva que j'y étais arrivé. De même qu'on aperçoit l'étincelle à travers la flamme, de même que parmi un grand nombre de voix on distingue celle du chanteur qui s'arrête sur un son, et la voix de celui qui court et glisse de note en note, de même je découvris dans la lumière même dont resplendissait cette planète une foule de lueurs qui se mouvaient en rond plus ou moins vite, en raison de leurs mérites éternels. Les vents du nord, qui descendent avec tant de rapidité de la nuée qu'ils ont glacée, auraient paru lourds et tardif, à celui qui aurait vu ces lumières accourir à nous, et arrêter tout à coup le mouvement de rotation qu'elles avaient reçu des hauts séraphins. Derrière celles qui nous parurent le plus près de nous on chantait Hosanna! avec tant d'harmonie, que le désir d'entendre de nouveau ce divin concert n'est plus sorti de mon coeur. Une d'elles, s'adressant à moi, me dit :.. (ch. VIII, v. 13 et suiv.).
Écoutons Dante lorsqu'il est entré dans le quatrième ciel, celui du Soleil.
- J'aperçus une infinité de lumières plus éclatantes que le Soleil lui-même; leurs voix étaient encore plus douces que leur aspect n'était éblouissant : Elles firent de nous un centre et d'elles-mêmes une couronne; c'est ainsi qu'on voit quelquefois des nuages environner la fille de Latone, et l'entourer, d'un cercle qu'elle illumine de ses rayons. Dans la cour du ciel dont je reviens, il est des merveilles si grandes, qu'on ne peut en donner une idée : le chant de ces splendeurs était de ce nombre; que celui qui n'obtient pas des ailes pour voler là-haut en attende des nouvelles d'un muet!... Ces soleils ardeur tournèrent trois fois autour de nous en chantant, comme les étoiles tournent autour des pôles immobiles; puis elles s'arrêtèrent, comme des femmes dansant en rond qui suspendent un instant leur danse pour écouter le refrain qu'une d'elles va chanter; j'entendis une de ces lumières (l'âme de saint Thomas d'Aquin) me dire... (Chant X, vers 64 et suivants.).
Nous pourrions pousser plus loin ces citations; on verrait jusqu'à la fin du volume la même image se reproduisant sans cesse, et pourtant toujours revêtue de formes nouvelles, toujours rajeunie et ravivée à force d'imagination et de poésie!... Concluons que si chacune des trois parties de la trilogie de Dante est digne de fixer l'attention de tous ceux qui aiment les grandes et belles choses, la dernière doit être plus spécialement un objet d'étude pour les émules des Rubens et des Raphaël; le Paradis est le poème des peintres. (M. P.).


En bibliothèque - La meilleure édition ancienne du poème de Dante est celle de Florence, 1854. On lira avec fruit, comme éclaircissement à ce poème, l'analyse de Ginguené (Histoire de la littérature italienne); Dante et la philosophie catholique au XIIIe siècle, par Ozanam, 1840, in-8°; Artaud de Montor, Histoire de Dante, 1841, in-8°; Ch. Labitte, Origines de la Divine comédie, 1841; Drouillet de Sigalas, Dante et l'art en Italie, 1842, in-8°; Delécluze, Dante et la poésie amoureuse, 1851, 2 vol. in-12; Dante et les origines de la langue et de la littérature italiennes, par Fauriel, 1854, 2 vol. in-8°; la Vita di Dante du comte César Balbo (Turin, 1853); un article de la Revue des Deux Mondes (février 1858), où M. Saint-René Taillandier a résumé les indigestes élucubrations des cerveaux germaniques sur cette matière; Dante et le moyen âge, par M. Magnier, Paris, 1859, in-12.

En librairie - Dante, La Divine comédie (nouvelle traduction), La Différence, 2003. - Ou bien : La Divine comédie, Flammarion (GF), 1999, 3 vol. : I - L'Enfer, II - Le Purgatoire, III - Le Paradis.

La Comédie en éditions de luxe : La Divine comédie de Dante illustrée par Botticelli, Diane de Selliers, 1996. - La Divine comédie enluminée, Albin Michel, 2003.

J. Oesterreicher, La Divine comédie, parcours et métaphores, Ad Solem, 2003. - François Megroz, Pourquoi lire la Divine comédie de Dante? L'âge d'Homme (24 pages). - Du même, Lire la Divine comédie, L'âge d'Homme, 1992, 3 vol. : I - L'Enfer, II - Le Purgatoire, III - Le Paradis. - Edgar Blochet, Les sources orientales de la Divine Comédie, Phénix éditions. - Durs Grunbein, Galilée arpente l'Enfer de Dante et n'en retient que les dimensions, L'Arche, 1999. - Le Roi Jones, Le système de l'Enfer de Dante, Calmann-Lévy, 1994. 

William Blake, La Divine comédie, Bibliothèque de l'image (beaux livres), 2003. - Philippe Sollers, La Divine Comédie, Gallimard, 2002. - Emile Zola, La Divine Comédie, Larousse, 2001.


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