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La littérature
allemande compte parmi les littératures les plus intéressantes
de tous les temps, par la variété des écoles qu'elle
embrasse et la diversité des influences qu'elle a subies, plus encore
que par le nombre de ses chefs-d'oeuvre. Elle n'a pas la forte unité,
le développement ferme et régulier de la littérature
française; sa marche a été plus lente et plus
inégale, soumise à de brusques revirements et à des
temps d'arrêt. De même que le peuple allemand a été
longtemps séparé en des groupes distincts et même hostiles,
plus ou moins fortement attirés par les régions voisines,
de même la littérature allemande a cherché tour à
tour ses inspirations au Midi, à l'Ouest, au Nord, avant d'entrer
dans la voie où elle a fini par trouver une originalité féconde.
Les dialectes
allemands qui ont laissé à différentes époques
des documents dans la littérature se sont généralement
transmis jusqu'à nous avec des altérations plus ou moins
profondes. Seul le plus ancien de tous, la langue gothique ( Les
langues
germaniques), a complètement disparu. Il était parlé,
au moment de l'invasion des Germains,
non seulement par les deux branches principales des Goths,
les Ostrogoths et les Wisigoths, mais encore par les Hérules
et les Vandales. Il a partagé la
destinée de ces peuples, qui, après avoir porté les
premiers coups à l'Empire romain ,
furent eux-mêmes refoulés par des invasions nouvelles et ne
firent, pour ainsi dire, que frayer la route à leurs successeurs
plus heureux, possesseurs définitifs du sol. Mais le dialecte gothique
a survécu grâce à une oeuvre unique, la traduction
de la Bible
faite par l'évêque Ulfilas au VIe
siècle. Ce qui reste de cette traduction suffit pour en faire apprécier
le mérite. Elle rend l'esprit, plutôt que la lettre de l'original;
elle est très supérieure aux traductions en haut-allemand
entreprises par des moines qui entendaient mieux le latin que les langues
vernaculaires. Malheureusement elle n'eut qu'une influence passagère.
Elle est comme un monument auguste et isolé, placé en dehors
de la grande voie sur laquelle se développa la littérature
allemande.
Cette littérature, prise dans son
ensemble, depuis l'époque de l'ancien haut-allemand, peut se partager
de diverses manières. Au moins s'accorde-t-on à reconnaître
le Moyen âge
a été une grande époque, et qu'elle jette son plus
vif éclat au XIIIe siècle
avec les Minnesinger et les auteurs des poèmes
chevaleresques; l'autre grand moment est le XVIIIe
siècle, apogée, avec Lessing, Klopstock,
Herder,
Goethe,
Schiller
et tant d'autres, d'une évolution engagée dès la Réforme,
avec Ulrich de Hutten, Thomas Murner, Martin
Luther,
Hans Sachs, Jean Fischart.
Le Moyen âge.
La littérature allemande reçut
sa première impulsion de l'affection des anciens Germains
pour des chants qui célébraient
les aventures fabuleuses et héroïques de leur histoire ou de
leurs traditions. L'activité littéraire chrétienne
se manifesta au IVe siècle par la
traduction (probablement de l'évêque Ulfilas) de la Bible
en dialecte gothique ( Le Manuscrit
d'Argent ).
Des traductions métriques des livres sacrés apparurent au
IXe siècle dans l'ancien haut allemand
et en bas allemand; les premières (Krist) sous la forme de
vers rimés, et les autres (Heland), conservant les allitérations
de la langue primitive. Le Ludwigslied, chant triomphal en l'honneur
de la victoire remportée par le roi franc,
Louis
III, sur les Vikings, vers 880, fut
composé, dans l'ancien haut allemand, par un ecclésiastique.
Plusieurs poètes et chroniqueurs latins se rendirent célèbres
à la même époque et dans la période qui suivit.
Au XIIe
siècle, la poésie passa des monastères
et des écoles religieuses aux palais des princes et aux châteaux
des nobles. Heinrich von Veldelre fut le premier à introduire l'amour
dans son poème héroïque Eneit; il est regardé
comme le créateur des chants héroïques, bien qu'il fut
surpassé par Wolfram von Eschenbach,
Les autres maîtres en l'art des ménestrels
furent Gottfried de Strasbourg, Hartmann von der Aue
et Konrad de Wurzbourg. Leurs poèmes héroïques les plus
longs traitaient principalement des exploits de Charlemagne
et des histoires d'Arthur
et de la Table Ronde ;
l'amour formait toujours le thème de ces chants. Walter von der
Vogelweide fut le plus enthousiaste des poètes lyriques; après
lui, il faut placer Heinrich von Ofterdingen, Reimar der Alle, Heinrich
von Morungen, Gottfried von Neiten et les bardes autrichiens Nithard et
Tanhaeuser. Les ménestrels constituèrent ce que l'on appelle
l'école poétique de Souabe, parce que leurs chants etaient,
pour la plupart, composés en dialecte souabe.
L'événement dominant de l'ère
des ménestrels fut l'apparition du lai
des Nibelungen ,
personnifiant les légendes de la période
des migrations nationales. Quelque temps après parut l'Heldenbuch
(Livre des Héros)
consistant en une collection de fragments des mêmes légendes
mélangées avec les traditions des croisades .
Le XIIIe siècle fut marquée
par le commencement de la poésie didactique
et des écrits historiques. Utrich von Lichtenstein (1275) dans son
fameux poème Frauendienst (Dévotion à la
femme) déplore la décadence de la chevalerie; la poésie
abandonnait en effet les châteaux pour
la maison du bourgeois ou la chaumière de l'artisan; et au lieu
des nobles Minnesanger on eut des chansonniers plébéiens
appelés Meistersaenger.
Au XIVe
siècle, l'Allemagne
posséda plusieurs théologiens mystiques, disciples de Meister
Eckart. Le plus connu est Johann Tauler (1290-1361) dont les sermons
et les écrits préparèrent les esprits à une
réforme religieuse des XIVe et XVe
siècles ne produisirent d'autre bonne poésie que les chants
animés de Halbsuter et de Veit Weber, célébrant les
victoires de la Suisse
sur l'Autriche
et la Bourgogne .
Au XVe siècle, Hegius, Langius,
Dringeberg, Reuchlin et Agricola
élevèrent la philosophie
à un haut degré de splendeur; Purbach et son adepte Regiomontanus
(Johann Müller) s'illustrèrent comme mathématiciens,
au moment où l'invention de l'imprimerie
produisait une activité littéraire sans précédent.
Le XVIe
siècle.
Le XVIe
siècle vit inaugurer une ère nouvelle par la traduction que
Luther
fit de la Bible ;
le haut allemand, tel que l'employa le
chef de la réforme, sembla un idiome si pur qu'il est resté
depuis le seul qu'aient employé les écrivains. En même
temps que Luther brillaient des philosophes tels que Zwingle,
Johann Arnd, Melanchthon, Ulrich von Hutten,
Bugenhagen et Bullinger; dans les sciences qui auraient cru s'abaisser
en partant la langue vulgaire et qui employaient toujours le latin,
brillaient au premier rang Cornelius Agrippa,
Theophraste
Paracelse, Copernic,
Leonhard
Fuchs, Conrad Gesner et Agricola.
Dans le champ de l'histoire, on admirait
Sebastian Frank, Sebastian Münster, Tschudi et Aventinus.
Les écrits d'Albrecht Dürer développaient
des vues originales sur les beaux-arts
dans leurs rapports avec les sciences mathématiques .
Les traductions du Tasse,
de l'Arioste, de Boccace
et de plusieurs poètes et romanciers italiens
ne purent faire oublier les anciennes histoires de la chevalerie; on fit
même de ces dernières des collections appelées Volksbucher
( = Livres pour le peuple), recueils dont un, le Buch der Liebe
( = Livre d'amour), resta longtemps populaire. Parmi les satirnbanques
et les fabulistes, on cite Sebastian Brant (Narrenschif = Navire
des sots, Nef des fous), Thomas Murner (Narrenbeschwaerung,
Conjuration
des fous), Alberus et Burkard Waldis; enfin Johann Fischart, surnommé
le Rabelais allemand. Parmi les Volksbucher
dont nous avons parlé se trouvait Till Eulenspiegel (Till
l'Espiègle), relatant les boutades, farces, plaisanteries, aventures
et mésaventures d'un vagabond.
Les Volkslieder, ou chants populaires
de cette période, ont été assemblés pour la
première fois par Herder. Les Meistersaenger
même brillaient d'un éclat nouveau sous la plume de Hans
Sachs; l'art dramatique s'enrichit des oeuvres de Jakob
Ayrer (mort en 1605) et d'Andreas Gryphius
(1616-1664).
Le XVIIe
siècle.
En passant des Meistersaenger aux érudits,
la poésie perdit en simplicité,
en naturel ce qu'elle gagna en perfection; bientôt on ne s'étudia
plus qu'à imiter les Italiens
et les Français. Cette nouvelle
période fut riche en talents de toute sorte; nous citerons, parmi
les poètes; Friedrich von Spee (mort en 1635), Georg Rudolph Weckherlin
(1584-1651), Martin Opitz, chef de la première
école silésienne (1597-1639), Paul
Flemming (1609-1640), Simon Dach (1605-1659),
von Zesen (1619-1689), Halsdaerfer, Christian Weise, Friedrich von Logau
(1604-1655), Günther (1695-1723), Neukirch
(1665-1729), Wernike de Hambourg (mort vers 1720) et Brockes de Hambourg
(1680-1747); citons encore, parmi les poètes moins purement nationaux,
Hofmannswaldau (1616-1679), Lohenstein (1635-1683), Canitz (1634-1690),
Besser (1654-1729) et Koenig (1688-1744). Les nouvellistes qui obtinrent
le plus de succès furent Buchcholx, von Zesen, Ziegler, Klipphausen,
Lohenstein et le duc Anton Ulrich de Brunswick.
Parmi les prosateurs, von
Pufendorf en philosophie politique, Kepler
(auteur latin) en astronomie ,
et Gottfried Arnold en histoire ecclésiastique, méritent
une mention toute particulière; on ne peut oublier Spener, créateur
du piétisme protestant. Le latin
dominait encore dans les écoles et dans les écrits philosophiques,
si bien que Jakob Boehme (1575-1624) fut pendant
longtemps le seul à employer la langue de son pays. Leibniz
(1646-1716) préférait le français
lorsqu'il ne faisait pas usage du latin; Wolf (1679-1754)
écrivait en allemand. Christian
Thomasius (1655-1728) substitua la langue nationale au latin dans l'instruction
et fonda la première publication périodique allemande à
Leipzig
(1688-1690).
Le XVIIIe
siècle.
Le XVIIIe
siècle vit naître plusieurs écoles littéraires.
Gottsched
(1700-1766) voulut faire de l'allemand
la langue des écoles, à l'exclusion de toute autre, et soutint
les règles classiques de composition admises par Racine
et Corneille. Bodmer
(1698-1783) et Breitinger de Zurich
(1701-1776), admirateurs de Milton, créérent
l'école suisse, opposée aux classiques; plus tard, un certain
nombre d'adeptes de Gottsched l'abandonnèrent et fondèrent
le Bremer Beiträge, célèbre publication périodique
éditée par Gaertner (1732-1791);
avec eux commença la seconde école saxonne. L'école
de Halle
avait des rapports avec l'école suisse. Parmi les poètes
de cette période on remarque Rabener (1744-1771), Zachariae
(1726-1777), Gellert (1715-1769), Kaestner,
Giseke, Johann Elias Schlegel, Johann Adolph
Schlegel (1721-1793), Fuchs, Cramer, Ebert, Kleist (1715-1759), Ramler
(1725-1798), Gleim (1719-1803), Salomon
Gessner, de Zurich (1730-1787), Hagedorn
(1708-1754), Albrecht von Haller (1708-1777),
Klopstock
(1724-1803) et Wieland (1733-1813).
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La versification
allemande
La
rime est le caractère des plus anciennes poésies de l'Allemagne ,
qui consistaient en chants d'église et en chants populaires; elle
est aussi accompagnée d'allitérations, comme on le voit dans
la prière de Wessobrunn et le chant d'Hildebrand. La mesure de l'ancien
vers allemand ne reposait ni sur la quantité
des syllabes, comme en grec et en latin,
ni sur leur nombre, comme dans presque toutes les autres langues vivantes;
elle consistait uniquement dans bien qu'elle n'eût pas en réalité
une durée plus longue que les autres; elle ne se distinguait des
brèves que par l'élévation de la voix. Toute syllabe
qui n'avait pas l'accent était regardée comme brève.
Le
Minnesinger,
dit J. Grimm, se bornait à déterminer
le nombre des arsis qu'il voulait donner à son vers, et s'inquiétait
peu du nombre des syllabes faibles; mais comme il se gardait également
de mettre dans les thésis des syllabes accentuées,
il s'ensuivait que le vers était tantôt iambique ou trochaïque,
tantôt dactylique ou anapestique. Dans les strophes des Niebelungen,
chaque vers compte six arsis. L'emploi des rimes plates, et la césure
féminine qui divise le vers en deux hémistiches, lui donnent
une grande analogie avec le vers alexandrin, surtout dans les poètes
souabes. La rime des anciens proverbes et des vieilles maximes se trouve
quelquefois au commencement du vers; elle porte alors Ie nom de rime initiale.
Quand
le haut allemand fut devenu la langue littéraire de l'Allemagne,
Opitz,
Klopstock
et ses successeurs, régularisèrent la métrique, qui
repose aujourd'hui sur des principes assez précis; mais il est difficile
de la ramener à des règles invariables, parce que l'accent
d'une même syllabe peut changer suivant l'importance que le poète
attache au mot. Cependant, grâce à la métrique nouvelle,
certaines syllabes qui étaient brèves sont devenues douteuses,
et peuvent être employées comme longues; cette innovation
a permis à la versification allemande d'employer le spondée,
pied qui lui manquait totalement. (H.). |
Une nouvelle direction fut donnée
à la littérature par Lessing (1729-1781),
qui fit disparaître l'influence française. Sa tragédie
'Emilia Galotti, sa comédieMinna
von Barnhelm et son drame philosophique
Nathan der Weise sont des modèles de composition dramatique.
D'autres auteurs exercèrent également une grande influence
sur la littérature de leur époque; ce sont : Herder
(1744-1803) et Winckelmann (1717-1768). Le critique et commentateur Heyne
propagea à Göttingen
les théories de Winckelmann et bientôt après 1770,
la,jeunesse fonda une union poétique dont les principaux membres
furent Bürger (1748-1794), Voss (1751-1826),
Hoelty (1748-1776), les deux Stolberg, Claudius,
Miller, Hahn, Cramer, Gotter
et Boje. D'autres poètes célèbres furent Pfeffel (1736-1809),
Klinger (1753-1831), Schubart (1739-1791), Heinse
(mort en 1803), Lenz (1750-1792), Müller (1750-1823)
et surtout Schiller et Goethe;
à cette période appartient le philosophe Kant
(1724-1804) qui fut suivi de Fichte (1762-1814),
Hegel
(1770-1831) et Schelling (1775-1834); d'autres
philosophes éminents furent Lessing, Herder,
Moses, Mendelssohn et Hamann.
Parmi les autres prosateurs nous citerons
Engel
et Jacobi, Reinhold
et Barth; Alexander Gottlieb Baumgarten (écrivain
latin), Meier, Sulzer, Abbt,
Garve,
Liscow, Lavater, Zimmermann,
Lichtenberg;
les historiens Dohm, Moeser, Schroeckh, Schloezer,
Beck,
Spittler, Mosheim et
Johannes von Müller
(1759-1809); Georg Forster, professeur et ami d'Alexander
von Humboldt; le publiciste Friedrich Karl von Moser; le professeur
Basedow,
auquel succéda Pestalozzi; Campe, auteur
de livres pour les enfants; Nicolai (roman
satirique Sebaldus Nothanker); le philologue Adelung; l'archéologue
Boettiger;
le biographe Sturz; les théologiens
Reimarus,
Jerusalem, Spalding, Michaelis, Rosenmüller et Ernesti;
l'historien Eichhorn; enfin Blumenbach,
Bloch,
Herschel,
Euler,
Vega et plusieurs autres brillèrent dans les diverses branches de
l'enseignement et des sciences. Jean Paul Friedrich Richter (1763-1825)
est considéré comme l'un des plus puissants écrivains
de son siècle. Novalis (von Hardenberg, 1772-1801) fut le chef de
la nouvelle école dite romantique, à laquelle appartint notamment
son contemporain Wackenroder (1772-1798).
Le XIXe
siècle.
La période romantique inaugurée
par Novalis, s'est poursuivie au XIXe siècle
avec August Wilhelm von Schlegel (1762-1843),
traducteur de Shakespeare, et distingué
dans plusieurs genres; son frère Griedrich von Schlegel (1772-1829),
historien de littérature ancienne et moderne; Ludwig Tieck (1773-1853),
La Motte Fouqué (1777-1843), Chamisso
(1781-1838), Tledge (1752-1841), Platen (1796-1835) et Werner (1768-1823)
Cette époque comprend les poètes
lyriques Schenkendorf (1783-1817), Stagemann (1763-1840), Kosegarten (1758-1818),
Baggesen
(1764-1826), Matthison (1761-1831), Mahlmann (1771-1826), Salis
(1762- 1834) et Eichendorff (1788-1857). Parmi les romanciers, on cite
d'abord J. T. Ilermes (1738-1824), Hippel (1741-1796), Musaeus
(1735-1787), et ensuite Lafontaine (1759-1831), Thümmel (1738-1817),
Jung-Stilling (1740-1817), Knigge 1752-1796) et Immermann (1796-1840).
Les femmes auteurs de cette période
sont Bettina von Arnim (1785-1859), Rahel, femme de Varnhagen
von Ense (1774-1833), Augusta von Paalzow, Ida von Hahn-Hahn, Amalie
Schoppe, Johanna Schopenhauer, Friederike Brun et Talvi (Mme Robinson).
La guerre nationale contre Napoléon fit
éclore les chants enthousiastes d'Arndt
(1769-1860) et de Koerner (1791-1813). Les autres poètes nationaux
furent Wilhelm Müller (1794-1827), Rückert (1789-1866) et Uhland
(1787-1862), chef de l'école moderne de Souabe ,
à laquelle appartenaient Hebel (1760-1826),
Justinus Kerner, Gustav Schwab, l'historien et
critique Pfizer, Karl Meyer et Moerike. Une nouvelle
direction fut donnée à l'activité littéraire
par l'excitation qui précéda et suivit la révolution
française de 1830. Boerne (1786-1837) et Heinrich
Heine (1800-1856) se mirent à la tête du mouvement; ce
dernier devint, en peu de temps, l'idole de la nouvelle école appelée
Jeune
Allemagne, école à laquelle appartenaient Gutzkow (né
en 1811), Laube (1806), Gustav Kühn (1806) et Mundt (1808). Les écrits
du baron Sternberg (1806) et du prince Pückler-Muskau (1785-1871)
donnent une idée des opinions qui régnaient alors en Allemagne .
La liste des auteurs de romans
historiques fut ouverte par Meissner (1753-1807), qui eut pour successeurs
Karoline von Pichler (1769-1843), Tromlitz (von Witzleben, (1773-1839),
Van der Velde (1779-1824), Karl Spindler (1796-1855), Koenig (1790-1869),
Zschokke (1771-1848), Heinrich Stelfens (1773-1845), Berneck ou Bernd von
Guseck (1803), Mügge (180-1861), Heller (1813-1871), Luise Mühlbach
(Mme Mundt, 1814-1873) et Willibald Alexis (Wilhelm Baering, 1797-1871).
Hauff, Clauren et Hacklaender, (fondateur et directeur du journal Ueber
Land und Meer) sont également des romanciers populaires. Parmi
ceux des dernières décennies du XIXe
siècle, la première place est occupée par Freytag,
Spielhagen et Auerbach. Alfred Meissner (petit-fils du romancier déjà
nommé), Max Ring, Edmond Hoefer, Fanny Lewald, Levin Schücking,
Karl van Holtei, E. Marlitt (Eugénie John), Paul Heyse et plusieurs
autres se sont illustrés par des travaux littéraires d'imagination.
A la même époque, les poètes
les plus célèbres sont Hoffmann von Fallersleben, Herwegh,
Diagelstedt, Prutz, Kinkel, Freiligrath, Grabbe, Gottschall, Emanuel Geibel,
Hedwilz, Paul Heyse, Wolfgang Müller, Max Waldau, Gerokt, Bodenstedt,
Baettger, Simrock, Kugler, Keller, Schefer et Hemmer. Une pléiade
de poètes viennois se groupa autour d'Anastasius Grün (comte
d'Auesperg, 1806-1876), le plus grand poète lyrique de l'Autriche .
Autour de cette étoile gravitaient Lenau et Karl Beck, Alfred Meissner
et Moritz Hartmann.
La littérature dramatique est tombée
des hauteurs où elle s'était élevée avec Lessing,
Goethe
et Schiller, Néanmoins les auteurs sont
nombreux; nous citerons : Gerstenberg (1737-1823),
Cronegk, Leisewitz, Weisse, Iffland (1759-1814),
Werner,
Müllner (1774-1829), Howald (1778-1845), Grillparzer (1790-1872, Kotzebue
(1761-1819), Friedrich Halm (Münch-Bellinghausen), Maltitz,
Eichendorff, Julius Mosen, Gutzkow,.Laube, Hebbel, Griepenkerl, Prutz,
Brachvogel, Charlotte Birch-Pfeifer (1800-1868), Karl Immermann, Beer,
Raupach (1784-1852), Eduard Duller (1809-1853), Hacklaender, Benediz, Feldmann,
Toepper, Albini, Gustav Freytag, Bauernfeld, Paul Heyse, Wilhelm Jordan,
Kruse, Mosenthal, Weilen, Wilbrandt, Gustav von Putlitz et Schauffert.
Toutes les autres branches de la littérature
sont tombées dans la décadence depuis que l'Allemagne
a tourné son énergie du côté de l'art militaire;
elle a recherché une gloire d'un tout autre genre. Les esprits les
plus éminents se vouent surtout à l'enseignement et aux recherches
scientifiques. Alexander von Humboldt (1769-1859)
a donné une vive impulsion à toutes les branches du savoir
humain, principalement aux sciences naturelles. En même temps, un
autre grand mouvement était imprimé aux recherches historiques
par Niebuhr (1776-1831), Schlosser (1776-1861),
Heeren
(1760-1842), Raumer (1781-1873), Leopold von Ranke
(né en 1793), Dahlmann (1785-1860) et Gervinus (1803-1871).
Parmi les noms distingués dans les
recherches sur les antiquités orientales et égyptiennes,
on cite Bunsen, Lepsius,
Brugsch,
et Ebers; dans l'histoire ancienne Boeckh,
Karl
Otfried Müller, Duncker, Droysen, Mommsen, Kortüm, Adolph
Schmidt, Plass, Wachsmuth, Tillmann, Flathe, Manso, Abeken, Schwegler,
E. Curtius, Lassen, Jahn, Hermann, Teuffel et Movers; dans l'étude
du sanscrit, Roth, Boehtlingk, Benfey,
Fick et A. Weber; dans l'histoire du Moyen âge, Rühs, Rehm,
Wilken, Leo, Hammer, Fallmerayer, Aschbach, Lappenberg, Dahlmann, Schaefer,
Roepell, Kriegk, Griesebach et Gregorovius; dans l'histoire et la littérature
orientales, Joseph von Hammer-Purgstall, Flügel, Plath, Radeloff,
Ewald et Noeldeke; dans l'histoire moderne, Dohm, Saalfeld, Bülau,
Münnich, Heusser, Sybel et Treitschke; dans l'histoire des mouvements
moraux, intellectuels, économiques et politiques, Wachsmuth (1784-1866),
Scherr, Klemm (1802-1869) et Henne-am-Rhyn. Les récits d'explorations
rédigés par Johann Georg Adam Forster
(1754-1794), compagnon de Cook dans son second voyage
autour du monde, ayant obtenu un grand succès, furent suivis de
plusieurs autres qui créèrent un genre nouveau, la littérature
de voyages, à laquelle Humboldt donna une grande impulsion.
L'Allemagne
a donné le jour à un nombre considérable de voyageurs
qu'il faut renoncer à nommer tous; nous citerons seulement Lichtenstein
(1780-1897), Martius (1794-1868), G. H. von Schubert (1780-1860), Rüppel
(né en 1794), Moritz Wagner (1813), Froebel (1806) et Ida
Pfeiffer (1797-1858). Parmi les plus célèbres explorateurs
de la fin du XIXe siècle, on ne
peut se dispenser de rappeler Gützlaff (en Chine ),
Siebold
(au Japon ),
Barth,
Vogel,
Nachtigal,
Gerhard
Rohlfs, Sweinfurth et Heuglin (en Afrique ),
les frères Schlagintweit (Asie centrale ),
Bastian
(Sud-Est de l'Asie) et Leichhardt (Australie).
Parmi ceux qui se sont illustrés
dans le champ des sciences et de la philosophie ;
nous ne nommerons que les plus célèbres: Schleiermacher,
Wilhelm
von Humboldt, Schopenhauer,
Nietzsche,
Strauss, Ritter,
Bopp,
Grimm,
Liebig
et Haeckel.
(T.). |
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