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Les Niebelungen,
poème épique allemand
du Moyen âge .
Il se divise en deux parties : la première est consacrée
au récit des aventures et de la mort de Siegfried .
Ce héros, fils de Siegmond, roi des Pays-Bas ,
se rend à Worms, où réside Gunther, roi des Bourguignons.
Grâce à la force et au don d'invisibilité que lui donne
un manteau magique, il aide ce prince à vaincre la belle Brunhilde,
reine guerrière d'Islande ,
qui avait juré de n'épouser que son vainqueur. Gunther accorde
sa soeur. Chrimhilde à Siegfried. Brunhilde, devenue la femme du
roi des Bourguignons, apprend, dans une querelle avec Chrimhilde, que ce
n'est pas Gunther, mais Siegfried qui l'a vaincue: elle charge de ses vengeances
Hagen de Troneck, qui assassine Siegfried au milieu d'une partie de chasse
et jette dans le Rhin le trésor que ce héros a enlevé
jadis aux Niebelungen, princes résidant au loin dans le Nord. Dans
la seconde partie du poème, Chrimhilde épouse Etzel (Attila),
roi des Huns ,
et venge cruellement la mort de son premier mari : elle invite les Bourguignons,
que le poète appelle ici Niebelungen à une fête où
elle les fait massacrer, et avec lesquels périssent ses frères
Gunther, Gernot et Giselherr; elle tue de sa propre main Hagen, qui emporte
en mourant le secret du trésor, mais est frappée elle-même
par Hildebrand, vassal de Dietrich de Berne ,
qui a succombé dans la lutte.
Cette épopée, que des critiques
allemands n'ont pas craint de placer à côté et même
au-dessus de l'Iliade ,
est un assemblage de chants nationaux, d'une antiquité reculée,
auxquels un auteur inconnu a donné, vers l'an 1210, la forme sous
laquelle on les trouve dans un manuscrit de la bibliothèque de Munich.
Deux manuscrits de Saint-Gall
et de Hohenems nous donnent le même poème remanié.
On a attribué les Niebelungen à Conrad de Wurzbourg,
à Klingsoer, à Wolfram d'Eschenbach,
à Henri d'Ofterdingen. Il y a, dans ces chants épiques, un
mélange de faits historiques, tels que la ruine de la maison de
Bourgogne
et les exploits d'Attila, avec des traditions
de l'Edda islandaise. Le nom même des Niebelungen ou
Niflungen rappelle le Niflheim, ce lieu froid et sombre dont la mythologie
scandinave
faisait un Enfer .
On le fait venir généralement de Nebel jung, enfant
du nuage. Chaque vers du poème des Niebelungen compte six
longues; au milieu est une césure, de sorte que chaque moitié
de vers a trois longues. Le nombre des brèves qui se joignent aux
six longues est indéterminé, et varie de quatre à
dix. II en résulte que les vers sont tantôt ïambiques,
tantôt trochaïques, ou bien anapestiques et dactyliques. Quatre
vers forment une strophe. Les rimes sont tantôt masculines, tantôt
féminines. A la suite des Niebelungen se trouve un poème
qui paraît avoir été composé vers la fin du
XIIe siècle : il est intitulé
Klage (la Plainte); la rime y arrive toujours après trois
longues, au lieu de ne venir qu'après la sixième. On y voit
les funérailles des héros morts du côté d'Attila,
le message envoyé dans leur pays pour y porter la nouvelle de leur
mort, et les honneurs accordés à Dietrich de Berne .
Les principales scènes des Niebelungen ont fourni des sujets
de fresques au peintre Cornélius; elles
ont été aussi peintes par Schnorr dans le palais du roi de
Bavière
à Munich. (A19).
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En
bibliothèque - La meilleure
édition
des Niebelungen a été donnée en 1826 par Lachmann,
d'après le manuscrit de Munich; le baron de Lassberg a publié
le manuscrit d'Hohenems; il existe encore d'autres éditions par
Christophe Müller (1782j, Von der Hagen (1810), Zeune (1815), Vollmer,
Schoenhuth, et Leyser. La meilleure traduction en allemand moderne est
celle de Simrock, bien préférable à celles de Von
der Hagen, de Rüsching, de Rebenstock, et de Hinsbere. Nous avons
aussi une traduction française par Mme Moreau de La Mellière,
publiée par Fr. Riaux, 1839, 2 vol. in-8°. Voir aussi : Güttling,
Sur
ce qu'il y a d'historique dans les Niebelungen, en allem., Rudolstadt,
1814; Mohne, lntroduclion aux Niebelungen, en allem., Heidelberg,
1818; Von der Hagen, Sur les Niebelungen et leur composition, en
allem., Breslau, 1819, et Examen des Niebelungen, Francf., 1824;
Grimm,
Légendes
héroïques allemandes, en allem., 1829; Lachmann, Critique
des Niebelungen, dans le Musée du Rhin
de 1830;le même,
Sur la composition primitive des Niebelungen, Berlin, 1816; le même,
Examen des Niebelungen et de la Plainte, ibid., 1836. |
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