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Les Niebelungen
sont un poème épique allemand
du Moyen âge .
Il se divise en deux parties : la première est consacrée
au récit des aventures et de la mort de Siegfried .
Ce héros, fils de Siegmond, roi des Pays-Bas ,
se rend à Worms, où réside
Gunther, roi des Bourguignons. Grâce à la force et au don
d'invisibilité que lui donne un manteau magique, il aide ce prince
à vaincre la belle Brunhilde, reine guerrière d'Islande ,
qui avait juré de n'épouser que son vainqueur.
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Brunhilde,
reine d'Islande.
Gunther accorde sa soeur Chrimhilde à
Siegfried. Brunhilde, devenue la femme du roi des Bourguignons, apprend,
dans une querelle avec Chrimhilde, que ce n'est pas Gunther, mais Siegfried
qui l'a vaincue: elle charge de ses vengeances Hagen de Troneck, qui assassine
Siegfried au milieu d'une partie de chasse et jette dans le Rhin le trésor
que ce héros a enlevé jadis aux Niebelungen, princes résidant
au loin dans le Nord. Dans la seconde partie du poème, Chrimhilde
épouse Etzel (Attila), roi des Huns ,
et venge cruellement la mort de son premier mari : elle invite les Bourguignons,
que le poète appelle ici Niebelungen à une fête où
elle les fait massacrer, et avec lesquels périssent ses frères
Gunther, Gernot et Giselherr; elle tue de sa propre main Hagen, qui emporte
en mourant le secret du trésor, mais est frappée elle-même
par Hildebrand, vassal de Dietrich de Berne,
qui a succombé dans la lutte.
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Siegfried
se contemplant dans le fleuve.
(Illustrations
d'Arthur Rackham, 1924).
Cette épopée, que des critiques
allemands n'ont pas craint de placer à côté et même
au-dessus de l'Iliade ,
est un assemblage de chants nationaux, d'une antiquité reculée,
auxquels un auteur inconnu a donné, vers l'an 1210, la forme sous
laquelle on les trouve dans un manuscrit de la bibliothèque de Munich.
Deux manuscrits de Saint-Gall et de Hohenems
nous donnent le même poème remanié. On a attribué
les Niebelungen à Conrad de Wurzbourg, à Klingsoer,
à Wolfram d'Eschenbach, à Henri
d'Ofterdingen. Il y a, dans ces chants épiques, un mélange
de faits historiques, tels que la ruine de la maison de Bourgogne
et les exploits d'Attila, avec des traditions
de l'Edda islandaise.
Le nom même des Niebelungen
ou Niflungen rappelle le Niflheim, ce lieu froid et sombre dont la mythologie
scandinave
faisait un Enfer .
On le fait venir généralement de Nebel jung, enfant
du nuage. Chaque vers du poème des Niebelungen compte six
longues; au milieu est une césure, de sorte que chaque moitié
de vers a trois longues. Le nombre des brèves qui se joignent aux
six longues est indéterminé, et varie de quatre à
dix. II en résulte que les vers sont tantôt ïambiques,
tantôt trochaïques, ou bien anapestiques
et dactyliques. Quatre vers forment une strophe. Les rimes sont tantôt
masculines, tantôt féminines.
A la suite des Niebelungen se trouve
un poème qui paraît avoir été composé
vers la fin du XIIe siècle : il
est intitulé Klage (la Plainte); la rime y arrive
toujours après trois longues, au lieu de ne venir qu'après
la sixième. On y voit les funérailles des héros morts
du côté d'Attila, le message envoyé dans leur pays
pour y porter la nouvelle de leur mort, et les honneurs accordés
à Dietrich de Berne. Les principales
scènes des Niebelungen ont fourni des sujets de fresques
au peintre Cornélius; elles ont été
aussi peintes par Schnorr dans le palais du roi de Bavière
à Munich. (A19).
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En
bibliothèque - La meilleure
édition des Niebelungen a été donnée
en 1826 par Lachmann, d'après le manuscrit de Munich; le baron de
Lassberg a publié le manuscrit d'Hohenems; il existe encore d'autres
éditions par Christophe Müller (1782j, Von der Hagen (1810),
Zeune (1815), Vollmer, Schoenhuth, et Leyser. La meilleure traduction en
allemand moderne est celle de Simrock, bien préférable à
celles de Von der Hagen, de Rüsching, de Rebenstock, et de Hinsbere.
Nous avons aussi une traduction française par Mme Moreau de La Mellière,
publiée par Fr. Riaux, 1839, 2 vol. in-8°. Voir aussi : Güttling,
Sur
ce qu'il y a d'historique dans les Niebelungen, en allem., Rudolstadt,
1814; Mohne, lntroduclion aux Niebelungen, en allem., Heidelberg,
1818; Von der Hagen, Sur les Niebelungen et leur composition, en
allem., Breslau, 1819, et Examen des Niebelungen, Francf., 1824;
Grimm,
Légendes
héroïques allemandes, en allem., 1829; Lachmann, Critique
des Niebelungen, dans le Musée du Rhin
de 1830;le même,
Sur la composition primitive des Niebelungen, Berlin, 1816; le même,
Examen des Niebelungen et de la Plainte, ibid., 1836. |
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