 |
Conscience,
faculté par laquelle l'esprit humain se
perçoit,
se connaît lui-même, connaît
ses actes, et, en général, toutes ses modifications. On la
nomme encore sens intime. En même temps que nous sentons, pensons
ou voulons, nous avons conscience de nos
sensations,
de nos pensées et de nos volontés.
Toutes les opérations de l'esprit viennent se redoubler, ou, si
l'on veut, se réfléchir dans la conscience; d'où le
nom de réflexion donné encore
à cette faculté lorsqu'elle est dirigée par la volonté.
Le matérialisme conteste, sinon la
réalité des faits de conscience, du moins leur origine en
tant que distincte de celle des phénomènes
organiques, et veut qu'on n'accorde aucune confiance à ces informations
qui ne nous viennent d'aucun de nos sens. Cependant rien n'est plus évident
que ce double fait :
1° Je
pense, et la pensée ne tombe pas sous les sens;
2° Je sais que
je pense.
Établir la réalité, l'autorité,
la certitude des faits de conscience, analyser
ces faits, les suivre dans tous leurs développements, dans leurs
rapports entre eux, dans leurs conséquences,
etc., c'est l'oeuvre de la philosophie tout
entière.
Conscience se dit encore du sens moral,
c.-à-d. de la liaison appliquée au discernement du bien et
du mal. C'est ainsi qu'on dit que la conscience se révolte à
la pensée d'une action criminelle. II faut bien distinguer ces deux
significations. En effet, dans le premier cas, on est simplement spectateur
de ses actes; dans le second, on les juge et les apprécie suivant
leur valeur morale, et on étend ces jugements
aux actions d'autrui. La conscience morale est ordinairement accompagnée
d'un phénomène affectif, plaisir ou peine: ainsi, l'accomplissement
et même la vue d'une bonne action nous cause une satisfaction véritable;
et l'un ne commet pas de faute, au moins tant que le mal n'est point passé
en habitude, sans éprouver un regret,
un repentir ou un remords. (B. E). |
|