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On désigne
sous le nom d'Eddas ( = Aïeules) un recueuil de traités
en prose islandaise, composé
au commencement du XIIIe siècle
par l'historien Snorré (ou Snorri) Sturluson (mort en 1241). II
comprend :
1° Gylfaginning ou
fascination de Gylfé, sorte de catéchisme de la mythologie
scandinave, avec les Récits de Bragé, ainsi qu'un
Prologue et un Épilogue où l'auteur s'efforce de concilier
les traditions sur les émigrés troyens avec celles des anciens
peuples établis en Scandinavie ;
2° Skaldskaparmal ou Skalda,
traité de la diction poétique (périphrases, métaphores,
épithètes, synonymes, etc.), avec de nombreux exemples tirés
des chants des Skalds;
3° Hattatal, métrique
avec des exemples des diverses espèces de vers et de strophes composés
par Snorré.
Ces traités sont accompagnés
de pièces généralement bien différentes, dans
les plus anciens manuscrits qui les contiennent,
mais ce sont les seuls auxquels on ait donné le nom d'Edda
au Moyen âge.
Comme ce recueil renfermait aussi des vers
et même des poèmes entiers, le savant évêque
Brynjulf Sveinsson appela de même un autre recueil qu'il attribuait
à Saemund Sigfusson (mort en 1133) et qui se compose de poèmes
mythiques, éthiques et héroïques, accompagnés
de courtes explications en prose. Saemund ayant vécu une centaine
d'années avant Snorré, cette Edda fut appelée
ancienne
ou poétique par opposition à la nouvelle ou
prosaïque.
Ces chants, composés dans le mètre
archaïque (fornyrdalag) où ses variétés
sont, dans leur simplicité grandiose, du nombre des plus beaux de
la vieille littérature norraine.
Quoiqu'ils aient été transcrits, remaniés ou tout
au moins rajeunis par des chrétiens, leur caractère est essentiellement
païen et les sujets historiques remontent jusqu'au IIIe
siècle de notre ère. Comme la plupart des poésies
populaires, ils sont anonymes.
L'ensemble n'est conservé que dans
un seul manuscrit du XIIIe siècle,
la fameux Codex regius ou de la bibliothèque royale de Copenhague,
mais quelques fragments on des morceaux de même genre, qui se trouvent
dans l'Edda de Snorré ou ailleurs leur ont été
adjoints dans différentes éditions. Ils peuvent être
ainsi classés :
1° chants mythiques
: Voeluspa, Vegtamskvida ou Rêves de Baldr, Thrymskvida, Hymiskvida,
Lokasenna on Oegisdrekka, Harbardsljod, Skirnisfaer, Vafthrudnismal, Grimnismal,
Alvissmal;
2° poème éthique
: Havamal;
3° poèmes généalogiques
: Rigsmal, Hyndluljod;
4° chants légendaires
: Helgakvida Hjoervardssonar, Helgakvida Hundingsbana (I et II),
Sinfjoetlalok,
Sigurdarkvida Fafnisbana (I, II, III), Fafnismal, Sigrdrifurmal,
Gudrunarkvida (I, II, III), Helreid Brynhildar, Drap Niflunga, Oddrunargrat,
Atlakvida, Atlamdl, Gudrunarhvxt, Hamdismal. Les poèmes mythiques
analogues sont : Grottasoeng, Grogaldr, Fjoelsvinnsmal, Hrafnagaldr
Odins, Darradarljod et Solarljod. (Beauvois).
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En
bibliothèque- Les Eddas
ont été plusieurs fois imprimées. Nous citerons seulement
l'édition que Rask en a donnée à Stockholm, en 1848,
et la vieielle traduction française de mademoiselle du Puget.
En
librairie - Snorri Sturluson, L'Edda
(récits de mythologie nordique), Gallimard, 1991. - Régis
Boyer, L'Edda poétique, Fayard, 1998. |
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