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Villemain
(Abel François), professeur, écrivain et homme politique
français, né à Paris en juin 1790, et mort en mai
1810. Il fut de bonne heure distingué par Fontanes, qui le
nomma professeur de rhétorique au lycée Charlemagne (1810),
et bientôt maître de conférences de littérature
française à l'École normale. Il débuta dans
les lettres par un Éloge de Montaigne
(1812) et un Éloge de Montesquieu
(1816) couronnés par l'Académie francaise. Un instant suppléant
de Guizot dans la chaire d'histoire
moderne, il fut en 1816 appelé par Royer-Collard à la chaire
d'éloquence française, où il se lit remarquer par
la nouveauté de ses aperçus, la finesse de sa critique, l'élégance
exquise et l'heureuse vivacité de sa parole. Il publia en 1819 une
Histoire
de Cromwell, ouvrage distingué, mais
où l'auteur n'avait pas trouvé l'emploi de son véritable
talent; en 1822 une traduction de la République de Cicéron,
d'après les fragments retrouvés par A. Maï; et en 1825,
Lascaris
et un Essai sur l'état des Grecs depuis la conquête musulmane,
ouvrages qui avaient pour but d'aider au mouvement d'opinion qui
s'opérait en faveur de la Grèce opprimée par les Turcs .
Il avait été reçu
à l'Académie française
en 1822 avait été dès 1819 appelé aux fonctions
de chef de fa division de l'imprimerie et de la librairie, et était
devenu, sous le ministère Decazes, maître des requêtes
au conseil d'État. il fut destitué de cette dernière
fonction en 1827, pour avoir rédigé avec Lacretelle
et Chateaubriand, la supplique adressée
au roi par l'Académie contre le rétablissement de la censure;
il reprit alors avec un très grand éclat son cours de littérature
française à la Faculté des lettres à côté
de Cousin et Guizot.
Nommé députe d'Evreux en 1830, il siégea parmi les
membres de l'opposition, et signa l'adresse des 221. Louis-Philippe
rappela en 1832 à la Chambre des pairs, où il combattit les
lois de septembre et soutint le ministère Molé contre la
coalition. Nommé ministre de l'instruction publique le 13 mai 1839,
il fut écarté par le cabinet du 1er
mars 1840 et remplacé par Cousin; il reprit ce poste en octobre
1840, mais, en 1844, épuisé par les luttes qu'amena la préparation
de la loi sur l'enseignement secondaire, il tomba malade, perdit de nouveau
son portefeuille, et s'honora en refusant une pension de 15000 F que le
ministère voulait lui faire voter par la Chambre. Il ne fit guère
plus acte d'homme public que par quelques discours à la Chambre
des pairs, et la révolution de 1848 acheva de le rendre à
la vie privée. Il se consacra désormais exclusivement aux
lettres : secrétaire perpétuel de l'Académie française
depuis 1835, il déploya dans ces fonctions une activité et
un dévouement sans égal, rédigeant chaque année,
sur les divers prix décernés par l'Académie, des rapports
qui sont des modèles d'éloquence académique.
Outre les ouvrages cités plus haut,
Villemain a publié de nombreuses études de critique et d'histoire
qui toutes se distinguent par une vaste érudition et par l'élégante
pureté du style : Discours et Mélanges, 1823; Nouveaux
Mélanges, 1827; Études de littérature ancienne
et étrangère, 1846; Études d'histoire moderne,
1846; Tableau de l'éloquence chrétienne au IVe
siècle, 1849; Souvenirs et Nouveaux souvenirs contemporains,
1856-58; Choix d'études sur la littérature contemporaine,
1857; la Tribune française, Chateaubriand, 1857; Essais
sur le génie de Pindare, 1859, etc.;
enfin il avait écrit, ou du moins préparé, une Histoire
de Grégoire VII. Mais son oeuvre
capitale est son Cours de littérature au XVIIIe
siècle et son Cours de la littérature du Moyen âge ,
reproduction des remarquables leçons qu'il avait faites à
la Faculté des lettres de 1827 à 1830. On y trouve, avec
une lecture immense, beaucoup de goût, de facilité et de finesse.
Ces leçons, retouchées par l'auteur, sont devenues un livre
souvent réimprimé (6 vol.) : elles ont élargi les
voies de la critique moderne, et substitué à l'étroite
appréciation des beautés et des défauts l'histoire
littéraire et ses aperçus variés sur le caractère
des écrivains et de leur époque. |
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