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En
philosophie,
le mot fini exprime l'idée d'une chose qui a des limites;
ainsi, toute figure est limitée ou finie dans l'espace,
toute durée est limitée dans le temps.
Tout ce que perçoivent les
sens et la conscience
est conçu comme fini; mais, en concevant ainsi des êtres
et des faits, nous ne pouvons assigner de limites à l'espace et
au temps qui les contiennent.
A côté
et à l'occasion de l'idée du fini, apparaît dans l'esprit
celle de l'infini, c'est-à-dire de ce qui est sans bornes,
de ce qui n'a ni commencement ni fin. Quoique le mot infini soit négatif,
l'idée qu'il exprime est essentiellement positive; elle est identique
à celle du parfait, de l'absolu, du nécessaire.
La notion du fini, au contraire, c.-à-d. du non-infini, du non-parfait
ou de l'imparfait, est négative; elle ne se conçoit que,
par l'absence d'une perfection, que par la position de limites au delà
desquelles ce qui est fini n'existe plus.
La notion de l'infini,
prise objectivement, correspond à la réalité
infinie et immatérielle, qui, invisible aux yeux, insaisissable
aux sens et à la conscience, est conçue par la raison.
Les philosophes qui regardent les sens comme l'unique origine de nos connaissances
prétendent que l'idée de l'infini est négative; mais
nier l'infini serait nier Dieu; il faut que l'infini
soit, pour que l'infini puisse être.
«
Avant qu'il y ait des choses qui ne sont pas toujours les mêmes,
dit Bossuet, il y en a une qui, toujours la même,
ne souffre pas de déclin. "
Ce qui trompe, c'est
que nous avons l'idée du fini avant celle de l'infini; mais, dans
l'ordre logique, le fini suppose l'infini, comme
sa condition nécessaire; dans l'ordre chronologique, c'est l'idée
du fini qui est la condition nécessaire de l'acquisition de l'idée
d'infini. Celle-ci, bien distincte de la première, l'est également
de la notion de l'indéfini. Ce dernier peut avoir des limites dont
on peut faire abstraction et qu'on peut déplacer, mais qu'on ne
peut jamais faire disparaître.
Chercher à
concilier dans l'intelligence et dans la
réalité le fini et l'infini, Dieu et le monde, c'est agiter
le problème le plus ardu de la métaphysique;
les Éléates, les Alexandrins ,
les écoles panthéistes ont tenté
de le faire, sans y réussir, mais sans empêcher le genre humain
de croire à la fois au fini et à l'infini, à Dieu
et au monde. (B.).
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David
Foster Wallace, Tout
et plus encore : Une histoire compacte de l'infini, Ollendorff
et Desseins éditions, 2011.
2918002070
Michel
Blay, Penser
avec l'infini, Vuibert, 2010.
Joel
Biard,
De
la théologie aux mathématiques : l'infini au XVIe siècle,
Les Belles Lettres, 2005.
Au
XIVe siècle la croyance en la puissance illimitée de Dieu
conduit à un intérêt renouvelé pour l'infini,
particulièrement à partir de Duns Scot qui pense Dieu comme
étant infini et introduit les raisonnements mathématiques
en théologie. Une grandeur ou une multitude infinies sont-elles
pensables? Un infini pourrait-il être plus grand qu'un autre? Dieu
aurait-il pu faire que le monde soit éternel? Aurait-il pu créer
une puissance infinie? Ces questions, et d'autres qui leur sont liées
notamment sur la structure du continu, sont posées, discutées
et résolues avec des arguments logiques, mathématiques ou
philosophiques. Des textes (Bradwardine, Grégoire de Rimini, etc.)
sont présentés qui montrent la variété des
arguments utilisés et mettent en évidence la progression
des discussions. Cet ensemble de traductions a ainsi pour ambition de présenter
à un public non spécialiste un aspect de la richesse de la
pensée du XVIe siècle (couv.).
Joseph
Silk, L'univers
et l'infini, Odile Jacob, 2005.
2311001469
En
bibliothèque -
V.
Cousin, Cours de l'histoire de la philosophie moderne, 5 vol.
in-12, Paris, 1846, t. IV, 12e leçon.
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