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Les
gens
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| Mérimée
(Jean-François Léonor), peintre et chimiste né
à Broglie (Eure) le 8 septembre 1757, mort le 27 septembre 1836.
Sa vie se divise en deux parties bien distinctes : la première consacrée
à la peinture, la seconde aux arts
industriels. Élève de G.-F. Doyen
et de Fr.-A. Vincent, il obtint un second prix à l'Académie
royale de peinture avec la Mort de Tatius.
Avant de se rendre en Italie, il fit un voyage en Hollande pour étudier
les procédés matériels de la peinture à l'huile
depuis Van Eyck; le résultat de ses recherches
ne fut publié par lui qu'en 1830 sous le titre de : De la Peinture
à l'huile ou des procédés matériels employés
dans ce genre de peinture depuis Hubert et Jean Van Eyck jusqu'à
nos jours.
De la Hollande, L. Mérimée
passa en Italie où, pendant son séjour à Rome et à
Florence, il peignit : Chasseurs trouvant dans une forêt A dater de 1802, il se consacra presque exclusivement à la chimie industrielle. Membre de la commission chargée d'examiner les objets admis à l'Exposition des produits de l'industrie française (1802), puis secrétaire perpétuel de l'École des beaux-arts (24 janvier 1807), il publia, jusqu'à sa mort, une suite considérable de rapports et de mémoires sur les manufactures, les procédés de fabrication, l'enseignement du dessin, enfin, sur tout ce qui touche à l'art industriel et décoratif. |
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| Mérimée
(Prosper), romancier et critique né à Paris Après quelques essais de théâtre,
drames, comédies qu'il lit à ses amis, il fait paraître
en 1825 le Théâtre de Clara Gazul, qu'il donne comme
étant d'une actrice espagnole; dans une préface signée
Joseph L'Estrange, il s'annonce modestement comme le traducteur et l'éditeur
de l'oeuvre. Le livre eut un médiocre succès de vente, mais
fit connaître du coup l'auteur qu'on fêta bientôt dans
les salons à la mode, chez Mme Récamier entre autres, et
chez Mme Pasta. En 1827, Prosper Mérimée renouvelle sous
le titre: La Guzla, anagramme de Gazul, la même mystification,
qui, de nouveau, trompe tout le monde. Cette fois, il se fait passer pour
un Italien réfugié, et présente la Guzla comme
un recueil de chants populaires illyriens La même année, Prosper Mérimée publia dans la Revue de Paris et dans la Revue française deux petites comédies : l'Occasion et le Carrosse du Saint-Sacrement et quelques nouvelles : Mateo Falcone, Vision de Charles IX, l'Enlèvement de la Redoute, le Vase étrusque, Tamango, Federizo et la Perle de Tolède, qui, beaucoup mieux que ses oeuvres précédentes, donnent dès à présent la mesure exacte de son talent. Il ne dépassera même jamais dans la suite l'imagination sobre et la précision de ces courtes pages. Prosper Mérimée part pour un voyage en Espagne où il se lie d'amitié avec la comtesse de Montijo. A son retour, les Bourbons étaient chassés de France, et il devient, grâce à la protection de la famille de Broglie, chef de cabinet du comte d'Argout au ministère de la marins, puis au commerce, puis à l'intérieur. Lorsque son protecteur quitta le Cabinet (1833), il le fit nommer inspecteur général des monuments historiques à la place de Vitet. Rendu aux lettres en 1833, il fait paraître la Double Méprise, petite nouvelle amusante et délicate, mais d'une psychologie à peine esquissée, et les Ames du Purgatoire (1835), histoire railleuse et mystique de Don Juan de Marana. A partir de cette époque, Mérimée, sans cesser d'écrire, se consacre particulièrement à ses fonctions d'inspecteur des monuments historiques auquel il prend goût. Il y trouve l'occasion d'exercer là son sens critique, et la science qu'il a acquise en archéologie et en architecture. Il voyage à travers la France et réussit à sauver de la ruine définitive nombre de monuments et de morceaux historiques de valeur. En 1837, Prosper Mérimée
publie encore six nouvelles sous le titre de la Vénus d'Ille,
et en 1840, Colomba, qui passe pour son chef-d'oeuvre. Il va en
Espagne, en Grèce et en Turquie (1840-42). Ses Études
sur L'histoire romaine et les Monuments helléniques datent
de cette époque. L'Architecture au moyen âge est de
1843. Mérimée entre alors à l'Académie
des inscriptions et belles-lettres, stage pour l'Académie française
où il est reçu l'année suivante (1844), prenant place
au fauteuil de Charles Nodier dont il a un mal incroyable à faire
l'éloge. Il est reçu par son ami Ampère.
En 1846, il publie Carmen (suivi d'Arsène Guillot
et de l'Abbé Aubain) . Son Histoire de don Phèdre,
roi de Castille Le 14 mai 1850, il laisse jouer à
la Comédie-Française le Carrosse du Saint-Sacrement,
par Augustin Broham, et on le siffle outrageusement. Dans le numéro
de la Revue des Deux Mondes du 15 avril 1852, il défend son
ami l'Italien Libri, accusé de vols de volumes précieux,
on le poursuit pour injures à la magistrature, et il est condamné
à quinze jours de prison et à 1000 F d'amende. Il subit sa
peine à la Conciergerie Prosper Mérimée revient à la mode par périodes. Il a au départ bénéficié d'un remous de la réaction critique contre le romantisme. L'abus des images et de la couleur donne chaque fois un regain de vogue à l'écrivain sobre jusqu'à la sécheresse, et la fécondité naturaliste sert de repoussoir à son assez mince bagage littéraire (nous ne parlons pas du tas énorme de ses mémoires et de ses rapports). Quand ses admirateurs ont vanté le goût, le tact, la précision, et la netteté classiques de l'oeuvre de Mérimée, son ironie en demi-teinte, sa discrétion et sa retenue, ils ont à peu près tout dit des éloges qu'il mérite. Il est serré, mais étriqué, il est distingué mais souvent banal, il imagine plus qu'il n'observe; à force de réagir contre ce qu'il appelait la sensiblerie de Rousseau, la fumée et les vapeurs romantiques, il n'a jamais d'émotion sincère, et son oeuvre est terne et grise. Même quand il écrit ses Lettres, ses fameuses lettres à une inconnue, il a l'air de s'être relu à la loupe avant de cacheter sa missive, et à coup sûr, il écrivait ses lettres sur brouillon. Ses amis objectent qu'il n'était pas expansif, et que sa sensibilité était interne. Il refoulait! Réponse trop facile. Il faut plutôt croire que sa vie et ses oeuvres ont été en conformité avec sa nature et ses goûts : coeur sec, il se refusait sans contrainte à l'émotion; ou bien égoïste profond, il fuyait avec adresse les occasions d'être ému. On a parlé de l'influence qu'a eue Stendhal sur son esprit. Elle est probable. Mais cette influence n'a pu être que négative. Stendhal, tout en se raillant lui-même, confessait les petites hypocrisies de sa sentimentalité, et jusqu'à certains coins de naïveté de son esprit; Mérimée n'a jamais de ces cynismes : il semble toujours campé devant son miroir, occupé à rentrer sous sa redingote boutonnée les bouts de sa cravate et de ses sentiments. Ces réserves faites, il faut reconnaître que Mérimée fût un esprit très droit, très honnête, sans méchanceté, très complaisant même. Il a dû souffrir de la sécheresse de sa nature. Cette phrase est de lui : « Il vaut mieux trop aimer que pas assez ».Si son esprit critique est pauvre, si ses portraits littéraires n'apprennent rien d'important ni sur les oeuvres ni sur les auteurs qu'il a le mieux connus, comme historien Sainte-Beuve le vante. (Jules Huret). |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.