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L'histoire
primitive de la Norvège est noyée dans les traditions mythologiques
des Scandinaves .
Le plus puissant des petits souverains qui régnaient, indépendants
les uns des autres, sur les diverses parties entre lesquelles le pays s'était
originairement divisé, Harald Haarfager, c.-à-d. à
la belle chevelure, forma de tous ces États, réunis par la
conquête, un seul royaume, qu'il gouverna de 863
à 950.
Ceux des petits princes et iarls (jarls) qui ne voulurent pas subir son
joug émigrèrent à la tête de ces bandes de pirates
qui se rendirent redoutables au loin, sous le nom de Normands ou de Vikings .
( La Scandinavie médiévale )
Le christianisme
commença à pénétrer en Norvège sous
Olaf Ier. Saint Olaf Il acheva de l'y établir,
et de soumettre les petits souverains qui s'étaient encore maintenus
indépendants. Il fut dépouillé de son royaume en
1028
par Canut (Knut) le Grand, roi de Danemark ,
qui en investit Suénon (Sven), son fils naturel. A la mort de ce
dernier, la Norvège recouvra son indépendance, en 1036,
sous Magnus Ier, fils de saint Olaf, qui
régna aussi sur le Danemark, et dont la postérité
conserva le trône de Norvège jusqu'en 1519,
et étendit sa domination sur les îles Féroé,
Shetland, les Orcades, les Hébrides, l'île de Man, l'Islande
et une partie du Groenland ( L'Islande
et le Groenland au Moyen Âge ).
Olaf III, qui régna
avec son frère, Magnus II, de 1066
à 1068,
et seul de 1068
à 1087,
favorisa les progrès de la religion chrétienne ,
du commerce et des arts. La dynastie des anciens rois de Norvège
s'éteignit en 1319,
avec Haakon VII, et les états lui donnèrent pour successeur
Magnus, fils de sa soeur, roi de Suède ,
qui associa au trône son fils Haakon VIII. Olaf V, fils de Haakon
et de Marguerite, fille de Waldemar III, roi du Danemark ,
succéda à son grand-père dans ce dernier royaume en
1375,
et à son père comme roi de Norvège en 1380.
Il mourut sans postérité en 1387,
laissant les deux couronnes à sa mère Marguerite, qui fut
élue reine de Suède en 1388,
et constitua la réunion des trois royaumes par l'union de Calmar
en 1397.
Éric, petit-neveu de Marguerite, lui succéda en 1412,
et l'union de la Norvège et du Danemark, pendant laquelle la Norvège
forma toujours un état distinct, gouverné par ses propres
lois, dura jusqu'en 1814.
Le luthéranisme
y fut introduit en 1526
par Frédéric Ier et le catholicisme
y fut aboli en 1537
par son successeur, Christian III.
La Norvège
fut enlevée au Danemark
pour être cédée à la Suède
par le traité de Kiel ,
en 1814.
Elle protesta contre cette cession, et se donna une constitution qui lui
fut garantie, lorsque le prince royal de Suède, Charles-Jean Bernadotte
(Charles XIV), eût triomphé de
sa résistance. La montée du nationalisme tout au long du
XIXe
siècle allait cependant mener au
début du siècle suivant à l'indépendance. La
Norvège protestait contre l'ingérence de Stockholm dans ses
affaires et surtout contre les avantages que les Suédois retiraient
d'une politique économique commune; elle revendiquait le droit d'avoir,
à l'étranger, une représentation indépendante.
Une commission fut nommée en 1902
pour rechercher une solution. Au moment où elle allait terminer
ses travaux, le parti radical du Storthing, d'accord avec le ministère,
prétendit que la question consulaire fût immédiatement
tranchée dans le sens d'une organisation distincte pour chaque pays.
Le roi de Suède refusa de donner satisfaction à cette demande
impérative; mais il dut bientôt se déclarer impuissant
à constituer un ministère et, quelle que fût l'irritation
des Suédois, il s'employa à prévenir une guerre presque
fratricide. Une conférence se réunit à Carlstadt pour
régler les conditions du divorce; le gouvernement de Stockholm demanda
que le peuple norvégien manifestât son sentiment par un plébiscite
: 182 voix seulement contre 362 000 se prononcèrent pour le maintien
de l'union. Le 7 juin 1905
la Norvège déclara dissoute son union avec la Suède;
la Suède déclara s'y résigner le 26 octobre suivant.
Appelée à statuer sur la forme du gouvernement, la Norvège
se prononça pour la monarchie constitutionnelle, et le prince Charles
de Danemark, choisi le 18 novembre 1905
pour ceindre la couronne, prit le nom de Haakon VII, se rattachant ainsi
à la lignée des rois nationaux.
Après l'introduction
du suffrage universel masculin dès 1898,
le droit de vote fut accordé aux femmes en 1913.
L'année suivante, au moment du déclenchement de la Première
guerre mondiale, la Norvège proclama sa neutralité. Sa marine
marchande eut cependant à souffrir de lourdes pertes. A la
fin du conflit, la flotte de commerce était réduite de moitié.
En 1920,
le pays fit son adhésion à la SDN, puis à partir de
1929,
il subit de plein fouet les effets de la grande crise financière
mondiale et connut une montée en flèche à la fois
du chômage et de l'inflation qui se prolongèrent jusqu'au
déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Cette fois encore,
la Norvège voulut rester neutre dans le conflit. Cela ne l'empêcha
pas d'être envahie en avril 1940
par les troupes allemandes. L'Allemagne nazie souhaitait utiliser les côtes
abritées de Norvège (fjords) pour y baser ses sous-marins;
elle voulait aussi contrôler le port de Narvik, principal débouché
du fer suédois dont elle avait besoin. Une tentative de contre-offensive
menée au mois de juin suivant devant Narvik par les marines
britanniques et française échoua. Et tandis, que le roi de
Norvège et son gouvernement parvenaient à fuir pour se réfugier
à Londres, un régime pro-nazi était mis en place,
qui plaça à la tête du pays, le chancelier Vidkun
Quisling. Ce dernier, qui avait instauré la loi martiale en 1941
pour combattre les actes de résistance, sera exécuté
peu après la libération de la Norvège en mai 1945.
En 1949,
la neutralité a été abandonnée et la Norvège
a adhéré à l'OTAN. Le pays recouvra assez rapidement
sa prospérité. La Norvège adhéra, à
sa fondation en 1959,
à l'Association européenne de libre échange (AELE).
La découverte de pétrole et de gaz dans les eaux adjacentes
(secteur norvégien de la Mer du Nord) vers la fin des années
1960
a accru considérablement la richesse économique de la Norvège.
Dès le début des années 1980,
les ressources pétrolières de la Norvège constitueront
même pratiquement le tiers des exportations.
Dans les référendums
tenus en 1972
et 1994,
la Norvège a rejeté l'adhésion à l'Union européenne.
Elle fait néanmoins parti depuis 1993
de l'Espace économique européen. Ajoutons qu'en 1957,
le roi Olaf V avait succédé à Haakon VII. Il a régné
jusqu'à sa mort en 1991,
et la couronne est passée à son fils Harald V. La vie politique
est quant à elle dominée par l'opposition des Conservateurs
(parfois en coalition avec les Libéraux) et des Travaillistes, dont
les gouvernements ont régulièrement alterné au cours
des dernières décennies. Les préoccupations ont tourné
autour de la politique énergétique (épuisement des
gisements de la mer du Nord, et possibilités d'exploitation de nouveaux
gisements en mer de Barents), sur fond de débats environnementalistes.
La Norvège s'est également signalée par diplomatie
active, notamment au Proche-Orient (accords d'Oslo ,
en 1993)
et, plus récemment, au Sri-Lanka (médiation entre le gouvernement
et les séparatistes tamouls en 2000). |
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