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Le Danemark
a longtemps eu pour rois des princes goths, qui se prétendaient
issus d'Odin ,
et qu'on nomme Skjoldungien, du nom de Skjold, que les mythes font
régner le premier. Ce que l'on sait de façon plus certaine
c'est que le Danemark a connu un courant d'immigration de peuples germaniques
antérieur au IIe
siècle av. J.-C, qui a amené
dans la péninsule Cimbrique les Saxons,
les Angles, les Jutes;
dans les îles, les Danes; en Scanie, les Goths.
La découverte de nombreuses monnaies et objets d'art romains prouve
que l'influence romaine
se fit alors sentir dans tout le pays; mais, sauf quelques obscures mentions
des géographes anciens et quelques inscriptions en caractères
runiques, nous ne possédons aucun document écrit sur cette
époque. Les relations avec le monde romain subissent ensuite, à
cause du grand bouleversement de l'Europe
centrale, un arrêt jusqu'au VIe
siècle : les Danois prennent part
aux expéditions des Vikings, recrutés
dans toute la Scandinavie .
Sur les petits royaumes qui se divisaient alors le pays, nous ne connaissons
que les légendes recueillies dans les sagas islandaises des XIe
et XIIe
siècles, et les chroniques du Danois
Saxo, qui vivait vers la fin du XIe
siècle.
Du Ve
au Xe siècle,
la civilisation scandinave se modifie beaucoup, par suite des relations
guerrières ou pacifiques avec l'Europe
méridionale et orientale; les tombes des IXe
et Xe siècles
renferment quantité de bijoux et de monnaies byzantines
et asiatiques la religion d'Odin
( La mythologie nordique ),
commune à tous le peuples du Nord, se transforme, au Danemark, sous
la double influence des mythes finnois
et du christianisme ,
apporté par des Vikings
convertis. Les premiers renseignements vraiment historiques sont contemporains
de l'apparition du christianisme et des premières luttes contre
les Francs : ceux-ci imposèrent des tributs à des chefs danois
alliés de Witikind. Louis
le Pieux envoya au Danemark plusieurs missions chrétiennes,
et enfin, les moines Autbert et Anskar (saint Anschaire)
qui furent les apôtres de la Scandinavie (826).
Les Danois commencèrent
à s'intéresser à l'Angleterre
en 832.
Ils s'établirent en 911,
sous leur chef Rollon, sur les côtes de France ,
dans la province appelée depuis Normandie ,
occupèrent les Feroe ,
les îles Shetland, les Orcades, l'Islande, une partie de l'Irlande ,
et poussèrent leurs incursions jusqu'en Espagne ,
en Italie
et en Sicile. Dan Mykillati, c. à d. le Magnifique, réunit
le Seeland et les autres îles danoises à la Scanie, et en
forma sous le nom de Danemark un Etat séparé du reste des
peuples scandinaves. Gorm le Vieux acheva, par la
conquête du Jutland en 865,
de constituer la monarchie danoise. La grandeur du Danemark unifié
s'affirma avec son petit-fils Suénon (Sven)
Ier,
(à la barbe fourchue) qui impose le danegeld au roi anglo-saxon
Ethelred,
et son neveu Canut (Knut II), qui soumit l'Angleterre ,
se rendit maître aussi d'une partie de l'Écosse ,
et acheva la conversion de son peuple et domine la Suède et la Norvège;
à la mort de Canut (1035),
son empire se disloqua; en 1042,
l'Angleterre s'affranchit, et, avec le petit-fils de Canut, Magnus de Norvège,
s'éteignit (1047)
la dynastie que se disait l'héritière des Skjoldungen.
Avec Suénon
(Sven) II, dit Estritson, du nom de sa mère, soeur de
Canut le Grand, commença en 1047
une nouvelle dynastie, sous laquelle les règnes de Waldemar
le Grand, de Canut VI, et de Waldemar II, étendirent la domination
danoise sur tout le littoral méridional de la Baltique, et l'élevèrent
à son apogée. Mais la perte de la majeure partie des conquêtes
de ces trois rois marque la fin du règne du dernier, et la puissance
royale s'affaiblit bientôt au profit de la féodalité,
au point que Christophe II fut obligé
de signer, en montant sur le trône, en 1320,
une capitulation qui restreignait ses droits et étendait ceux de
l'aristocratie. Il fut déposé en 1326,
et le Danemark demeura plongé dans l'anarchie jusqu'à l'avènement
de son fils, Waldemar III, en 1340.
Avec ce prince s'éteignit en 1375
la dynastie de Suénon Estritson.
La fille de Suénon
II, Marguerite, veuve de Haakon, roi de Norvège, réunit
les couronnes de Norvège et de Danemark, et bientôt celle
de Suède (Union de Kalmar, (1397).
Cette union fut très instable ( Le
Danemark au Moyen âge ).:
les Suédois se soulèvent avec Engelbrekt contre Erik (1412-1439)
et élisent un président, Charles Knutsson. L'union refaite
par Cristophe de Bavière, rompue en 1448
par l'élection de Charles Knutsson au trône de Suède,
rétablie par Christian Ier
(1448-1481),
est de nouveau brisée par la victoire de Sten Sture, élu
président à la mort de Knutsson. Après des succès
alternés des Danois et des Suédois, l'union fut enfin définitivement
compromise par les cruautés de Christian
II, et abolie en 1523,
date de l'élection de Gustave Vasa au trône de Suède.
Sous Frédéric
Ier (1523-1533),
le trône perdit encore de ses droits au profit de la noblesse. Le
roi autorisa en 1527
la libre introduction du luthéranisme au Danemark, et en favorisa
la propagation. Son fils, Christian III,
y abolit la religion catholique .
Christian
IV intervint à son détriment dans la guerre de Trente-Ans,
comme chef des protestants .
La supériorité que la Suède acquit sur le Danemark,
sous son successeur Frédéric III, engagea la bourgeoisie,
secondée par le clergé, à renverser le pouvoir de
la noblesse, en investissant le roi, en 1660,
de l'autorité absolue et en rendant héréditaire le
trône, auparavant électif. Cette nouvelle loi fondamentale,
dite loi royale, fut promulguée en 1665.
A la suite de sa
neutralité pendant les guerres de la Révolution française ,
et de son alliance avec Napoléon Ier,
le Danemark fut forcé, par le traité de Kiel ,
en 1814,
d'abandonner à la Suède la Norvège, qu'il possédait
depuis 1450,
et l'île de Helgoland à l'Angleterre .
Il reçut en dédomnagement, cette même année,
la Poméranie
suédoise et l'île de Rügen, qu'il échangea avec
la Prusse ,
en 1816,
contre le duché de Lauenbourg .
Une loi constitutionnelle, promulguée en 1834
par Frédérick VI, établit des états provinciaux.
En 1848,
les duchés de Schleswig et de Holstein se soulevèrent, et
le parlement de Francfort appuya la demande du Schleswig d'être réuni
à la Confédération germanique. La guerre éclata
à ce sujet entre le Danemark et la Prusse; elle fut suspendue par
la convention de Malmö, et terminée par un traité en
1850.
-
Armoiries
du Royaume du Danemark.
Le roi Frédéric
VII promit une nouvelle constitution en 1848,
et l'accorda en 1849.
Une autre constitution, donnée en 1855
par ce même roi, a institué un conseil d'État pour
toutes les parties de la monarchie, composé de membres, les uns
nommés par le roi et les autres élus par la diète
du royaume du Danemark, et par les états provinciaux des duchés
de Schleswig, de Holstein et de Lauenbourg. Mais ces duchés tendaient
à se soustraire aux obligations que leur imposait la Constitution
danoise. Frederik VII soumit les duchés révoltés,
et la succession du Danemark et des duchés fut attribuée
par les puissances européennes à Christian de Glüksbourg
(conférence de Londres ,
1852).
Le conflit persista cependant : l'avènement de Christian IX de Glüksbourg
(1863)
et la promulgation de la constitution de 1863
provoquèrent un soulèvement des duchés, et bientôt,
une guerre avec la Prusse
et l'Autriche
(1864),
qui enlevèrent les duchés au Danemark. Aussitôt après
la paix, le gouvernement prépara et fit enfin voter (1866)
la constitution du Danemark, qui instituait deux Chambres : le Folkething,
élu par un système de suffrage très étendu,
et le Landthing, élu au suffrage restreint.
L'opposition de la
gauche, et surtout de la gauche démocratique (Amis des paysans),
qui demandait une réduction des dépenses, grandit rapidement
dans le Folkething, et aboutit à un conflit constitutionnel, le
roi soutenant ses ministres en s'appuyant sur le Landthing. Le ministère
de combat Estrup (1875-1894),
après avoir dissous plusieurs fois (1876,
1878,
mai 1881,
juillet 1881)
inutilement le Folkething, gouverné à l'aide de lois provisoires
de finances décrétées par le roi, et imposé
à la nation un régime d'exception analogue à un état
de siège, découragea enfin la résistance, obtint la
majorité en 1894
et se retira avec les remerciements du roi. L'année suivante, la
gauche reconquit la majorité, mais elle cessa de s'intéresser
aux luttes constitutionnelles pour faire triompher un programme de réformes
sociales. Un autre conflit entre le gouvernement danois et la Chambre islandaise
(Althing) élue en vertu de la constitution spéciale
de 1874
se termina en 1893;
l'Althing comprit désormais deux Chambres; l'Islande reçut
une administration autonome, et ne participa plus aux dépenses du
Danemark.
Frédérik
VIII, successeur en 1906
de Christian IX, montra plus de souplesse et une intelligence plus éclairée.
Se voulant un roi constitutionnel, il se posa utilement en arbitre entre
les radicaux et les socialistes (socio-démocrates). Christian X
devint roi en 1912.
Quand éclata la première Guerre mondiale deux ans plus tard,
le Danemark réussit à maintenir sa neutralité. Il
fit même progresser sa démocratie. En 1915,
les deux assemblées furent mises au même niveau. En 1918,
le suffrage universel sera accordé. Au cours des années
suivantes, le progrès de l'économie fut au centre des préoccupations
des gouvernements qui se succédèrent. A partir de 1929,
malgré l'impact de la crise économique mondiale qui affecta
aussi le Danemark, les socio-démocrates au pouvoir instaurèrent
un système très avancé de lois sociales.
Le Danemark espéra
pouvoir encore rester neutre à l'approche de la Seconde Guerre mondiale.
Un pacte de non agression fut même signé avec l'Allemagne
hitlérienne en 1939.
Mais il ne fut pas respecté. Le 9 avril 1940,
Hitler fit envahir le Danemark. Le gouvernement resta en place, après
être parvenu à faire accepter par l'occupant le maintien de
son autorité sur les affaires intérieures. Cela permit à
la résistance de s'organiser et de devenir suffisamment redoutable
pour qu'en 1943,
les Nazis prennent le contrôle complet du pays. Le roi Christian
X se retrouva, de fait, assigné à résidence dans son
palais. Le Danemark retrouva son indépendance en 1945,
à la reddition de l'Allemagne. Il dut aussi reconnaître l'indépendance
que l'Islande avait proclamée dès l'année précédente,
et accorder en 1948,
une autonomie de gouvernement aux îles Féroé. Entre-temps,
le 20 avril 1947,
le roi Frederik IX, avait succédé sur le trône à
son père Christian X.
Au cours des quinze
années qui suivirent le conflit mondial, le Danemark opéra
des transformations au sein de ses institutions, et fut également
porté à redéfinir ses relations avec le monde extérieur,
tant politiques qu'économiques. Ainsi, en 1949,
le Danemark commença par renoncer à sa politique de neutralité
en adhérant à l'OTAN. Une nouvelle constitution, promulguée
en juin 1953,
supprima le Landsting. Seuls, désormais, le roi et le Folketing
disposaient du pouvoir législatif. Le pouvoir exécutif restant
du ressort des ministres. La même année une loi successorale
avait ouvert aux femmes le droit à la couronne. Le Groenland devint
aussi à partir de cette date une province du Danemark. Deux ans
plus tard, en 1955,
les îles Féroé renoncèrent à leur gouvernement
séparé, et bénéficièrent du même
statut d'intégration. En 1959,
au moment où deux grands espaces économiques prenaient forme
en Europe ,
la CEE (Communauté économique européenne) et l'AELE
(Association européenne de libre échange), le Danemark choisit
de se joindre au second groupe de pays, parmi lesquels figuraient ses principaux
partenaires économiques (Royaume-Uni ,
pays scandinaves).
Le roi Frederik IX
mourut en 1972
et sa fille Margrethe II lui succéda, le 14 janvier. L'année
suivante, le Danemark, suivant une fois encore le Royaume-Uni ,
adhéra à la CEE, mais n'allait jamais montrer beaucoup d'enthousiasme
dans ce nouveau partenariat. Le rejet, lors d'un référendum,
du Traité de Maastricht fondant l'Union européenne (UE),
en 1992, a été un exemple
de cette réticence (le traité fut adopté finalement
l'année suivante, mais seulement après que le Danemark ait
obtenu certaines garanties); le pays refusa également d'intégrer
la zone euro en 2000. Quant au Groenland,
devenu autonome dès 1979, il
avait aussi fait partie quelque temps du club européen, mais s'en
était retiré en 1985.
Sur le plan de la
politique intérieure, on doit signaler, au cours des dernières
décennies, du retour au gouvernement des conservateurs en 1982.
Ce gouvernement tomba en 1993,
à la suite d'un scandale qui éclaboussa le premier ministre
Poul Schlüter. Les sociaux-démocrates conduits par Poul
Nyrup Rasmussen revinrent au pouvoir. Rasmussen fut reconduit dans ses
fonctions après les élections de 1994,
puis après celles de 1998, avant
d'être battu par un homonyme de la droite libérale, Anders
Fogh Rasmussen, en novembre 2001, à
la suite d'élections qui se signalèrent également
par une poussée de l'extrême droite. Le Parti libéral,
à l'origine de lois durcissant les conditions d'immigration, a de
nouveau gagné les élections de février 2005.
Quelques mois plus tard, le pays a été plongé dans
la tourmente suscitée dans certains pays musulmans
après la publication par un journal de caricatures de Mahomet.
La polémique a atteint son apogée au début 2006,
et semble s'être calmée depuis. |
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