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Lepsius
(Karl Peter), archéologue né à Naumbourg le 25 juin
1775, mort à Naumbourg le 23 avril 1853. Après avoir fait
ses premières études dans sa ville natale, il alla étudier
le droit à Iéna; il y entendit Fichte
et surtout Reinhold qui exerça sur son
esprit une grande influence. Il termina ses études universitaires
à Leipzig ,
d'où il revint dans sa ville natale. I entra comme assesseur dans
le collège des magistrats et devint juge en 1810. Après l'incorporation
de Naumbourg à la Prusse ,
il fut successivement directeur de l'inquisitoriat (1815), conseiller provincial
du cercle de Naumbourg (1817). Il se retira des fonctions publiques en
1841. Ses concitoyens le nommèrent bourgmestre. Il occupait ses
loisirs à l'étude de l'archéologie et des histoires
locales. On lui doit, entre autres ouvrages, une histoire des évêques
de Naumbourg qui s'arrête à l'année 1304 : Geschichte
der Bischaefe des Hochstifls Naumburg vor der Reformation (Naumbourg,
1846, in-8). Son gendre, A. Schulz, a réuni quelquesunes de ses
dissertations archéologiques et historiques sous le nom de Kleine
Schriften, Beitraege zur thüringischsoechsische Geschichte und deutschen
Kunst und Alterthumskunde (Magdebourg, 1854, 3 vol. in-8).
(M. P.). |
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Lepsius (Karl Richard),
célèbre égyptologue né à Naumbourg le
23 décembre 1818, mort le 10 juillet 1884, fils du précédent.
Il commença ses études en Allemagne, les continua à
Paris où il se fit remarquer par ses memoires sur la Paléographie
considérée comme moyen d'études linguistiques
(1834) et De l'Origine et de la parenté des mots qui servent
à désigner les nombres dans les langues indo-germaniques,
sémitiques et copte et Sur les Alphabets sémitiques, indiens,
grec ancien, égyptien et éthiopien (1835)
Karl Lepsius passa en Italie et écrivit
à Rome une Lettre à M. Rossellini sur l'alphabet hiéroglyphique
(1837) où il développait la théorie scientifique des
hiéroglyphes; puis il donna de bonnes éditions de textes
égyptiens, publia Auswahl der wichtigsten Urkunden des aegyptischen
Alterthums (Leipzig, 1842, 23 pl.); Todtenbuch der Aegypter nach
dem hieroglyphischen Papyrus in Turin
(Leipzig, 1842, 79 pl. ( Livre
des Morts );
il a plus tard complété cette publication capitale pour la
connaissance de la religion égyptienne
par divers mémoires, notamment : Aelteste Texte des Todtenbuchs
nach Sarkophagen des altaegyptischen Reichs im Berliner Museum (Berlin,
1867).
En même temps, il s'occupait de l'Italie
antique, éditait avec commentaire : Inscriptiones Umbricae et
Oscae (Leipzig, 1841), publiait deux dissertations : Ueber die tyrrhenischen
Pelasger in Etrurien et Ueber die Verbreitung des italienischen Münzsystems
von Etrurien aus (1842).
Il dressa avec Bunsen
le plan d'un vaste ouvrage d'ensemble sur l'ancienne Égypte; A.
de Humboldt lui obtint une mission du roi de Prusse ,
conjointement avec des artistes et érudits anglais et allemands
(juillet 1842). Bien accueilli par Mehemet Ali,
il fit beaucoup. Revenu en 1846, il fut nommé professeur à
l'université de Berlin, directeur adjoint (1855), puis en chef (1865)
du Musée égyptien, dont les collections rapportées
par lui forment le fonds le plus précieux. Il publia la magnifique
collection des monuments égyptiens et éthiopiens, Denkmaeler
aus Égypten und Aethiopien (Berlin, 1849-60, 12 vol., 263 pl.),
qui demeurera longtemps une des principales bases des travaux des égyptologues.
Lepsius mit en oeuvre ces documents dans sa Chronologie der Aegypten
(Berlin, 1849), et son Kœnigsbuch der alten Aegypter (1858), en
même temps qu'il écrivait ses intéressantes Briefe
ans Aegypten, Aethiopien und der Halbinsel Sinai (1852).
En 1866, il fit un second voyage en Égypte,
découvrit dans les ruines de Tanis
la célèbre inscription de Canope (Décret de Canope ),
qu'il étudia dans Das bilingue Dekret von Kanopus (Berlin,
1866). En dehors de ses grands travaux, il importe de citer les plus remarquables
des nombreux mémoires par lesquels Lepsius contribua aux progrès
de l'égyptologie : Ueber den ersten aegyptischen Goetterkreis
(1851); Ueber einige Ereignisse der aegyptischen Denkmaler für
die Kenntniss der Ptolemœergeschichte (1853); Ueber die 12te
œgyptische Koenigsdynastie (1853); Ueber die Goetter der vier Elemente
(1856);
Ueber
die 22te Koenigsdynastie (1856);
Ueber
die Manethonische Bestimmung der Umfangs der œgyptischen Geschichte
(1857); Ueber einige Berührungspunkte der aegyptischen, roemischen
und griechischen Chronologie (1859); Die altaegyptische Elle und
ihre Einteilungen (1865); Grundplan des Grabes Koenig Ramses
IV (1867); Ueber den chronologischen Wert der assyrischen Eponymen
(1869); Ueber einige aegyptische Kunstformen (1871); Die Metalle
in den aegyptischen Inschriften (1872); Die babylonisch-assyrischen
Laengenmasse nach der Tafel von Senkereh (1877), etc.
Karl Lepsius n'a pas borné son activité
au domaine où il s'est illustré. Il ne cessa pas ses travaux
de linguistique comparative; les principaux sont : Ueber chinesische
und tibetanische Lautverhaeltnisse (1861); Ueber die arabischen
Sprachlaute und deren Unschrift (1861); Ueber das Lautsystem der
persischen Keilschrift (1863); Ueber das ursprünglische Zendalphabet
(1863).
Lepsius avait proposé un système
d'alphabet linguistique universel : Standard Alphabet for reducing unwritten
languages and foreign graphic systems to an uniform orthography in european
letters (Londres, 1835; 2e éd.,
1863), qu'il appliquait dans la 2e édition
à 120 langues. Il donna encore Nubische Grammatik mit einer Einleilung
über die Vœlker und Sprachen Afrikas (Berlin, 1880), et Laengenmasse
der Alten (Berlin, 1884). (A.-M. B.). |