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Les
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| Fichte (Johann
Gottlieb), philosophe né à Rammenau (Haute-Lusace Précepteur à Zurich (1788-90),
il y connut une nièce de Klopstock,
Johanna Rahn, qu'il épousa plus tard (1793). Précepteur à
Varsovie Soucieux d'agir sur le moral des étudiants, il prend pour sujet de son cours du semestre d'hiver 1794-95, Die Moral für Gelehrte. Il excite la haine des étudiants par ses velléités réformatrices et est obligé de quitter Iéna quelque temps (1795). Il développe alors sa philosophie politique (Grundlage des Naturrechts; Iéna, 1796, 2 part.; System der Sittenlehre; Iéna, 1798; Des Geschlossene Handelsstaat; Tubingue, 1800). En 1798, sa position devint critique. Dans le Philosophischer Journal de Niethammer, Froberg développant cette idée que la religion se réduit à la croyance en une ordonnance morale de l'univers, Fichte lui fit une préface où il exposait la même théorie; accusés d'athéisme, les deux écrits furent confisqués, le journal interdit par l'électeur de Saxe qui invita la cour de Weimar à sévir. Fichte en appela au public (Eine Schrift, die man erst zu lesen bittet, etc. 1799); le duc de Weimar fit admonester Fichte, lequel démissionna. Il fut appelé à Berlin par le ministre Dohm, puis nommé professeur à l'université (alors prussienne) d'Erlangen (1805). Il fut chargé, en 1807, de tracer un plan de l'université de Berlin, que G. de Humboldt et Schleiermacher firent rejeter. Ses conférences (Reden an die deutsche Nation; Berlin, 1807-1808) eurent un vif succès, de même que son cours professé à partir de 1809 à la nouvelle université. Il s'intéressa vivement à la guerre de 1813, congédiant ses élèves par une leçon : Ueber den Begriff des wahrhaften Kriegs; il reprit son cours à la fin de l'année; mais sa femme, qui avait passé cinq mois à soigner les blessés et les malades, avait contracté dans les ambulances une fièvre typhoïde; elle guérit, mais la communiqua à son mari qui en mourut. Philosophie.
Dans l'histoire de la philosophie allemande, Kant ouvre une ère nouvelle. Fichte a développé la pensée de Kant. Le système de Kant est un idéalisme critique, une conception des choses considérées comme des déterminations imposées à la réalité absolue par notre pensée finie, c.-à-d. comme des phénomènes : de la sorte les objets ne sont que nos idées. Quant à la réalité absolue, Kant en faisait un objet de foi morale. Le système de Fichte est encore à certains égards un idéalisme critique qui pose l'objet comme relatif au sujet, à la fois comme produit par le sujet et le limitant, en sorte que le sujet en prenant conscience de soi poursuit la réduction de l'objet au sujet sans l'achever jamais. Mais cet idéalisme critique s'appuie sur une conception de la réalité absolue comme sujet pur ou liberté absolue; et par suite le système est un effort pour déduire de cette conception et les fonctions de la raison théorique et les conditions de la vie morale. Mais par là même Fichte retrouve encore ce principe de Kant désigné sous le nom de primat de la raison pratique et qui revient à donner à la foi morale une portée supérieure au savoir, en faisant de la raison théorique un organe de la vie morale, c.-à-d. de la science elle-même une réalisation, incomplète il est vrai, de la liberté. En somme Fichte construit a priori le même monde dont Kant avait tracé le plan dans son analyse de la raison humaine; mais, par cela même que ce monde est un monde moral et que la pensée de Fichte le construit, le système n'est plus seulement une conception, une spéculation pure; il devient vivant et pratique : la vie de Fichte en est pour ainsi dire l'expression. Ainsi, dans ce système, le premier principe se développe, le sujet pur se réalise en se remplissant de son contenu. La doctrine de la science dans sa partie théorique et dans sa partie pratique, les doctrines du droit, de la morale et de la religion, nous font assister à ce développement et en décrivent les phases successives. Doctrine
de la science.
2° Partie théorique.
b) Point de vue de l'idéalisme. Mais, par une réflexion plus profonde, il s'aperçoit qu'il ne peut attribuer la réalité absolue à un objet qui existe en dehors de lui, à un noumène, puisqu'une telle attribution est encore un acte de la conscience. Il faut donc que sa passivité soit un degré de son activité essentielle et que ses déterminations soient les modes par lesquels il réalise sa substance. C'est là encore le point de vue de la substance (entendons par là le sujet). c) Cependant le sujet en se réalisant ainsi se représente nécessairement un objet qui le limite. Cet objet n'est pas réel en soi, c'est le sujet qui le pose, qui lui attribue la réalité, qui la lui « transmet ». Et cette représentation de l'objet est l'oeuvre inconsciente de l'imagination : l'esprit ne pouvant être à la fois agissant et réfléchissant, son activité est nécessairement brisée en une série de productions et de réflexions. Dans ce flottement entre l'infinité de l'activité productrice et la détermination de la réflexion, ce que l'esprit a produit sans conscience lui apparaît comme réalité étrangère qui conditionne sa conscience. Ainsi « la réalité n'est qu'un produit de l'idéalité », mais l'idéalité n'est possible que par la représentation de ce qu'elle a produit. Tel est le point de vue de l'idéalisme critique. Il fournit la solution du problème, autrement inexplicable, de l'accord de la pensée et de l'être, et il explique l'apparente division de l'être en réel et en idéal, laquelle tient au développement même de l'esprit; de sorte que sous l'action réciproque du sujet et de l'objet se cache au fond une action réciproque du sujet avec lui-même. 3° Partie pratique. Cependant cette action du sujet sur lui-même qui est la condition de la possibilité de la conscience n'est pas entièrement comprise. Pour que le sujet, infini dans son essence, se limite dans ses déterminations, il fait qu'il soit quelque chose de plus qu'esprit, pensée, intelligence. La seule conception possible d'une synthèse du fini et de l'infini se trouve dans la tendance à être. La tendance est à la fois infinie dans sa forme, finie dans sa matière ; elle implique une limite qui s'oppose à l'actualisation de son infinité et qui peut être reculée à l'infini. Cette tendance est pratique, et en même temps elle ne peut dépasser sa limite qu'en la comprenant, c.-à-d. par l'intermédiaire de la conscience. Par là se manifeste l'unité absolue du sujet pur, qui est à la fois liberté et raison. Le premier terme fait l'infinité de l'être, le second sa détermination et sa limite; et cependant l'infinité de l'être se réalise dans la pensée. Doctrine
du droit.
1° l'existence d'une pluralité de moi; 2° l'existence d'un corps propre
du sujet.
Cette double déduction, d'ailleurs obscure, peut s'entendre ainsi : a) La distinction du sujet et de l'objet reste tout idéale au point de vue de la pensée. Il en est autrement au point de vue de l'activité pratique. Dès qu'on pose la tendance pratique du sujet à se réaliser, il faut que, au delà de la représentation de l'objet, il y ait quelque chose de réel qui agisse sur le sujet conscient. Et comme l'activité du sujet conscient est liberté, il faut encore que cette activité limitative de la sienne soit pareillement liberté : ainsi l'existence de la liberté implique une pluralité d'êtres libres se limitant mutuellement. Ce rapport est le principe du droit.
1° La vie morale est la réalisation du principe abstrait fondement du savoir. Elle consiste en ce que le sujet conscient se détermine à agir par l'idée de son essence. Cette détermination, qui est liberté dans le sujet pur, devient en nous obligation. La liberté est pour le moi fini un devoir-être. Le devoir exprime donc notre nature. Il est la synthèse des deux termes opposés qui la constituent, l'infinité de l'essence et la détermination de la réflexion, le lien de l'activité et de la pensée, du sujet et de l'objet. Il est la seule image possible pour nous de l'absolu, la projection en nous de la liberté pure. 2° A quelle condition est-il possible? Il faut que le monde où nous vivons ne nous soit pas un monde étranger, une terre d'exil, mais que nous y trouvions le champ ouvert à notre activité morale. Il en est ainsi si le monde est produit par la liberté même, s'il est non une nature (idée que Fichte a écartée), mais un monde moral que nous ayons seulement la charge de maintenir et d'achever. 3° En effet, le contenu du devoir est fourni par l'existence des autres; l'individu lié par le devoir à l'esprit infini, et ne s'y unissant que dans la conscience de soi-même, n'existe cependant pas par lui-même. Il a son principe dans les autres et il-ne trouve que dans les autres l'objet de son devoir. L'homme n'est homme que parmi les hommes. Il n'est libre que dans la mesure où l'humanité devient libre. La forme du devoir s'énonce dans cette maxime : il faut que la liberté soit. Le contenu du devoir donne cette détermination nouvelle : que, par chacun de vous, tous deviennent libres. Dans le dévouement de l'individu à l'humanité consiste la perfection de la vie morale et par là se prépare l'avènement de l'esprit. A ce point de vue nous comprenons la société plus profondément qu'au point de vue du droit. Au-dessus de l'État est la société morale : celle-ci suppose une communauté de convictions qui permette l'action réciproque, sorte de corps de la société, et pour animer ce corps, des savants ou éducateurs, dont la mission soit à la fois de créer des vérités toujours plus hautes et de les vulgariser dans la foule. Cette idée du savant, Fichte en fut la vivante incarnation. On comprend dès lors le sens et la portée de cette série de prédications qui étaient les actes du penseur, et dont quelques-unes eurent un retentissement si considérable, comme les Discours à la nation allemande. Il se proposait, ouvrant ainsi une perspective dont on ne sait que trop aujourd'hui sur quelles abominations elle devait déboucher - de régénérer l'Allemagne par une éducation nouvelle fondée sur l'autonomie de la conscience et cherchant sa fin dans la pureté de la volonté assurée par la clarté de l'entendement. Le peuple allemand était seul capable d'une telle régénération parce que seul il était d'une race pure (Urvolk), mais par cela même il devait être parmi les peuples ce que doit être le savant dans la société afin de répandre dans le monde l'esprit nouveau qu'il aurait produit. Le devoir de l'Allemagne était par là, dans la pensée de Fichte, le devoir humain lui-même. Religion.
Ajoutons que Fichte eut un grand nombre de disciples entre autres Schelling, qui devint ensuite son adversaire. (Xavier Léon).
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| Fichte (Immanuel-Hermann von), philosophe, fils du précédent, né à Iéna le 18 juillet 1796, mort à Stuttgart le 8 août 1879. Il fut professeur aux universités de Bonn (1840), de Tubingen (1842-67) et fut anobli. Un des principaux représentants de la réaction contre la philosophie d'Hegel, qu'il essaye de moraliser en s'inspirant surtout des derniers écrits de son père et par un retour à l'idée de personnalité. Il exposa très clairement le système de sen père dans Charakteristik der neuern Philosophie (1841, 2e éd.). Parmi ses ouvrages, qui sont très nombreux, nous citerons : System der Ethik (1850-53, 2 vol.); Anthropologie (1856); Die theistische Weltansicht und ihre Berechtigung (1873); Der neuere Spiritualismus (1878). |
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