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L'Antiquité
et le Moyen Âge
La Suisse, l'Helvétie
des Romains ,
était comprise par eux presque tout entière dans la grande
Séquanaise (province de la Gaule); le reste, la partie à
l'Est du Rhin, faisait partie de la Rhétie. Les Helvètes
avaient quitté leur pays en masse pour venir s'établir dans
la Gaule (61 av. J.-C.),
quand César, en 58,
extermina les uns, refoula les autres. Ensuite, sous la domination
romaine, les Helvètes furent tranquilles.
A partir du Vesiècle,
leur pays appartint tour à tour (pour la plus grande part) au royaume
de Bourgogne ,
au royaume de Bourgogne Transjurane et au royaume des Deux-Bourgognes ou
royaume d'Arles .
Lorsque Rodolphe III légua les deux Bourgognes à Conrad le
Salique sous le nom de Royaume d'Arles (930),
la Suisse fut comprise dans ce legs et dès lors elle devint province
immédiate de l'Empire : l'administration en fut confiée aux
ducs de Zaeringhen. Pendant la période féodale, le pays se
trouva divisé en une foule de fiefs de tout ordre, presque indépendants,
dont bon nombre étaient possédés par la maison
de Habsbourg lors de l'avènement à l'empire de Rodolphe
de Habsbourg (1273).
Ce prince, qui avait été choisi pour avoué par les
cantons d'Uri ,
Schwitz
et Unterwald, respecta leurs franchises et même les augmenta; mais
Albert
son fils, tendit à convertir en souveraineté les droits
de simple patronage que sa famille exerçait et entreprit de soumettre
toute L'Helvétie (1304).
L'oppression de ses
agents fit soulever les trois cantons d'Uri ,
Schwitz
et Unterwald : c'est alors qu'eurent lieu et la conspiration de Grutli,
qui eut pour chefs Stauffacher, Walter Furst et Arnold de Melchthal, et
que l'on place l'aventure imaginaire de Guillaume Tell
: un soulèvement général éclata le 1er
janvier 1308.
Les 3 cantons primitifs, après de longs combats, battirent à
Morgarten le duc Léopold I, fils d'Albert
(1315),
et formèrent la ligue perpétuelle de Brunnen .
Ils s'adjoignirent successivement Lucerne (1332),
Zurich
(1351),
Zug et Glaris (1352),
Berne
(1353).
Deux autres victoires remportées sur les ducs d'Autriche (à
Sempach et à Naefels, 1386
et 1388),
diverses conquêtes faites sur les domaines de ces ducs (1415
et années suivantes), rendirent bientôt les Suisses respectables
à leurs voisins. En 1422
commencèrent à se former les Ligues grises (ou des Grisons ).
Mais de 1439
à 1450
la guerre de Tockenbourg mit les Suisses aux prises les uns avec les autres
: Zurich se sépara, et la dissolution de la ligne semblait imminente;
à la même époque, ils furent attaqués à
l'improviste par la France ,
que l'empereur Ferdinand III avait appelée à son secours
(1444),
et seize cents d'entre eux furent exterminés, après une héroïque
résistance, à la bataille de St-Jacques, par le dauphin (devenu
ensuite Louis XI).
Cependant, tout rentra
dans l'ordre en 1450;
la paix fut conclue en 1453
avec la France ,
qui n'avait eu qu'à se plaindre de l'empereur. En 1460
eut lieu la conquête de la Thurgovie. Mais bientôt les Suisses
virent de nouveau leur indépendance menacée par l'ambition
de Charles le Téméraire,
duc de Bourgogne (1475)
: malgré l'infériorité du nombre, ils repoussèrent
cet ennemi redoutable et portèrent un coup mortel à sa puissance
dans les batailles de Granson et de Morat (1476),
et le renom de leur bravoure devint européen. De là leur
alliance (dite Union héréditaire) avec la France et
l'Autriche, puis le traité de Bâle avec l'Empire, qui dut
renoncer à toute prétention sur la Suisse, 1499.
-
1.
Soldat suisse de François Ier; 2. Suisse de la cour de Louis XIII;
3. Cent-Suisses (1786);
4,
5, 6. Grenadier, fusilier et officier du régiment des gardes suisses
(1786).
La
Renaissance et les Temps modernes
L'accession de 5
cantons nouveaux, Fribourg et Soleure (1481),
Bâle et Schaffhouse (1501),
Appenzell
(1513),
vint compléter les 13 cantons. Pendant la même période
s'effectuaient l'alliance du Valais (1475)
et des Grisons
(1497),
la conquête de Locarno, de Lugano (1513),
etc. C'est surtout alors que les Suisses furent recherchés comme
troupes mercenaires. Après la bataille de Marignan, où ils
avaient combattu pour le duc de Milan ,
et où ils avaient été battus, malgré une héroïque
résistance, par François Ier,
ils conclurent avec la France
une Alliance perpétuelle (1516),
qu'ils ont toujours respectée ensuite. De 1512
à 1530,
les Grisons avaient soumis ou obtenu la Valteline : pendant la guerre de
Trente ans, l'Espagne
leur fit en vain la guerre pour la leur reprendre (1618-1638); enfin, en
1648, à la paix de Westphalie, le corps helvétique fut définitivement
reconnu par l'Autriche et par l'Europe entière comme une puissance
indépendante de L'empire. Le Protestantisme
avait été introduit en Suisse dès 1519
par Zwingli (à Zurich ),
puis par Calvin (à Genève), et bientôt
la majeure partie de la Suisse quitta le Catholicisme
pour embrasser la Réforme; de là nombre de petites guerres
locales jusqu'à 1712,
époque qui fixa l'État respectif des deux religions dans
les 13 cantons.
La Suisse fut ensuite
tranquille jusqu'à la Révolution française. Alors
surgit un parti qui voulait l'égalité de droits pour tous,
l'unité de la Suisse, l'abolition de la distinction de cantons souverains
et de sujets, et qui, pour en venir là appela l'intervention française.
Bonaparte,
après le traité de Campo-Formio (1797),
envoya Brune en Suisse pour y opérer la
révolution désirée : elle eut lieu en effet, et le
12 avril 1798
fut proclamée la République helvétique une et indivisible,
qui fut confirmée par la victoire de Stanz (9 septembre). Lors de
la deuxième coalition contre la France
(1799),
la Suisse devint la théâtre de la guerre et fut sur le point
d'échapper à l'influence libérale de la France : la
victoire de Masséna à Zurich rétablit cette influence.
Après plusieurs changements successifs, et l'établissement
provisoire de plusieurs constitutions éphémères, Bonaparte
donna aux Suisses, le 19 février 1803,
une organisation nouvelle, fédérative, sans inégalités
: ce fut celle en 19 cantons.
Après la chute
de Napoléon, 1814,
l'ancienne Confédération fut rétablie sous la présidence
de Zurich .
Une nouvelle constitution, élaborée par la diète réunie
à Zurich fut signée le 7 août 1815,
sous le nom de Pacte fédéral : l'admission du Valais,
de Neufchâtel et de Genève, demandée par le Congrès
de Vienne, porta alors le nombre des cantons à 22. Le traité
de Paris
de la même année (1815)
reconnut la neutralité perpétuelle de la Suisse, et lui garantit
l'intégralité et l'inviolabilité de son territoire
dans ses nouvelles limites. La révolution française de 1830
eut son contre-coup en Suisse : Bâle se morcela en Bâle-Ville
et Bâle-Campagne, 1833;
le parti démocratique opéra une révolution dans le
Valais en 1840;
des troubles éclatèrent dans le Tésin en 1841,
et à Genève en 1846.
La courte guerre du Sonderbund, heureusement terminée en 1847,
amena la révision du pacte fédéral de 1815,
et l'adoption de la constitution fédérale démocratique
du 12 septembre 1848.
Pays neutre, État
fédératif depuis 1848,
doté du référendum depuis 1874,
la Suisse voyait ses institutions démocratiques suivre leur libre
cours et leur régulier fonctionnement. Le conflit avec la Prusse
au sujet de Neuchâtel (1856), qui avait secoué en 1848
la domination prussienne, ne réussit pas à troubler la paix;
ce fut à Genève que fut signée la convention internationale
de la Croix-Rouge. En 1889,
pourtant, le pays attira les regards de l'Europe à l'occasion de
son conflit avec l'Allemagne, qui faillit porter une atteinte au principe
de sa neutralité. Un inspecteur de police allemand, Wohlgemuth,
arrêté sur le territoire suisse où il cherchait à
embaucher des agents pour surveiller les socialistes,
avait été expulsé. L'Allemagne protesta et demanda
que la Suisse n'accordât plus le droit de séjour qu'aux Allemands
munis de papiers en règle : le conseiller fédéral
Droz, chargé des affaires étrangères, qui montra dans
ce conflit une remarquable fermeté, répondit que la Suisse,
en exerçant le droit d'asile, agissait dans la plénitude
de sa liberté et de sa souveraineté, et que la neutralité
suisse, qui avait été mise en cause, ne devait pas être
mêlée au débat. La Suisse rassura l'Allemagne en rétablissant
le poste, aboli depuis 1856,
de procureur général de la Confédération, afin
d'établir une surveillance plus efficace sur les étrangers.
Bismarck
n'insista pas. La conclusion, le 31 mai 1890,
d'un traité d'établissement destiné à remplacer
celui du 27 avril 1876,
mit fin aux difficultés entre la Suisse et l'Allemagne.
La Suisse fut ensuite
troublée à l'intérieur, en 1890,
par une révolution au Tessin qui fut assez grave pour motiver l'intervention
de l'autorité fédérale dans les affaires cantonales.
Le gouvernement était, depuis 1876,
aux mains du parti conservateur catholique et était présidé
par l'avocat Respini. Les radicaux lui reprochèrent d'avoir violé
la constitution en retardant la convocation des électeurs appelés
à se prononcer, à la suite d'une initiative populaire, sur
une révision partielle de la constitution. Le 11 septembre, un mouvement
insurrectionnel se produisit sur plusieurs points et, à Bellinzona ,
une troupe de radicaux armés envahit le palais du gouvernement;
le conseiller Rossi, directeur de l'intérieur, fut tué; d'autres
conseillers, ainsi que le président, furent arrêtés,
et un gouvernement provisoire constitué. Le Conseil fédéral
envoya au Tessin le colonel Kuenzli, en qualité de commissaire.
Celui-ci agit avec indécision, et ne sut pas suffisamment faire
abstraction de ses sympathies pour le parti radical; il essaya de la conciliation
et ne rétablit pas tout de suite le gouvernement régulier.
Ce ne fut qu'en novembre, à la suite de la démission du conseiller
Respini et d'un ses collègues, que le conseil d'État fut
reconstitué, avec introduction de deux membres de la gauche. Le
vote sur la révision s'était prononcé, en octobre,
pour la nomination d'une Constituante; les membres en furent élus
le 11 janvier 1891.
La révision eut lieu dans un sens franchement démocratique,
et la Constitution fut acceptée le 8 mars, par le peuple tessinois.
A l'exception de l'assassin du conseiller Rossi, qui fut condamné
par contumace, les auteurs de la révolution tessinoise, traduits
devant les assises fédérales en juillet 1891,
furent acquittés, de sorte que les émeutiers avaient pu renverser
par la violence un gouvernement impopulaire, mais légal.
Une nouvelle révision
de la Constitution fédérale eut également à
cette époque. Le peuple suisse pratiquait, depuis 1848,
le référendum qui lui permet d'émettre, à certaines
conditions, un vote d'adoption ou de rejet des lois fédérales.
Il avait reçu en même temps le droit de provoquer une résistance
totale, si 50 000 citoyens en faisaient la demande. Le Conseil fédéral
présenta aux Chambres, en 1890,
un projet de révision de l'article 120 de la Constitution, en vue
de permettre l'abrogation ou la modification d'articles déterminés,
pourvu que la demande en fût faite aussi par 50 000 citoyens. D'après
le système qui fut adopté, la demande d'initiative peut revêtir
soit la forme d'une proposition conçue en termes généraux,
soit celle d'un projet rédigé de toutes pièces. Le
projet de loi sur cette révision a été adopté
par le vote populaire du 5 juillet 1891.
Par contre, un projet de révision de l'article 39 de la Constitution,
tendant à introduire en faveur de la Confédération
le monopole de l'émission des billets de banque, échoua en
juin 1891,
par défaut d'entente entre les Chambres.
Le premier usage
qui fut fait du droit d'initiative eut pour objet de demander l'introduction
dans la Constitution d'un article 22 bis, tendant à interdire l'abattage
du bétail suivant le rite juif .
Malgré l'opinion contraire des Chambres, le peuple se prononça,
le 20 août 1893,
pour l'introduction de l'article dans la Constitution. Cette mesure vexatoire,
qui fut une manifestation de l'antisémitisme, ne paraissait pas
d'accord avec l'article 50, qui garantit le libre exercice des cultes.
L'introduction du droit d'initiative a eu aussi cette conséquence
qu'on a cherché à tout réformer par cette voie en
dehors de l'action du Parlement. Les socialistes, qui avaient manifesté
leurs prétentions dans plusieurs congrès, voulurent à
leur tour user du droit d'initiative, en 1894.
Mais un projet tendant à inscrire dans la Constitution le principe
du droit au travail fut rejeté par le peuple, et un autre projet
sur l'assistance médicale gratuite ne réunit pas le nombre
de signatures voulu. A son tour, la droite voulut demander, en vertu du
droit d'initiative, que la Confédération versât aux
cantons, sur le produit des douanes, une contribution calculée à
raison de 2 francs par tête de population : mais le peuple rejeta
également cette proposition en 1894.
Il se produisit encore une vraie lutte entre le Parlement autoritaire et
centralisateur, et, d'autre part. le peuple et les cantons, fédéralistes
et libéraux. Trois fois le peuple se prononça, en 1895,
contre la politique centralisatrice : il rejeta une loi qui devait confier
au Conseil fédéral le soin de créer de nouveaux postes
diplomatiques ou de supprimer les postes existants; il repoussa le monopole
des allumettes et il rejeta un projet d'arrêté révisant
les articles de la Constitution relatifs à l'organisation militaire
dans un sens centralisateur.
La politique de centralisation,
ou politique "étatiste", se manifesta sur un autre terrain ; il
s'agissait de la question, déjà ancienne, de la création
d'une banque d'État. Le peuple repoussa le projet qui l'instituait
par son vote du 28 février 1897.
La peuple suisse se montra favorable, en 1898,
à la politique centraliste en votant le projet sur l'unification
du droit qui plaçait toute la législation civile et pénale
dans la compétence de la Confédération. Mais, par
contre, le 20 mai 1900,
il repoussa le projet d'assurance obligatoire, non pour faire acte d'hostilité
contre l'assurance elle-même, mais pour protester contre ce nouveau
moyen de gouvernement et d'assujettissement. Le désaccord entre
le peuple et ses députés apparaissait de plus en plus flagrant.
Aussi une double initiative populaire demanda-t-elle l'élection
proportionnelle du conseil national pour la représentation des diverses
opinions et l'élection du Conseil fédéral par le peuple.
Mais les deux mesures proposées furent repoussées par le
vote populaire du 4 novembre 1900.
La réforme se heurtait à de nombreux préjugés.
Manoeuvres
ferroviaires. - Depuis plusieurs décennies,
l'équipement ferroviaire de la Suisse était devenu un enjeu
pour la finance internationale, et se concrétisa par le percement
de plusieurs tunnels, à commencer par celui du Gothard, en 1882.
Le gouvernement suisse avait, lui, depuis longtemps dans son programme
le rachat des chemins de fer. Le rejet par le peuple, en 1891, du
projet de rachat du Central avait amené la démission du conseiller
fédéral Welti. Zemp, qui lui succéda, se convertit
plus tard à l'idée de nationalisation des chemins de fer.
La loi de comptabilité, adoptée par le peuple le 4 octobre
1896,
devait préparer le rachat. Le 20 février 1898, le
peuple suisse se prononça pour le rachat; ce vote laissait d'ailleurs
à résoudre toutes les questions d'application. Les Chambres
suisses ratifièrent, en
1896, un traité avec l'Italie
pour le percement du Simplon. Le réseau de l'Union-Suisse fut racheté
à l'amiable au début de 1902; puis ce fut le tour
du Jura-Simplon, et, avant la fin de 1903, la Confédération
exploitait tout le réseau, sauf la ligne du Gothard, rachetable
seulement en
1909. Le percement du tunnel du Simplon fut achevé
le 24 février
1905, et la ligne inaugurée le 19 mai
1906.
La Suisse décida également le percement du Lœtschberg pour
relier la voie du Simplon à Berne. Il fut achevé en
1912.
La
Banque centrale.- Depuis le vote populaire du 28 février
1897,
rejetant l'institution d'une banque d'État, le projet fut repris
sous des formes diverses par le conseiller fédéral Hauser
chargé des finances, puis par - son successeur, Comtesse. Il fallut
près de dix ans pour concilier les points de vue opposés
: celui d'une banque d'État pure, dont le crédit se serait
confondu avec celui de l'État lui-même, et celui d'une banque
concessionnaire, opérant sous le contrôle de l'État,
mais distincte de lui. C'est le premier point de vue qui avait été
repoussé en 1897; c'est au second que se rattache la loi
sur la Banque nationale votée en 1905. Les partisans intransigeants
de la banque d'État tentèrent de demander le référendum,
mais ne parvinrent pas à réunir le nombre de signatures voulues.
La loi fut donc promulguée en 1906. La Banque nationale eut
le droit d'émettre des billets de banque; elle installa son siège
à Berne, et elle fut administrée avec le concours sous la
surveillance de la Confédération.
La
Suisse contemporaine
La Pendant la première
Guerre mondiale, la Suisse se trouve partagée entre partisans de
l'Allemagne et partisans des Alliés. Mais elle reste neutre et n'intervient
dans le conflit que par le biais de la Croix Rouge. En 1919,
le Traité de Versailles
réaffirme la neutralité suisse. En 1920,
la Confédération adhère à la Société
des Nations (SDN) qui établit son siège à Genève.
Une union est conclue en matière monétaire et diplomatique
avec le Liechtenstein ,
qui se complète par une union douanière en 1923.
Frappée durement
par les effets de la crise des années 1930,
la Suisse est conduite en 1936
à dévaluer sa monnaie. Lorsque éclate le second conflit
mondial, le pays maintient sa neutralité, qu'elle a réaffirmée
dès 1938.
Une armée solidement organisée autant qu'un système
bancaire dans la préservation duquel les nazis voient un intérêt,
lui permettent même de faire hésiter l'Allemagne, après
qu'elle eût manifesté quelques intentions d'invasion en mai
1940.
La mise en place d'une économie de guerre (plan Wahlen) permettra
au pays de manifester à la fin du conflit une bonne santé
économique, au coeur d'une Europe presque partout ruinée.
Renforcée dans ces convictions neutralistes, la Suisse refusera
ensuite d'intégrer l'Organisation des Nations Unies (ONU), en 1945.
Une prise de distance vis-à-vis des institutions internationales
qui ne l'empêche cependant pas de devenir en 1959
un des membres fondateurs de l'Association européenne de de libre
échange (AELE ou, en anglais, EFTA) qui se veut une sorte d'alternative
à la CEE, puis en 1963
du Conseil de l'Europe.
Un nouveau canton
en créé en 1972,
pour Berne, tandis qu'un an auparavant, en 1971
le droit de vote au niveau fédéral est accordé aux
femmes (il leur avait été concédé au
niveau cantonal à partir de 1959,
sauf dans le canton d'Appenzell
Innerrhoden (Rhodes intérieures), où il a fallu attendre
1990).
En 1985
l'égalité des hommes et des femmes dans le mariage est reconnue.
Mais on assiste aussi à partir de cette époque à la
montée de plus en plus insistante de la place de la Suisse dans
le concert international. En 1986,
un référendum confirme le refus du pays d'adhérer
aux Nations Unies, et la même année la législation
visant à limiter l'immigration se renforce. En 1992,
la Confédération rejoint la Banque mondiale et le Fonds monétaire
international (FMI), tout en rejetant un projet d'adhésion à
la Communauté économique européenne (CEE). Un nouveau
vote, en mars 2001,
rejette l'ouverture de négociations en vue de l'adhésion
à l'Union européenne, mais la même année, le
pays opère une inflexion dans sa politique internationale depuis
1945
: une étroite majorité accorde, en juin, le droit pour les
soldats suisses d'intervenir (dans un cadre limité) lors de missions
internationales de maintien de la paix, et le Parlement se prononce, en
septembre, pour une adhésion à l'ONU. Un référendum,
en mars 2002,
entérinera ce choix par une faible majorité. L'entrée
dans l'organisation internationale aura lieu officiellement en septembre.
En juin 2005,
la Suisse, toujours rétive à entrer dans l'Europe, mais qui
n'a cessé au cours des années précédentes de
multiplier les accords bilatéraux avec ses voisins et de modifier
sa législation pour la rapprocher de celle du reste de l'Europe,
a signé le traité de Schengen sur la libre circulation des
personnes dans l'espace européen. |
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