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Les légendes

Le nom de Légende (du latin legendum, à lire, qui doit être lu) a été donné d'abord aux versets que l'on récitait dans les leçons des Matines, puis aux Vies des saints et des martyrs, qu'on lisait dans les réfectoires des couvents. En ce dernier sens, les légendes sont comme la mythologie du christianisme, et forment une partie importante de la littérature du Moyen âge, principalement au VIIe et au VIIIe siècle. Elles ont toutes certaines parties communes la prophétie qui annonce les destinées du Saint, la vision qui lui révèle son avenir, les miracles qu'il opère, le songe qui l'avertit de sa fin, et les merveilles qui s'accomplissent sur son tombeau ou dans la translation de ses reliques.

L'Ancien, et le Nouveau Testament étaient des choses sacrées, que la fantaisie ne pouvait modifier : l'imagination des peuples s'en prit à la vie des saints. L'enthousiasme de la foi dans le narrateur, la crédulité naïve et l'amour du merveilleux chez les premiers fidèles, le désir de convaincre par des prodiges les Barbares de la Germanie qu'il s'agissait de convertir, l'émulation des dévotions locales cherchant à illustrer leurs patrons, tout conspira pour développer et propager les légendes. Le premier légendaire ou collecteur de légendes fut Siméon, dit Métaphraste (glossateur, traducteur), qui écrivit en grec au commencement du Xe siècle. D'autres auteurs grecs, tels que Psellos et Nicéphore Calliste, s'exercèrent ensuite à ces pieux récits. Flodoard, chanoine de Reims, contemporain de Louis d'Outre-Mer, rédigea en latin les Vies des saints pour chaque mois de l'année. A la fin du XIe siècle, Gosselin, moine de l'abbaye de Saint-Bertin à Saint-Omer, fut appelé en Angleterre par Saint Anselme de Canterbury, qui lui fit écrire un grand nombre de Vies de saints. Au commencement du XIIIe, Césaire, de l'ordre de Cîteaux, composa en dialogues 12 livres de miracles et d'histoires merveilleuses. Jacques de Varase ou de Varagio appelé aussi Jacques de Voragine (du gouffre) parce qu'il fut un gouffre de science, est auteur de la légende dorée, qui eut on prodigieux succès pendant plusieurs siècles. Pierre Calo, Bernard Guidonis ou de Guy, Pierre Natal ou de Natalibus, ont recueilli aussi des légendes moins connues. A la fin du XVIe siècle, le P. Ribadeneira publia la Fleur des Saints. La collection des Bollandistes naquit du désir de réunir toutes les légendes et d'y appliquer un peu d'esprit critique. B.

De bonne heure, la légende qui s'était bornée à traiter de la vie des saints fit incursion dans la littérature populaire des peuples chrétiens sous forme de poèmes qui résument assez bien les croyances religieuses des temps où ils furent composés. Au Moyen âge la légende fleurit en France et en Allemagne. Puis la signification du terme se modifiant peu à peu, on en vint à appeler légendes tous les récits fabuleux qui se rencontrent à l'origine de l'histoire des peuples (Mythe, Conte, Mythologie) La légende forme donc une branche très importante de la littérature de toutes les nations. On y a toujours pris un plaisir très vif, même aux époques d'extrême raffinement intellectuel; celles qu'ont fait revivre plus près de nous des écrivains comme Anatole France ou Jules Lemaître ont été les plus goûtés de leurs ouvrages.



En bibliothèque. - Alfred Maury, Essai sur les légendes pieuses au Moyen âge, Paris, 1843, in-8°.
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Dictionnaire Le monde des textes
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