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| Le
piétisme est une tendance et un parti religieux dans le protestantisme
allemand. Le mot date de 1674 environ et servait alors à désigner
ce que l'on taxait d'exagération de piété chez les
disciples de Spener à Francfort Un siècle
environ après la réforme de Luther,
l'orthodoxie luthérienne était
devenue une sorte de scolastique; chez les
protestants allemands, il y avait plus de formalisme que de vie religieuse
individuelle. Des hommes comme Joh. Arndt, J.-V. Andreae, P. Gerhardt,
Th. Grossgebauer et d'autres, qui avaient entretenu on réveillé
et alimenté la vie religieuse autour d'eux, étaient des exceptions.
Il fut réservé à Ph.-J. Spener de propager en Allemagne On peut dater de la fondation de l'Université de Halle la seconde période du piétisme (1691-1750 environ). Elle est caractérisée par le fait que la tendance pratique qu'était le piétisme, au début, est devenue une doctrine. Celle-ci est discutée. De là des controverses, souvent violentes, entre piétistes et luthériens, inaugurées par un mémoire de la faculté théologique de Wittemberg (1695). Les deux coryphées de la lutte furent V.-E. Loeseher (1673-1741), à la fois plus sympathique et plus capable que son adversaire piétiste, J. Lange. Aussi bien, de part et d'autre, le but fut souvent dépassé, surtout par les polémistes de second rang. Les principaux points controversés indiquent ce qu'était le mouvement piétiste. Les luthériens avaient fini par identifier la régénération avec le baptême; les piétistes attribuaient la régénération à l'action de la parole de Dieu et insistaient par conséquent sur la pénitence, l'effort personnel, la lutte douloureuse à l'effet de saisir la grâce régénératrice. Cela les poussait vers l'ascétisme. Quelques-uns proscrivaient non seulement le théâtre, la danse, etc., mais les délassements comme la promenade, choses que les luthériens taxaient d'indifférentes et allaient parfois, par esprit de contradiction, jusqu'à recommander. Les piétistes niaient que rien fût indifférent. De même, les luthériens prônaient l'importance et l'efficacité du ministère, jusqu'à en faire un sacerdoce indépendant de la moralité de celui qui l'exerçait. Les piétistes, au contraire, proclamaient le sacerdoce universel de tous les croyants, et trouvaient l'Eglise protestante, non pas tant là où s'exercent les fonctions du ministère sacerdotal, que là où s'unissaient quelques croyants pour adorer Dieu. En faisant abstraction
de quelques écarts regrettables, on ne saurait contester que le
piétisme était plus conforme au principe de la réforme
que le luthéranisme. Il est à
remarquer qu'il n'a jamais été une secte; il n'a pas causé
de schisme. II visait à renouveler les cadres de l'Eglise officielle
en formant ce que Spener avait appelé des « ecclésioles
» dans l'Eglise, en quelque sorte ce que sont dans l'Eglise
catholique les confréries et les congrégations de piété.
Vers 1750, le mouvement piétiste a épuisé sa force.
A ce moment, il avait pénétré un peu partout et avait,
en somme, renouvelé la vie religieuse en Allemagne Comme mouvements
analogues au piétisme, mais non identiques avec lui, on peut citer
le méthodisme dans l'Eglise anglicane,
et le jansénisme et le quiétisme
dans l'Eglise catholique de France |
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