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Shakespeare
(William), poète dramatique né en 1564 à Stratford-sur-Avon
(Warwick), était, à ce qu'on croit, fils d'un boucher ou
d'un marchand de laines. Il reçut une éducation fort imparfaite,
se maria à 18 ans avec une femme qui avait huit ans de plus que
lui, mena une vie assez vagabonde, fut forcé à 22 ans de
quitter son pays parce qu'il était poursuivi comme braconnier, vint
à Londres ,
où il se trouva, dit-on, réduit pendant quelque temps à
garder les chevaux à la porte d'un théâtre ou à
faire le métier de souffleur, puis monta sur la scène, où
il ne joua d'abord que des rôles secondaires, et enfin se fit auteur.
Il commença par retoucher et arranger pour la scène de vieilles
pièces, puis il se mit à en composer d'originales. Ses premières
productions de ce genre paraissent dater de 1589. Il acquit bientôt
une réputation immense comme auteur et comme acteur (réussissait
surtout en jouant ses propres pièces), attira l'attention de la
reine Élisabeth I et de Jacques
I, et reçut les libéralités de plusieurs grands seigneurs,
entre autres du comte de Southampton. Il finit par devenir propriétaire
directeur du théâtre du Globe dans Southwark (faubourg de
Londres), fit une assez belle fortune, et put quitter la scène de
bonne heure. Il se retira vers l'an 1610 dans sa ville natale, et y acheta
pour y passer le reste de ses jours, la maison où il était
né; c'est là qu'il mourut en 1616, n'étant âgé
que de 52 ans.
Shakespeare a laissé
35 pièces, dont voici, selon Malone, la liste dans l'ordre présumé
de leur composition : Henri VI, en 3 parties (1589-91); le Songe
d'une nuit d'été (1592); Comédie d'erreurs
ou plutôt des Méprises (1593); la Grondeuse mise
à la raison, ou Mégère apprivoisée
(1594); Peine d'amour perdue (1594); des Deux seigneurs de Vérone (1595);
Roméo
et Juliette (1595); Hamlet (1596);
le Roi Jean (1596);
Richard II et Richard III (1597);
Henri IV, en 2 parties
(1597-98); le Marchand de Venise
(1598) Tout est bien qui finit bien (1598); Henri V (1599);
Beaucoup
de bruit pour rien (1600); Comme vous voudrez (1600);
les
Commères de Windsor
(1601);
Henri
VIII (1601); Troïlus et Cressida
(1602); Ruse contre Ruse (1603); Conte d'hiver (1604);
le roi Lear (1604); Cymbeline (1605); Macbeth (1606);
Jules
César (1607); Antoine et Cléopâtre
(1608); Timon d'Athènes (1609); Coriolan (1610);
Othello (1611); La Tempête (1612); le Jour des Rois
(en angl. Twelfth night, la 12e
Nuit, 1614). On lui attribue encore Titus Andronicus et Périclès;
mais les meilleurs critiques s'accordent à penser que ces deux pièces
ne sont pas de lui. Ses chefs-d'oeuvre sont : Henri IV, Roméo
et Juliette, le roi Lear, Macbeth, Hamlet, Othello. On a en outre de
lui deux petits poèmes, Vénus et Adonis, l'Enlèvement
de Lucrèce, et des sonnets. La plupart de ses pièces
de théâtre sont mêlées de prose et de vers.
-
William
Shakespeare.
Shakespeare possède
toutes les qualités de l'homme de génie : il peint avec énergie
et vérité, et soutient admirablement ses caractères;
ses tableaux sont tour à tour terribles et gracieux; souvent il
s'élève au sublime; il excelle surtout à exciter la
terreur; mais il mêle aussi avec une grande liberté à
ses pièces des plaisanteries grossières ou ridicules au milieu
des morceaux les plus pathétiques, des expressions tantôt
triviales tantôt enflées et guindées, partout enfin
les unités de temps et de lieu sont violées A tous ces titres,
Shakespeare est regardé comme le père de l'école romantique.
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En
bibliothèque - La plupart de
ses pièces n'ont été imprimées qu'après
sa mort, et elles paraissent avoir subi entre les mains des comédiens
et des copistes de graves altérations. La première édition
en fut publiée en 1623 in-fol., par deux comédiens, Hemminge
et Condell. On doit à Rowe, 1709, à Pope,
1725, à Warburton, 1744, à Johnson 1765, à Steevens,
1773, à Malone, 1790, à Reed, 1803, à Collier, 1843,
à Knight, 1844, des éditions de plus en plus perfectionnées.
Shakespeare a en outre été l'objet d'une foule de commentaires,
de notices de jugements. Ses Oeuvres ont été traduites
en français par Letourneur, qui se fit aider de Catuelan et Fontaine-Malherbe,
1776-82, 20 vol. in-8; par Guizot, Barante
et Pichot (1821, 13 vol. in-8, et 1861-62, 8 vol. in-8); par Francisque
Michel 1840 et 1860, 3 vol. in-8, avec la Vie de Shakespeare par
Woodsworth, et des remarques sur sa vie et ses ouvrages, par Th. Campbell.
François Victor Hugo en a donné une nouvelle traduction,
1860-64, 16 vol. in-8. Ducis a reproduit sur la scène française
les principales tragédies du poète anglais. Lacroix en a
traduit quelques-unes en vers aussi littéralement que possible.
On doit à Aug. Guill. Schlegel une traduction.
allemande fort estimée de plusieurs de ses pièces; d'autres
ont été traduites par L. Tieck, H. et Abraham Voss, J. B.
Benda et Wolf de Budissin. Villemain a donné un Essai sur Shakespeare;
J. Halliwell une Vie de Shakespeare, 1847; Mézières,
Shakespeare,
sa oeuvres et ses critiques, 1860.
En
librairie - Oeuvres complètes
de Shakespeare (éditions bilingues) : chez Robert Laffont
(Bouquins), 1995-2000, : I - Tragédies (2 vol.), II
- Histoires (1) et Histoires (2), III - Comédies
(2 vol.); chez Gallimard (La Pléiade), 2002 : I - Tragédies
(1) et Tragédies (2).
W.H.
Auden, Shakespeare, Le Rocher, 2003. - Victor
Hugo, William Shakespeare, Flammarion, 2003. - Michael Edwards,
Shakespeare et la comédie de l'émerveillement, Desclée
de Brouwer, 2003. - Daniel Sibony, Avec Shakespeare, Eclats et passions
en douze pièces, Le Seuil, 2003. - Samuel Schoenbaum, William
Shakespeare, Flammarion, 2001. - Théodore Spencer, Shakespeare
et la nature de l'homme, Flammarion, 2001. - Jean-Jacques Mayoux, Shakespeare,
Aubier, 2001. - Michel Grivelet, Shakespeare de A à Z... ou presque,
Aubier, 2001. - Stendhal, Racine
et Shakespeare, Kimé, 1994.
Pascale
Drouet, Le vagabond dans l'Angleterre de Shakespeare, ou l'art de contrefaire
à la ville et à la scène, L'Harmattan, 2003. -
Olivier Barrot et Bernard Rapp, Lettres anglaises, une promenade littéraire
de Shakespeare à Le Carré, Nil Editions, 2003. - Collectif,
Mythe et littérature : Shakespeare et la renaissance anglaise,
Presses universitaires du Mirail, 2003. - Venet, Temps et vision
tragique, Shakespeare et ses contemporains, Presses de la Sorbonne
Nouvelle, 2002. - J.F. Chappuit, Cruauté et amitié d'après
Montaigne et Shakespeare, renaissance d'une
théologie laïque, Presses universitaires du Septentrion,
2001. - David Mus, Le sonneur de cloches (Villon,
Shakespeare, Baudelaire, Mallarmé),
Champ Vallon, 2000.- Richard Marienstras, Le proche et le lointain,
sur Shakespeare, le drame élisabéthain et l'idéologie
anglaise aux XVIe et XVIIe siècles, Minuit, 1999. - Jean Bessière,
Théâtre et destin (Sophocle,
Shakespeare, Racine, Ibsen), Honoré Champion,
1997.
Pour
les plus jeunes : Collectif, Les Regards de Shakespeare, PEMF,
2002. - Marcia Williams, Les pièces de William Shakespeare,
Gründ (BD), 2000.
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