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| Aperçu | La jeunesse | Les premières oeuvres | Don Carlos |
| Histoire et philosophie | La maturité | Dernières poésies lyriques | Derniers drames |
| Johann ChristophFriedrich
von Schiller est né à Marbach, en Wurttemberg, le 10 novembre
1759, mort à Weimar le 10 mai 1805. Il était fils d'un
capitaine. Élevé d'abord par un pasteur, il fut ensuite placé
à l'école militaire de Ludwigsbourg, puis étudia le
droit, et enfin la médecine, entra comme chirurgien dans un régiment,
se livra en même temps au goût qui l'entraînait vers
les lettres, et commença dès lors à écrire
des poésies et des pièces de théâtre.
Après avoir fait jouer sa pièce
des Brigands (Die Räuber), qui avait obtenu un grand
succès (1781), il voulut quitter le service; n'ayant pu obtenir
l'agrément du duc de Wurtemberg, il s'enfuit. Après diverses
aventures, il fut nommé conseiller du duc de Saxe-Weimar, et professeur
d'histoire à Iéna (1789). Grandissant sans cesse en talent
comme en réputation, il entra en liaison avec toutes les notabilités
littéraires de l'Allemagne, et fut classé parmi les premiers
écrivains de son pays. Sympathique à la Révolution
française, il fut nommé par la Convention citoyen français;
néanmoins, en 1793, il adressa à cette assemblée une
apologie Schiller est connu surtout par ses tragédies,
qui sont au nombre de neuf : les Brigands, Fiesque (Fiesco),
Intrigue
et Amour (Kabale und Liebe), Don
Carlos (en vers),
Wallenstein,
Marie Stuart, Jeanne
d'Arc (Die Jungfrau von Orleans), la Fiancée de Messine
(Die Braut von Messina), Guillaume Tell (en vers). Les trois
premières, sans manquer de beautés, sont des ouvrages défectueux
et offrent tous les caractères d'une période d'indécision;
les dernières, plus vraies, plus morales, d'un genre plus élevé,
sont d'un ordre tout différent; elles ont valu à leur auteur
le titre de régénérateur du théâtre allemand.
Friedrich Schiller. On a encore de Schiller beaucoup de poésies diverses, où brillent la verve, l'imagination, l'originalité, la grâce; des ouvrages historiques, qui le placent aussi à un des premiers rangs en ce genre : Le Soulèvement des Pays-Bas, l'Histoire de la guerre de Trente ans; enfin des articles de critiques, entre autres un Traité sur la poésie naïve et sentimentale, dans les Heures (journal littéraire). Schiller était intime ami de Goethe, auquel sans doute il dut une partie de ses idées et de ses progrès. Il rédigeait en commun avec lui l'Almanach des Muses. Schiller est, après Goethe, le plus grand nom de la littérature allemande, et peut-être même est-il plus authentiquement populaire que lui. Sans doute il a eu, à toutes les époques, contre lui l'antipathie de certains écrivains d'avant-garde au goût raffiné, peut-être un peu blasé : il a été, de son vivant et immédiatement après sa mort, combattu ou plutôt systématiquement ignoré par le petit groupe romantique; et de même il a été traité avec le plus souverain mépris par Nietzsche, par exemple, qui a trouvé pour le caractériser des formules amusantes mais cruelles. Même si l'on se refuse à sacrifier de parti pris Schiller à Goethe, il reste d'ailleurs incontestable que Schiller n'est pas un génie de la même envergure que Goethe, qu'il n'a ni sa grandiose universalité comme penseur, ni son admirable spontanéité comme poète. II n'en est pas moins l'un des écrivains les plus « représentatifs » de son pays. Ses drames, en particulier, salués avec enthousiasme dès leur apparition, ont exercé une immense influence sur presque toute la production dramatique allemande du XIXe siècle; ils conservent aujourd'hui encore toute leur action sur le public. (Bt. / H. L). |
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© Serge Jodra, 2005. - Reproduction interdite.