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Bourgogne. - Ancienne province de France, était bornée au Nord par la Champagne, à l'Est par la Franche-Comté, à l'Ouest par le Bourbonnais et le Nivernais, au Sud par le Lyonnais et au Sud-Est par la Savoie. Elle se divisait en duché de Bourgogne, comprenant 5 parties : le Dijonnais, le Châlonnais, l'Autunois, l'Auxois et le pays de la Montagne; et en 4 comtés : Charolais, Mâcon, Auxerre et Bar-sur-Seine; elle avait pour capitale générale Dijon. Sol fertile; grains, fruits et surtout vins renommés (Beaune, Chambertin, Pomard, Volnay, Nuits, Mâcon, Tonnerre). Elle correspond à la plus grande partie des départements actuels de la Côte-d'Or, de l'Yonne, de Saône-et-Loire, de l'Ain, et à de petites fractions de ceux de l'Aube et de la Nièvre. 

La Bourgogne, habitée jadis par les Éduens et les Mandubiens, et conquise par César après une rude résistance (Alésia), avait été comprise par les Romains dans la Lyonnaise Première. Elle doit son nom aux Burgondes ou Bourguignons, peuple teutonique qui envahit la Gaule en 406, et y fonda, sous la conduite de Gondicaire (411), le Premier royaume de Bourgogne. Ce royaume. eut pour noyau la partie Sud de la Germanie Première et la Grande Séquanaise, c.-à-d. une partie de l'Alsace et de la Suisse; puis il descendit au Sud atteignit la Loire à l'Ouest, et s'étendit dans tout le bassin du Rhône, moins la portion comprise entre la Durance et la mer. Il eut 8 rois : Gondicaire, 411-436; Gondioc, 463; Gondemar I, 476; Chilpéric, 491; Godégisile, 507; Gondebaud 516; Sigismond, 524; Gondemar II, 534. Déjà Clovis avait soumis les Bourguignons à un tribut : ses fils expulsèrent Gondemar et réunirent la Bourgogne à l'empire des Francs. Sous les Mérovingiens, elle fut tour à tour soumise aux rois de Neustrie ou d'Austrasie, ou au roi unique des Francs; ou bien elle fut presque indépendante sous un maire particulier. Charlemagne l'érigea en duché et en donna le gouvernement, d'abord à un seigneur nommé Sanson, qui fut tué à la bataille de Roncevaux, puis à Hugues son fils naturel. Lors du partage de l'empire de Charlemagne, en 843, la Bourgogne entra dans le lot de Charles le Chauve; mais elle ne tarda pas à se scinder en diverses parties; elle forma :

1° au Nord un duché de Bourgogne, composé de presque toute la Bourgogne propre, et compris entre le Rhône, le Jura et le Rhin;

2° au Sud un Second royaume de Bourgogne, qui d'abord se partagea en deux royaumes distincts, nommés Bourgogne cisjurane et Bourgogne transjurane, parce qu'ils étaient séparés par la chaîne du Jura.

Boson, comte d'Autun, se fit élire roi de la Bourgogne cisjurane en 879 : son royaume comprenait la Provence, le Comtat, la Dauphiné, le Bugey et la Bresse, la partie du Languedoc entre la Loire et le Rhône, et de petites portions de la Bourgogne propre. Boson eut pour successeurs Louis l'Aveugle (889-923), et Hugues de Provence (923-933). Rodolphe, comte d'Auxerre, s'empara de la Bourgogne transjurane en 888; ce royaume répondait au Bugey, à la Suisse jusqu'à la Reuss et à la Savoie. Rodolphe II, son fils, après avoir hérité de la Bourgogne transjurane, se fit céder par Hugues (933) la Bourgogne cisjurane, et des deux royaumes n'en fit plus qu'un seul, appelé royaume d'Arles. Après la mort de Rodolphe III (1032), Conrad le Salique réunit le royaume d'Arles à l'empire germanique. Toutefois un grand nombre de fiefs puissants s'en détachèrent et se déclarèrent indépendants. Tels furent les comtés et le marquisat de Provence, le Dauphiné, la Savoie, le comté palatin de Bourgogne ou Franche-Comté, le Comtat Venaissin, etc. 

Quant au duché de Bourgogne, il ne releva jamais de l'empire germanique, bien que le comté palatin de Bourgogne, possédé par les ducs, fit partie du royaume d'Arles. De 884 à 1002, le duché de Bourgogne, appartint à des princes issus de Robert le Fort, à savoir : Thierry, Richard le Justicier, Raoul, roi de France, Hugues le Blanc Henri, frère de Hugues-Capet. Après ce dernier, le duché de Bourgogne fut pendant 30 ans réuni à la couronne (10021032). Robert le Vieux, fils du roi de France Robert, commença, en 1032 une nouvelle maison de ducs de Bourgogne, qui est la première comme maison capétienne. Elle finit en 1361 à Philippe de Rouvres, fils de Jeanne de Boulogne, qui avait épousé en secondes noces le roi de France Jean II. Philippe le Hardi, 4e fils du roi Jean, fut alors investi du duché de Bourgogne (1363). Cette 2e maison capétienne, dite maison de Valois, ne comptait que 4 ducs : Philippe le Hardi, 1363; Jean sans Peur, 1404; Philippe le Bon, 1419, et Charles le Téméraire, 1467-1477; mais elle fut la plus brillante : elle réunit un nombre immense de fiefs, et balança longtemps le pouvoir des rois de France

Charles le Téméraire ne laissa qu'une fille, Marie. Le duché de Bourgogne proprement dit revint alors à la couronne de France comme fief mâle; mais Marie, en épousant Maximilien d'Autriche, lui apporta tous les autres États de son père, les duchés de Brabant, Limbourg et Luxembourg, la Franche-Comté, le comté palatin, les comtés de Flandre, Hainaut, Namur, Artois, Hollande, Zélande, le marquisat d'Anvers et la seigneurie de Malines. Toutes ces provinces, avec quelques autres qu'y joignit Charles-Quint, composèrent le cercle de Bourgogne, qui fut incorporé à l'Empire, en 1548. L'union d'Utrecht diminua le cercle de sept provinces, qui formèrent les sept Provinces-Unies, reconnues par la paix de Westphalie (1648); la paix de Nimègue (1678) donna la Franche-Comté à la France, qui l'avait déjà conquise, et qui l'avait rendue ensuite par le traité d'Aix-la-Chapelle. Le cercle de Bourgogne appartenait d'abord à la ligne espagnole de la maison d'Autriche : après la guerre de la succession d'Espagne il passa à la ligne autrichienne, qui ne l'a perdu que par les traités de paix de Campo-Formio et de Lunéville (1801). La Bourgogne avait un parlement célèbre, institué en 1476 par Louis XI, et siégeant à Dijon.

Courtépée a donné une Description de la Bourgogne (Dijon, 1774-1788), ainsi qu'une histoire abrégée du duché (1777), qui sont fort estimées. On doit à Barante l'histoire des ducs de Bourgogne de la maison de Valois, Paris, 1824, 13 vol, in-8. 


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