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Corneille

Pierre Corneille est le créateur de l'art dramatique en France, né à Rouen le 6 juin 1606, de Pierre Corneille, maître des eaux et forêts, et de Marthe Le Pesant, fit ses études sous les jésuites, pour lesquels il conserva toujours une extrême reconnaissance, et suivit le barreau sans goût et sans succès. L'amour fit naître et développa son génie poétique. Mélite, comédie jouée en 1625, fut la première pièce de Corneille, et malgré ses imperfections elle fit concevoir des espérances qui ne tardèrent pas à se réaliser. Les comédies de Corneille qui suivirent Mélite, et que l'on connaît à peine maintenant, sont très supérieures à tout ce que nous possédions alors dans ce genre; mais le Cid, représenté en 1656, fit oublier tout ce que Corneille avait fait jusqu'alors. 
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Rouen : la statue de Corneille.
La statue de Corneille devant le Théâtre des arts, à Rouen.
Ci-dessous : Corneille, par Charles Le Brun (1647).
Pierre Corneille.

Le succès de cette pièce fut prodigieux et mérité. Le cardinal de Richelieu, jaloux de toute espèce de gloire, donna l'ordre à l'académie naissante d'en publier la critique, et les observations de l'académie ne servirent qu'à faire mieux apprécier le génie de Corneille. Il n'y répondit que par de nouveaux chefs-d'oeuvre. Les Horaces et Cinna parurent en 1639. Polyeucte, représenté en 1640, fut immédiatement suivi de la Mort de Pompée et du Menteur, la première bonne comédie, comme le Cid avait été la première bonne tragédie. Après tant de chefs-d'oeuvre, auxquels il faut joindre encore Rodogune et Héraclius, Corneille n'était pas encore membre de l'Académie française; il n'y fut admis qu'en 1647 en remplacement de Maynard; la tragédie de Nicomède est de 1652. Pertharite, représentée l'année suivante, marque sa décadence. La chute de cette pièce le fit renoncer au théâtre; et comme il fallait un aliment à son esprit, ce fut alors qu'il traduisit en vers l'Imitation de J.-C. Il regretta le théâtre, eut le malheur d'y reparaître en 1659; mais les pièces qu'il y donna dès lors sont indignes de l'auteur de Cinna, que cependant elles rappellent encore dans quelques scènes. 

Cachant les plus douces vertus sous une enveloppe un peu rude, Corneille avait fait de sa maison le cercle de toutes ses jouissances : deux ménages y vivaient en commun; les deux chefs étaient frères, couraient la même carrière, et la même mère avait donné le jour à leurs épouses, dont la fortune et les droits étaient restés confondus. Corneille mourut le 1er octobre 1684, doyen de l'Académie française, où il eut pour successeur son frère Thomas Corneille. (A19).
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Maison natale de Pierre Corneille, rue de la Pie, à Rouen.
Photos : © Serge Jodra, 2009.


Editions anciennes - La première édition correcte des Oeuvres dramatique de P. Corneille et de son frère est celle que Joly publia en 1738, 10 vol. in-12. La plupart des suivantes contiennent les commentaires de Voltaire. La meilleure est celle qui fait partie de la Collection des Classiques français publiés par Lefèvre, 1824, 12 vol. in- 8. 

En bibliothèque - On consultera avec fruit sa Vie par J. Taschereau, Paris, in-8.

En librairie - Pierre Corneille, Oeuvres complètes, Le Seuil, 1963. - Théâtre, Flammarion (GF), 1999, 2 vol. : I - Comédies, l'illusion comique, Mélite, la veuve, etc., II - Le Cid, Polyeucte, Horace,Médée, Cinna, etc..

Valérie Beaudouin, Mètre et rythmes du vers classique, Corneille et Racine, Honoré Champion, 2002.  - Jean Starobinski, L'Oeil vivant (Corneille, Racine, Rousseau, Stendhal), Gallimard, 1999.



La statue en bronze de Corneille décore une des principales places de Rouen.
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