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Les
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| Mendelssohn
(Moses ou Moïse), philosophe né à Dessau le 26 septembre
1729, mort à Berlin Dans les loisirs que lui laissaient ces fonctions, Mendelssohn se familiarisa avec les systèmes de Locke. de Shaftesbury, de Spinoza, de Leibniz et de Wolff. En 1754, son protecteur l'associa à ses affaires et lui en laissa la succession que Mendelssohn conserva jusqu'à sa mort. C'est en 1754 qu'il fit la connaissance de Lessing et lui soumit ses Philosophische Gespräche que celui-ci se hâta de publier secrètement et sans nom d'auteur (Berlin, 1755, in-8). Cet ouvrage défendait l'optimisme de Leibniz contre le Candide de Voltaire. La même année parurent les Briefe über die Empfindungen (id.) traduit en français (Recherches sur les sentiments moraux par Th. Abt, Genève, 1763, m-12 et Berlin, 1764, in-8), où l'auteur explique les différences du plaisir et de la douleur, non plus, comme Leibniz, par le plus ou moins de clarté des représentations mais par leur rapport avec la perfection morale. Mis en relation par Lessing
avec les libraires et les cercles philosophiques, Mendelssohn se lança
avec la plus grande ardeur dans l'étude de l'esthétique.
Cependant, tenté par un sujet mis au concours par l'Académie
de Berlin sur l'évidence en métaphysique,
il écrivit une brochure; Ueber die Evidenz in den metaph. Wissenschaf
ten (Berlin, 1764; 2e éd., 1786, in-8) qui obtint le premier
prix tandis que le second était décerné à Kant.
Il défendait cette opinion que la métaphysique ne le cède
pas en évidence ni en clarté aux mathématiques.
Il défendait en passant l'argument ontologique ( En 1769, sur l'invitation de Lavater qui
le mettait en demeure de réfuter la démonstration du Christianisme
de Bonnet ou de se convertir, il écrivit
une brochure, Schreiben an Lavater (id., 1770, in-8), qui était
une véritable profession de foi religieuse. Sans méconnaître
le caractère hautement moral du fondateur du christianisme L'ouvrage où il soutient cette thèse, Jerusalem oder über religiöse Macht und Judenthum (id., 1783, in-8), a été déclaré par Kant le chef-d'œuvre de Mendelssohn. C'est au moins le premier plaidoyer philosophique alllemand en faveur de la tolérance. Mais pour la beauté de la forme cet ouvrage le cède encore aux célèbres Heures du matin (Morgenstunden, oder Vorlesungen über das Dasein Gottes (id., 1785, in-8, souvent réédité). Cet ouvrage provoqua entre l'auteur et Jacobi une polémique qui fut l'occasion du dernier ouvrage de Mendelssohn Mendelssohn an die Freunde Lessings, publié après la mort de l'auteur (id., 1786, in-8). Comme les indications qui précèdent ont pu le laisser entrevoir, la philosophie de Mendelssohn n'offre pas une originalité proportionnée à la vogue dont elle a joui. Ce philosophe, avec un grand art dans la forme, s'est contenté de développer les preuves déjà popularisées par Wolff en faveur de l'existence de Dieu et de l'immortalité et les idées des déistes français sur la tolérance. Mais il occupe une place importante dans l'histoire des idées en Allemagne. Il a été l'un des plus brillants et des plus sincères propagateurs dé l'Aufklaerung (Lumières). La meilleure édition de ses oeuvres complètes est celle qu'a publiée son petit-fils avec une notice biographique (Leipzig, 1843-44, 7 vol. in-8). Les écrits proprement philosophiques ont été réunis par Mor. Brash en édition spéciale (Leipzig, 1880, 2 vol. in-8). (Th. Ruyssen). |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.