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La littérature allemande au XVIIe siècle |
| Aperçu |
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XVIe s. | XVIIe s | Le XVIIIe s. | Le XIXe s. |
| La Réforme,
qui avait imprimé d'abord un si vigoureux élan à la
vie intellectuelle, finit par exercer sur la littérature une influence
funeste. Dès la seconde moitié du XVIe
siècle, on s'aperçoit que l'habitude des controverses religieuses
a engendré une scolastique nouvelle
: protestants et catholiques
s'enfoncent dans des discussions insipides; plus d'inspiration, plus de
vie intellectuelle et morale; la lettre a tué l'esprit. Une rupture
se fait entre la science et la littérature : séparée
du monde et de la littérature qui en est l'interprète, la
science se perd de plus en plus dans les vides formules du pédantisme;
séparée de la science, la littérature tombe dans la
platitude et la vulgarité. Ajoutez à ces causes de dissolution
la lutte du nord et du midi, le pays déchiré, les horreurs
de la guerre de Trente Ans puis, après le traité de Westphalie La Silésie Entre la première et la seconde
école silésienne, se placent des poètes auxquels l'histoire
doit aussi un souvenir: Jean Rist, presque aussi célèbre
au XVIIe siècle que Martin
Opitz lui-même; Robert Roberthin, Simon Dach,
Paul Gerhardt, Knorr de Rosenroth, Gottfried Arnold, Wofgang-Christophe
Dessler. Réservons une place à part, une place unique, au
tendre et mystique poète Jean Scheffler, connu sous le nom d'Angelus
Silesius (1624 -1677). C'est une apparition extraordinaire que celle de
ce mélodieux chanteur. Ce n'est pourtant qu'une apparition isolée;
une fleur de mystique poésie s'est épanouie tout à
coup parmi les ronces; une humble voix s'est fait entendre au milieu des
discussions pédantesques, comme pour attester que le coeur de l'Allemagne La seconde école silésienne, inaugurée par Hoffmann de Hoffmannswaldau (1613-1679), semble annoncer d'abord un revirement d'inspirations assez curieux; à la sécheresse savante de Martin Opitz, Hoffmann fait succéder une grâce toute voluptueuse. II n'y a pas d'écrivain allemand sur lequel les critiques soient moins d'accord : tandis qu' il est dénigré par les uns comme un imitateur de Guarini et de Marino, comme un rimeur emphatique, langoureux, toujours occupé à mourir par métaphore, d'autres juges, et Gervinus à leur tête, aiment en lui un esprit joyeux, plein de grâce, qui proteste contre le pédantisme de Martin Opitz et d'André Gryphius. Ces deux opinions contiennent une part de vérité, et ne demandent peut-être qu'à être fondues ensemble. Hoffmann, comme Martin Opitz, a eu des disciples dévoués; les principaux sont Daniel-Gaspard de Lohenstein, Henri Muhlpfort et Christian Hallmann. On voit enfin apparaître vers la fin du XVIIe siècle quelques poètes mieux inspirés, les uns joignant la correction d'Opitz à la grâce d'Hoffmann, les autres attaquant avec vivacité les deux écoles silésiennes, tous en un mot, par des mérites divers, indiquant l'approche d'une période meilleure; c'est d'abord Christian Gunther, puis Christian Wernicke, le baron de Canitz et Henri Brockès. Parmi les prosateurs du XVIIe
siècle, nous signalerons en première ligne Buchner, professeur
à Wittemberg, qui fit dans maintes dissertations ce que Martin
Opitz faisait dans ses poésies, et fut avec lui la grande autorité
littéraire de son temps. Citons ensuite les romanciers Philippe
de Zesen, Henri Buchholz, le duc Antoine-Ulrich de Brunswick et Samuel
Greifenson d'Hirschfeld. Ces deux derniers indiquent les deux
tendances opposées de la littérature romanesque : Samuel
Greifenson est l'auteur d'un roman populaire intitulé Simplicissimus,
vive peinture du monde réel, dramatique tableau des désordres
de l'Allemagne Voilà bien des noms, et quelques-uns
d'entre eux ne sont pas sans mérite; que manquait-il donc à
cette littérature du XVIIe siècle?
Une inspiration commune, peut-être, un caractère bien défini.
Tous ces écrivains semblent isolés les uns des autres; aucune
force, aucune pensée générale ne les soutient; je
ne sais quoi de morne et de languissant domine dans leurs écrits.
L'Allemagne |
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