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Hans Sachs

Hans Sachs est le le plus célèbre meistersaenger de l'Allemagne. Il est né le 5 novembre 1494 à Nuremberg, où il suivit les cours de l'école latine et fit son apprentissage de cordonnier, mort à Nuremberg le 19 janvier 1576.

II parcourut comme compagnon toute l'Allemagne du Sud jusqu'aux Alpes et au Rhin, puis fut reçu maître peu après son retour (1516). Il rapportait de son voyage une ample moisson d'expérience et de savoir ainsi qu'un goût très vif pour la poésie qu'avaient développé chez lui les lectures et la fréquentation des sociétés de chant qui florissaient à cette époque dans plusieurs des villes qu'il avait traversées. Il s'intéressa bientôt à celles de sa ville natale, prit part à leurs exercices et composa pour elles, parfois sur des rythmes de son invention, d'abord des chants religieux, puis des oeuvres profanes, inspirées de Boccace, qu'il avait lu dans la traduction populaire de Steinhöwel, et déjà des Fastnachtspiele (Jeux de carnaval : Das Hofgesinde der Venus (la Cour de Vénus, 1517), etc., un genre où il devait bientôt exceller.
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Hans Sachs.
Hans Sachs (1494-1576).

Dans une seconde période de sa vie (1520-1527), Hans Sachs mit tout ce qu'il avait de talent et d'énergie au service de la Réforme, à laquelle il avait adhéré après une lecture attentive des oeuvres de Luther et en particulier de la traduction de la Bible. Il écrivit des oeuvres de polémique, dont la plus célèbre, le Rossignol de Wittenberg (1523), eut un grand retentissement et lui valut les attaques du clergé auxquelles il riposta par des dialogues : Disputation zwischen einem chorherrn und Schuhmacher, Ein gesprech von den scheinwerken der gaystlichen und jren gelübdten, etc., que Lessing et Herder proclameront plus tard des monuments de la langue allemande.

Après une Prophétie sur la papauté (1527), le Conseil de Nuremberg, qui exerçait un droit de censure, interdit à Hans Sachs de publier d'autres oeuvres, et, en bon citoyen, il se soumit et cessa d'écrire jusqu'au jour où le Conseil lui-même fit acte d'adhésion à la Réforme. 

Vers 1558, Sachs, devenu riche, avait renoncé à sa profession de cordonnier pour se consacrer entièrement à la poésie. ll s'était marié une première fois en 1519, puis en 1561.

A partir de 1580, sa verve ne tarit pas; il publia un nombre incalculable de Meistergesänge, de Spruchgedichte, de forme plus raffinée, plus artistique, des tragédies, dont les sujets étaient empruntés à l'Antiquité, mais dont les moeurs étaient celles des bourgeois de Nuremberg, des mystères, des comédies, des facéties, des narrations, des chroniques, des psaumes, des fables, etc.

La matière de cette production énorme lui était fournie tantôt par l'histoire allemande ancienne ou contemporaine (il prit, par exemple, la défense de sa ville natale, à laquelle il était fidèlement attaché, contre un seigneur remuant du voisinage; il avertit l'Allemagne du péril turc, etc.), tantôt par ses lectures qui, en dehors de la Bible, sa principale source d'inspiration, étaient : Homère, Ovide et Tite-Live, Bocacce et les conteurs allemands (les Aventures de Till Eulenspiegel, etc.). 

La forme chez Hans Sachs est rude, la tendance didactique et morale. Ses Jeux de carnaval sont aujourd'hui son principal titre de gloire; d'ordinaire, en un acte, elles doivent à leur concision même des qualités de forme qu'on chercherait vainement dans les oeuvres de plus grande envergure, le trait y est net, le dialogue vif et aisé et, si l'action y est insignifiante, les caractères y prennent, en revanche, un relief vigoureux. 

Ces pièces font de Hans Sachs le premier auteur dramatique du XVIe siècle et le régénérateur du théâtre allemand, voué jusqu'alors à la farce la plus grossière. Le maître chanteur de Nuremberg a compté Goethe parmi ses admirateurs les plus convaincus. Wagner a fait de Hans Sachs le héros de son opéra les Maîtres Chanteurs de Nuremberg. (H. Laudenbach).

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