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Wieland

Christoph-Martin Wieland est un poète allemand, né à Oberholzheim, près de Biberach, le 5 septembre 1733, mort à Weimar le 20 janvier 1813. Fils d'un pasteur, il écrivait dès l'âge de douze ans des vers latins et allemands; élève très brillant, il étudia les littératures française et anglaise. Son amour pour Sophie Guterman (Mme La Roche) lui inspira son premier poème, Die Natur der Dinge (1752), suivi de lettres morales, d'un « éloge du printemps », etc. Attiré à Zurich par Bodmer, il y rédigea un poème épique en quatre chants, Der geprüfte Abraham, des hymnes et poésies d'un piétisme exalté. Il s'en dégagea bientôt et écrivit un Cyrus, poème épique (1759, inachevé, 5 chants) et fit jouer une tragédie (Johanna Gray, 1758). Il était alors précepteur à Zurich, puis à Berne, où il se lia avec l'amie de Rousseau, Julie Bondeli. En 1760, il retourna à Biberach et vécut dans la société du comte de Stadion, ministre de Mayence, de son protégé le conseiller La Roche et de Mme La Roche.

Wieland écrivit une imitation de Don Quichotte, Der Sieg der Natur (1764), et une imitation du Roland furieux, Idris (1768), un joli roman, Geschichte des Agathons (1766-1767), un poème didactique, Musarion (1768), une traduction de 22 pièces de Shakespeare. En 1775, il épousa Anna-Dorothea de Hillebrand; de 1769 à 1772, il professa la philosophie à l'université d'Erfurt. De cette époque datent des ouvrages inspirés de Rousseau : Beitraege zur geheimen Gesch. der menschüchen Verstandes und Herzens, aus den Archiven der Natur (1770, 2 vol.); Der goldene Spiegel (1772, 4 vol.), description d'un Etat idéal; Combabus, récit poétique (1770, 2 vol.); Der Neue Amadis, poème héroï-comique (1771, 2 vol.). 

La duchesse de Saxe-Weimar l'appela à sa cour pour lui confier l'éducation de ses deux fils (1772). Wieland y écrivit un poème musical, Alcest (1773), fonda une revue mensuelle, Der deustche Mercur (1773-1796), qu'il alimenta de prose et de vers. On y remarqua notamment : son roman comique, Die Abderiten (1774); Das Wintermaerchen (1776); Das Som mermaerchen (1777), et, son chef-doeuvre, Oberon (1780), des traductions d'Horace et de Lucien, qu'il imita dans Neue Gottergespraeche (1791); Geheime Gesch. des Philos. Peregrinus Proteus (1791, 2 vol.); Agathodaemon (1799). Wieland donna lui-même une édition révisée de ses oeuvres complètes (36 vol. gr. in-4 ou 39 vol. in-8, plus 6 vol. de suppl., 1794-1802). Il fit suivre le Merkur, de l'Attisches Museum (1796-1804) et Neues Attisches Museum (1802-1810). La traduction d'Aristophane, puis celle de Cicéron occupèrent les loisirs de sa retraite dans la campagne d'Ossmanstedt (1797-1803) qu'il quitta pour rentrer à Weimar, mais où il a été enterré.

Wieland manque d'originalité, mais a exercé une influence considérable par la variété de ses oeuvres et traductions; il a notamment ramené les poètes à la chevalerie du Moyen âge. Dans l'expression des sentiments tendres et délicats, il a fait preuve de grand talent et donné à la poésie allemande la grâce qui lui, manquait, l'harmonie de la phrase et du rythme. De ses quatorze enfants, il faut citer son fils Ludwig (1777-1819), auteur dramatique et journaliste. (GE).

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