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| Martin Opitz
est un poète allemand, né à Bunzlau le 23 décembre
1597, mort à Dantzig (Gdansk) C'est commue réformateur de la poésie et en particulier de la versification qu'Opitz a surtout mérité ce litre de « Père de la poésie allemande », qui lui était décerné, un siècle encore après sa mort, par Gottsched. Dans ses deux ouvrages critiques les plus connus : Aristarchus sive De contemptu linguae Teutonicae (1617), et Martini Opitii Buch von der Deutschen Poeterey (1624; réédition dans les Neudrucke de Halle, n° 1), Opitz a formolé les principes essentiels de la poésie allemande moderne. Tandis qu'avant lui la plupart des poètes composaient des vers plus on moins informes, construits d'après le principe de la numération des syllabes, abstraction faite de l'accentuation et de la quantité, Opitz s'efforce de rendre le vers allemand régulier et de le construire d'une manière conforme au génie de la langue. Au lieu de se borner à compter les syllabes comme les poètes du temps, il proclame en outre qu'elles doivent se succéder selon un rythme régulier, iambique ou trochaïque; ce rythme est déterminé non pas comme dans la métrique ancienne par la quantité des syllabes, mais bien par leur accentuation; le vers se compose ainsi non pas d'une succession de longues ou de brèves, mais d'une alternance régulière de syllabes plus accentuées et de syllabes moins accentuées, de temps forts et de temps faibles. Martin Opitz conciliait ainsi le principe de la numération des syllabes avec le vieux principe de la métrique germanique qui reposait sur l'accent. La réforme d'Opitz n'est pas, à
vrai dire, absolument originale. Des principes identiques aux siens avaient
été exposés avant lui par Claius et surtout par les
savants hollandais, en particulier par Vander-Milius; en Allemagne La poésie de Martin Opitz n'a plus depuis longtemps qu'un intérêt purement historique. On n'y trouve ni émotion ni imagination ; aussi bien Opitz a-t-il une nature de courtisan et d'érudit plutôt qu'un tempérament de poète. Au point de vue de la forme comme au point de vue du fond, il s'inspire de modèles étrangers. Souvent il n'est qu'un simple traducteur. Nombre de ses Odes sont des imitations directes de Ronsard; d'autres fois, il s'inspire de modèles latins comme Horace, Lucilius et Caton ou traduit des poètes hollandais comme Grotius ou Heinsius. Comme auteur dramatique, il copie les librettistes italiens et traduit du Sénèque et du Sophocle. Dans le genre de la pastorale, il traduit ou imite Barclay et Sidney. C'est un industrieux arrangeur, médiocrement original et pou inspiré, qui manque de spontanéité et d'élan, qui laisse trop souvent l'érudition étouffer la sensibilité, mais qui a le mérite incontestable d'avoir donné le premier aux Allemands des modèles de poésie véritablement littéraire, assez artificielle, il est vrai, mais classique par la forme. A ce point de vue, les Deutsche Poemata (premier recueil édité en 1624 par Zinkgref et désavoué par Opitz, qui publia, en 1625, une version remaniée de ses poèmes, sous le titre de : Martini Opitii Acht Bücher Deutscher Poematum durch Ihn selber herausgegeben) sont une date importante dans l'histoire de la littérature allemande. (Henri Lichtenberger). |
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