Dictionnaire des Oeuvres
Architecture

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Arc de triomphe. - Construction élevée en l'honneur d'un personnage distingué, ou en mémoire de quelque événement glorieux. On n'a pas trouvé d'arcs de triomphe chez les anciens Grecs; les Romains en élevèrent sur le passage des généraux qui avaient remporté de brillantes victoires. L'arc de triomphe était un portique à plein cintre, jeté à cheval sur une voie publique, afin que le vainqueur passât dessous le jour de son triomphe. Suivant l'espace où on l'avait placé, il avait une seule ouverture, ou bien présentait une arcade centrale pour le passage des voitures et des chevaux, et deux arcades latérales, plus petites, à l'usage des piétons; celles-ci communiquaient parfois avec l'arcade principale. Les arcs de triomphe, élevés à la hâte pour une entrée triomphale ou une procession, étaient temporaires, et disparaissaient après la cérémonie; mais on les remplaça quelquefois par des constructions plus durables. L'architecture et la sculpture déployaient leurs richesses dans ceux de ces monuments qui devaient subsister. Ils furent ornés de colonnes engagées ou en saillie, de bas-reliefs rappelant les victoires du personnage auquel le monument était dédié; sur l'archivolte de la ports centrale, deux Victoires, portant un trophée ou une palme et une couronne, semblaient attendre le vainqueur; quelquefois l'attique qui règne au-dessus de l'entablement portait un char à 4 ou à 6 chevaux, accompagné de statues équestres ou pédestres isolées.

Stertinius fut, dit-on, le premier qui éleva des arcs de triomphe à Rome : il en fit construire un sur le Forum Boarium, en 196, av. J.-C., et un autre au Cirque Maxime, tous deux décorés de statues. Six ans plus tard, Scipion l'Africain en érigea un autre au Clivus Capitolinus, et le fit surmonter de sept statues dorées et de deux chevaux. En 121, Fabius Maximus en construisit sur la Voie Sacrée un quatrième, que Cicéron appelle Fornix Fabianus. Il ne reste rien de ces monuments. Les arcs de triomphe furent généralement élevés sur la Voie Sacrée, chemin des triomphateurs, ou sur les Voies Appia et Flaminia, par où les armées revenaient à Rome. Les plus beaux ont été érigés du temps des empereurs; ce sont :  l'Arc de Drusus,  l'Arc de Titus, l'Arc de Septime-Sévère,  l'Arc de Gallien, l'Arc de Constantin, l'Arc de Dolabella et Silanus, l'Arc de Marc-Aurèle, l'Arc de Janus Quadrifrons.
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Arc de Trajan.
Arc de Trajan, à Bénévent.

Il n'y avait d'arcs de triomphe qu'à Rome, parce qu'on ne triomphait que dans cette ville : tous les monuments de ce genre, tant en Italie que dans les provinces, élevés en l'honneur des empereurs, soit par la reconnaissance publique pour leurs grands et utiles travaux, soit par le dévouement des particuliers, étaient appelés Arcs honoraires. On en a trouvé un fort beau à Tebessa (Théveste) en Afrique, érigé en l'honneur de Septime-Sévère. Il y en a un autre à Tripoli, élevé vers l'an 164 de J.-C.; c'est un des plus beaux et des mieux conservés. On doit citer encore : en Italie, ceux de Fano, de Vérone, de Bimini, de Pola, de Segusio, de Bénévent et d'Ancône; en Espagne, celui de Barra; en France, ceux d'Aix-les-Bains, de Reims, de Besançon, de Langres, de Saintes, d'Autun, d'Arles, de Cavaillon, de Carpentras, de St-Chamas, de St-Rémy, d'Orange. Beaucoup de portes de villes ont pris le caractère des arcs de triomphe.
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Arc de Trajan.
Arc de Saint-Rémy.

Les peuples modernes ont imité les arcs de triomphe romains, pour consacrer aussi la gloire militaire. On en érigea plusieurs à Louis XIV (Porte Saint-Antoine, Porte St Bernard, Porte Saint-Denis, Porte Saint-Martin). Napoléon a aussi décoré Paris de deux arcs triomphaux (Carrousel, Étoile). Il faut citer aussi l'arc de triomphe du roi Alphonse d'Aragon à Naples, celui que Palladio construisit à Vicence devant l'église de la Madonna-del-Monte, etc.

En Inde, on a érigé des arcs de triomphe en l'honneur des héros victorieux. Ils ne sont pas en voûte, mais carrés. Celui de Baznagar, dans le Nord du Gudjerat, est un des plus riches spécimens de l'architecture indienne. En Chine, on honorait aussi par des arcs de triomphe (pai-léou) la mémoire des personnes qui s'étaient fait remarquer par quelque belle action : ces monuments, qui ont en général trois portes, sont en charpente, mais supportés par une base en pierre; des figures d'humains ou de dieux, des fleurs, des oiseaux, y sont découpés à jour ou sculptés en relief, et rehaussés de couleurs et de dorures. (B.).

Arc de triomphe. - Nom donné à l'arcade qui se trouve au milieu des transepts des églises. Primitivement on l'ornait de sculptures et de peintures à fresque, dont le sujet était principalement le triomphe de Jésus-Christ. En Angleterre, on voit au-dessous de cette arcade, un roodscreen, clôture en bois, en pierre ou en métal, richement travaillée, et surmontée d'un crucifix qu'accompagnent d'ordinaire la Vierge et Jean l'évangéliste. Dans beaucoup d'églises de France, où il n'y a pas de jubé, un grand crucifix, placé de même sous l'arcade triomphale, domine l'assemblée des fidèles. (B.).

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