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Louis XIV,
dit le Grand. - Roi de France ,
né en 1638 à Saint-Germain-en-Laye ,
était fils de
Louis XIII et d'Anne
d'Autriche. Il fut reconnu roi en 1643, à 5 ans, et devint majeur
en 1651, à 13 ans. La régence fut confiée à
sa mère Anne d'Autriche, qui prit Mazarin
pour principal conseiller. La minorité de Louis XIV fut agitée
au dedans par les troubles de la Fronde et signalée au dehors par
des guerres avec l'empire et l'Espagne ,
qui ne furent terminées que par le traité conclu en 1649
avec l'empereur à Munster et par la paix des Pyrénées,
conclue en 1659 avec l'Espagne. Par ce dernier traité, Louis XIV
épousa l'infante Marie-Thérèse d'Autriche, fille du
roi d'Espagne. Après la mort de Mazarin (1661), Louis commença
à
régner par lui-même. Profitant de la paix et secondé
par d'habiles ministres (Colbert, Le Séguier,
De Lionne etc.), il rétablit le commerce, diminua les impôts,
fit fleurir les arts, réforma, l'administration et rendit de sages
lois. En 1665, Philippe IV, père
de la reine, étant mort, Louis réclama en vertu du droit
de Dévolution, la Flandre et la Franche-Comté ,
comme indemnité de la dot de sa femme, dot qui n'avait jamais été
payée; sur le refus qu'on fit de les lui livrer, il marcha sur la
Flandre dont il prit toutes les villes en une seule campagne (1667); l'année
suivante, il prit plus rapidement encore la Franche-Comté. La Hollande,
l'Angleterre et la Suède s'étant alors liguées contre
lui avec l'Espagne, Louis se vit obligé de renoncer à la
Franche-Comté, mais il gardait la Flandre.
Après s'être assuré
de la neutralité de l'Angleterre, Louis XIV déclara en 1672
la guerre aux Hollandais, qui s'étaient précédemment
joints à ses ennemis : la campagne fut ouverte avec de brillants
succès par le roi en personne, suivi de Turenne
et de Condé; c'est au début de cette
campagne qu'eut lieu le célèbre passage du Rhin. Le roi d'Espagne ,
l'Empereur et l'électeur de Brandebourg, que la puissance du monarque
français épouvantait, se liguèrent alors contre lui
(1674) et commencèrent une nouvelle guerre : Louis s'empara de nouveau
de la Franche-Comté ,
Turenne entra dans le Palatinat, qu'il mit à feu et à sang;
Schomberg battit les Espagnols dans le Roussillon ;
Condé défit le prince d'Orange à Senef; Duquesne gagna
deux batailles navales contre Ruyter, qui périt dans la dernière.
L'Angleterre étant venue se joindre à la coalition, Louis
XIV offrit la paix : il signa, en 1678, le traité de Nimègue,
qui lui assurait la Franche-Comté. C'est après ces brillants
succès que lui fut décerné le surnom de Grand.
-
Louis
XIV en tenue de ballet, d'après un médaillon.
La paix ne l'empêcha pas d'ajouter
à la France
Strasbourg, bombardé pour avoir insulté le pavillon français,
et Gênes dut également s'humilier devant le grand roi (1685).
Mais la révocation de l'édit de Nantes (1685) vint interrompre
le cours de tant de prospérité : cet acte de rigueur fit
sortir de France une foule de familles qui portèrent chez l'étranger
leur industrie et leur fortune. Peu après se forma la ligue d'Augsbourg
(1686), par laquelle l'Empire, l'Espagne, l'Angleterre, la Hollande se
coalisèrent de nouveau contre la France. La campagne s'ouvrit pour
Louis XIV par des succès que contre-balança la perte de la
bataille navale de La Hogue. Les années 1692, 93 et 94 furent signalées
par la prise de Namur
et les victoires de Fleurus, de Steinkerque, de Nerwinde et de Marsaille;
mais Namur fut reprise par Guillaume à la fin de 1694, et, lasses
d'hostilités inutiles, les puissances belligérantes conclurent
le traité de Ryswyk (1697) : le roi abandonna ses dernières
conquêtes, excepté Strasbourg. La mort de Charles
II, roi d'Espagne, qui laissait sa couronne à Philippe, duc
d'Anjou ,
petit-fils de Louis XIV, amena une nouvelle coalition, dirigée par
le célèbre triumvirat d'Eugène. Ces années
furent mêlées de succès et de revers; mais en 1704,
les Français furent battus à Hochstett, en 1706 à
Ramillies et à Turin ,
et ils perdirent les Pays-Bas et l'Italie .
Enfin, en 1707, Berwick gagna en Espagne
( L'Espagne au XVIIIe
siècle )
la victoire signalée d'Almanza ,
et Duguay-Trouin battit les flottes ennemies dans plusieurs rencontres.
Cependant Louis XIV, ayant éprouvé quelques revers l'année
suivante, demanda la paix; on ne lui fit que des réponses dures
et humiliantes, et il se vit forcé de continuer la guerre; elle
ne fut pas heureuse : Villars fut vaincu à Malplaquet
par Marlborough et le prince Eugène (1709). Tout semblait perdu
lorsque Vendôme gagna la victoire de Villaviciosa, qui rendit le
trône d'Espagne à Philippe (1710), et Villars celle de Denain
(1712); qui amena la paix d'Utrecht
(1713) : par ce traité, Louis XIV conservait ses conquêtes
(Alsace ,
Artois ,
Flandre ,
Franche-Comté ,
Cerdagne ,
Roussillon ).
Il mourut deux ans après, le 1er
septembre 1715, laissant la couronne à son arrière-petit-fils,
Louis XV, qui n'était âgé que de 5 ans. Il avait perdu
peu auparavant son fils, dit le Grand Dauphin, et son petit-fils, le duc
de Bourgogne .
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Louis
XIV en majesté, par Rigaud (musée
du Louvre).
Le règne de Louis XIV est l'époque
la plus brillante de la monarchie : sous ce prince, la gloire des lettres,
des arts et du commerce s'unit à celle des armes; c'est alors en
effet qu'ont brillé Condé, Turenne,
Vauban,
Luxembourg, Villars, Catinat, Duquesne et Duguay-Trouin; Colbert et Louvois;
Corneille,
Racine,
Molière,
La
Fontaine,
Boileau,
Bossuet
et
Fénelon; Lebrun, Lesueur, Girardon,
Puget et Perrault; c'est alors que furent élevés
l'Hôtel des Invalides ,
le Val-de-Grâce, les palais de Versailles ,
de Trianon, de Marly ,
la colonnade du Louvre ,
que furent fondées les manufactures de Gobelins ,
de la Savonnerie, etc. Louis XIV avait toutes les qualités d'un
grand roi : noble, généreux, brave, ferme, laborieux, administrateur
habile, ami des lettres et des arts, il joignait à ces qualités
une figure belle et majestueuse; mais il fut trop absolu dans l'usage du
pouvoir (c'est lui qui disait:
l'État, c'est moi); en outre
il aima trop la guerre, le faste et les plaisirs; il eut un grand nombre
de maîtresses, dont les plus célèbres sont Mmes de
La Vallière et de Montespan, et il ne
craignit pas d'égaler aux princes du sang, en les légitimant,
les enfants qu'il en avait eus, notamment le duc du Maine. Quant à
Mme
de Maintenon, qui fut la compagne de ses dernières années,
il s'était uni à elle par un mariage secret. Louis XIV prit
une grande part aux affaires ecclésiastiques de son temps : il révoqua
l'édit de Nantes
(1685); il exerça de grandes rigueurs contre les Protestants, ainsi
que contre les Jansénistes, et força son clergé à
signer la bulle Unigenitus qui condamnait ces derniers; cependant il sut,
quand il le voulut, maintenir son indépendance vis-à-vis
du St-Siège; il exigea même impérieusement de deux
papes (Alexandre VII, Innocent
XI) de dures réparations.
On a de ce roi quelques écrits,
qui ont été publiés en 1806, sous le titre d'œuvres
de Louis XIV, 6 v. in-8; on y remarque les Instructions qu'il rédigea
pour le Dauphin et le roi d'Espagne ,
et des Mémoires pour l'instruction du Dauphin. Ces Mémoires
ont été publiés à part et plus complètement
par M. Dreyss, 1859. Entre les ouvrages qui ont été écrits
sur ce règne, on distingue: le Siècle de Louis XIV,
par Voltaire; l'Histoire de Louis XIV,
par Pélisson; l'Essai sur l'établissement monarchique
de Louis XIV, par Lémontey; l'Administration de Louis XIV,
par Chéruel, 1850. On trouve aussi de curieux détails dans
les Mémoires de Saint-Simon.
(A19). |
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