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Girardon
(Francis), un des maîtres de la statuaire française, né
à Troyes en 1628, mort en 1715. Fils d'un fondeur de métaux,
il se montra rebelle à l'étude du droit à laquelle
le destinait sa famille, et apprit seul le dessin. Apprenti d'un sculpteur
sur bois, il s'attira le bienveillant intérêt du chancelier
Séguier, qui le fit entrer chez François Arquier, puis l'envoya
étudier en Italie ,
ou il travailla dans l'atelier du Bernin. Rentré
en France ,
il sut gagner Le Brun, qui l'attacha aux travaux du palais de Versailles,
et à la mort de qui, en 1690, il fut investi des fonctions d'inspecteur
général des oeuvres de sculpture. Reçu membre de l'Académie,
il y fut successivement professeur, recteur et chancelier.
L'oeuvre de Girardon est considérable,
mais nombre de morceaux ont été exécutés par
ses élèves d'après ses esquisses, ce qui explique
certaines
inégalités. Ainsi pour le tombeau monumental qu'il érigea
dans la petite église Saint-Landry de la Cité à sa
femme, Catherine Duchemin, peintre distingué de fleurs et de fruits.
On voit de lui à Versailles le Bain d'Apollon
(les quatre figures principales seulement de sa main, les trois autres
de Regnauldin), l'Enlèvement de Proserpine ,
au milieu de la colonnade, la Fontaine des Pyramides, le
Bassin
de Neptune ,
la figure de l'Hiver du bassin de Saturne ,
un Fleuve ,
à la grille de la grande cour le groupe allégorique des Victoires
de la France sur l'Espagne, dans la petite cour un Louis
XIV en Hercule
au repos, à Trianon des groupes d'enfants. Au Louvre ,
la décoration sculpturale de la galerie d'Apollon et un buste de
Boileau.
Le Louis XIV équestre en bronze de la place des Victoires
est la répétition de celui qu'il avait exécuté
pour la place Vendôme ,
détruit pendant la Révolution.
Sa ville natale possède de lui à
la chapelle
Saint-Remi un crucifix de bronze, les décorations du maître-autel
et un squelette en bas-relief .
Les plus remarquables de ses mausolées sont celui de Richelieu
à l'église
de la Sorbonne ,
ceux de la présidente de Lamoignon, de Louvois, du prince de Conti
dans les églises disparues de Saint-Leu, des Capucines ,
de Saint-André-des-Arts. Saint-Germain-des-Prés
possède de lui un monument intéressant. Doué d'une
grande habileté technique, mais la facture souvent lâchée
et molle, Francis Girardon a bien été le statuaire de son
temps, avec un style noble et fastueux, un peu lourd, plus conventionnel
qu'expressif, d'une ordonnance ample et sage, très appropriée
aux besoins architecturaux et décoratifs des palais et des jardins
à la française. (A. de B.). |
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