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Autun (Bibracte,
Augusta
Aeduorum, Augustodunum, Paulia, Florentia,
Flavia
Aeduorum) est le chef-lieu du département de la Saône-et-Loire,
sur une colline dont l'Arroux baigne le pied, à 106 kilomètres
au Nord-Ouest de Mâcon ;
16 400 habitants.
Histoire.
Cette ville, peut-être fondée
par les Phocéens, occupe une partie
de l'emplacement de l'ancienne Bibracte, capitale des Éduens, et
l'une des villes les plus importantes de la Gaule
(avec un chef électif, dit vergobret (vergobretus), un sénat
des Druides
et une école druidique où l'on venait de très loin).
Elle changea son nom de Bibracte en celui d'Augustudunum et fut comprise
dans la Lyonnaise .
Sous Auguste, et plus tard dans la première
Lyonnaise. Prise par Sacrovir en l'an 21, elle fut le foyer de la révolte
de ce Gaulois (qui se tua aux environs).
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La
Porte d'Arroux, à Autun.
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Le
temple de Janus
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Sous la domination romaine ,
il s'établit à Autun des écoles célèbres
où les jeunes gens venaient se former à l'éloquence
dès le règne de Tibère. Le
christianisme
apparut de bonne heure dans cette cité; on rapporte que saint Andoche
et Thirse furent martyrisés à Saulieu vers l'an 177. Tetricus
s'empara d'Autun après, un siège de sept mois; la ville fut
restaurée par Aurélien. Les Bagaudes
l'ayant ravagée à nouveau ( l'Histoire
de l'Empire romain ),
Constance-Chlore
la releva de ses ruines vers 296; il mit l'école sous la direction
de l'orateur Eumène. Ce dernier obtint en 311 de Constantin
qu'il fit remise aux citoyens d'Autun de ce qu'ils devaient au fisc depuis
cinq années; la ville par reconnaissance prit le nom de Flavia,
qui tomba bientôt en désuétude. En 350, Magnence
s'y proclama empereur.
Les habitants repoussèrent une armée
d'Alamans en 356. Il semble que Gondicaire,
roi des Burgondes, se soit emparé
d'Autun en 420; elle tomba au pouvoir de Clotaire
et de Childebert en 534; elle fut saccagée
par les Sarrasins en 731; par les Vikings
en 888.
Sidoine Apollinaire
mentionne le premier comte d'Autun connu : Attale (460). Au IXe
siècle, le comté d'Autun fut l'objet de nombreuses compétitions.
Il passa dans la maison des ducs de Bourgogne .
Ceux-ci établirent à Autun leur résidence. Au Xe
siècle, le chapitre de l'église
Saint-Nazaire
avait le droit de battre monnaie, droit que lui reconnurent successivement
Hervé de Châlon, évêque (920), et Robert II de
Bourgogne (1287).
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Les conciles
d'Autun
Plusieurs
conciles
ont été tenus à Autun. Le plus connu est celui tenu
en 670, sous l'épiscopat de saint Léger et aucours duquel
furent établis les règlements pour la discipline monastique.
Ces
réglements prescrivent la stricte observance de la règle
de Benoît : les moines ne posséderont rien en propre; ils
ne séjourneront point dans les villes; ils n'auront pas de familiarité
avec les femmes et n'en laisseront pas entrer dans leurs monastères;
pénalités contre les violateurs de ces canons : l'abbé
coupable sera privé de la communion pendant un an; les moines pendant
trois ans; on leur infligera, en outre, un nombre convenable de coups de
bâton.
D'autres
conciles eurent lieu à Autun en 1057, 1077 et 1094; Dans ce ce dernier,
Philippe
Ier roi de France ,
fut excommunié. En 1276, les ducs de Bourgogne abandonnèrent
le séjour de cette ville. |
Après la bataille de Poitiers ,
Autun eut à souffrir des ravages des Anglo-Navarrais. En 1523, les
habitants repoussèrent des aventuriers qui, cantonnés dans
les environs, s'apprêtaient à venir assiéger la ville.
L'amiral Coligny, après sa victoire d'Arnay-le-Duc,
marcha sur Autun, brilla le prieuré
de Saint-Symphorien et en partie l'abbaye
de Saint-Martin. Grâce au courage du président Jeannin et
du bailli, le comte de Charny, les horreurs de la Saint-Barthélemy
furent épargnées à Autun. Le 18 mai 1591 le maréchal
d'Aumont, qui commandait les troupes de Henri IV,
vint mettre le siège devant la ville; il fut forcé de le
lever au bout de trente-quatre jours. Les Autunois, qui étaient
entrés en pourparlers avec le roi dès novembre 1594, ne se
rendirent qu'en juin 1595. L'année 1628 fut marquée par une
terrible peste. La ville souffrit de l'invasion de 1814.
Au Moyen âge
le chef de l'administration municipale s'appelait vierg; dès
1342 on voyait en lui le successeur du magistrat gaulois
des Eduens, le vergobretus; mais il est plus probable que le vierg
n'est que l'ancien vigerius ducal dont on trouve mention dès
1122; en 1275, Pierre de Beaune
est encore dit vigerius Eduensis. Cette charge dura jusqu'à
l'édit d'août 1692 qui créa les maires perpétuels.
Aux Etats de Bourgogne ,
le vierg d'Autun présidait la chambre du tiers-état en l'absence,
du maire de Dijon .
En l'an 600, l'évêque d'Autun Syagrius reçut du pape
Grégoire
le droit de porter le pallium, droit que conservèrent ses successeurs.
L'évêque d'Autun était président-né des
Etats de Bourgogne, et il administrait la province ecclésiastique
de Lyon
pendant les vacances du siège métropolitain.
Les armes d'Autun sont d'argent au lion
de gueules, au chef de Bourgogne ancienne.
Monuments.
On a retrouvé à Autun de
nombreuses ruines romaines ,
des inscriptions, des stèles funéraires.
On admire encore les portes
romaines d'Arroux et de Saint-André; les ruines du temple dit d'Apollon
et de celui de Minerve ;
la cella du temple de Janus .
Le théâtre occupait le lieu
dit Caves Joyaux ou Juliots; la pierre de Couhard, sorte
de pyramide quadrangulaire, dont la destination est inconnue; nombreux
restes d'aqueducs.
Eglises.
L'église
Saint-Nazaire, première église et cathédrale
d'Autun, reconstruite au XIIe siècle
et inachevée. Les chanoines la délaissèrent en 1770
pour l'église Saint Lazare, qui devint la cathédrale :
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La
cathédrale d'Autun. C'est une édifice roman,
qui
fut retouché à la fin du XVe siècle.
Eglise Saint-Lazare (ci-dessus), ancienne
chapelle
ducale, devenue ensuite cathédrale,
fondée vers 1060, consacrée en 1132 par Innocent
Il, achevée en 1178; chapelles ajoutées au XVe
siècle. Cette église comprend une nef
accostée de bas-côtés,
un transept, un choeur
sans déambulatoire; la nef est voûtée en berceau brisé,
les grandes arcades sont brisées, les
piliers sont cantonnés de pilastres cannelés; entre les grandes
arcades et les fenêtres hautes, triforium
simulé; le portail est précédé
d'un porche voûté en berceau; les bas-reliefs
du tympan, qui
représente le jugement dernier ,
sont dus au sculpteur Gislebert au-dessus du transept, flèche pyramidale
en pierre élevée à la fin du XVe
siècle, par le cardinal Rollin.
Autres églises
: Eglise Saint-Jean, moderne, style roman;
Saint-Pantaléon, église du XVIe
siècle; Notre-Dame, église du XVIIIe
siècle (1757), style grec.
Abbayes.
Saint-Martin-lès-Autun, monastère
de l'ordre de Saint-Benoît, fondé à la fin du VIe
siècle par la reine Brunehaut qui y
fut inhumée. Saint-Jean-le-Grand, abbaye
de femmes du même ordre que le précédent, fondé
par la même reine et l'évêque Syagrius avant 589. Les
mêmes personnages ont établi le monastère de Saint-Andoche.
Monuments
divers.
La Bibliothèque
municipale renferme plus de 15,000 volumes
et quelques manuscrits. Les manuscrits
les plus curieux sont ceux du Séminaire; on y remarque spécialement
un Sacramentaire du IXe siècle.
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Le
théâtre et l'Hôtel-de-Ville d'Autun, sur une ancienne
photographie.
A mentionner aussi : les restes du réfectoire
des chanoines (mon. hist.) dans le jardin
de l'évêché; le Palais épiscopal, dont certaines
portions remontent au XIIe siècle,
restauré; l'Hôtel-de-Ville; et, devant la cathédrale,
une fontaine monumentale de la Renaissance . |
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