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Obélisque.
- Motif architectural, spécial à l'ancienne Égypte
( L'architecture égyptienne )
et consistant le plus souvent en un seul bloc de granit, de grande hauteur
par rapport aux dimensions de sa base, dressé
sur un plan carré, taillé à quatre faces légèrement
pyramidales, terminé par une petite pyramide dite pyramidion et
couvert d'inscriptions en caractères hiéroglyphiques .
C'est à cause de cette forme élancée que les Grecs
ont donné aux obélisques leur nom qui, en grec, signifie
broche
ou aiguille, dernier mot par lequel on désigne aussi ce genre
de monuments. Les obélisques étaient généralement
au nombre de deux, placés symétriquement sur des piédestaux
peu élevés, au-devant et à droite et à gauche
de la porte percée dans le pylône extérieur des temples
égyptiens; ils avaient alors environ de 20 à 30 m. de hauteur.
L'obélisque de syénite rose,
donné par Méhémet-Ali-à
la France, enlevé en 1831 de la façade du temple de Louqsor
(Haute-Égypte) et transporté à Paris, où il
fut dressé en 1836 sur la place de la Concorde
par les soins de l'ingénieur de la marine Lebas, mesure exactement
22,83 m de hauteur et pèse environ 230 000 kg. P.
Pierret (Dictionnaire d'archéologie égyptienne)
a donné la traduction du texte couvrant une des faces de cet obélisque
et rappelant les formules protocolaires de Ramsès
II, pharaon qui l'avait fait ériger. Mais, à Louqsor,
cet obélisque était, comme celui lui faisant pendant, élevé
sur un socle décoré sur deux de ses faces de cynocéphales
adorant le Soleil
et, sur les deux autres, de représentations du dieu Nil
faisant ses offrandes à Amon ;
de plus, le pyramidion fruste et dégradé qui le surmonte
devait, d'après Hittorff (Précis
sur les pyramidions de bronze, etc. ; Paris, 1836, in-8, pl.), être
recouvert d'une enveloppe métallique dorée - c'est ainsi
en tout cas qu'a été abordée sa restauration. Peut-être
même l'obélisque lui-même était-il doré
sur toutes ses faces, ce qui aurait fait ressortir, en ton de granit sur
une surface brillante, les caractères hiéroglyphiques qui
le décorent et dont le fond a été soigneusement poli.
On conçoit que, privé de son compagnon et de la façade
du temple au-devant de laquelle il était élevé, l'obélisque
de la place de la Concorde, semblant perdu dans un espace trop vaste, ne
donne qu'une idée bien incomplète de l'effet décoratif
produit par les obélisques égyptiens au XVe
siècle avant notre ère.
On taillait aussi, et même dès
la IVe dynastie, de petits obélisques
monolithes de grès ou de calcaire, mesurant de 1 à 4 m de
hauteur et que l'on plaçait dans les tombes, à droite et
à gauche de la porte de la chambre du défunt, dont ces obélisques
portaient gravés le nom et les titres. II ne faut pas négliger
de remarquer que, dans les grands obélisques comme ceux de Louqsor ,
les faces présentent une faible convexité calculée
de façon à ce que ces faces, par le seul fait de l'acuité
des arêtes, ne paraissent pas concaves, et il faut peut-être
chercher dans cette courbure des faces des obélisques égyptiens,
l'origine, de la courbure si longtemps discutée des lignes des temples
grecs. Les grands obélisques, malgré leur énorme poids,
ont dû être mis à leur place primitive seulement à
l'aide de cordages et de caissons de sable et, à voir les difficultés
qu'ont éprouvées les ingénieurs des temps modernes
à enlever ces monuments d'Égypte et à les transporter
en Europe pour les dresser sur les places de quelques grandes villes, on
ne saurait trop admirer la patience et la grande entente déployées
par les milliers d'esclaves ou de fellahs qui les ont extraits des carrières
souvent lointaines et les ont amenés, puis élevés
devant la façade des temples.
Au reste, cette coutume d'enlever les obélisques
d'Égypte remonte à une assez haute antiquité, car,
d'après G. Smith (Transactions de la Société d'archéologie
biblique), Assurbanipal, au VIIe siècle
avant notre ère, aurait rapporté à Ninive ,
et comme trophées d'une expédition en Égypte, deux
grands obélisques enlevés à Thèbes, de même
que d'autres monuments de ce genre ont été trouvés
dans les ruines de plusieurs villes anciennes. Rome ne compte pas moins
de douze obélisques qui y ont été amenés par
les empereurs romains, et neuf d'entre eux ont été relevés
en leurs places actuelles à diverses époques : trois de 1586
à 1589 par G. Fontana; deux en 1667 par le Bernin, et trois de 1786
à 1792 par G. Antinori. Il y avait également à Constantinople
(Istanbul) trois obélisques dont un fut transporté
à Venise
en 1546; un autre, trouvé à Arles ,
fut placé sur un piédestal
en 1675; il y en avait un à Florence, etc.
On emploie assez fréquemment, dans
les édifices modernes, les obélisques comme motifs d'amortissement
et, dans la langue des arts, le mot obéliscal qualifie assez
bien des membres d'architecture d'une trop grande hauteur par rapport aux
dimensions de leur base. Enfin on appelle obélisque d'eau une pyramide
dont les faces sont formées de nappes d'eau tombant par étages
et comme il en existe dans les jardins de
Versailles .
(Charles Lucas). |
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