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Aqueduc

Conformément à son étymologie, le mot aqueduc devrait s'appliquer à tout conduit destiné à diriger les eaux courantes d'un lieu dans un autre; mais on l'emploie exclusivement pour désigner les canaux construits en maçonnerie ou creusés dans le sol pour conduire les eaux, avec pente réglée, sur un terrain plus ou moins accidenté. Ces ouvrages sont tantôt souterrains, tantôt apparents.

Les aqueducs souterrains sont ordinairement pratiqués dans des montagnes, et, toutes les fois que l'état des lieux le permet, on établit, de distance en distance, des ouvertures appelées regards, afin d'aérer les conduits et d'en faciliter la visite et les réparations. Les canaux apparents sont à ciel ouvert. Ils franchissent souvent des vallées au moyen de ponts formés de plusieurs rangs d'arches superposés. La partie de la construction où l'eau coule se nomme cuvette; les parois sont d'ordinaire enduites de ciment, pour empêcher les infiltrations.

Dans l'ancienne Egypte et en Assyrie, où les irrigations jouaient un grand rôle, la configuration plate de ces pays permettait des canaux à ciel ouvert, de sorte qu'ils ne présentent pas d'exemple d'aqueducs à arcades. Chez les Grecs, des aqueducs sont mentionnés dans Pausanias et d'autres écrivains : on cite l'aqueduc de Samos, construit par Hypalinus en 687 av. J.-C., et celui d'Agrigente, construit par Phéax en 479. On parle d'un aqueduc que Pisistrate fit faire à Athènes, et d'un autre qui se trouvait à Mégare. Les Grecs eurent une préférence marquée pour les canaux souterrains; on en reconnaît de nombreuses traces autour d'Athènes, en Asie Mineure, en Sicile.
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Le Pont du Gard.
Le Pont du Gard.

En Italie, les Etrusques, si ingénieux dans tous les travaux d'utilité publique, surent, non seulement drainer leurs plaines marécageuses avec une habileté sans pareille, mais encore diriger les eaux par des canaux souterrains (émissaire du lac d'Albano, par ex.). Mais ce fut surtout à l'époque romaine que les aqueducs à arcades se multiplièrent. Ces arcades sont soutenues par des pieds-droits, quelquefois très élevés. L'aqueduc proprement dit, le canal, a cinq ou six pieds de profondeur, sur deux ou trois de large. La cuvette est enduite sur ses trois faces d'un ciment très dur; elle est ordinairement voûtée par de larges dalles. Parfois, plusieurs étages de canaux étaient superposés les uns aux autres. Le long de leur parcours, les eaux déposaient leur limon dans des réservoirs intermédiaires couverts. Chaque aqueduc aboutissait et se déversait dans un bassin terminal, appelé château (castellum), d'où l'eau se distribuait dans la ville au moyen de tuyaux en plomb, en terre cuite, ou même en bois. Les censeurs Appius Claudius et C. Plautius conduisirent les premiers à Rome les eaux d'une source qui en était éloignée de plus de 16 kilomètres.

Des quatorze aqueducs que Procope nous apprend avoir existé de son temps pour les besoins de Rome, trois seulement ont été réparés et entretenus par les papes : ils ont suffi longtemps à la cité pontificale. A l'époque de leur puissance, les Romains établirent des ouvrages de ce genre dans les diverses provinces de leur empire. Parmi ceux qu'ils élevèrent dans les Gaules, quelques-uns offrent encore d'intéressants vestiges le plus connu est l'aqueduc qui conduisait à Nîmes les eaux des fontaines d'Eure et d'Airan, sur une longueur de plus de 40 kilomètres; sa partie la plus remarquable et la mieux conservée est le célèbre Pont du Gard.
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Le Pont du Gard.
Coupe du Pont du Gard.

On doit également citer les aqueducs de Lyon et de Jouy, à Metz; celui d'Arcueil, qui amenait aux Thermes les eaux de la source de Rungis, située non loin de Paris; il fut rétabli au XVIIe siècle par Jacques Debrosse; enfin, les aqueducs de Fréjus, de Vienne, de Néris, de Luynes, de Saintes, de Coutances, etc.

Les Arabes ont construit un grand nombre d'aqueducs dans les différents pays où s'est étendue leur domination, principalement dans la péninsule ibérique.

Les travaux de ce genre furent rares au Moyen âge et dans les temps qui suivirent; cependant, les aqueducs souterrains que la ville de Sienne fit établir, au Moyen âge méritent d'être rappelés.
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Aqueduc de Roquefavour.
Aqueduc de Roquefavour.

Parmi les aqueducs modernes, les plus dignes d'être mentionnés sont celui de Montpellier; celui de Lucques, en Italie, achevé en 1833. Mais aucun de ces ouvrages ne peut soutenir, au XIXe siècle, la comparaison avec le canal de Marseille exécuté de 1839 à 1847, par l'ingénieur Frantz de Montricher; il franchit plusieurs
vallées profondes sur des ponts aqueducs dont le plus considérable est situé à Roquefavour. A mentionner encore : les aqueducs de la Dhuis, de la Vanne et de l'Avre, construits pour alimenter Paris d'eau potable. (NLI).

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Dictionnaire Architecture, arts plastiques et arts divers
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