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Neptune

Neptune, Neptunus, vieux dieu du Latium, assimilé assez tôt par les Romains au Poséidon des Grecs, dont il absorbera presque complètement les mythes et les attributs. Il semble qu'il ait d’abord été un dieu de l’Humidité (plus que de la Mer, dans un premier temps), et seulement plus tard de la navigation. En tant que dieu de la Mer, on lui attribue généralement comme épouse, Salacia, la déesse des flots salés. 

C'était un des dieux romains les plus honorés, non pas tant à Rome même, mais, comme Poséidon, dans les lieux maritimes, qui avaient un grand nombre de temples élevés en son honneur, des fêtes et des jeux. Ceux du Cirque à Rome, lui étaient spécialement consacrés sous le nom d'Hippius. 
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Gdansk : fontaine de Neptune.
Fointaine de  Neptune, à Gdansk (Pologne),
Photo : © Angel Latorre.

On célébrait le 23 juillet des Neptunalia, avec des jeux spéciaux, soit près du Tibre, soit à Ostie, en plein air. De plus, tout le mois de février lui était consacré, soit parce que la moitié de ce mois était destinée aux purifications qui se faisaient  principalement avec de l'eau, élément auquel il présidait, soit pour le prier d'avance d'être favorable aux navigateurs qui, dans les commencements du printemps, se disposaient aux voyages sur mer. 

Sextus Pompée fut le premier qui prit le nom et les allures du fils de Neptune. Auparavant c'étaient le vieux dieu Portunus et les Lares qu'on remerciait pour les victoires navales. Après Pompée, Agrippa, par ses grands triomphes maritimes, donna aux guerres navales une importance qu'elles n'avaient pas jusqu'à lui, et fonda un temple à Neptune dans le Champ de Mars, en l'honneur de la victoire d'Actium. Sur les murs du portique joint à ce temple, étaient représentées les aventures des Argonautes.

Toujours est-il que Rome a emprunté surtout à la Grèce tout le tableau si connu de la vie maritime : les Tritons, les Néréides, les dieux et les déesses des flots, et que ce ne sont pas là des créations nationales. Poseidon, le souverain de tout ce monde de merveilles, apparaît très tôt à Rome, avec d'autres dieux helléniques, lors du premier lectisterne, célébré sur l'avis des livres sibyllins. Dès lors on l'adora, sous le nom national de Neptune, à la fois comme dieu de la mer et comme dieu des exercices équestres, tout à fait comme le Poseidon grec. 

Tantôt il est sauvage et terrible, tantôt calme et placide, comme on l'aime dans les ports, à côté de la Tranquillité et des vents favorables. Comme dieu des exercices équestres, il a été surtout honoré, à ce qu'il semble, au cirque Flaminius, tandis que le cirque Maxime conservait le culte du vieux Consus. C'était aussi près du cirque Flaminius que se trouvait l'unique temple de Neptune, où l'on plaça un groupe de Poseidon, de Thétis et d'Achille, dû au ciseau de Scopas. On ne possède que fort peu de représentation antiques de Neptune. 
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Venise : statue de Neptune (palais des Doges).
Statue de Neptune du Palais des Doges (escalier des Géants),
à Venise, par Sansovino (1554). Photo : © Odette Jodra, 2012.

Les poètes lui donnent un air farouche, des traits exprimant la force et la virilité, une chevelure ruisselante d'eau de mer, et l'arment d'un trident, instrument de pêche, dont il frappait aussi les flots pour les soulever. Neptune avait pour attributs le dauphin, le cheval, qu'il avait fait naître, selon la mythologie, dans sa lutte contre Minerve, et on lui consacrait le pin, qui croît sur les rivages.

Le nom de Neptune était Nethuns ou Nethunus chez les Étrusques. Mais on ignore quelle est la véritable étymologie du nom de Neptune; nous ne citons que pour mémoire celle de Cicéron, qui le dérive de nare, et celle de Varron, qui le fait venir de nubere. (L. Preller / A19).



En bibliothèque - On doit à Eméric David de savantes Recherches sur Neptune, son culte et ses monuments, 1839.
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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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