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Langres

Langres, Audomatunum, ensuite Lingones est une ville de France (Haute-Marne), à 31 kilomètres au Sud-Sud-Est de Chaumont, sur un plateau qui s'élève de 110 à 140 m au-dessus des vallées qui l'entourent , près de la Marne; 9600 habitants. Coutellerie célèbre. 

Histoire.
La situation de Langres, si favorable à la défense, avait fait de ce lieu un centre de population dès l'époque la plus reculée. Le peuple celtique des Lingones y avait établi sa capitale nommée Andomaturum ou Andematunum. Après la conquête romaine, la ville prit le nom du peuple et conserva d'abord une certaine autonomie; mais, après la révolte de Sabinus, elle fut en partie ruinée et réduite à l'état de simple colonie. Comprise dans la Belgique, puis dans la Celtique et enfin dans la première Lyonnaise, elle reprit peu à peu de l'importance et fut enrichie des grands et nombreux monuments dont on retrouve aujourd'hui les vestiges. En 301, Constance Chlore fit reculer sous les murs de la ville l'invasion des Alamans. Mais au siècle suivant elle fut brûlée par Attila et saccagée par les Vandales. A l'époque mérovingienne, la ville fut comprise dans le royaume de Bourgogne.
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L'évêché de Langres

L'évêché de Langres, suffragant de Lyon, paraît avoir été fondé au IIe siècle. Le premier évêque mentionné est Senator, puis un nommé Juste qu'on doit placer au IIIe siècle, et enfin Didier ou Dizier (Desiderius) devenu le patron de la ville, massacré par un chef barbare du nom de Crocus, mais qu'on hésite à placer au IIIe, au IVe, ou même au commencement du Ve siècle.

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Après avoir eu quelque temps des comtes particuliers, elle fut placée sous la suzeraineté de ses évêques qui lui concédèrent des franchises communales au cours du XIIe siècle. Langres fut mêlée au XVe siècle aux luttes des Armagnacs et des Bourguignons. Au XVIe siècle le protestantisme s'y introduisit, mais y fut réprimé par des rigueurs impitoyables. Pendant la Ligue, les Langrois restèrent fidèles à la cause royale, malgré l'évêque et le clergé. En 1591, assiégée par les Lorrains, la ville fut sauvée par un boulanger qui découvrit un pétard placé sous une des portes de la ville et donna l'alarme; une procession solennelle rappelle chaque année le souvenir de cet événement. En 1636, le pays fut dévasté tour à tour par les Suédois du duc de Saxe-Weimar et par les impériaux. Les Autrichiens occupèrent la ville en 1814 sans coup férir, et y entrèrent une seconde fois en 1815.

Langres est la ville de naissance du graveur Jean Buvet, de Denis Diderot, des peintres Pierre, Richard et Jean Tassel, des sculpteurs Lescorné et Petitot.

Monuments.
L'arc de Langres.
Ce monument romain, enclavé aujourd'hui dans la muraille de la ville, egarde le Nord-Est, entre les portes du Marché et de Saint-Dizier. Il terminait la voie qui conduisait de Langres au camp de Sainte-Germaine, près de Bar-sur-Aube. Cet arc de triomphe, large de 19,95 m à la base, haut de 13,70 m, est à peu près complet sur la face extérieure, à l'exception de l'attique, qui n'existe plus. La décoration se compose de 5 pilastres corinthiens, dont 2 à chaque extrémité ; le 5e, au centre, sépare deux arcades qui ont 4,25 m de largeur dans oeuvre et 9,30 m de hauteur sous clef. Des cinq chapiteaux, trois sont bien conservés. Quelques parties de l'architrave ont été détruites pour pratiquer des meurtrières et des embrasures. La frise était ornée d'armures sculptées en demi-relief. La corniche est très mutilée. Tout l'appareil est d'une grande beauté. Les blocs sont liés entre eux par des crampons de métal. On ne saurait préciser l'époque de la construction de l'arc de Langres : les uns penchent pour le commencement du IVe siècle; les autres s'attachent au règne de Marc-Aurèle; d'autres enfin croient qu'il fut érigé, vers l'an 240, en l'honneur des deux Gordiens, les deux arcades égales signifiant l'union des deux empereurs, qui triomphèrent le même jour.

La cathédrale de Langres.
Cette cathédrale, placée sous l'invocation de Saint Mammès, est un des monuments les plus curieux de l'école bourguignonne du XIIe siècle, et représente l'âge de transition entre le style romano-byzantin et le style gothique. Le plan est en forme de croix latine, avec collatéraux et nefs déambulatoires. Le triforium s'ouvre dans les combles couvrant les bas-côtés. Le plein-cintre se montre aux portes, aux fenêtres et au triforium, tandis que l'ogive apparaît presque constamment dans les arcades inférieures et dans les voûtes.
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Langres : la cathédrale.
La cathédrale Saint-Mammès de Langres.

On a prétendu que la cathédrale de Langres avait été bâtie sur l'emplacement d'un temple antique consacré à Jupiter Ammon, et que l'on voyait dans l'abside quelques traces de la construction païenne : mais les têtes de béliers et les chapiteaux corinthiens qu'on allègue en faveur de cette opinion sont de simples imitations décoratives de l'arc de triomphe romain qui est dans la ville. Les fenêtres de l'extrémité de l'abside ont été refaites au XIIIe siècle. Pendant le XIVe, le XVe et le XVIe, en bâtit les chapelles de l'abside et des bas côtés. Les piliers de la nef sont carrés, avec pilastres cannelés et chapiteaux corinthiens; ceux de l'abside sont cylindriques, également à chapiteaux corinthiens. 

Des pilastres corinthiens séparent les arcades du triforium; à l'extrémité du chevet, ils alternent avec des colonnes géminées, ce qui est encore une imitation de l'arc de triomphe. Comme à la cathédrale d'Autun, le choeur commence par une travée semblable à celles de la nef. Le chevet n'a qu'une chapelle; celles qu'on a ajoutées au XIVe siècle le long du bas côté qui tourne autour du sanctuaire n'appartiennent pas au plan primitif. Le portail primitif de la cathédrale de Langres a été remplacé, de 1761 à 1768, par une construction en style du XVIIe siècle. On remarque, à l'intérieur de l'édifice, un jubé qui date de 1555, une chaire épiscopale en marbre rouge, et le devant du maître-autel, qui est en argent, et où l'on a représenté l'histoire de Saint Mammès et de Saint Jean l'Evangéliste.

Au Sud de la cathédrale se trouve un beau cloître du XIIIe siècle. 
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Langres : le cloître.
Le cloître attenant à la cathédrale.

Les autres églises.
L'église Saint-Martin, édifice du XIIIe siècle, avec remaniements des XVIe et XVIIIe, a cinq nefs. Il s'y conserve un Christ en bois, du XVIe siècle, oeuvre du sculpteur Gentil, qui est un chef-d'oeuvre de premier ordre. 

L'église romane de Saint-Didier (mon. hist.) a donné asile au très remarquable musée de la Société archéologique. Indépendamment des, collections locales qui en font la principale richesse, il s'y trouve des galeries de tableaux, d'histoire naturelle, d'antiquités égyptienne, grecque, romaine, etc. 
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Les conciles de Langres

1080 (?), réprobation des investitures données parles laïques. 

1116, assemblée portant dans les collections le titre de concilium Lingonense, mais tenue entre Lux et Til-Châtel, près de Bèze, sous la présidence de Gui, archevêque de Vienne. On y condamna le brigandage en général, et tout spécialement les déprédations commises sur les biens ecclésiastiques. 

1155, canons sur la discipline. (E. H. V.).

Autres monuments.
Langres a conservé plusieurs maisons de la Renaissance. La statue de Diderot par Bartholdi y a été élevée en 1884. (GE / B.).

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Dictionnaire Villes et monuments
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