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Voûte

Voûte (autrefois voulte; de l'italien volta, dérivé du latin volutus, participe de volvere = tourner, rouler). - Construction formée par un assemblage de voussoirs, et destinée à recouvrir un espace vide compris entre deux murs perpendiculaires qu'on nomme pieds-droits de la voûte. Le poids des voussoirs, ainsi que celui des masses soutenues par la voûte, se porte sur les pieds-droits, qui doivent toujours être très solides, parce qu'ils ont à résister tout à la fois à un effort vertical et à un effort horizontal ou de poussée. Les voussoirs sont en nombre impair : le plus élevé, qu'on place le dernier, s'appelle clef, les adjacents sont la contre-clef; ceux qui posent immédiatement sur les pieds-droits; à la naissance de la voûte, se nomment sommiers. L'intrados et l'extrados sont la surface intérieure et la surface supérieure de la voûte. Les reins de la voûte sont le dessus de la voûte aux deux côtés de la clef, c.-à-d. l'espace compris entre un plan vertical qui s'élèverait de la naissance de l'extrados de la voûte, et un plan horizontal tangent au sommet de cet extrados. L'épaisseur des voussoirs est ordinairement déterminée par les dimensions qu'offrent les pierres à employer; ils comprennent chacun une partie égale de l'intrados; leurs joints doivent être normaux à la courbe de ce dernier. En principe général, il faut éviter que les voûtes exercent sur leurs appuis une poussée trop considérable : on diminue la poussée en augmentant le nombre des voussoirs, en diminuant l'épaisseur de la voûte de la naissance au sommet, et en taillant l'extrados des voussoirs suivant des plans horizontaux. La construction d'une voûte se fait sur un cintre.

Les voûtes affectent un grand nombre de formes. Dans une voûte à plein cintre ou en berceau, l'arc est une portion de cercle de 180 degrés, c.-à-d. un demi-cercle parfait; le centre est dans le plan de la naissance de la courbe : c'est le genre de voûte qui produit le moins de poussée oblique, parce que les parties les plus basses de l'arc tombent perpendiculairement sur les appuis.

Les voûtes surbaissées sont celles dont la hauteur est moindre que l'écartement des deux points d'appui. Tantôt elles sont formées par une portion plus ou moins considérable du demi-cercle, et elles présentent alors, parmi toutes telles de cette espèce, le moins de difficultés d'exécution et l'aspect le plus satisfaisant; tantôt elles sont établies, soit suivant une ellipse, en prenant le grand axe pour largeur et la moitié du petit axe pour hauteur, soit suivant une courbe formée par plusieurs portions de cercle. Dans ce dernier cas, elles sont dites en anse de panier il y en a à 3, à 5, à 7 ou à 9 centres, suivant le nombre d'arcs de cercle que leur section présente, et leurs arcs extrêmes se raccordent toujours avec les surfaces des pieds-droits. Quand une voûte surbaissée a un rayon si éloigné qu'on sent à peine la courbure, on la nomme voûte plate.

Les voûtes surhaussées ou surmontées sont celles qui ont une hauteur plus grande que l'écartement des deux pieds-droits, en d'autres termes, qui ont plus d'élévation que le demi-cercle. C'est en elles que la poussée est le plus faible. Elles peuvent être établies, soit suivant une ellipse, en prenant le petit axe pour largeur et la moitié du grand axe pour hauteur, soit suivant plusieurs arcs de cercle qui se raccordent, soit enfin en prenant deux arcs de cercle qui se croisent au sommet. Cette dernière disposition donne la voûte en ogive, qui est le caractère distinctif de l'architecture gothique.

La voûte en arc de cloître est formée par l'intersection de deux voûtes cylindriques, de manière que celles-ci produisent, par leur rencontre, des angles dièdres rentrants. Les pierres de ces angles étendent leurs bras dans les deux voûtes, et portent à leur partie supérieure une échancrure destinée à recevoir la pierre supérieure. La clef est carrée en plan, et porte eu dessous le raccordement ou plutôt la réunion des quatre arêtes rentrantes. Lorsque les voûtes sont biaises, l'appareil se modifie suivant le biais, qui porte entièrement sur les pierres d'arêtes.

La voûte d'arête est constituée, comme la précédente, par l'intersection de deux voûtes cylindriques, avec cette différence que les angles dièdres de rencontre sont saillants au lieu d'être rentrants, et forment quatre arêtes vives qui viennent se réunir à la clef. L'appareil diffère de celui de la voûte en arc de cloître, en ce que les pierres d'angles portent leur échancrure en dessous au lieu de l'avoir dans la partie supérieure, et que la clef de voûte est à quatre bras au lieu d'être carrée. 

La voûte annulaire est celle qui porte sur deux murs circulaires concentriques. Une des variétés de ce genre est la voûte en vis ou en limaçon, dite encore voûte hélicoïdale, dont l'axe s'élève suivant une suite de spires.

On nomme voûte en cul-de-four une voûte sphérique ou sphéroïde, surhaussée ou surbaissée, élevée sur un plan circulaire. Les voûtes de ce genre sont les premières qui apparaissent dans l'architecture romane; elles couvrent les absides. Quand elles ont peu d'élévation de cintre, on les appelle voûtes en calotte.

La voûte en coquille a la forme plus ou moins régulière d'une demi-coupole. Elle sert à couvrir une niche. L'appareil de cette voûte se trace par des divisions également espacées sur la façade verticale qui est un arc de cercle, et venant aboutir à un point central inférieur, de manière à former un éventail courbe; les claveaux, étroits en bas, vont en grandissant à mesure qu'ils s'élèvent. A l'époque de la Renaissance, on a souvent décoré les voûtes en coquille, soit avec des caissons, soit avec des ornements en demi-relief.

Une voûte conique est celle qui est circulaire en plan, et angulaire en coupe; elle est formée d'un cône creux. Si son axe est horizontal au lieu d'être vertical, on la nomme voûte en canonnière.

Les anciens Égyptiens, selon l'opinion générale, n'auraient pas connu l'art de construire les voûtes : cependant la partie supérieure des murs, dans quelques constructions de Médinet-Abou, prouve que les plafonds, aujourd'hui tombés, devaient être voûtés en pierre. Strabon parle des voûtes des monuments de Babylone. On ne peut pas dire que les Grecs aient ignoré la voûte, puisque l'on trouve des voûtes dans plusieurs monuments d'un âge reculé, par exemple, à Orchomène et à Mycènes : mais il est positif qu'ils n'en firent pas usage dans les beaux temps de leur architecture, au moins d'une manière générale ; ils préféraient les plates-bandes. C'est, au contraire, l'emploi de l'arc et de la voûte qui distingue l'architecture romaine : mais, des différentes voûtes que nous connaissons, la seule qu'on y admit fut le plein cintre

Les Romains surent alléger la maçonnerie des voûtes en y employant de petits vases ou tubes de terre cuite évidés et enfilés verticalement les uns dans les autres : ce genre de construction se retrouve plus tard dans la coupole de l'église Saint-Vital à Ravenne, et il a été renouvelé chez les modernes par l'architecte Louis, quand il bâtit le Théâtre-Français à Paris. (B.).

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Dictionnaire Architecture, arts plastiques et arts divers
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