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Montpellier
est une ville de France ,
chef-lieu du département de l'Hérault ,
à 750 kilomètres au Sud-Sud-Est de Paris,
sur une colline dominant les vallées du Lez avec son affluent le
Merdanson, petit torrent intermittent. Population : 244 000 habitants.
On a proposé de nombreuses et fantaisistes étymologies au
nom de Montpellier; tantôt mons puellarum, tantôt mons
pessiculanus (fermé au verrou), mons postallarius, Mons
in pede Ledi (au pied du Lez; cette image téméraire est
de Rulman); on a supposé une retraite vers la montagne (44 m!) des
habitants d'une prétendue ville Agathopolis, - d'où :
versus montem pulsi. Enfin on a proposé mons pisciculanus
(montagne poissonneuse). La seule vraisemblable de toutes ces étymologies
est
mons petrosus, Mons peirié (V. par analogie Montpeyroux,
Le Peyrou), montagne de pierres : le nom populaire de Montpellier (Lou
Clapas) provient d'une observation analogue.
Histoire.
A la fin de l'époque
romaine ,
entre les villes de Substantion, située à un point
stratégique de la vallée du Lez, Lattes, port maritime,
et Maguelone isolée dans sa lagune, Montpellier n'est encore
qu'un obscur hameau. Il faut rejeter les légendes sans consistance
qui attribuent sa fondation aux soeurs de Saint-Fulcran; ces saintes personnes
auraient donné Montpellier et Montpelliéret à l'évêque
de Maguelone, Ricuin, lequel aurait donné Montpellier en fief à
un certain Guillaume, tige des seigneurs de cette ville. Il n'y a d'historique
ici que l'inféodation à l'extrême fin du Xe
siècle
(vers 990) de Montpellier par Ricuin à Guillaume, et la réserve
pour l'église de Maguelone de la possession immédiate de
Montpelliéret; à ce moment, les deux centres voisins étaient
déjà réunis sous le nom de Montpellier; la ruine de
Maguelone, démantelée et détruite par Charles-Martel
pour ôter ce refuge aux Sarrasins,
l'abandon de Substantion par l'évêque de Maguelone, trois
siècles plus tard, accrurent l'importance de Montpellier.
La famille de Guillaume
ou des Guillems se constitua vassale des évêques de Maguelone
à la fin du XIe siècle. Montpellier
n'eut point d'importance politique propre sous la domination des Guillems
: il faut noter la révolte de Montpellier contre Guillem VI, qui
la fit excommunier par Innocent Il et y rentra
après un long siège et avec le secours du comte de Barcelone .
C'est dans cette période que furent fondées les premières
écoles de médecine et de droit (illustrée au début
par Placentin et Azo).
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La faculté
de médecine de Montpellier
La
faculté de médecine vaut depuis longtemps à Montpellier
la meilleure part de son renom de ville universitaire ( Histoire
de la médecine du XIIIe siècle à la Renaissance )
. L'origine de l'enseignement de la médecine à Montpellier
est fort ancienne : la popularité des médecins de Montpellier
est attestée en 1153 par saint Bernard, par Gilles de Corbeil et
Césaire d'Heisterbach. Cet enseignement y avait été
apporté par les Arabes et
les Juifs; favorisé par les Guillems, réglementé par
le cardinal Conrad, légat d'Honorius III
(1220), il paraît avoir été réorganisé
en 1289 par une bulle de Nicolas IV qui réunit en université
les facultés de médecine, de droit et des arts ou lettres.
Ces statuts de 1220, le complément qu'y apporta en 1240 Pierre de
Conques et la bulle de 1889 donnèrent à l'école de
médecine un caractère semi-clérical, en accordant
à l'évêque de Maguelone un droit de haute direction
sur les études avec le titre de chancelier ou de conservateur des
privilèges.
L'université
de Montpellier devint célèbre par ses professeurs, ses privilèges
et ses doctrines. Il faut citer parmi les premiers Gui
de Chauliac, Arnaud de Villeneuve, Tournemire,
Joubert, Rondelet, - le fameux Rondibilis
de Rabelais, Richer de
Belleval, Rachin, Magnol, et au XVIIIe siècle
Chicoyneau,
Lapeyronie, Fizes, Vieussens, Haguenot, Barthez.
L'école était alors bien déchue comme corps enseignant;
les mémoires du bibliothécaire Amoreux (à la bibliothèque
d'Avignon)
sont significatifs à cet égard.
Au
XIXe siècle, la faculté a compté parmi ses membres
des savants et des praticiens éminents : Baumas, Dumas,
Candolle,
Prunelle, plus célèbre comme bibliophile; Bérard,
Delpech-Vigarous, Lallemand, Lordat, Dubreuil, Alquié, Cavalier,
autre bibliophile qui a légué à la bibliothèque-musée
Fabre le Platon possédé par Rabelais;
Combal, Grasset, Tedenat.
L'histoire
de l'ancienne école de médecine a été écrite
par V.-G. Prunelle dans ses Fragments pour servir à l'histoire
de la médecine (Montpellier, an IX, in-4) et par Astruc dans
ses Mémoires pour servir à l'histoire de la faculté
de médecine de Montpellier (Paris, 1767, in-4). Quant à
la Doctrine médicale de l'Ecole de Montpellier, elle a été
exposée bien des fois, surtout par Bérard (sous ce titre,
en 1819) et par Alquié. C'est à Montpellier qu'a pris naissance
la théorie du vitalisme, que Jules
Simon, dans une heure de distraction, a attribué au professeur
Vitalis. |
En juillet 1204,
Montpellier, dot de Marie, fille unique du dernier des Guillems (Guillem
VIII), passa sous la domination de Pierre
Il d'Aragon ,
qui, le 15 août 1204, concède à la ville sa grande
charte, et est ensuite réuni au royaume de Majorque avec Jacques
ler,
fils du précédent; en 1282, le roi de Majorque fait hommage
au roi de France pour Montpellier; en
1292, l'évêque Bérenger de Fredol cède à
Philippe
le Bel la possession immédiate de Montpelliéret en échange
de diverses terres (Sauve, Durfort, Poussan, etc.), et ses droits de justice
sur Montpellier. Cette mainmise de la France
sur Montpellier ne tarda pas à se compléter : Jacques
III de Majorque vendit la ville et seigneurie de Montpellier et Lattes
en avril 1349 à Philippe VI; rétrocédée
par Charles V en 1365 à Charles
le Mauvais en échange de Mantes
et de Meulan,
elle fut définitivement rattachée au domaine royal par Charles
VI en 1382.
Le XIVe
siècle marque l'apogée et le XVe
le commencement de la décadence de Montpellier : ville de 7000 feux
environ en 1349, elle n'en comptait plus que 4000 environ en 1495. Au XVIe
siècle, l'histoire de la ville dévie : caractérisée
jusque-là par son esprit commerçant et l'attachement à
ses libres institutions municipales, elle est rattachée plus étroitement
à la couronne par Henri II (création
du présidial en 1551), et elle devient un foyer de querelles religieuses
: le calvinisme s'y introduit en 1559; la
guerre civile y est un mal endémique jusqu'à la prise de
la ville par Louis XIII (19 octobre 1622);
sous Henri III, elle était devenue presque
une république calviniste et oligarchique.
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La
faculté de médecine de Montpellier. - Elle
occupe
un ancien palais épiscopal qui fut abbaye.
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La
cathédrale. - Porche du XVIIe siècle; quatre tours, dont
trois du XIVe siècle, l'autre du XIXe.
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La construction de
la citadelle, commencée sous Louis XII,
ruina l'esprit d'indépendance à Montpellier, qui se développa
paisiblement et médiocrement jusqu'à la Révolution,
malgré la grande peste de 1629, celle de 1640, et le grand froid
de 1709. Montpellier fut le siège des Etats de Languedoc
au XVIIIe siècle, de 1736 à
1789. En 1790, elle fut désignée comme chef-lieu de l'Hérault.
Au cours du XIXe siècle, son histoire
exclusivement municipale n'offre aucun détail important; elle a
suivi avec docilité les opinions politiques dominantes, et les discussions
et compétitions politiques n'y sont depuis longtemps que des questions
de personnes.
Institutions
du Moyen âge et de l'Ancien régime.
Les plus anciennes
institutions qui paraissent dans l'histoire de Montpellier sont les justices
du seigneur et de l'évêque, celle-ci dans Montpelliéret,
la Rectorie (qui sous la domination royale survécut sonsle nom de
part
antique), l'autre dans Montpellier, la cour du bayle ou bailli.
Ces justices durèrent jusqu'à l'institution des présidiaux
par Henri Il (janvier 1551).
Ce n'est qu'au début
du XIIIe siècle (1204) qu'apparaissent
les consuls de ville qui furent douze, puis quatre, puis six; le 15 août
1204 fut rédigée la grande charte de Montpellier, qui approuva
et codifia les statuts et coutumes, les privilèges et libertés
établis sous les Guillems; ils furent confirmés en 1438 par
le concile général de Bâle .
En 1342, Philippe VI avait accordé
aux habitants de Montpellier la jouissance des privilèges de la
noblesse languedocienne; en 1464, Louis XI exempte
la cité du droit de fief et d'amortissement.
Les coutumes
de Montpellier composent le Petit Thalamus, qui est resté
le palladium de la vie municipale : le seigneur, « que enaissi ab
volontat de Dieu governa son pobol e sa honor », doit jurer de respecter
ces libertés, franchises et coutumes et ne gouverne qu'avec les
consuls, qui sont les vrais législateurs et administrateurs de la
cité, interviennent dans la nomination du bayle, fixent les dépenses,
interprètent les coutumes, etc. Ils sont élus par les habitants,
dans les diverses classes de citoyens.
Des consuls de mer
veillent aux intérêts de la, navigation et du commerce maritime:
ils ne furent supprimés qu'en 1691, époque où les
remplaça la Bourse consulaire, juridiction ayant pouvoir décider
sur le fait du commerce.
Montpellier fut le
siège de l'intendance de Languedoc ,
qui fut gérée au XVIIe et
au XVIIIe siècle par de Tubeuf et
Bezons (1665); d'Aguesseau (1674); Basville (1687); Bornage le père
(1719); Bornage fils (1724); Le Nain (1743); Cuignard de Saint-Priest (1751);
Saint-Priest fils (1764), et enfin Ballainvilliers (1786). La cour des
aides, créée par Charles VIl
en 1437, fut fixée à Montpellier par Louis
XI (22 septembre 1467). François Ier
y institua en 1523 une chambre des comptes que l'édit
de Nîmes
de juillet 1629 réunit à la cour des aides. La cour des aides
se composait, outre les membres nés (gouverneur de la province,
lieutenants généraux, gouverneur de Montpellier), d'un premier
président et 12 présidents, 65 conseillers, 17 correcteurs,
23 auditeurs, 2 avocats généraux et un procureur général.
Les généraux
des finances apparaissent à la fin du XIVe
siècle (Jean Chauchat, 1387) et sont remplacés en 1554 par
les trésoriers de France ,
dont la juridiction s'étendait sur toute la généralité
de Montpellier, soit les douze diocèses du Bas-Languedoc.
La justice fut rendue
par la rectorie et la cour du bailli (avec appel à la cour du palais
au Parlement de Toulouse)
jusqu'à la suppression de la rectorie par Henri
II en 1547, et l'établissement du présidial en 1552,
qui absorba l'ancienne cour du palais. Louis XIII
transforma le présidial en sénéchaussée. Montpellier
possédait une maîtrise des eaux et forêts, une compagnie
de maréchaussée; elle formait une des cinq capitaineries
de la province; une milice bourgeoise, composée des hommes du tiers
état répartis en sixains, était chargée de
la garde de l'hôtel de ville et de la suppléance des troupes
régulières.
L'administration
de la commune appartenait aux nobles prud'hommes ou consuls, dont le nombre
fut fixé définitivement à six en 1394; la juridiction
de l'hôtel de ville appartenait à un maire ou viguier perpétuel
et au corps consulaire; la mairie de Montpellier fut établie en
1693 au profit de Georges de Belleval et de son fils Gaspard, supprimée
en 1699, rétablie en 1734 et gérée par MM. de Manse
(1734-1743), de Massilian (1743-1754) et Jean Antoine de Cambacérès.
Les consuls et maire étaient assistés de deux conseils, composés
chacun de 24 conseillers, le bureau de police et le conseil de ville, et
le conseil de quatorze chargé de la visite annuelle des sixains
et de la répartition des impôts.
Institutions
ecclésiastiques.
Le siège
épiscopal de Maguelone fut transféré à Montpellier
en 1536. Il était suffragant de l'archevêché de Narbonne .
L'administration du diocèse se composait d'un chapitre cathédral
de 24 chanoines, d'un bureau ecclésiastique formé de 6 juges
ou députés du clergé, présidés par l'évêque,
et d'un syndic, enfin d'un tribunal de l'officialité. Les évêques
de Maguelone ont eu le droit de battre monnaie. Plusieurs ont été
des personnages intéressants à divers titres, le diplomate
et érudit Guillaume Pellicier, le bibliophile et janséniste
Colbert de Croissy, Marie-Nicolas Fournier, que persécuta Napoléon;
parmi les chanoines, plusieurs furent des historiens de valeur, tels Gariel,
d'Aigrefeuille, même Fleury. Montpellier a eu 54 évêques
depuis l'établissement du siège à Maguelone jusqu'à
sa translation à Montpellier en 1530 et depuis cette translation.
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Les conciles
de Montpellier
1134,
- 1169, - 1214, - 1215, - 1224, - 1258, - 1303, - 1339. La plupart de ces
conciles
n'ont traité que des questions d'un caractère local ou individuel,
n'intéressant guère que les contemporains. Nous relèverons
seulement la mention de ceux dont les décisions présentent
quelque importance pour l'histoire générale de l'Eglise.
1162.
Alexandre
III, assisté de dix évêques, renouvelle l'excommunication
de l'antipape Victor IV et de ses adhérents.
1214.
Concile tenu par le cardinal Pierre de Bénévent, légat
du saint-siège .
Quarante-six canons relatifs à la discipline, dont ces mesures attestent
l'extrême relâchement. Les canons I, II, III, IV, VI, VII,
XXIII, XXIV, XXVI tendent à réprimer chez les clercs et les
moines le luxe, la mondanité, la chasse, la fréquentation
des femmes et des hôtelleries, et à leur imposer un costume
et des moeurs conformes à leur profession. V, XI, XVIII, XIX, XX,
XXVII : Dispositions diverses contre la simonie, l'usure et les infractions
au voeu de pauvreté. VIII, XII : Défense de donner des bénéfices
ou des prébendes à des laïques, et des bénéfices
avec charge d'âmes à des jeunes gens étant encore dans
les ordres mineurs. XLIII : Défense, sous peine d'excommunication,
d'imposer de nouvelles taxes ou d'augmenter les anciennes. XLV : Défense,
sous la même peine, de faire des confraternités ou associations
dans les villes, bourgs ou châteaux,
sans la permission des seigneurs et de l'évêque diocésain.
XLVI : Institution dans chaque paroisse d'une commission permanente, composée
d'un prêtre et de deux ou trois laïques, pour déférer
à la justice les hérétiques qu'ils découvriront.
1215.
Concile tenu par le légat Pierre de Bénévent et comprenant
trente-trois évêques. Les barons du pays y assistèrent.
Plusieurs historiens attribuent à cette assemblée les quarante-six
canons ci-dessus mentionnés. On y délibéra sur le
choix de celui à qui seraient données la ville de Toulouse
et les autres villes conquises par les croisés ( la
guerre des Albigeois ).
Elles furent accordées à Simon de
Montfort; mais le légat envoya à Rome,
pour faire approuver cette décision par le pape.
1224.
Dans ce concile, Raymond, comte de Toulouse, promit de protéger
la foi catholique, de purger ses terres
de l'hérésie, et de restituer à l'Eglise
ses droits; en conséquence il demandait que Amaury de Montfort se
désistât de ses prétentions sur le comté de
Toulouse. Amaury refusa, se prévalant de la donation faite à
son père par le pape et par le roi. La demande de Raymond fut rejetée.
6 septembre
1258. Concile présidé par Jacques, archevêque de Narbonne .
Huit canons. Le premier déclare excommunié, par le fait seul,
quiconque usurpe les biens de l'Eglise, entreprend sur ses droits ou insulte
un ecclésiastique. Le troisième permet au sénéchal
de Beaucaire
d'arrêter le clerc pris en flagrant délit, pour rapt, homicide,
incendie, etc., à charge de le remettre à la cour de l'évêque.
On a vu dans cette disposition l'origine du cas privilégié
(E.-H. Vollet). |
Topographie.
Montpellier est
bâti sur une colline d'où l'horizon s'étend sur la
Méditerranée ,
les Cévennes ,
et (par les temps très clairs) le Canigou. Cette colline était
à pente abrupte vers le Nord-Ouest, et sa croupe descend à
pente douce vers le Sud-Est; le plateau supérieur est à 34
m environ au-dessus du niveau de la mer; le point culminant est la place
du Château, derrière le palais de justice; les anciens remparts
de la ville, aujourd'hui détruits et remplacés par des boulevards,
limitent la ville ancienne et les quartiers neufs ou faubourgs. Ces boulevards,
- Ledru-Rollin, Jeu-de-Paume, Victor-Hugo, place
de la Comédie, Esplanades, Bonnes-Nouvelles, Louis-Blanc, Henri-IV
et le terre-plein devant la grille du Peyrou, - forment une circonférence
assez irrégulière; la porte de
la Blanquerie, au bas de la rue Foch, l'arc
de triomphe du Peyrou, la tour des Pins au Nord-Ouest et la tour Babotte
au Sud-Est, celle-ci empâtée et déshonorée par
des maçonneries modernes, rappellent les traces des remparts.
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Plan
de Montpellier. Cliquez sur l'image pour afficher un plan zoomable
grand format.
La partie centrale
de la ville est bâtie sur le plateau que limitent à peu près
les rues Dauphine, Saint-Firmin, Trésoriers-dela-Bourse, Aiguillerie,
Carbonerie, Bonnier-d'Alco, Vieille-Intendance, la place de la Canourgue
et le plan du Palais. Au Nord-Est de ce plateau, la ville descend en pentes
raides rue Basse (auj. J.-J. Rousseau, rue Coste-Erege, rue Sainte-Croix,
descente Saint-Pierre, Blanquerie, rues Urbain-V et Expert, rue du Cannau,
rue Aiguillerie-Basse, rue des Ecoles-Laïques et des Ecoles-Pies,
rue du Pila-Saint-Gély, qui sont comme des rayons inscrits dans
cette circonférence. Au Sud-Est, au contraire, les pentes plus douces
ont permis l'établissement, entre le plateau et le rempart, d'une
série concentrique de rues qui, plus ou moins régulièrement,
décrivent la même courbe :
1° sur
le revers intérieur du rempart, les rues de La Rochelle, Triperie-Vieille
(auj. Cabanel), Lapeyronie, des Etuves;
2° rues de la
Valfère, Petit-Saint-Jean, Ennoudan, Grand-Rue, Jacques-Coeur, Embouque-d'Or,
rues Sainte-Anne, Ancien-Courrier, place Saint-Come, rues Argenterie, Aiguillerie.
Une grande rue
du Nord au Sud coupe toutes ces courbes : c'est la rue Saint-Guilhem qui
se prolonge au delà du boulevard par la rue du Coureau. La ville
est divisée en quatre secteurs à peu près égaux
par deux séries de rues se coupant à angle droit, l'une du
Nord au Sud, l'autre de l'Ouest à l'Est; le premier est constitué
par les rues de l'Université (ex-Blanquerie) et Saint-Guillem; le
second, par la rue Nationale, qui va du Peyrou à la place des Etats-de-Languedoc,
et se continue avec une inflexion au Sud-Est par la rue de la Loge jusqu'à
la place de la Comédie : ce diamètre marque la crête
de la colline sur laquelle est bâti Montpellier.
Les divers quartiers
ont une physionomie caractéristique : au centre de la ville, un
groupe de rues rappelle les anciennes institutions qui y avaient leur siège
rues du Petit-Scel, de la Loge, des Trésoriers-de-France, des Trésoriers-de-la-Bourse,
de la Vieille-Intendance, des Etats-de-Languedoc; le versant Nord-Ouest
est aujourd'hui le quartier universitaire et scientifique avec la faculté
de médecine dans l'ancien monastère
Saint-Pierre, les archives municipales à la tour des Pins, l'institut
de physique et chimie, le jardin des plantes, plus loin l'institut d'ophtalmologie
et les hôpitaux; à l'Est, le palais universitaire (facultés
des lettres, droit, sciences et bibliothèque) dans l'ancien hôpital
Saint-Eloi, et l'école de pharmacie dans l'ancienne école
Mage. Ce groupement a singulièrement modifié l'aspect du
vieux quartier Saint-Pierre, relégué au bas de la place de
la Canourgue, et jusqu'alors de physionomie ecclésiastique avec
la cathédrale, l'évêché,
la Visitation, le couvent Saint-Charles et les anciens établissements
qu'attestent les noms de rues du Refuge et de l'Arc-des-Mourgues.
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Statue
de Louis XIV. - Oeuvre de Dubay et Carbonneaux, elle se dresse au milieu
de la promenade du Peyrou.
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Le
château d'eau. - C'est un pavillon de la promenade du Peyrou,
flanqué de colonnes de style corinthien.
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La
fontaine des Trois Grâces. - Elle orne la place, toujours animée,
du Théâtre. C'est l'oeuvre d'Etienne Antoine.
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Le quartier Saint-Mathieu
est un quartier ouvrier et pauvre, avec quelques anciens hôtels dans
les rues Carbonnerie, du Cannau, Germain. Le quartier, limité par
la rue de la Loge, du Pila-Saint-Gély et l'Aiguillerie, est le quartier
aristocratique ; c'est dans les rues Trésoriers-de-France, Embouque-d'Or,
Collot, Jacques-Coeur et Salle-l'Evêque que les vieilles familles
montpelliéraines ont fait élever leurs hôtels, dont
plusieurs sont l'oeuvre du célèbre architecte d'Aviler. La
rue de la Loge, de l'Argenterie, Saint-Guilhem, la Grand-Rue sont traditionnellement
les principaux centres du commerce.
Au delà de
l'enceinte des boulevards s'étend le Montpellier moderne, d'une
superficie beaucoup plus considérable que l'ancien : la création
de la gare P.-L.-M. a provoqué le percement de deux grandes rues,
Maguelone et de la République, qui aboutissent, la première
à la place de la Comédie, l'autre à la place de la
Croix-de-Fer (devant la tour Babotte) : elles limitent un quartier riche
et élégant, avec au centre l'hôtel Montcalm, célèbre
jadis par sa collection de tableaux, vendue en Angleterre .
A l'Ouest est la
rue de la Saunerie, qui prolonge la Grand-Rue, quartier commercial et industriel;
le faubourg du Coureau met en communication le boulevard Jeu-de-Paume et
le plan Cabanes, où aboutit le cours Gambetta qui naît à
l'extrémité de la Saunerie; au delà, le quartier de
Saint-Dominique avec la gare Chaptal et le quartier Saint-Martin-de-Prunet,
composé d'élégantes villas; le cours Gambetta se prolonge
par l'avenue de Lodève, dans la direction du village de Celleneuve,
où fut longtemps prieur le poète Fabre.
A l'Ouest du Peyrou,
le boulevard des Arceaux suit l'aqueduc qui
amène en ville les eaux de Saint-Clément : le Peyrou et le
Jardin des plantes ont longtemps empêché la ville de se développer
dans cette direction; depuis la fin du XIXe
siècle cependant, le transport extra muros de l'Hôpital suburbain
a provoqué la création d'un quartier aux larges avenues (faubourg
Saint-Jaume, avenue Chancel, avenue Bouisson-Bertrand); il est limité
à l'Est par le faubourg de Boutonnet, naguère rendez-vous
du populaire aux derniers jours du Carnaval;
au Nord-Est, à l'issue de la rue du Pila-Saint-Gély, se trouve
le faubourg de Nîmes.
L'esplanade, la citadelle et le Champ de Mars, qui bornent la ville à
l'Est, en ont arrêté le développement; mais entre le
Champ de Mars et la rue Maguelone s'est bâti en peu d'années
le faubourg de Lattes, qui est le « quartier Bréda-»
de Montpellier.
Au delà du
chemin de fer se développe encore un nouvel ensemble de faubourgs,
traversé par le boulevard de Strasbourg et de caractère surtout
industriel.
Monuments.
Montpellier n'a
que très peu de monuments du Moyen âge
: la tour des Pins, restes des anciens remparts
; le monastère Saint-Germain, bâti
par Urbain V (aujourd'hui faculté de médecine); la cathédrale
Saint-Pierre, remarquable par les deux énormes piliers qui supportent
une voûte disproportionnée au-devant
du portail principal; l'hôtel dit de
Jacques d'Aragon ,
dans la rue de l'Argenterie; la citadelle a été commencée
en 1624 par l'ingénieur de Meun; la place
du Peyrou, commencée par d'Aviler (1689), sur les ordres des gouverneurs
La Trousse et de Broglie, et terminée par Giral et Donnat en 1766;
la statue de Louis XIV,
qui l'orne actuellement, est l'oeuvre du sculpteur Debay;
elle a remplacé l'oeuvre de Mazeline
et Hurtrelle détruite en 1792; l'arc
de triomphe ou porte du Peyrou, construit en l'honneur de Louis XIV,
a été élevé en 1691-1692 par d'Aviler, sur
les dessins de Dorbay et sculpté par Bertrand; l'hôtel des
Trésoriers de France a été bâti pour Jacques
Coeur, mais complètement modifié par d'Aviler; il ne
reste rien de la Loge que l'argentier avait fait construire et que Charles
VII donna an corps des marchands de Montpellier; la font Putariela
a laissé quelques débris derrière l'hôpital
général; elle porte l'écusson de Jacques Coeur; l'hôtel
Saint-Côme, bâti par Giral aux frais de La Peyronie, a servi
d'amphithéâtre de chirurgie et est maintenant la Bourse de
commerce; la préfecture, hôtel de l'Intendance provinciale,
a été bâtie par le cardinal de Bonzi pour la comtesse
de Ganges; sur la place de la Canourgue (bâtie pour servir de fondement
à une église non exécutée),
s'élève la fontaine des Licornes,
oeuvre de Jean-Louis Fournet, en l'honneur du maréchal de Castries
et de la bataille de Clostercamp; la fontaine des Trois-Grâces est
l'oeuvre d'Antoine (de Marseille). Un grand nombre de maisons des XVIIe
et XVIIIe siècles sont remarquables;
il faut citer la maison de la Coquille, avec la trompe sur l'angle; l'hôtel
Bonnier d'Alco, l'hôtel de Joubert, toutes oeuvres de d'Aviler.
Parmi les monuments
modernes, il faut citer le musée Fabre, le théâtre
inauguré en 1888 et décoré d'un plafond d'Ernest Michel,
l'église Sainte-Anne, dont les caryatides
représentent des personnages populaires à Montpellier.
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Le musée
Fabre
Montpellier
doit à la comtesse d'Albany et au peintre Fabre,
son héritier, un magnifique musée. Le musée Fabre
est riche surtout en oeuvres italiennes. On peut y découvrir deux
tableaux attribués à Raphaël
(Laurent de Médicis et Portrait de jeune homme), des
Madones
d'Andrea del Sarto, de Carrache,
Sassoferrato, Véronèse; une Sainte
Famille de Fra Bartolommeo; divers tableaux de Corrège,
Dominiquin,
Daniel
de Volterre, Jules Romain, Salvator Rosa, etc. Il y a aussi un Rubens,
un Poussin, un Lesueur, un Sébastien
Bourdon, un Van Dyck, et des toiles de la
plupart des peintres de l'Empire et de la Restauration, tous amis ou camarades
d'étude de Fabre.
Plus
remarquable par la valeur des toiles est la collection que l'agent de change
Valedau légua, en 1836, au musée Fabre. Elle est riche surtout
en petits hollandais et flamands
(Terburg, Dow, Van Ostade, Vandenvelde, Berghem, Miéris, Metsu,
Steen, Teniers, Albert Cuyp
et Ruysdaël) et possède un Reynolds
et des Greuze célèbres; le banquier
Bruyas a légué au musée sa collection admirable de
romantiques et de Courbet;
c'est à lui que Montpellier doit les Baigneuses normandes,
le Bonjour, monsieur Courbet, la Vague, le portrait de Courbet;
des Delacroix, des Tassaert, un Deveria,
un Flandrin. Bruyas a eu l'idée de faire
faire son portrait par tous les artistes qu'il connaissait; il en résulte
une douzaine au moins d'effigies de ce personnage, qui fournissent les
éléments d'instructives comparaisons.
Parmi
les tableaux achetés par la ville (surtout au moyen de la rente
Collot) ou donnés par l'Etat, citons la Stratonice d'Ingres,
la Phèdre de Cabanel, le trop fameux et bitumeux Retour
du mari du fils Giraud, la Tour Constance de Max Leenhardt;
Cabanel a légué à sa ville natale des dessins, esquisses,
et les cartons de son Saint Louis du Panthéon; le peintre
Eug. Castelnau a donné quelques toiles; Fabre possédait aussi
quelques bronzes : une réplique du Mercure
de Jean de Bologne et des marbres, une Muse
par Canova, le buste d'Alfieri par B. Corneille, son buste par Santarelli,
Bruyas a légué une admirable collection de bronzes de Barye. |
L'entrée du
Peyrou est décorée de deux lions dus à Injalbert.
Sur une maison de la place de la Comédie a quelque temps figuré
un fronton représentant des Nymphes
et Satyres, du même Injalbert, dont d'hypocrites
affectations de pudeur ont réclamé l'enlèvement; un
portail
de la cathédrale Saint-Pierre est
orné d'un beau tympan du sculpteur
Baussan et, à l'intérieur, on peut voir un beau tableau de
S.
Bourdon, la Chute de Simon le Magicien; dans le square
de la gare, le monument de Planchon, du même artiste, est intéressant;
la statue d'Edouard Adam est médiocre.Enfin, au Sud de la citadelle,
on a le quartier à l'architecture contemporaine du Polygone, où
est construit l'actuel Hôtel de Ville.
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La
Tour des Pins. - Elle date des
XIIe
et XVe s. C'est un vestige des
anciennes
murailles de Montpellier.
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Arc
de triomphe ou porte de Peyrou. - Cet arc fut élevé
en
l'honneur de Louis XIV en 1692. Il est orné de bas-reliefs
racontant
l'histoire de ce monarque.
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Ils sont nés
à Montpellier.
L'historien d'Aigrefeuille
(morte en 1743), auteur de l'Histoire civile et ecclésiastique
de Montpellier; le marquis d'Aigrefeuille (mort en 1818), le familier
de Cambacérès; le jurisconsulte d'Albisson (mort en 1810),
qui a compilé les lois municipales de Languedoc; le marin d'Almeras,
mort à Messine (1676); le bibliothécaire Amoreux (mort en
1824), dom Pierre Aupères qui commença l'Histoire de Languedoc
(mort en 1734); Richer de Belleval, créateur
du Jardin des plantes (1564-1723); Barthez (1734-1816);
le ministre Benezech; le président Bon de Saint-Hilaire, naturaliste
(mort en 1764) ; le conventionnel Bonnier d'Alco, victime du guet-apens
de Rastadt (1750-1799); le peintre Sébastien
Bourdon; Brueys, l'ami de Palaprat (1640-1723); le conventionnel et
archichancelier Cambacérès (1753-1824),
Cambon
(1757-1820); les généraux Campredon, Lepic, Maureillon, Mathieu
Dumas, Françoise de Cezelli, l'héroïne de Leucate; l'historien
Daru
(1767-1829), Daniel Le Sage; Fabre de l'Hérault, conventionnel;
le peintre Fabre (1766-1837); l'abbé Castor
Fabre (1727-1783); Haguenot, fondateur de la bibliothèque
de l'Ecole de médecine; Magnol; Guillaume
de Nogaret; le bénédictin
dom Pacoth; l'évêque diplomate, G. Pellicier; le chirurgien
de Louis XV, Lapeyronie ; le jurisconsulte Filippi;
Pouget, auteur du célèbre catéchisme de Montpellier;
les peintres Antoine et Jean Ranc; le peintre Raoux (1667-1734); le général
René; G. Rondelet; Jean-Antoine
Roucher (1745-1794); le poète historien de la Pimpré
de Solignac; Vien (1716-1809), le maître de David;
et, au XIXe siècle : Auguste
Comte; le philosophe Saisset (mort en 1863);
Marcel
de Serres, naturaliste (mort en 1862); le chimiste Balard
(mort en 1876); Moquin-Tandon (mort en 1863); l'archéologue Renouvier
( mort en 1860); Louis Figuier (mort en 1895); Cabanel; le chanteur Nourrit
(mort en 1839). (L.-G. Pélissier). |
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