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F
Face, du latin facies = visage. - La forme générale de la face est déterminée par celle du front, des maxillaires et des os malaires (pommettes). Légèrement convexe chez l'humain, elle devient, chez certains autres animaux, proéminente et allongée en avant. A la face se trouvent réunis les organes des sens : yeux, oreilles, nez (sens de l'odorat et entrée des voies respiratoires), la bouche (sens du goût, orifice du tube digestif et organe de la voix). On compte dans la face quatorze os. L'expression de la physionomie est sous la dépendance des muscles de la face, qui sont presque tous des muscles peauciers, et dont le nombre est considérable. La bouche et les lèvres sont, après les yeux, les parties du visage qui ont le plus de mouvement et d'expression. Le système pileux de la face prend le nom de barbe, et donne à l'homme sa physionomie. Les différents muscles de la face sont innervés par le nerf facial; les artères viennent de la faciale.

Facial, du latin facies, face. - Ce terme s'applique à diverses parties qui sont en rapport avec la face :

L'artère faciale est un rameau de la carotide externe qui s'en détache au-dessous de l'angle de la mâchoire, et au niveau du pli du cou et du menton; elle se porte vers l'angle de la bouche, obliquement et en serpentant sur la face, et va se terminer sur l'aile du nez en s'unissant au rameau nasal de l'artère ophtalmique. Cette artère donne ses rameaux à la partie inférieure de la joue, aux deux lèvres, à l'aile du nez et au menton.

La veine faciale naît par une veine placée sous la peau verticalement au milieu du front, traverse la face obliquement de l'angle interne de l'oeil vers l'angle de la mâchoire, et va s'aboucher avec la veine jugulaire interne vers la partie latérale-moyenne du cou. 

Le nerf facial est un des nerfs dits crâniens, parce que, naissant de l'encéphale, ils émergent à travers un des trous du crâne; le facial naît sur le côté de la portion postérieure de la protubérance annulaire, un peu au-devant du nerf auditif; il sort du crâne par le conduit auditif interne et l'aqueduc de Fallope, d'où il envoie au nerf lingual une singulière anastomose, nommée corde du tympan, donne aux muscles des osselets de l'ouïe (oreille moyenne) des filets nerveux, et, pénétrant par le trou stylo-mastoïdien dans la glande salivaire-parotide, se partage en deux troncs qui distribuent leurs rameaux aux muscle, de la face, à ceux des côtés de la tête derrière l'oreille et des parties supérieures du cou.

Faine. - On nomme faine le fruit et la graine du Hêtre commun ou Fagus silvatica. C'est une capsule en forme de pyramide triangulaire dont les trois arêtes latérales sont courbes et ailées. Les faines sont réunies par deux dans un involucre simulant une cupule. Au début, l'ovaire comprend trois loges dans chacune desquelles il y a deux ovules; mais ensuite tous les ovules s'atrophient, sauf un qui devient la graine ou l'amande de la faine. Cette graine ne contient pas d'albumen, mais elle a deux gros cotylédons charnus et repliés en méandres. La faine fournit une huile à manger qui est la meilleure après l'huile d'olives et qui se conserve une dizaine d'années sans rancir. Ce n'est même qu'après avoir vieilli quatre ou cinq ans que l'huile de faine a acquis toute sa qualité. Pour la bien préparer, il convient de ne récolter les fruits que quand ils tombent naturellement, de les dessécher lentement et de les presser à froid. Les porcs sont friands de faines, mais néanmoins elles ne constituent pas, pour ces animaux, une nourriture très avantageuse; mangées en trop grande quantité, elles causent une ivresse d'une nature particulière. Les hêtres ne produisent des faines en abondance que lorsqu'ils sont parvenus à tout leur développement et ils ne donnent une récolte importante que tous les trois ans environ. Cette récolte a lieu vers la fin d'octobre. (DMC).

Falciforme (anatomie humaine, animale ou végétale), du latin falx, faux, et forma, forme. - Ce terme désigne un grand nombre de parties ou d'organes de l'humain, des animaux, des plantes, qui rappellent la forme du fer d'une faux.

Falqué (botanique), du latin falcatus, en forme de faux. - Terme synonyme de falciforme et appliqué, comme ce dernier, à certains organes des végétaux.

Famille*. - On donne le nom de famille au groupement naturel des genres ayant entre eux un certain degré de ressemblance, un ensemble plus ou moins complexe de caractères communs; inversement, les familles constituent le premier degré de subdivision de l'ordre. On admet parfois, entre la famille et le genre, une catégorie intermédiaire qui prend le nom de sous-famille. Cette règle, introduite par les botanistes, a produit des noms comme ceux des Liliacées, des Iridées. des Rubiacées, des Renonculacées, des Polygonées, des Convolvulacées, etc. Dans le règne animal, les groupes considérés comme des familles sont moins bien déterminés. Dans la nomenclature, la famille est désignée par la désinence idae, la sous-famille par la désinence inae; ces désinences sont ajoutées ordinairement au nom du genre considéré comme typique. Par exemple, parmi les Insectivores, la famille des L'Erinaceidae comprend deux sous-familles : les Erinaceinae ayant pour type le Hérisson (Erinaceus), et les Centetinae ayant pour type le Tanrec (Centetes).  Parfois, cependant, le nom de la famille est en rapport avec un caractère anatomique ou zoologique important et ne dérive pas du nom d'un genre particulier tel est le cas pour les Cavicornes (Cavicornia) parmi les Ruminants, pour les Fongicoles (Fungicolae) parmi les Diptères, etc. (R. BL.).

Fanes (agriculture), du verbe faner. - Ce mot désigne tous les débris herbacés ou foliacés, qu'on réunit et qu'on laisse sécher pour les introduire dans la litière des animaux. On l'applique aussi, à cause de cela, aux feuilles et aux tiges herbacées qui surmontent certaines racines ou certains tubercules; on dit les fanes de la betterave, de la pomme de terre, du salsifis, etc.

Fanon (zoologie), corruption du latin pannus, lambeau. - Pli de la peau, souvent très développé, qui pend sous le cou des boeufs, le long de la ligne médiane. On nomme également fanon, la pelote graisseuse couronnée d'une houppe de crins plus ou moins longs, qui croît derrière le boulet, au pied des chevaux. Enfin, le nom de fanons est donné aux milliers de lames de corne que possèdent les baleines dans leur bouche, et à travers lesquelles est "filtrée " la nourriture qu'elles absorbent. 

Fascia. - Ce mot tout latin signifie bande. Il désigne certaines expansions aponévrotiques, des feuillets celluleux résistants, des aponévroses d'enveloppe destinées à maintenir des muscles ou antres organes dans leurs positions respectives. D'où l'on a distingué deux sortes de fascia : les fascia celluleux et les fascia aponévrotiques.

Le fascia celluleux superficiel (superficialis) est une couche celluleuse sous-cutanée qui enveloppe tout le corps sans être interrompue nulle part; très mince dans certaines régions, il s'épaissit sur le bas-ventre et vers les régions iliaques, et se confond sur le sternum et le long de la colonne vertébrale avec le tissu fibreux; c'est dans son épaisseur que se trouvent les muscles peauciers des animaux.

Le fascia celluleux profond s'étend sur la face pariétale des membranes séreuses, qu'il suit dans l'abdomen, dans la poitrine, d'où il se porte au col, où il se confond avec l'aponévrose d'enveloppe de cette partie.

Le fascia iliaca est un feuillet aponévrotique qui s'étend des muscles psoas à la crête de l'os iliaque; en bas, il s'unit au ligament-de Fallope; en avant et en arrière au fascia lata, avec lequel il se confond pour former la paroi postérieure de l'arcade-crurale.

Le fascia lata est la plus forte aponévrose d'enveloppe; il recouvre tous les muscles de la cuisse; en haut, il se fixe au bassin en s'unissant, d'une part, au muscle grand oblique de l'abdomen, au niveau de l'arcade crurale, s'attache à la crête du pubis; d'autre part, il s'insère à la crête iliaque jusqu'à la ligne courbe supérieure de l'ilium, si prolonge sur le moyen fessier, un peu sur le grand fessier, en ne descendant jusqu'à la cuisse que vers la partie antérieure de l'épine. En dedans, il s'implante sur les ligaments de la symphyse du pubis, sur cet os et l'ischium. Enfin, en arrière, il naît du tissu cellulaire que recouvre le sacrum, le coccyx, celui de la marge de l'anus; de ces différents points, il descend sur la cuisse dont il enveloppe tous les muscles, en donnant des prolongements entre plusieurs d'entre eux. Enfin, il se termine en se confondant avec l'aponévrose de la jambe, avec le tendon du triceps, et en se fixant aux condyles du fémur et à la tubérosité externe du tibia.

Le fascia transversalis est une expansion fibreuse qui se détache de l'arcade crurale et du tendon du muscle droit, et entre pour beaucoup dans la formation du canal inguinal.

Fascia lata (muscle du). - Ce muscle occupe la région externe de la cuisse, est court, aplati, a une forme quadrilatère. Il naît de la crête iliaque, de l'épine antérieure et supérieure, entre le couturier et le moyen fessier; de là il descend vers le tiers supérieur de la cuisse, et se termine par de petits faisceaux aponévrotiques qui se continuent avec l'aponévrose-fascia lata, en se confondant avec elle. C'est le muscle iléo-aponevrosi-fémoral, de Chaussier. Il est tenseur de l'aponévrose fascia lata. (F - N.).

Fasciculé (zoologie et botanique), du latin fascis, faisceau. - Se dit des organes qui se montrent réunis en faisceaux.

Fascié (zoologie et botanique), du latin fascia, bandelette. - Ce terme s'applique aux organes ou aux espèces d'animaux ou de plantes qui se font remarquer par une ou plusieurs bandes d'une couleur tranchée. On l'emploie aussi pour désigner, chez les plantes, certaines dispositions des fibres étalées symétriquement en bandelettes, comme on en observe, par exemple, dans l'inflorescence de l'amarante à crête.

Fastigié (botanique), du latin fastigium, faîte. - Se dit des végétaux dont les rameaux, au lieu de s'étendre latéralement dans une direction voisine de l'horizontale, se dirigent vers le sommet de la plante en se serrant contre la tige principale. Le peuplier pyramidal (Populus fastigiata) offre un type de cette disposition.

Faune. - Ensemble des animaux vivant dans une région déterminée. - Ouvrage sur les animaux d'un pays.

Fauves. - Les chasseurs désignent sous le nom de bêtes fauves, d'après leur couleur, les Cerfs, les Chevreuils, les Daims, tandis qu'ils nomment bêtes noires les Sangliers; bêtes rousses, les renards, etc. - Le nom de bêtes fauves prend dans la langue ordinaire un sens plus étendu, et sert plus courrament à désigner les grands carnivores (Lions, Tigres, etc.).

Fécondation. - Action de féconder. Son
résultat. La fécondation est le phénomène terminal de la reproduction sexuelle des êtres vivants. Il y a deux catégories de gamètes (cellules reproductrices) : les éléments mâles (gamète mâle, audrogamète, anthérozoide, spermatozoide), et les éléments femelles (gamète femelle, gynogamète, oosphère, ovule). Les gamètes de chaque catégorie jouissent des propriétés suivantes : 1° chacune d'eux isolément est incapable de développement (on a reconnu cependant que cette propriété n'est pas absolue : on a pu faire éclore des oeufs d'oursins non fécondés, en les plaçant dans des solutions salines concentrées); 2° la gamète femelle d'une espèce attire la gamète mâle de la même espèce; 3° ces éléments sont complémentaires; 4° la fusion de ces gamètes transforme la gamète femelle en oeuf complet. - En général, il y a deux individus différents, et la fécondation est dite croisée. Si le même individu porte les deux éléments, il est dit hermaphrodite, L'abeille et quelques autres auimaux présentent un cas particulier de fécondation : leur ovule peut se développer seul en donnant naissance à un mâle, mais s'il est fécondé, il donne une femelle (ouvrière ou reine). - Fécondation artificielle : elle consiste à déterminer l'union des spermatozoïdes avec les ovules, en dehors de tout rapprochement sexuel. Elle fut pratiquée d'abord par les pisciculteurs, puis par les horticulteurs et arboriculteurs.

Fécondité. - La fécondité est la règle de toutes les espèces vivantes, puisque, naturellement, des espèces infécondes disparaîtraient forcément par la mort des individus. Dans la génération sexuelle, la fécondité n'est pas limitée aux unions d'individus de même espèce. Lors du croisement de deux individus d'espèces différentes, plusieurs situations se pérsentent. 1° Le croisement est impossible quand les espèces sont éloignées. C'est le cas le plus général. 2° Le croisement est possible et donne naissance à des individus nommés hybrides (mulet, par exemple). - On a longtemps considéré comme une règle générale l'absence de fécondité des hybrides, et l'on se servait même de ce critérium pour définir l'espèce. Deux  populations étaient d'espèces différentes quand une union croisée donnait, soit pas de produits du tout, soit des produits inféconds; par exemple, on disait que l'Ane et le Cheval sont d'espèces différentes, parce que les mulets sont stériles. Au contraire, les léporides (produits du croisement du Lapin et du Lièvre) étant infiniment féconds, on aurait dû en conclure que le Lapin et le Lièvre sont des races d'une même espèce; on a préféré considérer comme mauvaise, ou du moins insuffisante, la loi de la stérilité des hybrides et chercher un autre critérium pour la définition de l'espèce.

Fécule, du  latin, faecula = sédiment, dépôt. - Ce nom a désigné autrefois les dépôts formés dans les sucs exprimés des matières végétales; aujourd'hui il s'applique surtout au sédiment amylacé que donne l'amidon dans un grand nombre de sucs, et il est presque devenu synonyme d'amidon. Les botanistes l'emploient surtout pour désigner la matière amylacée accumulée en amas farineux dans certains points du tissu cellulaire végétal, et de laquelle les chimistes extraient leur amidon. La fécule est une matière granuleuse de dimensions variables. Chacune des cellules du tissu chargé de fécule renferme plusieurs de ces grains, et souvent ils y sont tellement serrés qu'ils remplissent exactement sa capacité. Généralement colorés en blanc, ils offrent le caractère constant de bleuir instantanément au contact d'une solution d'iode. Cette même solution colore au contraire en brun ou en jaune les granules de matière azotée, de sorte que cette coloration bleue est un des moyens propres à faire reconnaître la fécule. Les grains de fécule ont d'ailleurs une forme reconnaissable, mais qui varie suivant l'espèce végétale qui les produit. Sphéroïdaux ou polyédriques, ils font voir plusieurs couches ou cercles concentriques autour d'un point qui est ordinairement à la superficie du grain. Ce point, qu'on nomme hile ou ostiole, est en effet celui qui a reçu la première lame de matière amylacée, puis les autres se sont successivement accumulées sur le même point, de manière à refouler vers le fond de l'utricule les couches plus anciennes. Une étude attentive de l'aspect des grains de fécule et une mesure exacte de leurs dimensions ont permis de reconnaître chaque espèce. Les fécules que nous utilisons communément sont celles que recèle la graine des céréales dans son périsperme, la graine des Légumineuses (fèves, haricots, pois, lentilles) dans ses cotylédons. Les graines de certaines chénopodées, telles que les ansérines, du sarrasin ou le blé noirr, en fournissent également. - Le nom de fécule, dans le langage ordinaire, est plus spécialement réservé pour la matière amylacée que l'on extrait de la pomme de terre, de l'igname de la Chine, des patates, en un mot, des plantes qui la tiennent en réserve dans leurs rhizomes, leurs tubercules, on en général dans les organes autres que les graines; ainsi la fécule de Sagou vient de la tige des cycas et des palmiers; l'arrow-root, du rhizome d'un maranta d'Inde; le tapioca, du rhizome du manioc ou manihot. (A19).

Fémoral (anatomie), du latin fémur, cuisse. - Se dit de certaines parties anatomiques qui se rapportent à la cuisse; cependant la plupart de ces parties sont plutôt désignées par le mol crural.

Fémur. - Os de la cuisse, le plus fort de tous les os du corps. Le fémur est le premier segment du squelette du membre abdominal. Chez l'humain, le corps de cet os est triangulaire prismatique, à angles peu saillants. L'extrémité supérieure s'articule avec l'os iliaque par une tête arrondie (articulation de la hanche). L'extrémité intérieure présente une trochlée, qui reçoit la rotule, En arrière, cette trochlée se divise en deux condyles, qui roulent sur les cavités glénoïdes du tibia. - Chez les insectes, le fémur est la première division de la patte, qui va de la hanche au tibia.

Fenêtre (anatomie), par analogie avec l'ouverture d'une fenêtre. - Ce nom est appliqué à deux trous percés dans la paroi osseuse qui sépare la cavité du tympan de celle du vestibule de l'oreille interne : ce sont la fenêtre ovale et la fenêtre ronde. La première, ou vestibule du Tympan, fait communiquer ensemble ces deux parties; la seconde, ou l'ouverture cochléenne du tympan, fait communiquer la rampe interne du limaçon avec le tympan.

Fesse (anatomie, zoologie), du latin fessa, féminin de fissus = fendu; de findere  = fendre). - Partie charnue placée de chaque côté du corps au bas des reins, chez l'humain. En médecine vétérinaire, on désigne ainsi la région de l'extérieur des animaux, comprise entre les reins et la jambe, et en arrière de la cuisse. Elle a pour base la saillie des os ischions et les muscles qui s'attachent à ces os et au sacrum, puis à la partie supérieure et postérieure du tibia. La fesse peut être volumineuse ou maigre, longue ou courte, suivant l'animal. Un cheval qui a de belles fesses est dit bien gigoté.

Fessier. - Qui appartient aux fesses. S'applique aux muscles, aux artères et aux nerfs de la région supérieure et postérieure du membre abdominal. - Les muscles superposés au nombre de trois de chaque côté sont connus sous le nom moyen et petit fessiers. Ces trois muscles extenseurs du membre inférieur sur le tronc ont pris, chez l'humain une importance considérable, en rapport avec la station bipède. Ils forment la saillie de la fesse. Le bord inférieur de la région est indiqué par un sillon presque  transversal, le pli fessier, bien étudié surtout au point de vue l'anatomie artistique. Il est effacé dans la coxalgie. - L'artère fessière et les nerfs fessiers sortent du bassin par la grande échancrure sciatique. L'artère est la branche la plus volumineuse de l'hypogastrique. Les nerfs sont au nombre de deux. Le fessier supérieur est uniquement moteur. Le fessier inférieur ou petit sciatique émet, quelques rameaux sensitifs à la peau de la partie inférieure de la cuisse et du creux poplité.

Feuillaison. - Phénomène par lequel un végétal se couvre de nouvelles feuilles. Epoque à laquelle a lieu ce phénomène.. C'est l'accroissement de la chaleur qui détermine la feuillaison. Suivant que le printemps est plus ou moins précoce, l'atmosphère plus ou moins humide, l'époque en est avancée ou retardée. Elle n'est d'ailleurs pas uniforme pour tous les végétaux, et l'on observe à cet égard d'énormes différences. Un fait, cependant, qui est commun à presque toutes les espèces végétales, c'est que les bourgeons supérieurs de chaque branche se développent les premiers.

Feuille. - Partie terminale des végétaux, mince et plate. La feuille est un appendice de la tige (et parfois de la racine), de couleur ordinairement verte, de forme aplatie, ayant une symétrie bilatérale et une croissance limitée. La sève brute, apportée par le bois des nervures, y est transformée en sève élaborée, que reprend le liber pour la distribuer à tout le corps de la plante. La feuille s'insère en un point de la tige appelée noeud. Suivant le mode de répartition, les feuilles sont dites solitaires, éparses ou alternes, quand un noeud en porte une seule; opposées, quand il y en a deux pour chaque noeud; verticillées, quand il y en a plus de deux. La partie essentielle de la feuille est le limbe, qui est plat et est souvent attaché à la tige par le pétiole (vulgairement queue); la base peut se dilater en une gaine, qui enveloppe plus ou moins la tige (graminées). Le contour du limbe peut être uni (feuilles entières), porter des dents (feuilles dentées), des lobes (feuilles lobées). Si les échancrures divisent le limbe en folioles, on a des feuilles composées. La partie résistante du limbe est la nervure. Le tissu cellulaire, qui se trouve entre les nervures, et qui constitue le limbe ou parenchyme, est criblé d'une infinité de trous microscopiques (stomates). La durée de la feuille est ordinairement limitée (feuilles caduques); si, au contraire, la feuille dure plusieurs étés, elle est dite persistante. La feuille est, normalement, le siège d'une respiration et d'une transpiration fort actives; elle joue dans la vie de la plante le rôle des poumons chez les mammifères; mais elle peut également être appelée à d'autres fonctions : défense (épines), protection (écailles des bourgeons), réserve nourricière (écailles des bulbes), fixation (vrilles), capture des proies (feuilles de la dionée, ascidies des népenthes), enfin formation des corpuscules reproducteurs (feuilles des cryptogames vasculaires, etc.).

Feuilles conjuguées, du latin conjugatus, accouplé, dérivé, du latin cum, avec, jugo, je joins. - Se dit des feuilles composées, pennées, dont les folioles sont attachées par paires. Parmi les feuilles conjuguées, on distingue celles qui sont unijuquées, quand le pétiole porte une seule paire de folioles, comme dans la fabagelle, les gesses des prés, à larges feuilles, des bois, etc.; bijuguées lorsque le pétiole porte deux paires de folioles comme plusieurs mimosa; trijuguées, comme dans l'orobe tubéreux, la vesce en forme de gesse; quadrijuguées, dans la casse à longues siliques; enfin, multijuguées, dans l'orobe des bois, le sainfoin cultivé (onobrychis sativa), l'astragale fausse réglisse, etc.

Feuilles convolutives (botanique). - On nomme feuilles convolutives celles qui, avant leur épanouissement complet, sont roulées en cornet comme dans les bananiers où l'un des bords de la feuille est situé de manière à former l'axe.

Feuilles curvinervées, du latin curvus, courbe, et nervus, nerf. - On nomme ainsi certaines feuilles dont les nervures sont courbées de façon à devenir parallèles au bord du limbe.

Feuilles décurrentes. - On appelle feuilles décurrentes celles dont le limbe se prolonge le long du pétiole on de la tige et y adhère comme si elle en naissait; on dit alors qu'ils sont ailés, comme cela a lieu dans certains chardons.

Feuilles digité-pennées. - Lorsque la feuille, au lieu d'être simplement digitée, a son pétiole terminé par des pétioles secondaires sur les côtés desquels les folioles sont attachées, on dit qu'elle est digitée-pennée. Dans le Mimosa purpurea, les pétioles secondaires sont au nombre de deux ; il y en a quatre dans le Mimosa pudica, etc. Dans ce cas, les feuilles sont bidigitées-pennées, tridigitées-pennées, quadridigitées-penées.

Feuilles imparipennée, c'est-à-dire feuille foliolée avec une seule folioles au sommet; telles sont les feuilles du frêne, de la rose, de l'acacia robinier, etc.

Feuilles trijuguées, c'est-à-dire feuilles composées de 3 paires de folioles.

Feuilles quadrijuguées. - Feuilles dont le pétiole porte 4 paires de folioles, c'est-à-dire 8 folioles opposées.

Feuilles quaternées. - Ce sont des feuilles qui sont disposées en verticelle par quatre, ou bien les feuilles composées de 4 folioles-digitées.

Feuillet (anatomie, zoologie). - Ainsi nommé en raison de ce qu'il renferme un grand nombre de lames analogue aux feuillets d'un livre, le feuillet est un compartiment stomacal des ruminants, intermédiaire entre le réseau et la caillette. Les lames de feuillet sont blanchâtres et parsemées de mamelons papillaires; elles ont un bord adhérent attaché à la grande courbure de l'organe, qui, plein, a la forme d'un ovoïde. Les lames sont de dimension inégales; il y en a de larges, et, entre celles-ci, il y en a d'autres beaucoup plus petites. Toutes sont destinées à tamiser les aliments avant leur entrée dans la caillette, véritable estomac des ruminants dont la muqueuse présente tous les caractères qui distinguent celle de la muqueuse des carnivores. (L. Garnier).

Feuillet plissé  (bêta). - Structure secondaire existant dans les protéines, et dans laquelle des « plis » sont formés par liaison hydrogène entre des atomes sur le squelette de la chaîne polypeptidique.

Fibre. - On désigne ainsi des filaments de natures diverses. - En anatomie, le nom de fibre a été donné à des éléments très variés, n'ayant comme caractère commun que leur forme filamenteuse. On distingue : les fibres conjonctives, les fibres élastiques, les fibres musculaires et les les nerveuses (Tissu fibreux). Les fibres conjonctives et les fibres élastiques font partie intégrante du tissu conjonctif. Les fibres tendineuses ne sont que des faisceaux de fibrilles conjonctives. Celles-ci se retrouvent sous le nom de  fibres de Sharpey, dans la texture des os d'origine périostique. Les fibres musculaires se rattachent à deux types : les fibres musculaires striées et les fibres musculaires lisses, ces dernières étant de véritables cellules complètes. A ces types il faut joindre celui des fibres myocardiques, qui se trouvent dans le muscle cardiaque. Enfin, les fibres nerveuses ne sont autre chose que les cylindres-axes des nerfs, véritables prolongements des cellules nerveuses. Les fibres de Remak sont de fibres nerveuses du système sympathique. - En botanique, et plus spécialement en histologie végétale, on appelle fibre une cellule allongée, ordinairement fusiforme, dont le cytoplasme s'est épuisé en donnant une épaisseur considérable à la membrane cellulosique qui s'est, en même temps, plus ou moins lignifiée. Les fibres, qui constituent pour la plante des éléments de soutien, sont parfois isolées, mais le plus souvent réunies en faisceaux; ce sont s qui fournissent les matières textiles extraites du lin, du chanvre, de l'agave, du phormium tenax, etc.

Fibre-cellule. - Les fibres musculaires lisses ou fibres-cellules sont de véritables cellules ayant la forme d'un fuseau plus ou moins aplati, dépourvues d'enveloppe et possédant en leur centre un noyau en forme de bâtonnet. Elles dérivent des cellules du mésoderme et renferment des fibrilles contractiles homogènes, disposées parallèlement dans le sens de la longueur donnant à l'ensemble de la cellule une striation longitudinale. Chaque fibrille est l'homologue d'un des disques épais qui constituent les fibrilles des muscles striés. La contraction de chaque fibrille consiste dans un raccourcissement accompagné d'une augmentation de diamètre.

Fibreux (tissu). - Tissu vivant qui est formé d'une réunion de fibres.

Fibrillaire (botanique). - Ce nom est donné à des productions filamenteuses qui ne sont autre chose que des mycéliums de champignons. Ces productions se rencontrent généralement dans les endroits humides et obscurs, par exemple dans les caves, sur de vieilles poutres. Les filaments ténus qui les constituent peuvent se grouper en cordons enchevêtrés qui atteignent parfois des longueurs considérables : 1 mètre et même plus, en plaques minces appliquées sur le vieux bois, en sortes de petits tubercules globuleux. Le mot fibrillaire ne désigne donc pas un genre de champignons, mais un mode spécial de végétation dû à des conditions extérieures particulières, et qui peut se présenter pour divers genres. La fibrillaire appelée souterraine, une des plus fréquentes, se rapporte au cérionzyce, champignon dont on connaît des organes de fructification, mais qui n'est probablement lui-même qu'une forme particulière de plusieurs genres de champignons supérieurs : polypores, dédalées ou lenzites.

Fibrille. -  Petite fibre. - En anatomie, la fibrille conjonctive, par exemple, est le filament simple non élastique du tissu conjonctif, la fibrille striée est la fibre à strie transversale qui est l'élément constitutif de la fibre musculaire. - En botanique, ce nom est donné à certains organes d'une extrême ténuité, notamment aux dernières ramifications des racines et aux filaments déliés qui naissent de la fronde ou thalle des lichens.

Fibrine (biochimie, médecine). - Une des matières albuminoïdes du sang, qui en contient normalement 2 à 4%. La fibrine, qui se rencontre aussi dans la lymphe et, en général, dans tous les exsudats séreux, se retire du sang par le battage. Elle se présente alors sous la forme de filaments blancs; desséchée, elle ressemble à de la corne. En outre de carbone, hydrogène, oxygène et azote, elle renferme un peu de soufre, des phosphates de chaux et de magnésie, du carbonate de chaux. etc. Soluble dans une solution de sel marin, de sulfate et de phosphate de soude, elle se coagule par les acides. La fibrine ne préexiste pas dans le sang; elle n'apparaît qu'au moment de la coagulation. La coagulation est la transformation du fibrinogène, soluble durant la vie, en une substance qui devient insoluble et se change en fibrine en s'unissant aux sels de chaux du plasma sous l'influence du fibrin-ferment. Ce fibrin-ferment paraît venir par décomposition des leucocytes. La fibrine doit être considérée, non comme une matière de synthèse nutritive ou un aliment, mais comme une substance de déchet, un produit excrémentitiel. Aussi la fibrine se montre-t-elle surtout abondante dans le surmenage, la fièvre, dans le muscle qui a beaucoup travaillé, etc.

Fibrinogène (biochimie). -  Matière albuminoïde de la classe des globulines, qui se dédouble en un composé soluble (globuline) et un composé insoluble (fibrine), sous l'influence du ferment de la fibrine et en présence des sels de calcium.

Fibroblaste. - Comme leur nom l'indique, les fibroblastes, inoblastes ou cellules fibroplastiques sont les cellules jeunes du tissu conjonctif destinées à donner naissance aux fibres lamineuses. Au cours du développement embryonnaire, ces éléments prennent leur origine dans les formations mésenchymateuses du feuillet moyen; primitivement arrondis (éléments embryoplastiques de Ch. Robin) , ils s'allongent ensuite et deviennent fusiformes ou étoilés, à prolongements minces et effilés dont il est bientôt difficile de déterminer la longueur exacte à cause de leur extrême ténuité. Sur l'embryon de mouton de 4 à 5 centimètres, les fibroblastes à leur début ont environ 25 micromètres de long sur 40 micromètres de large et présentent un noyau ovoïde et granuleux à contour peu distinct. Examinés chez le foetus humain, vers le milieu de la grossesse, ils offrent des dimensions beaucoup plus considérables; leur noyau allongé a pris un aspect vésiculeux et se montre entouré d'une membrane nucléaire très nette.

Le point le plus important et le plus litigieux de l'histoire des éléments fibroblastiques est celui qui a concerné le mode de formation des fibres conjonctives. Tandis que Schwann (1839) admettait que le corps cellulaire se transformait directement en un faisceau fibrillaire, Henle professa le premier que c'était la substance amorphe interposée aux cellules qui subissait une sorte de clivage et se divisait ainsi en fibres distinctes. Par la suite, l'une et l'autre opinion ont compté des partisans autorisés : Max Schulze, Beale, Obersteiner, Ch. Robin, W. Krause, Flemming, etc., se sont prononcés pour l'origine cellulaire directe; Virchow, Donders, Koelliker et autres tenaient pour une modification de la substance fondamentale primitivement muqueuse qui se changerait progressivement en une masse fibrillaire collagène. Enfin, d'après plusieurs auteurs de la fin du XIXe siècle, la portion périphérique du protoplasme des fibroblastes était employée à la sécrétion de la matière amorphe prenant ultérieurement la structure fibrillaire (Rollett, Ziegler). 
On voit persister chez l'adulte, parmi les fibres lamineuses, des cellules de tissu conjonctif qui représentent les restes de fibroblastes ayant subi une réduction de volume très notable au cours des phénomènes histogéniques précités. Ces éléments affectent des formes assez variables, suivant la variété de tissu envisagée; en général, ils ont un corps mince et lamelleux et s'anastomosent entre eux par des prolongements ramifiés. On observe les mêmes phases morphologiques lors de la néoformation de tissu connectif si fréquente chez l'adulte (scléroses séniles et pathologiques, néoplasie inflammatoire, cicatrices, tumeurs). (G. Herrmann).
Fibrocartilage ou fibro-cartilage. - Le fibrocartilage est formé par des cellules disposées comme dans le cartilage hyalin, mais il se distingue de ce dernier en ce que sa substance fondamentale intercellulaire est nettement fibreuse, parcourue par une multitude de fibres lamineuses entre-croisées en tous sens et disparaissant sous l'action des acides et des bases. Les cellules cartilagineuses y sont fort peu nombreuses; elles ont une paroi épaisse et sont disposées en petits groupes ou en traînées à des distances assez notables les unes des autres. Ce tissu constitue les disques intervertébraux, les cartilages sésamoïdes les ménisques interarticulaires, fibrocartilages semi-lunaires, fibrocartilages semi-lunaires du genou, ménisque de l'articulation temporo-maxillaire; on le trouve aussi au niveau de l'insertion des tendons sur les os. Le fibrocartilage est recouvert de périchondre, membrane fibroélastique , qui se continue insensiblement avec la substance fondamentale du fibrocartilage. (Ch. Debierre).

Fibroïne (chimie). - Lorsqu'on traite successivement la soie par l'eau, l'alcool, l'éther et l'acide acétique bouillant, il reste un résidu qui a reçu le nom de fibroïne. Ce résidu, qui représente environ la moitié de la matière première, présente la même apparence que la soie, mais il est plus tendre, plus souple et moins résistant. A chaud, il se boursoufle, brûle avec une flamme bleuâtre, en répandant une odeur de corne brûlée, et en laissant un charbon qui renferme une notable quantité de sels, notamment de phosphates. La fibroïne est insoluble dans l'eau, soluble, comme le coton, dans le réactif de Schweizer; la solution n'est précipitée ni par le sucre, ni par les sels neutres, mais seulement par les acides étendus. Avec l'acide sulfurique, elle donne un liquide brun clair, visqueux, précipitable par le tanin; les solutions chlorhydrique et azotique sont précipitées par les alcalis ; à chaud, la dernière engendre de l'acide oxalique. La fibroïne ne se dissout pas dans les lessives alcalines étendues, mais seulement dans les alcalis caustiques, en donnant des solutés précipitables par l'acide sulfurique étendu ; elle est insoluble dans l'ammoniaque et dans les carbonates alcalins ; la potasse en fusion donne surtout de l'acide oxalique. Elle se rapproche par sa composition de la gélatine. (Ed. B.).

Fil-de-la-Vierge ou Fil Notre-Dame (zoologie). - Chacun connaît ces flocons de filaments blancs, très légers, qui se balancent lentement au milieu des airs, dans les jours calmes d'automne, lors des premiers brouillards. Hermann fils les regardait comme produits par diverses espèces de Mites ou  Acarus (entre autres le Gamase tisserand, G. telarius de Latreille), qui vivent sur les feuilles de certains arbres, et surtout du tilleul, et les recouvrent de fils très fins. G. Cuvier a cru leur reconnaître une origine un peu différente.

Ces flocons blancs, dit Cuvier, sont certainement produits, ainsi que nous nous en sommes assuré en suivant leur point de départ, par diverses jeunes araignées, et notamment des épeires et des thomises; ce sont principalement les grands fils qui doivent servir d'attache aux rayons de la toile, ou ceux qui en composent la chaîne, et qui, devenant plus pesants à raison de l'humidité, s'affaissent, se rapprochent les uns des autres, et finissent par se former en pelotons; on les voit souvent se réunir près de la toile commencée par l'animal, et où il se tient. Il est d'ailleurs probable que beaucoup de ces aranéïdes, n'ayant pas encore une provision assez abondante de soie, se bornent à en jeter au loin de simples fils. C'est, à ce qu'il me paraît, à de jeunes araignées lycoses qu'il faut attribuer ceux que l'on voit en grande abondance croisant les sillons des terres labourées, lorsqu'ils réfléchissent la lumière du soleil. Analysés chimiquement, ces fils de la Vierge offrent précisément les mêmes caractères que la soie des araignées; ils ne se forment donc pas dans l'atmosphère, ainsi que l'a conjecturé, faute d'observations propres, un savant dont l'autorité est d'un si grand poids, M. le chevalier de Lamarck. (Règne animal, t. IV, p. 219).
Filet (botanique). - On donne ce nom à la partie ordinairement filamenteuse de l'étamine qui supporte l'anthère. Cet organe manque quelquefois, comme dans l'aristoloche; l'anthère est alors dite sessile. - Le filet a la même organisation que les pétales; aussi présente-t-il quelquefois la même forme que ceux-ci; ainsi, dans les balisiers, il est large, mince, souple, coloré comme un pétale; on le dit alors pétaloïde. Le filet est capillaire quand il a la finesse d'un cheveu, comme dans la plupart des graminées et des plantains. Dans le sparmannia d'Afrique. il est toruleux, c'est-à-dire qu'il présente des renflements comme des nœuds de distance en distance. Le filet peut être encore crénelé, spiralé, génicule, etc. - Le filet est en outre velu comme dans l'avocatier, glanduleux dans la fraxinelle, barbu comme,dans les mourons. Il est quelquefois aussi doué de mobilité. Il est élastique dans la pariétaire; et irritable dans l'épine-vinette, la rue, etc. Les filets peuvent être soudés entre eux.

Filières (zoologie). - On nomme ainsi les organes qui produisent, dans les araignées, les fils dont elles tissent leurs toiles. Réaumur les a bien décrits, et après lui Tréviranus. L'appareil sécréteur de la soie est situé dans l'abdomen, près de son origine; il se compose d'une petite vésicule transparente, placée de chaque côté à la base d'un groupe de six tubes recourbés six à sept fois sur eux-mêmes, et qui viennent aboutir à deux on trois paires de mamelons charnus à l'extrémité, cylindriques ou coniques; ce sont les filières. Leur extrémité est percée d'un très grand nombre de trous très petits par où sortent les fils extrêmement ténus, qui s'unissent pour former le fil d'araignée.

Fissiparité (physiologie), du latin fissus, fendu, et parere, produire. - Mode de reproduction observé chez un assez grand nombre d'êtres organisés, animaux ou végétaux, d'une organisation très simple, et particulièrement chez ceux de ces êtres que l'on nomme habituellement infusoires. Le corps de l'être vivant s'étrangle par un rétrécissement spontané, de façon à se montrer bientôt conformé en deux lobes; puis, l'étranglement devenant de plus en plus marqué, l'individu se divise bientôt en deux êtres distincts qui, séparés l'un de l'autre, se montrent aussi complets que leur parent commun l'était avant la division. On dit que ces êtres sont fissipares ou scissipares.

Fissipare, du latin fissus = fendu, et parere = enfanter). Qui se produit par la scission de son propre corps. On nomme fissiparité  le mode
de reproduction des animaux fissipares.

Fissipède, du latin fissus = fendu, et pes, pedis = pied). Qui a le pied divisé en plusieurs doigts ou parties, en parlant des quadrupèdes.

Fissure de Glaser (anatomie), fissura, fente. - On appelle fissure glénoïdale ou de Glaser une petite fente que l'on remarque au fond de la cavité articulaire (cavité glénoïde) de l'os temporal. Elle donne passage à l'apophyse grêle de Rew, qui appartient à l'os nommé marteau, au muscle antérieur de cet os, aux vaisseaux auditifs externes, à la corde du tympan.

Flanc. - On appelle flancs les deux régions latérales de l'abdomen, qui s'étendent depuis les fausses côtes où elles se confondent avec les hypochondres jusqu'aux crêtes iliaques, où commencent les régions ou fosses iliaques. Les deux flancs sont séparés par la région ombilicale. - En anatomie vétérinaire, les flancs sont une partie importante à considérer dans les animaux domestiques. Ils ont pour base, principale la portion charnue du muscle petit oblique; on y distingue une partie médiane, saillante, c'est la corde du flanc; une partie déprimée située au-dessus et nommée le creux; enfin, une troisième au-dessous, et qui se continue avec le ventre. - On dit que le flanc est cordé lorsque le muscle petit oblique qui constitue la corde est très saillant. Lorsque la partie inférieure du flanc est peu développée, on dit qu'il est retroussé

Fleuron (botanique). -  Se dit chez les plantes de la famille des composées, des fleurs à corolle actinomorphe ou régulière, symétriques par rapport à un axe; par exemple des petites fleurs jaunes qui occupent la région centrale d'un capitule de marguerite.

Fleur. - Partie d'un végétal qui contient les deux ou l'un des organes reproducteurs, et qui est souvent parée de couleurs éclatantes. La fleur est un rameau ou une portion de rameau, différencié d'avec ses feuilles pour former l'appareil reproducteur de la plante. Le rameau supportant la fleur est le pédicelle (ou pédoncule), qui s'élargit pour former le réceptacle; une rosette de feuilles naît du réceptacle et constitue, à l'état de bourgeon, le bouton floral. - Le mode de distribution des fleurs sur la plante est l'inflorescence. Les parties constituantes de la fleur sinsèrent sur le réceptacle d'après la règle des feuilles sur la tige, tantôt en verticille alterne, tantôt isolément, d'après une divergence déterminée. Une fleur complètement verticillée comprend quatre verticilles concentriques : le calice, la corolle, l'androcée et le gynécée. Les feuilles du calice sont les sépales, celles de la corolle les pétales; leur ensemble constitue le périanthe ou enveloppes florales. L'androcée est formé par les étamines, composées d'un pétiole grêle (filet), qui supporte l'anthère, organe mâle contenant le pollen; le gynécéeé ou pistil, par les carpelles : c'est organe femelle; le pistil est formé d'une hampe creuse (style), terminée à son extrémité libre par le stigmate et, à l'autre bout, par l'ovaire (qui contient les ovules). - Si la fleur comprend un androcée et un gynécée, elle est hermaphrodite ou bisexuée (tilleul, lis, etc.). Quand tous les verticilles sont au complet et disposés symétriquement par rapport à l'axe, la fleur est régulière ou actinomorphe; dans le cas inverse elle est irrégulière ou zygomorphe. Suivant la forme et la disposition des verticilles, on la dit monopétale ou polypuslale, ligulée, involucrée, tubuleuse, bractée, etc. Il peut arriver que certains verticilles manquent, surtout les deux verticilles extérieurs (fleurs apérianthées ou nues); de ces deux-là, si un seul fait défaut, c'est toujours la corolle (fleurs apétales); le gynécée ou l'androcée peut manquer (fleurs unisexuées, qui sont dites mâles dans le premier cas, femelles dans le second); les plantes sont monoïques quand le même individu porte à la fois des fleurs mâles et des fleurs femelles (melon, courge), dioïques dans le cas où les fleurs sont sur des individus distincts (chanvre, houblon, dattier). La dissémination du pollen se fait par le vent, ou par l'entremise des insectes, qui portent le pollen des étamines sur les pistils. Un grain de pollen, mis en contact avec le stigmate, y germe, et va féconder un ovule. L'ovaire grossit alors et devient le fruit, qui contient les graines. -  A part de rares exceptions, toutes les plantes phanérogames donnent des fleurs, d'ailleurs très variées d'aspect, de forme, de coloris, de taille, de durée. 

Floraison ou fleuraison. - Epanouissemcnt des fleurs. Temps où cet épanouissement se produit. Certaines plantes n'ont qu'une fleuraison dans leur existence et meurent après leur unique fructification, qu'elles soient annuelles, bisannuelles ou pluriannuelles; elles sont dites monocarpiques. D'autres, dites vivaces, fleurissent plusieurs fois (arbres fruitiers). Les plantes sont dites printanières, estivales, automnales, hivernales, suivant l'époque de leur fleuraison. Elles sont encore dites remontantes, quand elles fleurissent deux fois l'an.

Floral (botanique). - Epithète qui sert à désigner, à caractériser les organes qui dépendent de la fleur. Ainsi on appelle enveloppes florales le calice et la corolle. Les feuilles florales sont celles qui sont situées à la base de certaines fleurs, comme le chèvrefeuille des jardins; lorsqu'elles diffèrent des autres feuilles, on les appelle bractées (le mélampyre à crête), etc.

Flore. - Végétation présente dans une région donnée. - Ouvrage dans lesquels sont décrites et classées les plantes d'une région, d'un pays, ou qui est spécialement consacré à telle ou telle branche du règne végétal (phanérogames, plantes sauvages, plantes cultivées, paléontologie, etc.).

Florifères (botanique), du latin ferre, porter, flores, des fleurs. - Les botanistes ont donné ce nom aux parties de la plante qui portent les fleurs. Les bractées sont florifères dans les chatons du noisetier, du peuplier, du saule, etc. Les feuilles sont florifères dans la lenticule exiguë (lentille d'eau), dans les xylophylles, etc.

Foetus. - Produit de la conception non encore arrivé à terme, mais ayant déjà les formes de l'espèce.  La démarcation entre l'état d'embryon et l'état de foetus ne présente rien d'absolu, C'est généralement vers la fin du quatrième mois de la vie intra-utérine, que le nom de « foetus » est appliqué à l'espèce humaine. A la fin du troisième mois on distingue le sexe, et les traits du visage sont bien dessinés. Le foetus est viable à partir de six mois environ. 

Foie, du latin [jecur] ficatum = foie d'oie engraissée avec des figues). - Viscère de couleur rougeâtre, organe sécréteur de la bile. Le foie est le plus volumineux de tous les viscères; il pèse chez l'humain 1500 grammes. Sa couleur, variable, est généralement rouge-brun; sa consistance est ferme, quoiqu'il se laisse facilement déchirer. Situé dans l'hypocondre droit, qu'il remplit entièrement, le foie s'avance jusque dans l'hypocondre gauche. Sa face supérieure est lisse et convexe, sa face inférieure est concave et traversée par deux sillons latéraux. Un troisième sillon transversal, dit hile du foie, contient tous les organes qui vont au foie, ou qui en partent : veine porte, veine hépatique, vaisseaux lymphatiques et filets nerveux.  Le foie est entouré en grande partie par le péritoine, dont Les différents replis le maintiennent en place, formant : le ligament suspenseur ou falciforme, dont le bord inférieur contient le ligament rond du foie, vestige de la veine ombilicale du foetus, le ligament cordonaire; les deux ligaments triangulaires. En faisant une coupe du foie, on distingue de petits corpuscules arrondis de 1 à 2 millimètres de diamètre. Ce sont les lobules hépatiques, Un lobule se compose de cellules diverses; de chaque lobule sort la veine sushépatique; les vaisseaux qui y entrent sont des ramifications de l'artère hépatique et de la veine porte. Le foie reçoit le sang veineux de la veine porte, c'est-à-dire issu des organes abdominaux, et le transmet à la veine cave inférieure. Il sécrète la bile, produit le glycose et emmagasine le glycogène. Enfin, c'est le foie qui agit sur les toxines et les détruit.

Foliacé (botanique). - Se dit des organes qui ont l'apparence, la nature et l'organisation des feuilles. Les stipules sont foliacées dans la plupart des cas, ainsi que l'involucre. La spathe est foliacée dans les glaïeuls. Le terme foliacé s'emploie surtout pour qualifier certains cotylédons qui, minces et souvent relevés de nervures, ressemblent tout à fait aux feuilles, comme dans les belles-de-nuit et autres nyctaginées, quelques euphorbiacées, comme le sablier explosif (Hara crepitans); tels sont encore les sterculiers, les tilleuls, etc.

Foliaire. - Qui a rapport aux feuilles (ex. :glandes foliaires).

Foliation. -  Disposition des feuilles sur la tige. Moment où les bourgeons commencent à développer leurs feuilles. (Synonyme dans ce sens de feuillaison). 

Foliole (botanique). - Petite feuille. On désigne particulièrement sous le nom de folioles les divisions articulées des feuilles composées ou encore les bractées qui constituent l'involucre du capitule dans la famille des Composées.

Follicule. - En botanique, ce mot désigne un fruit à péricarpe sec et déhiscent, ordinairement polysperme, provenant d'un carpelle clos et s'ouvrant à maturité par une fente unique, qui passe exactement entre les deux rangées de graines : une fleur fournit généralement autant de follicules qu'elle contenait de carpelles. - En anatomie ce nom est donné à divers organes en forme de petit sac (follicules pileux, sébacés, dentaires, etc.). Les follicules dentaires ou sacs dentaires ont pour fonction de sécréter les dents et se comportent comme des glandes. Ils se montrent au deuxième mois de la gestation, sous forme d'épaississements, puis de bourgeons épithéliaux, qui s'enfoncent dans la gencive. Le follicule est double pour les dents qui sont destinées à être remplacées.

Fontanelle (anatomie). - On désigne sous ce nom les espaces membraneux qui existent chez le foetus et les très jeunes enfants aux régions du crâne où se rencontreront les angles des os, lorsque leur ossification sera complète. Les fontanelles résultent de ce que l'ossification de ces os se faisant du centre à la circonférence par une progression régulière, les points les plus éloignés, qui sont les angles, sont atteints les derniers par l'encroûtement osseux; pendant ce temps, ces intervalles sont complétés seulement par l'adossement du péricrâne et de la dure-mère. - Le nom de fontanelle vient probablement de ce que ces régions paraissent plus humides que les autre, parties du crâne. Celui de Fons pulsatilis des Latins leur a été donné, parce que l'absence des parois osseuses permet d'y sentir les mouvements d'élévation et d'abaissement du cerveau. - On compte six fontanelles, deux en haut, à savoir : une à la réunion du coronal (os frontal) et des angles antérieurs supérieurs des pariétaux; c'est la plus importante et la plus connue; la deuxième à la réunion des angles postérieurs inférieurs des pariétaux avec l'occipital. Il y en a deux autres de chaque côté, la première située entre le pariétal, l'occipital et le temporal, au-dessus de l'apophyse mastoïde; et la seconde à la réunion du pariétal, du coronal et du sphénoïde dans la fosse temporale.

Forêt, du bas latin fores, -tis
de foris = dehors). - Grande étendue de terrain planté d'arbres. Les régions forestières par excellence, très réduites aujourdhui par les progrès du déboisement, se trouvent dans
les régions tempérées des deux hémisphères le plus abondamment et surtout le plus régulièrement arrosées : dans le nord-est de la France, le plateau schisteux rhénan, les plateaux de l'Allemagne centrale (Forêt-Noire, Franconie, Thuringe), la Norvège, la Finlande, la Russie au Nord du 55e degré de latitude Nord, la Sibérie septentrionale, etc. En Amérique, une zone forestière correspondante existe au Canada et au Nord des prairies de l'Ouest. Enfin, dans les régions tropicales de l'Afrique et du Brésil, de l'Inde et de l'Insulinde, très abondamment arrosées par les pluies tropicales, se développe la magnifique végétation de forêts primaires.

Fosse. - Se dit en anatomie d'excavations plus ou moins profondes (fosse orbitaire, fosse iliaque, fosses nasales , etc.).

Fossette. - Petite cavité. Par exemple, en anatomie, la fossette de l'estomac qui est un creux de l'estomac. En zoologie, une fossette c'est encore un petit creux ou une petite dépression dans le tégument de divers animaux : Annélides, Crustacés, Insectes, etc. : Les téguments chargés de fossettes sont dits fovéolés.

Fossile, du latin fossilis = extrait de la terre. - Nom donné aux débris ou empreintes de plantes (ex. : bois fossiles) ou d'animaux ensevelis dans les couches terrestres antérieures à  la période géologique actuelle.

Fossilisation. - Passage d'un corps organisé à l'état fossile. Si un organisme se trouve, après sa mort, exposé au contact de l'eau ou de l'air humide, il se décompose rapidement et ses parties les plus solides seront complètement détruites au bout de quelques années. Si, au contraire, il se trouve à l'abri de l'air, entouré de substances minérales qui pénètrent ses tissus ou se déposent sur sa surface, sa substance pourra être détruite en tout ou en partie, mais, du moins, il conservera sa forme et même jusqu'à un certain point sa structure; il sera devenu fossile. Ce sont très rarement les organismes eux-mêmes qui se sont ainsi conservés; presque toujours, leur composition a été altérée, modifiée; leurs molécules ont été remplacées par d'autres, plus susceptibles d'une longue conservation. C'est ainsi que certains organismes fossiles sont entièrement silicifiés. Souvent le corps a disparu, sans laisser d'autres traces que les empreintes ou moules de sa forme extérieure et souvent de sa forme interne, ce qui a lieu pour les fossiles du calcaire grossier.

Fouet de l'aile (zoologie). - C'est la troisième partie ou la plus extérieure de l'ailedes oiseaux. Quelques-uns d'entre eux, tels que certaines espèces de Vanneaux des pays chauds, les Kamickis, les Jacanas, parmi les Échassiers, ont le fouet de l'aile armé d'un et souvent de deux éperons ou ergots. On trouve la même disposition chez un petit nombre de Palmipèdes; ainsi la Bernache armée ou Oie d'Afrique n'a qu'un petit ergot à l'aile, tandis que l'Oie de Gambie se fait remarquer par les deux gros éperons dont le fouet de son aile est armé. Ce sont véritablement des armes pour ces oiseaux.

Fouisseurs (mammifères). - En zoologie, on donne le nom général de mammifères fouisseurs (fossores; du latin fodere, fouir) à tous les mammifères qui creusent la terre pour y trouver un abri ou des aliments. Ils ont les membres antérieurs constitués fortement et des ongles très longs; mais comme ces animaux, malgré cette analogie, diffèrent essentiellement entre eux par d'autres caractères plus importants, ils ne peuvent être classés dans une même division. Tels sont les Taupes (Les Talpidés); les Spalax (rongeurs); les Tatous (édentés); les Echidnés (monotrèmes). etc.

Fourchette (anatomie vétérinaire). - On appelle ainsi cette partie du sabot du cheval, formée par une corne molle, élastique, qui s'élargit vers le talon et qui est moulée exactement sur le coussinet plantaire, partie molle et charnue située sous le pied.  "C'est, dit Girard, une partie exubérante, pyramidale, dont la pointe est antérieure et prolongée dans le milieu de la sole; dont la base, bifurquée et plus élevée, se continue de chaque côté avec les talons et termine postérieurement la circonférence du dessous du pied. Elle porte deux branches disposées en V, et séparées par un enfoncement triangnlaire nommé le vide. Elle est composée d'une corne plus ou moins flexible, concourt avec le bord de la paroi à l'appui, modère les effets des percussions violentes, empêche l'animal de glisser sur le pavé mouillé on plombé, et sert spécialement au toucher."

Fovéole (du latin  foveola =, petite fosse ou fossette). En zoologie, le terme désigne une dépression, un creux à la surface du corps. S'emploie surtout pour les insectes.). - En botanique, la fovéole est la  fossette que présente, chez certaines composées, la surface du réceptacle, et dont chacune reçoit la base d'une fleur. C'est aussi la dépression du fond de laquelle se détache le liquide d'une feuille d'isoète.

Fovéolé, ée (rad. fovéole). - Qui est chargé de fossettes, qui est marqué d'une ou de plusieurs impressions arrondies.

Fovilla (botanique), du latin fovere = chauffer, couver. - Expression tombée en désuétude et par laquelle les botanistes désignaient jadis une matière fluide, épaisse, contenue dans l'enveloppe interne du pollen. Dans cette matière nagent de nombreux corpuscules granuleux et opaques, des gouttelettes huileuses, et beaucoup plus rarement des grains de fécule. - "Les corpuscules sont en général de deux sortes, la plupart extrêmement petits et sphériques; quelques. uns beaucoup plus gros, globuleux eux-mêmes ou ellipsoldes, ou allongés en courts cylindres, amincies à leurs extrémités. On a cru reconnaître, dans ces derniers, des mouvements de contraction ou de flexion, comme dans les animalcules infusoires. Mais ces délicates observations demandent à être encore soigneusement vérifiées." (Jussieu). - Cette matière intérieure joue un grand rôle dans la reproduction des plantes.

Frai. - On appelle ainsi les oeufs des Poissons, des Batraciens et de quelques autres animaux aquatiques. Les oeufs des Poissons sont ordinairement réunis en masses plus ou moins grandes, au moyen d'un enduit muqueux, et déposés par les femelles dans des endroits qu'elles recherchent comme des abris sûrs et ayant une température convenable, des fonds plus commodes et une eau adaptée à leur état. En général, les poissons qui habitent la haute mer s'approchent des rivages, d'autres remontent les grands fleuves; quelques-uns quittent les lacs pour se rapprocher des sources des rivières et des ruisseaux. Les carpes cherchent les fonds herbus; Ia tanche, l'anguille, préfèrent la vase et les eaux dormantes; les truites, les perches, les goujons, les loches, aiment les eaux vives et coulant sur le gravier. On voit souvent les saumons (Le Saumon commun) remonter par bandes nombreuses certaines grandes rivières pour aller retrouver les frayères sableuses qu'ils avaient déjà fréquentées auparavant. Du reste, le temps du frai ou de la ponte varie suivant les espèces; ainsi c'est de novembre à mars pour la truite-saumon, le brochet, la lotte, etc. Mais le grand temps du frai est d'avril à août, ainsi c'est celui des cyprins, carpes, goujons, gardons, chevannes, tanches, ables, perches, etc.  Parmi les Batraciens, les grenouilles et les crapauds jettent aussi un frai composé de bulles d'une substance albumineuse, transparente, avec un point noir au milieu de chacune d'elles; c'est le rudiment de l'embryon. Tout le monde connaît les frais de grenouille qui existent en si grande quantité dans certaines mares. Complètement abandonné aujourd'hui en médecine, le frai de grenouille était autrefois considéré comme émollient. Son eau distillée était employée en collyre. Plusieurs coquilles univalves et bivalves laissent aussi échapper un frai gélatineux. Il en est de même, en général, des autres animaux aquatiques ovipares.

Frayère. - On appelle ainsi le lieu où les femelles des poissons, viennent déposer leurs oeufs (Frai). Ces endroits sont presque toujours plus ou moins éloignés de leurs habitations ordinaires. Dans ce cas les poissons quittent leur séjour habituel quelquefois isolément, d'autres fois par bandes nombreuses pour aller trouver les frayères déjà fréquentées ou pour en chercher de nouvelles. Cette migration n'a jamais lieu le jour. Les uns quittent la mer, remontent les fleuves; les rivières, les ruisseaux même pour chercher les eaux vives; d'autres gagnent les gués, les étangs pour trouver des eaux tranquilles et d'une température plus douce. Les crues d'eau, les variations brusques de température nuisent au développement des oeufs et en perdent un grand nombre. Mais dans chaque localité choisie par les femelles des poissons, la place n'est pas indifférente, et l'on a vu, par exemple, des bandes de saumons remontant à leurs frayères situées dans quelques lieux paisibles de la rivière, caillouteux et bien exposés, ordinairement dans un ou deux pieds d'eau; et la pratique a constaté que là où sur une petite gravière, il y avait une fosse, un lit de saumons, on était certain d'en trouver tous les ans (Encyclopédie de l'agriculture). D'autres poissons recherchent les petits fonds vaseux, herbus, etc. Les pêcheurs, au fait de ces habitudes, ont soin d'en profiter pour assurer la réussite de leur pêche. 

Fretin (zoologie). - Ce nom s'applique à tout poisson trop petit pour être mangé autrement qu'en friture. On l'emploie aussi comme appât pour la pêche à la ligne des poissons voraces. Il diffère de l'alevin en ce que celui-ci n'est composé que de poissons propres aux étangs que l'on veut empoissonner.

Fronde. - On désigne sous le nom  de frondes les feuilles des fougères. Elles offrent un grand nombre de variétés dans leur forme. Leur pétiole est ordinairement assez long, le plus souvent canaliculé à sa partie supérieure; presque toujours elles sont simples, et profondément découpées. Mais le caractère le plus remarquable des feuilles de fougères, c'est le mode de distribution des nervures; par suite de leur organisation elles sont plus fines et plus nettes que dans les autres plantes; tantôt simples et naissant latéralement de la nervure médiane, le plus souvent elles se bifurquent, s'anastomosent et forment des réseaux plus ou moins réguliers, quelquefois ce sont des arcades peu éloignées de la nervure médiane, etc. Ce mode de distribution des nervures a contribué à caractériser les genres; et il est presque toujours en rapport avec l'origine des organes reproducteurs. En effet, si l'on en excepte un très petit nombre, ces organes naissent toujours sur un point de la surface inférieure de la feuille, correspondant à une nervure. On sait que ces capsules sont constamment situées sur la face inférieure des feuilles. On donne aussi le nom de frondes aux lames ou expansions herbacées auxquelles sont réduits quelquefois un certain nombre de lichens et d'hépatiques, dans l'épaisseur desquelles sont quelquefois plongés les sporanges; d'autres fois ceux-ci sont portés sur un pédicule.

Front, Frons des Latins. - Partie supérieure de la face, bornée latéralement par les tempes, en haut par l'origine des cheveux, en bas par la ligne horizontale des sourcils. Elle forme la ligne, des sourcils. On y retrouve les os, les muscles, les vaisseaux, les nerfs, etc. qui entrent dans la composition de la face. -  Région de la tête des animaux, bornée en bas par le chanfrein et s'étendant en haut jusqu'au sommet de la tête; il a pour base l'os frontal, les pariétaux, les muscles temporaux. Dans le boeuf il ce termine supérieurement par un bourrelet des deux côtés duquel surgissent les cornes

Frontal. - Qui concerne le front. - Muscle frontal : on nomme ainsi un muscle médian large, mince, irrégulièrement quadrilatéral, qui couvre l'os frontal jusqu'aux sourcils. - Nerf frontal : c'est la branche du nerf ophtalmique qui passe à la partie supérieure de l'orbite, puis se divise en deux rameaux; l'un passe par le trou orbitaire supérieur, le second au-dessous de la poulie du muscle grand oblique. - Os frontal. Cet os, placé à la partie antérieure du crâne, s'articule avec les pariétaux, les temporaux et le sphénoïde; il forme la paroi supérieure de l'orbite et presque toute la cloison osseuse nasale. C'est sur cet os que l'on trouve les bosses frontales, si développées chez les jeunes enfants, et qui sont constituées par le développement des sinus frontaux. 

Fruit. - Organe des plantes phanérogames qui succède à la fleur, et qui contient la semence. Le fruit est l'ensemble de la graine, de l'ovaire et de ses enveloppes venus à maturité. Il est formé de deux parties : 1° le péricarpe, servant d'enveloppe aux graines, et divisé lui-même en épicarpe, mésocarpe et endocarpe, et 2° la graine. Suivant la forme qu'ils affectent, les fruits reçoivent différents noms (drupe, drupéole, baie, akène, gousse, silique, caryopse, pyxide, capsule, samare, strobile). Certains fruits s'ouvrent à la maturité pour laisser s'échapper leurs graines (fruits déhiscents), d'autres tombent avec leurs graines, qui ne sont libérées que par la décomposition des enveloppes extérieures (fruits indéhiscents). La plupart des fruits servant à l'alimentation de l'homme sont fournis par des végétaux ligneux : un petit nombre seulement proviennent de plantes herbacées. On distingue dans les pays tempérés : les fruits à pépins (poire, pomme, coings sorbes); à noyau (abricot, cerise, péché, prune). à osselets (nèfle, cornouille), baies (raisins, groseilles, framboises, fraises, ronces, épine-vinette, busserole), les fruits secs ou non pulpeux (noix, noisette, amande, châtaigne, faine). Les pays chauds fournissent les grenades, oranges, citrons, mandarines, figues, dattes, ananas, anones, noix de coco, bananes, goyaves, kakis, physalis, litchis, sapotille, caroubes, jambosa, etc.

Frutescent (botanique), dit latin fruter, arbrisseau. - Se dit d'un végétalligneux, rameux dès sa base à la manière des arbrisseaux, Une plante est dite sous-frutescente, lorsque la partie inférieure de sa tige seule est ligneuse. Une plante frutiqueuse est celle qui, étant herbacée  tend à devenir frutescente.

Funicule (botanique). - On donne ce nom au cordon vasculaire qui, partant du placenta de l'ovaire , aboutit à la graine et est destiné à servir de conduit aux sucs nourriciers. Ce cordon est désigné souvent sous le nom de cordon ombilical. Certains auteurs ont aussi nommé cet organe podosperme (du génitif grec podos, pied, et sperme, graine). Il est quelquefois très développé comme dans certains magnolias. Dans les asclépiades, il est formé de filets soyeux qui composent une aigrette. - Le funicule est un faisceau de fibres et de vaisseaux détachés du placenta ou trophosperme. Destiné à nourrir l'embryon comme il a été dit, il pénètre à travers l'épisperme jusqu'à l'amande; dans ce trajet, il franchit l'épaisseur de la testa en un point nommé le hile, et celle du tegmen ou membrane interne en un autre point nommé la chalaze.

Fusiforme (histoire naturelle). - Qui a la forme d'un fuseau, renflé vers le milieu et s'amincissant par les deux bouts. On rencontre assez souvent cette forme en zoologie et en botanique; ainsi plusieurs espèces de coquilles sont fusiformes, la racine d'une variété de Rave (Raphanus sativus, Lin.) est fusiforme, etc.

Fusion. - Mode d'entrée par certains virus à enveloppe, où cette enveloppe fusionne avec la membrane plasmique de la cellule hôte.
 
 
 
 

 

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