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Les reins
Rein (anatomie), ren des Latins. - Organe destiné à la sécrétion de l'urine, que l'on observe chez les animaux vertébrés et dont on trouve plus ou moins l'analogue dans plusieurs groupes d'invertébrés. Chez l'humain, les reins sont deux organes en forme de haricot situés de chaque côté de la colonne vertébrale, au voisinage des premières vertèbres lombaires et en dehors du péritoine. Leur bord externe est convexe, tandis que leur bord interne présente une concavité ou hile qui livre passage aux vaisseaux sanguins, aux nerfs et au canal d'écoulement de l'urine. Leur sommet est surmonté d'un petit organe jaunâtre, en forme de casque, la capsule surrénale, qui est une glande à sécrétion interne.

Les reins sont composés de deux substance : l'une extérieure, substance corticale; l'autre profonde, substance médullaire. Toutes deux sont formées de tubes déliés et fort longs, repliés sur eux-mêmes dans la substance corticale, droits et accolés dans la substance médullaire. Dans ces tubes, dits tubes urinifères, se sécrète l'urine. Ils vont en définitive s'ouvrir dans une cavité membraneuse nommée le bassinet, qui se continue hors du rein en un canal appelé uretère. L'uretère, qui descend parallèlement à la colonne vertébrale et va s'ouvrir, après un trajet de 25 cm, dans un réservoir impair, la vessie, dont il perce la paroi en cheminant très obliquement dans son épaisseur pendant 1 ou 2 cm, de telle sorte que lorsque la vessie se contracte pour chasser son contenu, les orifices des uretères se ferment d'eux-mêmes par le rapprochement de leurs deux faces opposées, et l'urine ne peut pas remonter du côté des reins.

On trouve encore dans le rein un grand nombre d'artères, de veines et des glomérules, corpuscules très répandus dans la substance corticale. On les distingue sous la forme de petits points rouges lorsqu'ils sont remplis de sang.

(C'est sous le nom de rognons que l'art culinaire désigne les reins des animaux).

Considérations sur les reins humains.
Les reins sont deux organes en forme de haricots qu'on peut considérer comme un vaste appareil émonctoire chargé au même titre que les glandes sudoripares de débarrasser l'organisme des déchets qui proviennent des combustions qui se font dans l'intimité de nos tissus. On voit par là quelle est leur importance ces deux organes glanduleux et éminemment vasculaires sont la partie fondamentale et originelle de l'appareil urinaire; ils sont brun rouge (lie de vin) et de ferme consistance. Comme le foie et les poumons, les reins se décomposent en lobes bien visibles chez le foetus, bien que fusionnés en apparence chez l'adulte; chaque lobe garde son indépendance fonctionnelle. 

Situation
Profondément situés à l'abri des chocs et des traumatismes, les reins sont couchés sur les côtés du rachis, au niveau des deux dernières vertèbres dorsales et des deux premières lombaires, le rein droit un peu plus bas à cause du foie. Ils sont par leur extrémité supérieure à 6 ou 7 cm d'écartement l'un de l'autre et à 10 ou 11 cm par leur extrémité inférieure.

Moyens de fixation.
Les reins sont maintenus en place par leurs vaisseaux gros et très courts : artères qui les relient à l'aorte abdominale et veines qui les attachent à la veine cave inférieure; le péritoine pariétal les fixe en les appliquant fortement contre la paroi de l'abdomen; enfin une enveloppe conjonctive, le fascia rénal, les enveloppe. A partir de dix ans, la graisse s'y infiltre, et ce fascia devient la capsule adipeuse du rein cette graisse périrénale au hile entoure les vaisseaux et comble tous les vides, elle contribue puissamment à la fixation des reins.

Volume
Chaque rein humain présente en moyenne 13 cm  long, 7 cm large et 3 cm d'épaisseur. Poids, de 125 à 140 g.
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Configuration extérieure.
La face antérieure du rein légèrement bombée est unie chez l'adulte et bosselée chez le foetus; le péritoine la recouvre ; à droite la face inférieure du foie repose dans ses trois quarts supérieurs sur le rein; en bas, il confine au côlon ascendant et transverse et à la veine cave inférieure; à gauche, le rein répond à la queue du pancréas, à la rate en haut et en dehors, en bas au côlon transverse et descendant.

La face postérieure est presque plane : c'est celle qu'on recherche dans toute opération sur cet organe. En bas, au-dessous de la douzième côte, elle repose sur le muscle carré des lombes, en haut le rein est séparé de la douzième côte par le diaphragme, il se trouve directement en contact avec le cul-de-sac inférieur pleural : ce qui explique la propagation des inflammations du rein à la plèvre. Le bord externe du rein convexe déborde le carré des lombes et les spinaux; à droite il répond au foie, à gauche à la rate. Le bord interne est concave, il repose sur le psoas et présente une échancrure, le hile, par où passent tous les organes qui se rendent au rein; vaisseaux et nerfs ou ceux qui en sortent, l'uretère. L'extrémité supérieure est coiffée par la capsule surrénale. Comme la rate et le foie, le rein se compose d'une enveloppe fibreuse et d'un tissu propre à la capsule fibreuse qui a de un à deux dixièmes de millimètre, revêt toute la surface de l'organe et est unie à l'extérieur et à l'intérieur par des tractus conjonctifs.

Coupe d'un rein.
Coupe d'un rein.
Configuration intérieure.
On y distingue trois régions différentes qui sont, de dehors en dedans :
1° La capsule, membrane externe conjonctive, mince et résistante, généralement couverte de graisse.

2° La couche corticale, d'aspect granuleux, formée d'une multitude de petits corpuscules arrondis de 0,2 mm appelés les glomérules de Malpighi.

3° A l'intérieur, et constituant la plus grosse masse du rein, la substance médullaire, formée d'une multitude de petits tubes urinifères microscopiques dans lesquels l'urine prend partiellement naissance et qui sont répartis en petits faisceaux pyramidaux, au nombre de 15 à 20 par rein, que l'on appelle les pyramides de Malpighi. On estime que les tubes d'un seul rein, placés bout à bout, atteindraient 20 kilomètres de longueur.

Enfin le sommet de chaque pyramide est percé de 15 à 30 petits orifices par lesquels l'urine s'écoule d'une façon constante et se déverse dans une cavité spacieuse creusée dans le hile du foie et appelée le bassinet; toutefois l'urine n'y séjourne pas et s'écoule immédiatement dans l'uretère qui est le prolongement direct du bassinet et qui la déverse dans la vessie.

Déjà, au milieu du XVIIe siècle, Malpighi avait vu que sur une coupe parallèle à ses deux faces la substance rénale présentait des aspects divers, selon le point, examiné, une partie centrale ou médullaire, l'autre périphérique ou corticale. La substance médullaire, d'aspect fibreux et strié, est formée de surfaces triangulaires à sommet dirigé vers le hile à base en dehors formée par la substance corticale : ce sont les pyramides de Malpighi au nombre de dix à douze par rein, le sommet de chaque pyramide proémine dans le bassinet et y forme une saillie, la papille rénale; en pressant dessus, on voit sourdre par dix à vingt orifices (qui sont les pores urinaires) quelques gouttes d'urine. Chaque papille figure une pomme d'arrosoir, c'est l'arca cribrosa, et à chaque pore urinaire vient se terminer un tube de Bellini. La zone claire que l'on voit dans les pyramides est formée par les tubes urinifères ou de Bellini; les rayons foncés comprennent surtout des veines; ce sont les vaisseaux droits de Henle.

Pyramide du rein.
Une pyramide du rein (d'après Retterer).
La substance corticale de couleur jaunâtre entoure la substance médulaire, et ses prolongements qui s'insinuent entre les pyramides s'appellent les colonnes de Bertin. On y trouve dans la substance corticale une série de petits corps de deux dixièmes de millimètre disposés le long des vaisseaux sanguins : ce sont les corpuscules ou glomérules de Malpighi qui sont au nombre d'un million environ pour les deux reins. Les rayons pâles des pyramides de Malpighi sont constitués par les tubes urinifères à direction rectiligne; il y en a quatre à cinq cents par pyramide : on les appelle pyramides de Ferrein.

Tube urinifère.
L'urine dans les canaux du rein suit un trajet bien compliqué : si l'on considère chaque tube isolément, il prend naissance au niveau du corpuscule de Malpighi et se termine à l'un des orifices de la papille après un trajet de 6 à 8 cm; dans ce long parcours, il change plusieurs fois de direction et subit de nombreux changements dans son diamètre. En sortant du glomérule, le tube urinifère a une portion rétrécie, le col, qui devient un conduit flexueux (l'ensemble forme les tubuli contorti); enfin, abandonnant la région glomérulaire, le tube descend brusquement vers le sinus , devient filiforme (branche descendante), forme l'anse de Henle en remontant et aug mentant de diamètre : c'est la branche ascendante qui revient dans la substance corticale; les tubes urinifères deviennent de nouveau flexueux : c'est la pièce intermédiaire continuée par le canal d'union très court qui enfin s'abouche dans un dernier segment du tube urinifère qu'on appelle le canal collecteur qui descend en ligne droite vers le sommet de la papille où il s'ouvre dans les calices (la réunion des canaux collecteurs forme  les tubes de Bellini), les canaux se réunissent les uns aux autres pour former des canaux de plus en plus volumineux et de moins en moins nombreux. Ces trajets tortueux donnent à chaque tube une grande longueur et comme ils sont très nombreux, Ferrein avait déjà calculé qu'en les plaçant bout à bout les tubes de chaque rein ont une longueur de 5 lieues environ.

Ainsi à la base de chaque pyramide il y a de quatre mille à six mille canaux collecteurs de quarante millièmes de millimètre de diamètre, tandis qu'au sommet de la pyramide il n'y a plus que quinze à vingt conduits ayant chacun son orifice (qui a deux dixièmes de millimètre) dans l'arca cribrosa.

Structure des tubes urinifères
La structure des tubes urinifères n'est pas partout la même : 

1° Dans la partie contournée qui fait suite à la capsule de Bowmann, ainsi que dans la branche ascendante de l'anse de Henle, les parois sont formées d'une assise de cellules très hautes avec un protoplasme qui renferme de très nombreuses petites granulations placées bout à bout en forme de stries radiaires. Ce sont elles qui puisent dans le sang les substances caractéristiques de l'urine et qui représentent par conséquent la partie vraiment fondamentale des reins.

2° La branche descendante de l'anse de Henle est trois fois plus étroite et est formée d'une assise de cellules aplaties comme celles des vaisseaux sanguins; elle ne joue aucun rôle actif dans la sécrétion urinaire.

Cette structure,  assez compliquée, a été connue grâce aux recherches de Malpighi, Bellini, Bertin, Ruysh et Henle.
Rein : tube urinifère.
Un tube urinifère isolé.
aa, artère afférente; ae,
artère efférente du glomérule de Malpighi.
Corpuscule
Chaque glomérule est entouré d'une poche (capsule de Bowmann) qui n'est autre qu'une dilatation ampullaire, de l'extrémité des tubes des pyramides de Ferrein. C'est une membrane hyaline en forme de sphère creuse dans laquelle se moule le paquet de vaisseaux formant le glomérule. La capsule a deux pôles opposés : le pôle urinaire donnant naissance au tube urinifère; le pôle vasculaire donnant passage aux vaisseaux afférent et efférent. La face externe de la capsule de Bowmann répond au labyrinthe, l'interne est tapissée d'un épithélium aplati polygonal. Le vaisseau efférent grèle possède une sorte de sphincter de fibres musculaires, l'afférent est plus volumineux.

Les tubes urinifères, les tubuli contorti et les canaux collecteurs sont tapissés d'un épithélium cylindrique dans la branche ascendante; dans l'anse et le canal d'union, la lumière du canal est étroite et l'épithélium est granuleux et cubique, le protoplasme de la cellule épithéliale y présente une série de stries et bâtonnets formée par des granulations mises bout à bout.

Disposition des vaisseaux sanguins.
Les reins sont des organes très vascularisés. Ils reçoivent une énorme quantité de sang que leur apportent les deux grosses artères rénales se détachant de l'aorte et dans lequel ils puisent à chaque instant les éléments de désassimilation qui constituent l'urine

Chaque artère se divise à son entrée dans le rein en un certain nombre de grosses branches rayonnantes qui passent entre les pyramides et vont toutes se déverser dans une artère parallèle à la face convexe du rein et appelée pour cette raison l'artère en arcade de Bertin; c'est elle qui marque la limite entre la substance corticale et la substance médullaire.

De cette artère en arcade partent de nombreuses ramifications rayonnantes ou artères radiées qui se dirigent toutes vers la périphérie, dans la substance corticale.

Puis de chaque artère radiée se détachent d'autres ramifications plus fines encore, très régulièrement disposées et qui pénètrent chacune dans une capsule de Bowmann, dont elles se coiffent comme d'un bonnet de coton.

Là, cette artériole entrante ou afférente se résout en vaisseaux capillaires qui se pelotonnent sur eux-mêmes au lieu de se mettre en réseau connue cela a lieu habituellement. L'ensemble de la capsule de Bowmann et de son peloton vasculaire interne forme un petit corpuscule arrondi de deux dixièmes de millimètre de diamètre appelé le glomérule de Malpighi. Ces glomérules sont très nombreux autour de chaque artère radiée et ce sont eux qui constituent l'écorce du rein, à laquelle ils donnent son apparence d'oeufs de poisson.

Enfin de chaque glomérule il sort ensuite une autre petite artère dite efférente qui, un peu plus loin, se résout à son tour en un second système de capillaires d'abord artériels, puis veineux, qui se disposent en un réseau enveloppant dans ses mailles tous les tubes urinifères. Finalement tous ces capillaires se réunissent et forment une petite veine radiée qui va se déverser dans une grande veine en arcade, parallèle à l'artère du même nom.

De cette veine en arcade en partent d'autres qui passent entre les pyramides et vont se fusionner dans la région du hile pour former la veine rénale unique sortant du rein.

Rein : vaisseaux sanguins.
Vaisseaux sanguins du rein.
Système porte rénal. 
Il résulte de cette disposition qu'il existe deux systèmes de capillaires sur le trajet des vaisseaux de l'intérieur du rein : l'un, dans l'intérieur du glomérule, qui est uniquement artériel; l'autre qui enserre dans ses mailles les tubes urinifères et qui correspond aux capillaires généraux du corps, car il renferme d'abord du sang artériel et plus loin du sang veineux. Ces deux systèmes de capillaires intercalés sur le trajet des vaisseaux du rein constituent le système porte rénal et rappellent le système porte hépatique.

Une telle abondance de vaisseaux sanguins est naturellement en rapport avec le rôle excréteur des reins, ils amènent entre tous les tubes urinifères une grande quantité de sang dans lequel ces tubes puisent à chaque instant les déchets spéciaux constituant l'urine.

Lymphatiques
Le réseau naît des espaces lymphatiques qui se trouvent partout, puis naissent les vaisseaux lymphatiques profonds et superficiels qui se dirigent tous vers le hile et se jettent dans les ganglions lombaires.

Nerfs.
Les nerfs proviennent du plexus solaire et du petit splanchnique et forment de riches plexus en s'accolant aux artères. Tous les éléments constitutifs du rein, corpuscules de Malpighi, tubes urinifères, vaisseaux et nerfs, sont plongés dans une gangue conjonctive qui constitue la charpente du rein.

Développement.
Les reins se développent aux dépens du mésoderme, ils dérivent du métanéphros de bonne heure, dès que le corps de Wolff est constitué; le rein naît du canal de Wolff sous forme d'un bourgeon creux qui se dirige en haut, le pédicule formera l'uretère, la partie supérieure engendre le rein, elle s'évase en prenant la forme du bassinet, puis elle produit un certain nombre de bourgeons secondaires, les futures pyramides.

Des reins chez les autres animaux.
Chez presque tous les mammifères, les reins sont analogues à ceux de l'humain; chez certains, la division en lobes est très nette (l'ours, la loutre). Chez les cétacés, le dauphin par exemple, les reins s'attachent en forme de grappes sur l'artère rénale. Les reins des oiseaux sont proportionnellement plus volumineux que chez les mammifères et ont une forme toute différente. Chez les poissons, les reins sont situés de chaque côté de la colonne vertébrale ; ils ont la forme de plusieurs lobes ou de longues traînées. Chez les insectes, certains canaux très grêles, appelés canaux malpigliens, sont en partie affectés à la sécrétion urinaire.

Physiologie.
L'importance des reins est capitale, car ce sont eux principalement qui servent à débarrasser l'organisme des produits de désassimilation. Tous les composants de l'urine se trouvent dans le sang, mais beaucoup plus dilués; le rôle du rein se borne à les choisir dans le plasma sanguin et à les en extraire. Une quantité de sang énorme passe par les glomérules, aussi le rein laisse filtrer constamment l'urine qui s'écoule goutte à goutte dans le bassinet. La quantité est de 1200 à 1300 g en vingt-quatre heures.

L'urée, principale matière azotée qu'on trouve dans l'urine, s'accumule dans le sang si on extirpe le rein à un animal; le sang de la veine rénale contient moins d'urée que celui de l'artère.

Le mécanisme classiquement invoqué pour expliquer l'extraction par les reins des divers composants de l'urine a été proposé par Bowmann. D'après son explication, cette extraction se fait, partie dans les glomérules de Malpighi où il y aurait une simple filtration de solutions salines et partie dans les branches ascendantes des tubes de Henle par un travail excréteur de leurs cellules.

Première phase. Filtration glomérulaire. 
Dans chaque glomérule, le plasma du sang des capillaires laisserait filtrer de l'eau et des sels minéraux qui passent dans la cavité de l'ampoule et de là dans les tubes urinifères. Cette filtration serait due à la pression sanguine dans l'ampoule, où elle est de 14 cm de mercure, tandis qu'elle n'est que de 9 cm un peu plus loin, dans le second réseau de capillaires.

A l'appui de cette assertion on fait remarquer que toute cause qui fait varier la pression sanguine retentit sur la quantité d'urine. Ainsi la pression sanguine augmente à la suite des repas, de l'absorption des boissons chaudes ou encore sous l'influence du froid, qui produit une vaso-constriction de la peau : dans tous ces cas il y a accroissement de la sécrétion urinaire. La chaleur agit inversement en produisant la vaso-dilatation de la peau et par suite une sécrétion sudoripare plus abondante, ce qui amène une diminution de la pression sanguine et de la sécrétion urinaire.

Les hémorragies qui font baisser la tension artérielle déterminent également une diminution de la sécrétion urinaire.

Deuxième phase.  Travail excréteur des tubes urinifères.
Les branches ascendantes des tubes urinifères qui sont entremêlées avec le second réseau de capillaires sont constituées par une assise de grandes cellules à protoplasme strié ayant la propriété spéciale de puiser l'urée et l'acide urique dans le sang, et de les déverser ensuite dans l'intérieur des tubes où se trouvent déjà l'eau et les sels : l'urine est dès lors constituée. La partie ondulée des tubes urinifères faisant suite aux glomérules a également la même propriété.

On a mis en évidence le rôle actif de ces cellules dans l'excrétion urinaire en injectant du carmin d'indigo dans le sang d'un animal; quelques heures plus tard, on constate que les tubes urinifères sont colorés dans les régions à grandes cellules, portions ondulées et branches ascendantes des tubes de Henle, tandis que les glomérules sont restés incolores ainsi que les branches descendantes des tubes urinifères, dont les parois sont à cellules aplaties.

Ou bien encore on lie les uretères d'un oiseau, dont l'urine est très riche en urates, et l'on voit que les cristaux de ces sels ne s'accumulent que dans les portions des tubes à grandes cellules et non dans les glomérules. Ce sont donc bien ces cellules seules qui sont le siège d'un travail spécial d'excrétion, par lequel elles choisissent dans le sang les déchets azotés qu'il transporte. En cas de mauvais fonctionnement ou de destruction elles laissent filtrer l'albumine du sang dans l'urine et déterminent ainsi cette affection grave qui s'appelle l'albuminurie. (Dr Pinel Maisonneuve / A. Pizon).

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