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| Aperçu | L'anatomie descriptive | L'anatomie pathologique |
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| L'anatomie
artistique
On donne le nom d'anatomie artistique
ou d'anatomie des beaux-arts, ou des formes, à cette
partie de l'anatomie qui s'enseigne aux peintres,
aux sculpteurs, et en général à tous ceux qui s'occupent
de figurer d'une façon quelconque l'humain ou les autres animaux,
vivants ou morts. Sous cette dénomination, rentrent donc des études
assez diverses. En effet, la forme d'un être quelconque dépend
de plusieurs facteurs parmi lesquels nous distinguerons les proportions
du squelette Considérons d'abord l'ostéologie
et son annexe indispensable, dont nous n'avons pas encore parlé,
l'arthrologie (étude des articulations Arrivons maintenant à la myologie.
Son étude donne le nombre et la position respective des muscles
Canon de la figure humaine, d'après Albrecht Dürer. Les facteurs que nous venons d'examiner
permettent déjà l'exécution de certaines oeuvres;
mais pour aborder la représentation de l'être vivant, il faut
un élément de plus : il faut de la physiologie.
Soit qu'il s'agisse d'un agonisant, comme dans le crucifiement, soit qu'il
s'agisse d un gladiateur en plein combat, soit qu'il s'agisse d'un penseur
immobile, la physiologie est indispensable. II faut l'avouer, elle est
défectueuse chez beaucoup d'artistes. Il suffit, pour constater
ce fait, d'étudier quelques crucifiements. On y voit des contradictions
flagrantes : ici le torse est mort, et les jambes vivent encore, là
tout le corps est mort sauf les bras : très souvent le vivant et
le mort s'entremêlent au mépris de la physiologie la plus
élémentaire. Dans les représentations de figures vivantes,
c'est la même chose : ici la figure tout entière est posée
de telle façon que l'équilibre en est impossible: dans telle
attitude, tel muscle qui devait se contracter reste flasque : au contraire
tel autre muscle qui doit rester inactif est démesurément
gonflé. Toutes ces erreurs tiennent à des connaissances physiologiques
imparfaites. En outre, beaucoup d'entre les erreurs générales
commises par un artiste tiennent à une connaissance défectueuse
de l'harmonie générale des attitudes, c.-à-d. au contre-coup
que doit avoir forcément sur le reste du corps l'attitude ou le
geste de telle ou telle partie. C'est ainsi qu'un bras sera très
bien posé, mais que le reste du corps ne sera pas dans une attitude
en harmonie avec celle du bras : de là une impression choquante.
En résumé, si l'ostéologie et la myologie fournissent
à l'artiste des données fondamentales, sans la physiologie
celui-ci n'arrive à rien. Il faut l'avouer, la physiologie des mouvements,
des attitudes et des expressions est loin d'être la partie la plus
aisée à apprendre, dans l'anatomie des beaux-arts.
Canon de la figure humaine, d'après Léonard de Vinci. Ceci dit sur l'importance de l'anatomie
des beaux-arts, il nous faut voir de quelle façon cette étude
peut être faite, et à quelles règles elle a déjà
pu conduire. L'ostéologie, l'arthrologie, la myologie ne s'apprennent
réellement bien que par la dissection encore y faut-il du temps.
Quant à l'étude théorique au moyen des livres, elle
ne peut pas donner de bons résultats : rien ne vaut l'étude
pratique, sur le cadavre. Même chose pour la physiologie : cependant
il est certains livres, tels que ceux de Duchesne, de Boulogne, de Darwin,
de Mantegazza, qui sont de la plus haute importance pour quiconque étudie
le mécanisme de l'expression des émotions. Ajoutons que l'observation
pure et simple des mouvements de toute catégorie exécutés
sous l'oeil de l'artiste, sera d'un grand secours à ce dernier.
Donc, pratique ou dissection, étude théorique et observation
quotidienne, voilà les trois modes selon lesquels doit se faire
l'éducation anatomique d'un artiste. Les études anatomiques
se trouvent un peu simplifiées, en ce sens que de nombreux artistes
et anatomistes ont déjà pu, de leurs études qui remontent
à une haute antiquité, déduire certaines formules
générales, qui dispensent l'artiste d'aujourd'hui de l'étude
de certains sujets. C'est ainsi que la question des proportions relatives
des diverses parties du corps, se trouve presque codifiée. Il y
a plusieurs méthodes pour déterminer ces proportions. Ainsi
Dürer
divisait la figure en dix espaces égaux, ou nombres; chaque nombre
se divisait en dix portions; chaque portion en dix minutes. Son système,
trop compliqué, n'est pas suivi. Une vieille figure égyptienne
(
Canon égyptien. Ch. Blanc pensait que ce canon a été connu des Grecs, et que Polyclète s'en est servi pour établir son Doryphore : beaucoup d'auteurs sont d'un avis différent. Un autre canon a été proposé par Vitruve : cet auteur considère l'intervalle entre la menton et le haut du front, comme étant la dixième partie du corps humain, et il met le centre du corps au nombril. Léonard de Vinci, Dürer ont adopté en partie les idées de Vitruve, en ce qu'ils regardent la face comme la dixième partie du corps. J. Cousin prend pour type la longueur du nez, égale au quart de la longueur de la tête, et il divise le corps en 8 têtes ou 32 nez . D'autres artistes ont réduit la hauteur du corps à 7 têtes et demie, ce que Gerdy a critiqué, en se basant sur des données expérimentales. Plus tard Sappey a admis 7 têtes et demie, contrairement à Gerdy. En général, les artistes adoptent tantôt l'une, tantôt l'autre proportion. Il serait d'ailleurs aussi ridicule de vouloir imposer certaines proportions aux artistes, qu'il est impossible d'imposer une taille uniforme à l'humanité. On peut leur fournir des moyennes et des limites minima et maxima : à eux de choisir selon les types qu'ils veulent représenter. Les travaux dont nous venons de parler se rapportent aux proportions de l'homme adulte bien constitué : mais il y a des différences inhérentes au sexe et à l'âge. A l'égard des variations et modifications que doit imposer le sexe, il y a peu à dire : les proportions varient peu de l'homme à la femme, comme l'enseigne Salvage. Les variations dues à l'âge sont importantes, soit qu'il s'agisse de l'enfant, soit qu'il s'agisse du vieillard. La question des proportions générales n'est pas la seule sur laquelle les artistes qui ont donné dans la peinture ou la sculpture académiques on pu disposer de données scientifiques et précises : l'expression des émotions et le mécanisme de la physionomie humaine ont été, eux aussi, étudiés d'une façon très précise. C'est Duchesne de Boulogne qui a, sur ce point, fourni les faits les plus intéressants. On ne s'attend pas à ce que nous puissions aborder ici cette question qui comporte des développements considérables: nous nous contenterons de l'indiquer. (Dr H. de Varigny).
Canon de la figure humaine d'après J. Cousin. |
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