Les Mots du Vivant
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Membre (anatomie). - On donne le nom de membres ou d'extrémités aux appendices disposés par paires symétriques.  Chez l'humain, comme chez les autres Vertébrés, existent quatre membres, les membres supérieurs ou thoraciques (ou antérieurs) et les inférieurs ou abdominaux (ou postérieurs). Les membres des Vertébrés terrestres ou aériens, Batraciens, Reptiles, Oiseaux et Mammifères,sont établis sur un même plan général et ce plan est identique pour les membres inférieurs et pour les membres postérieurs. Chaque membre se compose toujours de deux parties, une partie fixe ou ceinture et une partie mobile qui lui est suspendue :. 
Membre de Vertébré.
Schéma d'un membre de Vertébré.

La ceinture fixe comprend typiquement trois pièces; la partie mobile qui lui est suspendue comprend elle-même trois articles successifs pouvant jouer l'un sur l'autre; ce sont, pour le membre supérieur : le bras, l'avant-bras et la main; pour le membre inférieur, la cuisse, la jambe et le pied.

La longueur moyenne des membres pour l'humain est de 75 cm environ pour les supérieurs, de 84 cm pour les inférieurs chez l'homme, de 68 cm et de 80 cm chez la femme. Dans les deux sexes, l'excès des membres abdominaux sur les thoraciques est d'environ de 11 centimètres.

Les membres supérieurs de l'Humain. 

La ceinture scapulaire.
La ceinture des membres supérieurs s'appelle la ceinture scapulaire et communément l'épaule. Chez l'Humain, elle diffère un peu du plan typique ses autres Vertébrés en ce sens qu'elle ne comprend que deux pièces, l'omoplate en arrière et la clavicule en avant; la troisième pièce du plan général, qui s'appelle l'os coracoïde manque; elle est représentée par une simple apophyse de l'omoplate, l'apophyse coracoïde.

a) L'omoplate est un os plat avant à peu près la forme d'un triangle rectangle et étendu en arrière sur les côtes; son grand côté est à peu près parallèle à la colonne vertébrale, dont il est séparé d'ailleurs par un intervalle assez large; son côté oblique est en avant et son autre côté droit forme la partie supérieure. Sa surface externe est parcourue transversalement vers le haut par une crête très accentuée, l'épine de l'omoplate, qui se termine en avant par une apophyse très accusée formant la crête saillante de l'épaule et appelée l'acromion. Le bord de l'omoplate présente sous cette apophyse une cavité arrondie et d'ailleurs peu profonde, la cavité glénoïde, dans laquelle s'articule la tête de l'os du bras. Enfin, au-dessus de cette cavité se trouve une autre apophyse recourbée en bec de corbeau, l'apophyse coracoïde (korakos = corbeau), qui représente la troisième pièce constituant la ceinture scapulaire chez ceux des Vertébrés qui l'ont complète.

b) La clavicule est un os très allongé et légèrement courbé en forme d'S étiré; elle s'articule d'une part avec la crête de l'épaule ou acromion, d'autre part avec le sommet du sternum.

On considère habituellement que l'omoplate et la clavicule ne forment de chaque côté qu'une demi-ceinture, et que c'est le cercle osseux, constitué par l'ensemble des deux omoplates et les deux clavicules qui forme la ceinture scapulaire. Celle-ci se trouve complètement fermée en avant par l'intermédiaire du sternum, tandis qu'elle est très largement ouverte en arrière, où les deux omoplates s'arrêtent à une assez grande distance l'une de l'autre; des muscles nombreux fixés sur ces dernières leur font subir des déplacements sensibles, mais en avant les deux clavicules les maintiennent toujours au même écartement.

Partie mobile du membre supérieur
La partie mobile du membre supérieur comprend trois régions : le bras, l'avant-bras et la main :

a) Le squelette du bras est formé d'un os unique, de forme allongée, appelé l'humérus : son extrémité supérieure est un gros condyle arrondi  et s'articule dans la cavité glénoïde de l'omoplate; son extrémité inférieure, également renflée, porte un condyle articulé avec le radius de l'avant-bras et une sorte de poulie ou trochlée articulée avec la seconde pièce de l'avant-bras, le cubitus. Au-dessus de la trochlée et à sa face antérieure, l'humérus présente la cavité coronoïde , et sur la face postérieure opposée la cavité olécranienne.

b) Le squelette de l'avant-bras est formé de deux os longs à peu près parallèles et sensiblement de mêmes dimensions : ce sont le radius qui est placé dans le prolongement du pouce, et le cubitus placé dans le prolongement du petit doigt.

L'extrémité supérieure du radius s'articule avec le condyle de l'humérus par un renflement légèrement concave ou cupule à contour circulaire , ce qui lui permet par conséquent de tourner librement à droite et à gauche, ou bien encore d'effectuer des mouvements de flexion en avant. Son extrémité inférieure est articulée de son côté avec deux des os du poignet, le scaphoïde et le semi-lunaire.

L'extrémité supérieure du cubitus porte une gorge très creuse qui embrasse la trochlée de l'humérus et qui est limitée par deux saillies une antérieure, l'apophyse coronoïde (koronos = corne recourbée) qui vient buter dans la cavité coronoïde de l'humérus lors des mouvements de flexion de l'avant-bras; une postérieure très développée, l'olécrâne, qui forme la saillie du coude et qui vient buter dans la cavité olécranienne de l'humérus où elle sert de cran d'arrêt lorsque l'avant-bras se met en extension dans le prolongement du bras. Ainsi articulé, le cubitus ne peut effectuer que des mouvements de flexion ou d'extension, mouvements qui sont encore limités en avant par son apophyse coronoïde, en arrière par son apophyse olécranienne. Son extrémité inférieure s'arrête au voisinage immédiat de celle du radius, mais n'a aucun rapport avec les osselets du poignet.

Il résulte de ces modes d'articulation, que dans les mouvements de flexion ou d'extension de l'avant-bras, le cubitus et le radius se déplacent l'un et l'autre au coude, le radius entraînant en même temps la main par l'intermédiaire des deux osselets du poignet avec l'esquels il est articulé. Dans les mouvements de rotation, au contraire, le radius seul tourne au coude en entraînant encore la main, et se met en croix avec le cubitus qui reste fixe.

c) Le squelette de la main comprend trois parties : le poignet ou carpe,
la paume ou métacarpe et les doigts formés d'os successifs ou phalanges. Le carpe est formé de huit petits os courts, disposés sur deux rangées. Le métacarpe constitue le squelette de la paume de la main; il comprend cinq os longs, les os métacarpiens, qui sont placés chacun dans le prolongement d'un doigt et qui, comme tous les os longs, sont légèrement renflés à-leurs extrémités .

Enfin, chacun des cinq doigts, à l'exception du pouce, comprend trois os ou phalanges de taille successivement décroissante : la phalange, la pha
langine et la phalangette sur laquelle l'ongle est fixé. Le pouce manque de phalangette. La caractéristique de la main, c'est que le pouce est opposable à tous les autres doigts et peut former avec chacun d'eux une sorte de pince capable de saisir les objets. Ce qui fait dire que les extrémités des membres supérieurs sont différenciées en organes de préhension.

La première rangée des os du carpe comprend de dehors en dedans  : le scaphoïde, le semi-lunaire, le pyramidal et le pisiforme (os sésamoïde). La seconde rangée comprend le trapèze, le trapézoïde, le grand os et l'os crochu. C'est avec le scaphoïde et le semi-lunaire de la première rangée que s'articule le radius.

Les membres inférieurs

Les membres inférieurs sont établis sur le même plan général que les membres supérieurs et comprennent deux parties : 1° la ceinture pelvienne, solidement fixée à la base de la colonne vertébrale; 2° une, partie mobile articulée avec la ceinture précédente et comprenant, suivant la règle générale, trois articles, la cuisse, la jambe et le pied.

La ceinture pelvienne.
Elle est formée d'un os volumineux appelé l'os iliaque; il se réunit en avant sur la ligne médiane du corps avec son symétrique, en arrière il se soude par une très large surface
aux parois latérales du sacrum et cet ensemble constitue une large cuvette, le bassin, dans lequel reposent les viscères abdominaux.

L'os iliaque est lui-même formé de trois pièces osseuses intimement soudées entre elles et représentant les trois pièces de toute ceinture normale. Ce sont : 1° l'ilion, partie supérieure évasée, concave intérieurement et formant la saillie de la hanche; - 2° le pubis, situé en avant, possède une branche horizontale qui s'articule, sur la ligne médiane du corps, avec la correspondante du pubis opposé : 3° l'ischion, placé en arrière et en bas, a la forme d'un arc osseux. Ces trois parties sont soudées de telle sorte qu'elles prennent part toutes les trois à la formation d'une cavité profonde, la cavité
cotyloïde, dans laquelle s'articule l'os de la cuisse.

Pendant la vie embryonnaire, l'os iliaque a ses trois pièces absolument distinctes, séparées par des plages cartilagineuses.

Lorsque le corps est assis, il repose sur un triangle formé par les deux ischions et la base inférieure du sacrum.

Partie mobile.
Elle comprend trois régions : la cuisse, la jambe et le pied.
 

a) Le squelette de la cuisse est formé d'un os long, le fémur, qui est le plus volumineux de tout le squelette ; son extrémité supérieure se termine par un volumineux condyle qui s'articule dans la cavité cotyloïde de l'os iliaque. Au-dessous de sa tête, il présente une région rétrécie, le col, à direction oblique vers le dehors, et un peu plus loin deux fortes saillies osseuses le grand trochanter en dehors et le petit trochanter en dedans. Enfin, son extrémité inférieure, considérablement renflée, présente deux gros condyles qui s'articulent avec le tibia de la jambe.

b) Le squelette de la jambe est formé par deux os longs parallèles et de calibre inégal : le tibia en dedans et le péroné en dehors. Le corps du tibia a la forme d'un prisme triangulaire présentant une arête saillante à sa face antérieure. Sa tête est creusée supérieurement de deux cavités glénoïdes, larges et peu profondes, s'articulant avec les deux condyles du fémur, ce qui ne rend possibles pour la jambe que les mouvements de flexion ou d'extension, qui sont d'ailleurs les seuls nécessaires pour la marche.

Son extrémité inférieure également élargie s'étale sur la face saillante d'un des osselets du cou-de-pied, l'astragale, et présente sur sa face interne une saillie qui est la cheville interne ou malléole. Le péroné est beaucoup plus grêle et toujours situé en dehors du tibia; son extrémité supérieure s'accole à la face externe de la tête du tibia, sans toucher le fémur; son extrémité inférieure s'arrête sur le flanc externe de l'astragale où elle se renfle en formant la cheville externe ou malléole.
A la face antérieure de la jambe, au niveau du-genou, se trouve la rotule, petit os de forme circulaire et légèrement bombé. C'est un os sésamoïde, n'atteignant son complet développement qu'au cours de la troisième année, Il empêche la jambe de se plier sur la face antérieure de la cuisse.
c) Le squelette du pied comprend trois parties : le cou-de-pied ou tarse, le métatarse et les orteils :
Le tarse est un assemblage de sept os disposés sur deux rangées : la première rangée comprend, de dehors en dedans, le scaphoïde, l'astragale et le calcanéum la seconde comprend le cuboïde et les trois cunéiformes. Le calcanéum est très allongé en arrière pour augmenter la surface de la plante du pied et servir d'insertion au gros tendon d'Achille; il forme la saillie du talon. L'astragale est un os très saillant vers le haut  et dont la face supérieure a la forme d'une poulie peu profonde sur laquelle vient s'articuler la base du tibia; sur sa face externe, l'astragale s'articule avec l'extrémité renflée du péroné et sur sa face interne avec la saillie latérale du tibia; sa poulie est ainsi emprisonnée dans une sorte de gorge formée à la fois par le tibia et le péroné et ne peut permettre que des mouvements de flexion et d'extension du pied.

Le métatarse forme à lui seul la plus grande partie de la plante du pied; il est composé de cinq os longs, les métatarsiens, placés chacun dans le prolongement d'un orteil. 

Enfin, chaque orteil, excepté le plus gros, est formé de trois os successifs ou phalanges, de taille successivement décroissante, phalange, phalangine et phalangette; c'est cette dernière qui porte l'ongle sur sa face dorsale. Le gros orteil n'a que deux phalanges tout comme le pouce. Il n'est pas opposable aux autres doigts, et c'est ce qui constitue la différence essentielle entre la main et le pied.

Squelette du membre supérieur humain.
Squelette du membre
supérieur humain.
Comparaison des membres

Les membres supérieurs et inférieurs des Vertébrés, construits sur le même plan, sont formés de parties qui se correspondent, c'est-à-dire homologues. Ces homologies se résument ainsi :
-

Ceinture scapulaire Ceinture pelvienne. 
Omoplate  Ilion.
Clavicule Pubis
Os coracoïde Ischion.
Bras
humérus
Cuisse
fémur
Avant-bras
radius
cubitus
carpe 
Jambe
tibia
péroné
tarse
Main
métacarpe 
phalanges
Pied
métatarse 
phalanges
Toutefois, chez l'humain, les membres présentent entre eux et avec le plus typique des Vertébrés quelques différences d'ordre secondaire tenant à leur mode de fonctionnement et dont les principales sont-:
Squelette du membre inférieur humain.
Squelette du membre
inférieur humain.

1° L'avant-bras se plie en avant sur le bras, tandis que son homologue, la jambe, se plie en arrière sur la cuisse. L'humérus présente à sa surface des arêtes qui s'étendent, suivant sa longueur, en décrivant une sorte de spirale, et qui ont fait penser que l'os aurait été tordu sur lui-même de 180°. Si, en effet, l'on détord l'humérus après l'avoir ramolli par un séjour dans de l'acide chlorhydrique étendu et qu'on place ensuite les deux membres l'un à côté de l'autre, comme dans la figure ci-dessous, les homologies éclatent d'elles-mêmes avec la plus grande netteté. L'olécrane (2) vient se placer en avant comme la rotule (2') et peut être regardée comme son homologue.

Comparaison des membres.
Comparaison des membres, l'humérus étant détordu et l'avant-bras ramené au type de la jambe (d'après L. Testut, Anatomie humaine.). 1, humérus. - 1', fémur. - 2, olécrâne homologue de la rotule 2'.- 3 et 4, radius et cubitus homologues de 3' et 4', tibia et péroné.
Mais l'embryogénie montre que l'humérus n'a nullement été tordu de 180° : chez l'embryon, les membres supérieurs et inférieurs sont orientés de la même manière sur les côtés du tronc, la saillie du coude et celle du genou placées toutes deux en dehors. Mais dans la suite l'humérus se tord de 90°, en portant en arrière la saillie du coude; le fémur accomplit de son côté la même rotation en sens inverse et ramène le genou en avant. De sorte que pour ramener les deux membres à leur véritable position primordiale, il faut détordre l'humérus de 90° en avant et le fémur de 90° en dehors, ce qui donne encore l'aspect représenté par la figure précédente. On a observé que la torsion de l'humérus se continue encore de 47° depuis le huitième mois embryonnaire jusqu'à l'état adulte.

2° Au coude, l'humérus s'articule avec les deux pièces de l'avant-bras, radius et cubitus et exécute des mouvements de flexion et d'extension, tandis que son homologue, le fémur, s'articule seulement avec le tibia au genou et n'effectue que des mouvements de flexion.

3° Au poignet, le radius seul s'articule avec deux os du carpe (scaphoïde et semilunaire), tandis qu'au cou-de-pied, le tibia et le péroné s'articulent tous les deux avec un même os du tarse (astragale).

4° Le tarse comprend 7 os et le carpe en possède 8, mais l'os pisiforme du carpe est uni os supplémentaire ou os sésamoïde.

5° Enfin les différentes parties de la main, carpe, métacarpe et doigts, sont placées dans le prolongement direct de l'avant-bras, tandis que leurs homologues, c'est-à-dire les parties du pied, ont une direction horizontale, à 90° environ de la jambe. Cela tient à ce que les extrémités des membres supérieurs se sont différenciées en une main dont le pouce est opposable aux autres doigts permettant ainsi de saisir les objets, tandis que les extrémités inférieures se sont étalées horizontalement sur le sol et supportent le corps dans la station verticale : certaines de leurs pièces, l'astragale et surtout le calcanéum, ont même pris un grand développement en arrière pour augmenter encore la base de sustentation du corps. (Pizon).


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