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Le
Moyen âge.
En France, les monuments du la peinture
pendant le Moyen âge
sont assez rares, bien que cet art ait été de tout temps
cultivé. Sans parler ici de la peinture sur verre,
de la peinture sur émail et des miniatures
des manuscrits, il est certain que la plupart des églises
furent de bonne heure ornées de fresques
ou de peintures en détrempe. Le roi
Childebert,
dit-on, fit couvrir de peintures les murs de l'église de Saint-Germain
des Prés ;
les Capitulaires
de Charlemagne recommandent les travaux de
ce genre, et Ermold le Noir nous a conservé le détail des
peintures qui furent faites de son temps dans l'église d'Ingelheim
: chose singulière, ces peintures ont été presque
toutes reproduites en mosaïque sur les
parois de la cathédrale de Montréal
en Sicile. On n'a pu retrouver quelques-uns des monuments primitifs de
la peinture française qu'en les débarrassant des couches
de plâtre, de mortier ou de badigeon dont on les avait recouverts
à une époque postérieure.
Les plus anciennes fresques
paraissent être celles des églises
de Saint-Honorat à Arles
et Saint-Jean à Poitiers ,
et celles de Saint-Savin, exécutées de 1050
à 1150; mais les plus belles
ornent l'abside de Saint-Saturnin à
Toulouse .
On peut encore citer comme très curieuses les fresques qui décorent
le dortoir de l'abbaye de Saint Martin-des-Vignes
à Soissons, la salle capitulaire des Templiers
à la citadelle de Metz ,
l'église haute de la Sainte-Chapelle
à Paris, la crypte de la cathédrale
de Limoges ,
la préfecture d'Angers
(ancienne abbaye de Saint-Aubin ), le réfectoire de l'abbaye de
Charlieu
dans le Forez, le porche de Notre-Dame-des-Doms
à Avignon ,
la nef de la chapelle
de Selles-Saint-Denis (Loir-et-Cher), le choeur
de l'église du Mont-St-Michel ,
les cathédrales de Coutances ,
du Mans ,
de Clermont-Ferrand ,
etc. Quelques châteaux ont aussi conservé
la trace de leur ancienne décoration.
Jusqu'au XIIIe
siècle les moines seuls cultivèrent la peinture ;
mais on voit par le Livre des métiers d'Étienne Boileau
qu'au temps de Louis IX il existait à
Paris
une corporation de peintres. Les artistes du Moyen âge
ne se bornèrent pas à la peinture
monumentale; ils peignirent sur bois et autres
matières, et leur talent s'exerça sur les diptyques, les
autels,
les meubles, les écus des chevaliers, les selles de cheval, etc.,
qu'ils couvraient de figures, de feuillages, d'ornements de toute sorte.
On a même conservé un portrait
du roi Jean le Bon, qu'on rapporte à
l'année 1350, et qui est attribué
à Giottino. Charles
V créa, sous le nom d'Académie de Saint-Luc, la première
Académie de peinture qui ait existé en France ;
elle fut réorganisée en 1391.
On connaît très peu de peintres
antérieurs aux XIVe
siècle. A ce siècle appartiennent : Girard d'Orléans,
qui travailla pour Charles V, et qui, longtemps
avant Van Eyck, avait exécuté des
peintures
à l'huile et vernissées au château
du Val de Rueil; Jean Coste, employé à la décoration
du même château; Jean de Saint-Romain, imagier de Charles V,
auteur de nombreux cartons pour vitraux; Colart
de Laon, Guillaume Loyseau et Perreniet, qui ornèrent de peintures
murales la chapelle des Célestins
à Paris .
François d'Orléans, qui fit des fresques
à l'hôtel Saint-Pol; Jean de Blois, qui travailla à
l'Hôtel de Ville; J. Biterne, Jean de Saint-Cloy, Peyrin de Dijon,
La Fontaine, Copin dit Grand-Dent, dont le talent fut utilisé
par les princes d'Orléans ;
Jacquemin Gringonneur, qui peignit des cartes à jouer pour l'usage
de Charles VI.
Pendant Ie XVe
siècle, on remarque : Nicolas Pion, qui fit pour l'abbaye
de Saint-Germain-des-Prés
un tableau que l'on conserve à Saint-Denis ;
Jean
Foucquet, peintre et miniaturiste célèbre; Guillaume
Josse et Philippe de Foncières, qui travaillèrent aux peintures
du Louvre
sous Charles VII; le roi René d'Anjou ,
qui peignit des miniatures, des vitraux,
des fresques et des tableaux,
et dont on conserve un tableau à l'hôpital de Villeneuve-lez-Avignon
et un triptyque à Aix-en-Provence .
Dans cette dernière ville (l'église de la Madeleine), on
peut voir également le Triptyque de l'Annonciation, attribué
à Barthélemy Eyck, peintre anversois qui a surtout travaillé
en France, et qui est par ailleurs l'auteur présumé de l'illustration
du Livre du Cœur d'Amour épris (vers 1440?).
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Miniature
illustrant le Livre du Cœur d'Amour épris,
attribuée
à Barthelémy Eyck (milieu du XVe siècle).
La Renaissance.
Au commencement du XVIe
siècle, lors de la Renaissance
des arts, la peinture sur verre et la miniature
jetaient un vif éclat, mais la peinture
monumentale et la peinture de tableaux
ne prenaient aucun essor, et, si l'on excepte Jean Perréal, dit
Jean de Paris ,
qui fit à la suite de Louis XII la campagne
de 1509 pour en retracer les événements
avec le pinceau, on ne peut mentionner que des portraitistes, Guéty,
Corneille de Lyon ,
Foulon, et surtout Janet (Clouet), dont
le musée du Louvre
conserve quelques portraits, et Dumonstier,
auteur de pastels conservés en grand
nombre à la bibliothèque Sainte-Geneviève.
L'Italie ,
qui comptait alors de grands peintres, donna fort à propos une vigoureuse
impulsion à l'école française. Léonard
de Vinci et André del Sarto furent
appelés à la cour de François
Ier :
malheureusement, l'un mourut peu de temps après son arrivée,
l'autre ne se fixa pas en France ,
et ce furent des artistes moins complets qui servirent de modèles
à aux peintres français. En 1532,
maître Roux (le Rosso) vint de Florence
s'établir, avec une colonie d'Italiens (Lucca Penni, Domenico del
Barbieri, Bartolommeo Miniati, Lorenzo Naldini, Antonio Mimi, Francesca
da Pellegrino, J.-B. della Pella, etc.), au château
de Fontainebleau ,
dont il décora plusieurs parties : il avait une imagination hardie
et bizarre, un talent vigoureux et tourmenté, un de ces artistes
qui exercent un attrait singulier par l'énergie même de leurs
outrances. Le Primatice, qui lui succéda
en 1541, et dont le principal auxiliaire
fut Niccolo dell'Abbate, avait une grande ordonnance, une imagination poétique,
un faire élégant, mais aussi beaucoup de manière.
Les plus vastes peintures
monumentales exécutées pendant ce règne des Italiens
dans l'art français sont celles de la cathédrale
d'Albi ;
on a retrouvé quelques noms d'artistes employés à
ce travail, Ambroise Laurens de Modène, Violanus Julio, Antoine
de Lodi, etc. Parmi les peintres français qui subirent l'influence
italienne, ou mentionne Simon de Paris, Claude de Troyes, Germain Musnier,
Claude Baldouin, Roux de Roux, Charles de Varye, Louis Dubreuil, Eustache
Dubois, Charles et Thomas Dorigny, Cormoy, Michel Rochet, Roger de Rogery,
François Quesnel, Jacob Bunel, etc. La peinture
n'eut alors d'autre source d'inspiration que la mythologie
païenne. Un seul artiste conserva toute son indépendance et
toute son originalité; ce furent les deux Jean
Cousin, qui n'eurent cependant pas assez de force pour en entraîner
l'école française à sa suite, et dont les chefs-d'oeuvre
sont un
Jugement dernier
(au musée du Louvre )
et une Descente de Croix (au musée de Mayence).
C'est encore l'art italien qu'on reconnaît
dans les peintres les plus célèbres du règne de Henri
IV, Ambroise Dubois, Toussaint Dubreuil et Fréminet. Sous la
direction de ce dernier, travaillèrent à la décoration
des palais royaux Claude et Abraham Hallé,
Pasquier, Guillaume Durnée, Louis Testelin, Hardouin, Honnet, Jean
de Brie, Francisque et Bouvier. Cependant l'époque approchait où
l'art français allait reprendre la liberté de ses allures.
Le XVIIe
siècle.
Pendant la minorité de Louis
XIII, Marie de Médicis, voulant
décorer la grande galerie du palais du Luxembourg ,
demanda des dessins à un artiste picard,
Quentin Varin; les esquisses furent présentées et admises,
mais l'auteur crut être compromis lors de la disgrâce du maréchal
d'Ancre, et disparut : ce fut le Flamand Rubens
qui peignit la galerie, et ses tableaux sont aujourd'hui au musée
du Louvre .
Un autre Flamand, Porbus, vint,
à la même époque, s'établir à Paris .
Une école véritablement française fut inaugurée
vers 1630, par Simon
Vouet, qui s'était formé d'après le
Guide et Paul Véronèse. Puis
vinrent Philippe de Champagne, dont on admire
surtout les portraits et les tableaux
religieux; Nicolas Poussin, que la France veut
opposer aux plus grands peintres de l'Italie ;
Claude
Gelée (le Lorrain), paysagiste
sans rival; Eustache Lesueur, auteur d'une suite de tableaux sur la vie
de Saint Bruno; enfin, à un degré
inférieur, Blanchard, Stella, Dufresnoy,
Sébastien
Bourdon, et Jacques Courtois (le Bourguignon),
peintre de batailles.
-
Les
Muses (Clio, Euterpe, Thalia), par Eustache Lesueur (1640).
Le règne de Louis
XIV a été aussi illustré par déminents
artistes, imitateurs et élèves de l'Italie ,
et dont le talent demanda principalement ses inspirations à l'allégorie
et à la mythologie
antique : Lebrun, directeur de tous les grands travaux de peinture
qui se rent alors au château de Versailles ,
où il a représenté l'histoire
de Louis XIV et les Batailles d'Alexandre;
Mignard,
à qui l'on doit la coupole du Val-de-Grâce; Noël
Coypel, auteur de grands travaux aux Tuileries ;
Ch. de La Fosse, qui peignit la coupole des Invalides
et la salle du Trône à Versailles; Bon
Boullongne, dont on a des peinture
aux Invalides; Lode Boullongne, qui travailla aussi aux Invalides et à
Versailles; Lemoine, qui a décoré le salon d'Hercule à
Versailles; Jouvenet, auteur de peintures aux
Invalides et à Versailles, et de tableaux
de chevalet; Martin des Batailles, qui peignit l'histoire militaire du
grand Condé, et Van der Meulen, celle de
Louis XIV; Colombel, Michel Corneille, Antoine
Dieu, Houasse, Valentin, Monnoyer, Parrocel, Lahire, Restout, etc. Dans
cette école, on pousse le sentiment de la grandeur parfois jusqu'à
l'excès; la majesté et la noblesse dégénèrent
trop souvent en pompe théâtrale, et l'art sacrifie trop à
l'apparat, à l'effet. Sous ce prince furent fondées l'Académie
de peinture et de sculpture en 1648,
et l'Académie de France
à Rome en 1666. La première
Exposition au Louvre
eut lieu en 1699.
Le XVIIIe
siècle.
Au XVIIIe
siècle, les traditions mythologiques de l'école
de Louis XIV se perpétuent chez N.-N.
Coypel,
Ch.-A. Coypel, Fr. de Troy, Subleyras, J.-B. Vanloo et C. Vanloo. Mais
un genre nouveau, la peinture de genre,
gracieuse et facile, est mis à la mode par Watteau,
Boucher,
Lancret, Loutherbourg, Natoire, etc. Rigaud, Largillière,
La Tour, Vivien, se placent au premier rang parmi les peintres de portraits;
les pastels de La Tour surtout sont de vrais
chefs-d'oeuvre. Oudry et Desportes excellent à représenter
les chasses, les fleurs, les fruits et les
animaux.
Les marines de Joseph Vernet sont restées
populaires. Patel et Lantara se distinguent dans le paysage,
Duguernier et Dumont dans la miniature.
On voit au château de Saint-Cloud et
au Louvre
d'admirables gouaches par le chevalier de
Barde. Vers la fin du règne de Louis XV,
Lagrenée,
Greuze,
Pierre, Suvée, représentaient avec le plus d'éclat
la peinture d'histoire, lorsqu'une
réaction commença contre l'école
italienne ou académique, dans le but de ramener la peinture
à une plus grande sévérité et au culte exclusif
de l'antique : Doyen, Peyron, Regnault
et Vien furent les coryphées de cette école nouvelle, dont
David,
élève de Vien, ne tarda pas à être le chef.
Après avoir exposé en 1784
son Serment des Horaces, qui fit une très vive impression,
David ouvrit une école en 1787.
Ses principes, qui se ramènent à la reproduction pure des
formes du bas-relief antique, furent généralement
adoptés, et, parmi ses plus brillants élèves, on distingua
Guérin, Drouais, Gérard, Gros, Girodet, Valenciennes, Granet,
Schnetz
, représentants de l'école française pendant la République
et le Premier Empire.
Le XIXe
siècle.
Sous la Restauration, Bertin,
élève de Valenciennes, commença une école dite
du paysage historique, illustrée après
lui par Michallon, Rémond, Cogniet. Prud'hon,
Carle Vernet, et Léopold Robert, en s'écartant des principes
de David, firent
de belles peintures. Géricault se sépara plus encore de l'école
classique, dont les adversaires trouvèrent des chefs dans Delaroche,
Horace
Vernet, Delacroix,
Decamps,
Scheffer, et formèrent l'école dite romantique.
A cette école essentiellement coloriste Ingres,
élève de David, a opposé une école plus sévère,
qui recherchait avant tout la pureté du dessin.
L'unité manque à partir de
cette époque dans la peinture française. S'il existe une
cohérence entre les différents mouvements qui animent le
siècle, c'est peut-être autour de l'intérêt retrouvé
pour le paysage qu'il faut la chercher : les
Orientalistes font le lien avec les Romantiques;
avec l'Ecole de Barbizon,
qui apparaît vers 1830, c'est
vers le courant réaliste et naturaliste que l'on se dirige, courant
qui débouche sur l'Impressionnisme,
sans qu'il n'y ait jamais eu de rupture véritable. Avec l'Impressionnisme,
suivi de la révolution opérée par Cézanne,
Van Gogh et Gauguin, la France deviendra le laboratoire
de la peinture qui émerge au XXe
siècle.
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Jeanne
d'Arc, par Jules Bastien-Lepage (1879).
L'autre
peinture.
Le Néo-classicisme,
le Romantisme, l'Ecole
de Barbizon, le Réalisme
et l'Impressionnisme
ont été les grands jalons de la peinture en France au XIXe
siècle, et on trouvera dans ce
site, pour chacun de ces courants, une page détaillée. Mais
la peinture
de ce siècle a aussi suivi aussi d'autres voies, souvent bien différentes,
et sur lesquelles il convient de dire maintenant quelques mots.
La peinture
décorative a eu pour principaux représentants certains
élèves d'Ingres, (Amaury Duval,
Hippolyte Flandrin, Paul Delaroche),
mais surtout Puvis de Chavannes, suivi
par Cabanel, Bonnat, Jean-Paul Laurens, Albert Besnard, Henri Martin ou
Maurice Denis. Maurice Denis, qui avec Puvis de Chavanne, en rupture avec
la tendance des peintres réalistes, revendiquent un retour au rêve,
et inaugurent un mouvement symboliste. Celui-ci possède un pendant
en littérature, et aura bientôt pour principal défenseur,
en peinture, Odilon Redon.
La peinture
d'histoire, à côté de Jean-Paul Laurens, son principal
représentant, fut pratiquée par Rochegrosse (né en
1859),
Luc-Olivier Merson (1846-1920),
Cormon (1845-1924).
Roll (1837-1919)
s'est fait l'annaliste des événements contemporains, avec
une force assez souvent brutale. Citons encore le noms de Steuben, Ziégler,
Hersent, Drölling, Alaux,
Picot,
Couder, Court, Monvoisin, Champmartin, Abel de
Pujol, Heim, Flandrin, Lehman, Bouchot, L. Boulanger,
Alfred et Tony Johannot, Papety, Couture, Gérome, Yvon, Pils.
La peinture
militaire est dominée par le nom d'Alphonse de Neuville (1836-1885),
qui a compris et rendu la grandeur triste de la guerre; Detaille (1848-1912)
et d'autres ont suivi l'exemple déplorable de Meissonier : ils se
sont
perdus dans le fignolage et dans un souci puéril du détail.
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La Société
des aquarellistes français
On
est généralement porté à croire que l'exemple
des peintres britanniques créant
en 1804 la Society of painters in water colours, ou bien celui des
aquarellistes
belges associés à partir de 1866 durent amener quelques
artistes parisiens à s'entendre pour fonder, en 1879, la Société
d'aquarellistes français. Il n'en est rien cependant. Cette
société a une autre origine. Fortuny fit un voyage en France
vers 1867; il apportait d'Italie
et d'Espagne un grand nombre d'aquarelles;
familièrement, il les montra à un cercle de confrères
réunis à la campagne, à Montmorency, et Vibert, Detaille,
Worms, Lambert, Louis et Maurice Leloir admirèrent tout d'une voix,
l'esprit, l'éclat, qui distinguent le talent du peintre espagnol.
En même temps ils comprirent les ressources d'un art charmant mais
délaissé parmi nous, auquel eux-mêmes n'avaient pas
songé sérieusement encore. Le goût de la peinture à
l'eau leur vint alors; et comme ils étaient gens fort habiles, en
peu de temps, sans beaucoup d'efforts préparatoires, sans beaucoup
d'études spéciales, ils avaient pénétré
les derniers secrets techniques du genre. Ils envoyèrent de leurs
aquarelles au Salon.
Mécontents
de l'installation défectueuse des salles réservées
aux dessins, ils prirent le parti de se concerter,
et les bases de la Société des aquarellistes français
ne tardèrent pas à être posées, examinées,
arrêtées. La société fut créée
au capital de 40 000 francs, pouvant être augmenté, divisé
en vingt actions, et le nombre des sociétaires fixé à
vingt, chacun devant posséder une action. L'exposition publique
des aquarelles des sociétaires étant
le but principal de la société, un article des statuts interdisait
aux sociétaires d'exposer de leurs aquarelles ailleurs qu'au siège
de la société sous aucun prétexte, dans aucune circonstance.
En 1884 s'organisa pour la dernière fois l'exposition des aquarellistes
français dans le local de la rue Laffitte, n° 46, trop étroit
pour permettre le développement de la société; mais
aussitôt la galerie Petit, rue de Sèze, construite et agencée,
la société se hâta d'en assurer la jouissance à
ses expositions; et, en même temps, porta à 80 000 F son capital
et le nombre des membres titulaires à quarante. Supérieurement
aménagées, toujours intéressantes par le choix des
ouvrages qu'elles rassemblaient, riches en pièces hors de pair,
les expositions de la société étaient très
recherchées du public. On a vu cependant la société
dévier de son but, et modifier son caractère spécial
en admettant, à partir de l'exposition de 1884, d'autres ouvrages
que des aquarelles. (Olivier Merson).. |
La peinture
de moeurs, le tableau anecdotique avaient conservé la faveur du
public. Ce genre, que l'on classait comme inférieur, était
pratiqué par des artistes instruits d'après les petits maîtres
hollandais et d'après les traditions du XVIIIe
siècle. Le fécond Boilly
(1761-1845)
pratiqua une manière léchée et soignée. A côté
de lui, on trouve des artistes intéressants, comme Drölling
(1752-1817),
son contemporain : Granet (1775-1849)
et Cochereau (1793-1817).
Leur tradition s'est continuée, en un certain sens, par Eugène
Lami (1800-1890),
charmant anecdotier, puis par Meissonier (1815-1891),
qui renchérit sur le soin méticuleux de Boilly.
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La
Campagne de France de 1814, par Ernest Meissonier (1864).
C'est la gravure
qui vulgarisa les scènes humoristiques de Carle Vernet; mais surtout
la lithographie, procédé
découvert au début du XIXe
siècle, permit à des artistes
comme Biard (1798-1882),
Achille Devéria (1800-1857),
Monnier (1805-1877),
Gavarni (1804-1866)
de faire connaître leurs scènes de la vie parisienne; à
Raffet (1804-1860)
et à Charlet (1792-1845),
leurs épisodes des guerres napoléoniennes ou de la vie militaire.
Chez Monnier, chez Gavarni, une part de satire se mêlait à
l'observation réaliste, mais une satire souriante. Daumier (1808-1879),
âme romantique et généreuse, ne se contente pas de
souligner les travers de ses contemporains; il attaque, avec une violence
âpre, le régime qui tolère les Robert Macaire et autres
exploiteurs. Il est impitoyable pour le bon public, leur sotte victime,
et son oeuvre fourmille de visages ahuris. Daumier n'est pas seulement
un caricaturiste, mais un dessinateur et un peintre remarquable par la
décision, la force et l'abréviation synthétique de
son trait.
Dans la peinture
de genre, il faut encore citer Biard, Diaz, Roqueplan, Meissonier,
Duval-Lecamus, Destouches, Mme Haudebourg; dans le portrait,
Mme de Mirbel, Court, Dubuffe, Winterhalter; parmi les peintres de marines,
Isabey,
Gudin, Garneray, Morel-Fatio. (B.
/ HGP). |
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