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Nef. - Le
mot nef, qui vient du latin navis, vaisseau, indique surtout la
partie d'une église située en
avant de l'autel et dans laquelle se tiennent
les fidèles pour suivre les offices. C'est le plus souvent un grand
espace rectangulaire, s'étendant depuis l'entrée principale
jusqu'à la croisée du transept,
et, quand il n'y a pas de transept, jusqu'au choeur.
En dehors des églises circulaires, des églises polygonales
et de certaines églises de l'Orient; dans lesquelles la nef, de
forme diverse, est peu étendue en longueur, la nef du plus grand
nombre des églises rappelle assez bien la grande salle des basiliques
antiques ,
ce qui se conçoit, car les basiliques furent les édifices
païens qui s'adaptèrent les premiers et aussi le mieux à
la célébration du culte chrétien
après la conversion de l'empereur Constantin.
Dans les basiliques
romaines ,
devenues églises latines, puis dans
les églises romanes construites à l'imitation de ces basiliques,
deux rangées de colonnes et, plus tard, deux rangées d'arcades,
divisaient, dans le sens de la longueur, la grande salle en trois nefs
parallèles : une grande ou maîtresse nef, la nef principale,
au milieu, et deux nefs, les nefs latérales, moins larges et moins
élevées et situées à droite et à gauche
de la première. Cependant quelques églises n'ont qu'une seule
nef, et les archives du chapitre de la cathédrale
de Girone (Espagne )
conservent encore les discussions d'une junte d'architectes réunie
par l'évêque en 1416 pour décider s'il convenait de
réédifier la cathédrale de cette ville à une
seule nef ou à trois nefs. D'autres églises, appartenant
à des ordres monastiques, se composent de deux nefs égales
en longueur, en largeur et en hauteur, semblables en cela à certaines
salles affectées à des services monastiques ou civils : l'ancienne
salle du réfectoire du prieuré de Saint-Martin-des-Champs,
devenue ensuite la bibliothèque du Conservatoire des arts et métiers
à Paris ,
et l'ancienne grand-salle du Palais, la salle des Pas-perdus du Palais
de Justice
sur le boulevard du Palais, à Paris.
Les premières grandes cathédrales
gothiques du XIIIe siècle avaient
le plus souvent une nef principale et deux nefs collatérales allant
du portail occidental jusqu'au choeur;
car, dans beaucoup de ces églises,
écrit Viollet-Le-Duc (Dictionnaire
de l'Architecture, VI, p. 413), les transepts
ne furent ajoutés qu'à la fin du XIIIe
siècle ou au commencement du XIVe
siècle. Mais, à partir de cette époque, des chapelles
furent établies entre les massifs saillants servant de base aux
contreforts
ou arcs-boutants et dépassant les
murs des basses-nefs, et les dernières travées de la maîtresse
nef, celles rapprochées du choeur, furent sacrifiées à
la création des transepts. Puis le nombre des nefs fut porté
de trois à cinq, comme aux cathédrales
Notre-Dame
de Paris
et de Bourges ,
et même jusqu'à sept, comme à la cathédrale
d'Anvers .
The
Dictionary of Architecture (Londres, 1877, in-4, XX,
N, pp.
18-19, Nave) donne un relevé des principales églises
avec indication du nombre de leurs nefs et aussi des dimensions relatives
de leur maîtresse nef, relevé auquel on peut se reporter;
mais le lecteur trouvera, au sujet des dispositions les plus habituelles
des nefs des églises, à la page Église
de ce site, les plans de l'ancienne basilique
de Saint-Pierre, à Rome; de la cathédrale d'Angoulême
(une seule nef); de la cathédrale de Noyon (trois nefs), et de la
cathédrale de Cologne (cinq nefs).
Dans les églises latines, on appelle
quelquefois avant-nef la partie comprise entre la nef et le portail,
ou aussi celle placée en avant de ce portail, partie dont le véritable
non est pronaos ou narthex. (Charles
Lucas). |
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