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La peinture en Espagne |
| Même s'il y a existé
une longue tradition miniaturiste, la peinture L'influence italienne.
Les encouragements donnés aux arts
par Philippe II développèrent
l'ardeur des peintres : Alonzo Sanchez Coello
et Fernandez Navarrete dit le Muet imitèrent
Titien;
Francisco Ribalta entreprit de s'approprier la manière de Sébastien
del Piombo; Luiz de Varas s'inspira des tableaux
de Jules Romain et de Perino del Vaga; Moralès, dit le Divin,
et Vicente Joanès, firent aussi de la peinture
italienne; le principal peintre de cette période, le Greco,
bien que formé à Venise,
tenta, lui, de se dégager de cette influence. D'autres artistes
imitèrent les
Flamands-:
c'est ainsi que les oeuvres de Pantoja de la Cruz offrent une grande analogie
avec celles d'Antonis de Moor d'Utrecht
L'Adroration des bergers, par Le Greco. Les Écoles
de Séville et de Madrid.
Ses plus illustres représentants
à Séville sont : Francisco Pacheco; Juan de la Roelas; les
trois Castillos; Pedro de Moya, qui fut élève
de Van Dyck; Velasquez
de Silva, remarquable par la correction du dessin,
la fraîcheur, le brillant et le naturel du coloris, et à qui
l'on ne reproche qu'un peu de dureté dans les contours; Zurbaran,
dont les ouvrages se distinguent par un caractère grave et religieux,
pur un art admirable à représenter les têtes de moines
et les draperies, et qui n'a échoué que dans ses madones,
trop mondaines et d'une grâce affectée; Murillo,
regardé généralement comme le premier des peintres
espagnols, pour la vie, la vérité et la vigueur de ses portraits,
la pureté idéale de ses Vierges, la puissance, la
fraîcheur et la transparence de son coloris; Alonzo
Cano, dont le charme et la suavité justifient le surnom d'Albane
espagnol qui lui fut donné.
Les Ménines, par Diego Velazquez. L'école de Madrid produisit : Luiz Tristan; les deux Carduchos, Florentins de naissance; Juan de Paraja et Mazo Martinez, élèves de Velasquez; Antonio Pereda, qui l'emporte pour le coloris sur Murillo lui-même; Juan Careno de Miranda; Fr. Rizi; Juan Antonio Escalante; Claudio Coello, etc. L'école espagnole a pour caractères un naturalisme intelligent, qui parfois atteint les dernières limites de la beauté; une composition et un dessin hardis, sans avoir rien de capricieux ni d'arbitraire; un coloris péchant peut-être par les teintes obscures et même noires de ses ombres, mais remarquable par son éclat et sa transparence, en même temps que par sa grande douceur. La carnation est pâle, mais chaude et pleine de vie. Du XVIIe
au XIXe siècle.
Raphaël Mengs, ce Messie espéré
d'une renaissance artistique, est nommé par Charles
III surintendant général des beaux-arts (1761).
Il forme à son pseudo-classicisme des élèves qui s'appellent
Maella, Bayeu, Ferro, Ramos, Francisco Agustin, autant de médiocrités.
Mengs une fois parti, l'art retourne au joli et au gracieux; on s'engoue
des modes et des productions françaises, et Charles de La Traverse,
un élève de Boucher, vient à
Madrid
où il ouvre un cours de peinture. Un de ses élèves,
Luis Paret y Alcazar (1747-1799),
exécute avec talent des paysages, une suite de vues des ports espagnols
et d'agréables petits sujets d'intérieur.
La Maja habillée, par Francisco Goya (1803). Vers 1775,
on vit enfin de l'inattendu et du nouveau. Francisco
Goya y Lucientes (1746-1828),
qui a appris les premiers éléments de son art à Saragosse,
revient d'Italie Après la mort de Goya,
la peinture espagnole redevint tributaire de l'art français. Avec
Aparicio (1773-1838)
et José de Madrazo (1781-1859),
c'est l'enseignement même de David qui s'impose et prédomine.
Il détermina les compositions historiques de Rosales, de Carbonaro,
de Pradilla, etc. Puis une réaction momentanée se produit
: Alenza, Elbo, Esquivel, reviennent aux sujets populaires. Dans la seconde
moitié du XIXe
siècle, ce sont les ouvrages de maîtres tels que
Delaroche,
Meissonier et Gérôme que les peintres
espagnols ont le plus souvent consultés. Une nouvelle période
s'est alors ouverte au cours de laquelle la
peinture
d'histoire a retrouvé dans Federico de Madrazo, Luis de Madrazo,
Carlos Rivera, Utrera, Benito Murillo, Eduardo Cano, Sanz, Casado del Alisal,
Lozano, Rosales, Gisbert, Manzano, Palmaroli, Vera, Martinez Cubells, Plasencia,
Luna, Checo, des interprètes d'un sérieux talent. Quant à
la peinture
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