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| Les Dorigny
sont une famille de peintres et graveurs
français aujourd'hui bien tombés dans l'oubli, mais l'histoire
doit conserver leur nom, car ils ont eu leur jour de gloire.
Michel Dorigny passe pour être
né à Saint-Quentin
en 1617; mais aucun document n'a été produit à l'appui
de cette date, et il se pourrait que l'artiste fût venu au monde
un peu avant l'époque indiquée. Entré fort jeune dans
l'atelier de Simon Vouet, il fut à la fois
peintre et graveur et, dès 1638, il mettait au jour des estampes
d'après les oeuvres de son maître. Vouet avait pour lui une
très vive affection et le 11 février 1648 il lui donna en
mariage sa fille Jeanne-Angélique. Employé à la décoration
des palais du roi, il travailla notamment au château
de Vincennes,
s'il faut en croire Félibien qui enregistre
le fait sans fournir aucun détail; les maisons opulentes de Paris
s'enrichirent aussi de peintures De son mariage avec la fille de Simon Vouet, Michel Dorigny eut plusieurs fils et deux d'entre eux furent peintres et graveurs : Louis Dorigny, né à
Paris
en 1654, mort à Vérone A tort ou à raison, il crut avoir
à se plaindre de l'Académie qui
ne lui aurait pas rendu justice dans un concours et, pris du désir
de voir le monde, il quitta la France En 1704, on le vit apparaître à
Paris
où personne ne songeait plus à lui. L'Académie royale
continua à l'ignorer. En 1711, le prince
Eugène le fit venir à Vienne et employa son pinceau a
de grands ouvrages décoratifs. Dorigny alla jusqu'à Prague
où il peignit un plafond, dont le coloris n'eut pas le don de plaire
à Mariette, car le critique constate dans ses notes que le ton en
était « entièrement faux ». Après cette
promenade, l'artiste français retourna à Vérone Ses tableaux sont rares : dans les collections françaises, nous ne pouvons guère citer qu'une Suzanne au bain que lui attribue le catalogue du musée de Bordeaux, mais ici le renseignement doit être accepté avec prudence. Le Louvre n'expose de Louis Dorigny qu'un dessin à la plume lavé de bistre, Ia Vierge et l'Enfant Jésus apparaissant à un souverain agenouillé. L'artiste a laissé quelques spirituelles eaux-fortes. Comme peintre, Louis Dorigny, très peu touché des spectacles que lui montraient Venise et Vérone, est un machiniste qui a plus d'imagination que de sentiment et de véritable élégance. Par ailleurs, il grava la Descente des Sarrasins à Ostie d'après Raphaël. Mariette reconnaît en lui « un génie extrêmement facile », mais il le caractérise suffisamment lorsqu'il ajoute qu'il n'avait pas besoin d'esquisse pour rédiger sur le mur ses improvisations mouvementées et inexpressives. Nicolas Dorigny, graveur, frère
du précédent, né à Paris
en avril 1658, mort à Paris le 1er
décembre 1746; élève de Gérard Audran.
Après avoir travaillé pendant vingt-huit ans en Italie, il
fut appelé à Londres
en 1711 pour graver les cartons de Raphaël
de Hampton Court. Le roi George ler
le créa chevalier. De retour en France |
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