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Jouvenet (Jean), dit le Grand. - Célèbre peintre né à Rouen en avril 1644 (et non le 21 août 1647), mort à Paris le 5 avril 1717. Il appartenait à une famille d'artistes remontant à Jean Jouvenet, dit le Vieux, présumé d'origine italienne, du nom de Giovinetto, qui était venu se fixer à Rouen vers le milieu du XVIe siècle et fut peintre et sculpteur. Le fils de celui-ci, Laurent le Vieux (mort à Rouen en 1616), aussi peintre et sculpteur, fut père de Noël le Vieux (mort à Rouen en 1675), le premier maître, dit-on, de Nicolas Poussin, et qui eut trois fils : Laurent le Jeune, Jean et Noël, tous maîtres peintres-sculpteurs. Laurent (1609-1681) fut le père et le premier maître du grand Jouvenet, qui devint ensuite élève spirituel du puissant Ch. Lebrun, avec lequel il travailla aux peintures de Versailles, de 1661 à 1680. Il se dépouilla peu à peu des influences de son entourage emphatique et, vers 1672, il commença à donner la mesure de son originalité et de son style personnel, tout en imitant la manière du Poussin. Le tableau de Mai, la Guérison du Paralytique (à Notre-Dame de Paris), exécuté en 1673, pour la communauté des orfèvres de Paris, assura la réputation du jeune artiste. Membre de l'Académie le 29 mars 1675, adjoint à professeur le 3 juillet 1676, professeur le 29 novembre 1681, adjoint à recteur le 24 juillet 1702, directeur le 30 juin 1705, il devint recteur le 31 décembre 1707. Son morceau de réception à l'Académie : Esther tombant évanouie devant Assuérus, avait fait une grande sensation à l'époque.

Une rare fécondité et le développement continuel de son talent placèrent Jean Jouvenet à la tête de l'École française après la mort de Le Brun. Peintre d'histoire, il en traita tous les genres : sujets de mythologie, de l'Ancien et du Nouveau Testament, actes des saints, allégories, histoire ancienne et moderne, et portrait. La vigueur, l'énergie, le mouvement, voilà ce qui caractérise son talent; c'est pourquoi il se plaisait dans les compositions vastes, dans les sujets grandioses et pathétiques. Un heureux groupement de figures, une bonne entente du clair-obscur rachètent le défaut de son coloris et le manque de fraîcheur de carnation de ses personnages. Sans avoir vu l'Italie, il offre une étonnante parenté de facture avec le Tintoret. Paralysé de la main droite en 1713, il finit par peindre non moins bien de la main gauche, et ses derniers tableaux sont de 1716. Son oeuvre est considérable. Le musée du Louvre possède quatorze de ses toiles, parmi lesquelles les plus remarquables sont la Descente de croix, les Vendeurs chassés du Temple, le Repas chez Simon, la Résurrection de Lazare, la Pêche miraculeuse. Il faut encore citer : la Visitation, à Notre-Dame de Paris; la Mort de saint-François et le Triomphe de la justice, à Rouen; Jésus au jardin des Oliviers, à la cathédrale d'Orléans. L'église des Invalides possède de lui une fresque les Douze-Apôtres. Tous les grands graveurs du temps se sont disputé l'honneur de reproduire ses chefs-d'oeuvre, mais celui qui rendit le mieux ses qualités est Gaspard Duchange. Parmi ses meilleurs élèves figurent son neveu Jean Restout et son propre frère François Jouvenet (1664 ou 1665-1749) qui fut peintre du roi, membre de l'Académie en 1704 et portraitiste de valeur. (G. Pawlowski).

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