 |
Choeur.
- Le choeur est aujourd'hui la partie de l'église
occupée par le clergé, partie généralement
placée à l'orient de l'édifice et séparée
par une clôture de la nef et des bas
côtés. Dans les premiers temps du christianisme ,
alors que les églises étaient d'anciennes basiliques
consacrées au nouveau culte ou des édifices construits à
l'imitation de ces basiliques, les chantres, les musiciens (le choeur en
un mot), et toutes les personnes qui, sans avoir reçu les ordres
majeurs, participaient aux cérémonies
sacerdotales, se tenaient en avant des transepts,
tandis que l'autel, alors unique, était
placé à la croisée de ces transepts et que l'évêque
et les prêtres avec les anciens, s'asseyaient au fond du sanctuaire,
sur le banc circulaire (exèdre) servant autrefois de tribunal
au préteur romain lorsqu'il rendait la justice. Cette disposition,
dont on peut retrouver encore de nos jours de nombreux exemples, surtout
dans les églises monastiques, s'est conservée intacte, depuis
le IXe siècle, dans la basilique
de Saint-Clément à Rome, dont le choeur, délimité
par une clôture basse, occupe la partie médiane des travées
de la nef centrale les plus rapprochées
de l'hémicycle ou abside, et a conservé,
outre cette clôture, les deux ambons ou chaires pour la lecture de
l'épître
et de l'évangile ,
et à côté d'un de ces ambons, une colonne torse servant
de support au cierge pascal.
Dans la suite, le plan des églises
se modifiant et leurs différentes parties s'accentuant, le choeur
se distingua des transepts et de la nef,
l'autel se plaça presque au fond du
sanctuaire, dans la partie circulaire de l'abside;
les stalles du clergé et les ambons furent disposés le long
de la clôture de ce sanctuaire, en avant de l'autel et parfois jusque
dans la croisée des transepts alors séparée de la
nef par l'arc triomphal qui indiquait nettement l'entrée du sanctuaire
confondu avec le choeur. Mais lors du grand développement pris par
les édifices religieux au Moyen âge ,
le choeur, par une disposition très fréquemment adoptée
par la suite, se trouva occuper, toujours dans l'axe de la nef principale,
mais de l'autre côté des transepts, un certain nombre de travées
terminées par une abside, travées autour desquelles se prolongeaient
les basses nefs sur lesquelles s'ouvrirent alors de nombreuses chapelles
absidales. Le choeur ou sanctuaire acquit alors une très grande
importance, dont, en France ,
les choeurs des cathédrales d'Amiens ,
de Beauvais
et Notre-Dame
de Paris
et le choeur de l'église abbatiale de Saint-Denis ,
fournissent de beaux exemples.
Cette partie de l'église
fut toujours, on le conçoit sans peine, de toutes la plus richement
décorée, soit comme mobilier religieux, soit comme ornements
réservés au culte, soit enfin comme oeuvres d'art; c'est
ainsi que dans les pays du Midi, en Italie
et surtout en Espagne
et en France ,
à partir du XVIIe siècle,
les choeurs de nombreuses églises reçurent des revêtements
de marbre et des motifs décoratifs rehaussés de dorure qui
témoignent souvent de plus de richesse que de bon goût.
Les églises
dépendant des couvents ou des séminaires et cependant accessibles
au public ont conservé assez souvent sous le nom d'arrière-choeur,
un second choeur situé derrière l'autel
(lequel dans ce cas est double), et cet arrière-choeur est réservé
aux religieux ou aux séminaristes, tandis que le clergé officie
dans l'avant-choeur ou partie du choeur placée entre l'autel et
les transepts. A Paris ,
l'ancienne église abbatiale de Saint-Germain-des-Prés
et l'église Saint-Sulpice
offrent cette disposition, encore assez fréquente, mais le plus
souvent utilisée pour mettre les musiciens et les choeurs dans le
cas d'un office en musique.
Un fait resté inexpliqué
d'une façon suffisante est une déviation d'axe assez sensible
que l'on remarque dans un certain nombre d'églises
du Moyen âge ,
au raccordement du choeur et des transepts,
déviation qui ne peut, tant elle est parfois accentuée, être
attribuée à un défaut de plantation et dans laquelle
on a voulu voir une imitation de l'inclinaison de la tête du Christ
sur le bras gauche de la croix.
(Charles Lucas). |
|