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La peinture française au XIXe siècle Le Romantisme |
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Le XVIIe siècle | Le XVIIIe siècle |
| Le XIXe siècle : Néo-classicisme, Romantisme, Paysage, Réalisme, Impressionnisme | ||||
| Avec Prud'hon
et les élèves de David
se termine ce qu'on peut appeler la période classique. La période
qui va lui succéder s'annonce comme une poussée révolutionnaire
aussi bien politique que littéraire et artistique, et, comme on
doit s'y attendre, cette poussée ne se fera pas tout d'un coup.
Peu à peu se manifeste le besoin de traiter d'autres sujets que
ceux de Plutarque et de la mythologie « Qui nous
délivrera des Grecs et des Romains? »
Géricault.
Le Radeau de la Méduse, par Théodore Géricault (1819). Delacroix.
Le chef-d'oeuvre de Delacroix
est peut-être l'Entrée des Croisés
à Constantinople;
la
Barricade et la Bataille de Taillebourg, quoique moins grandioses,
sont aussi d'admirable pages, mais la première est d'une
couleur
un peu bitumineuse, et la seconde semble manquer d'une conception lente
et réfléchie. Citons surtout : les Côtes du Maroc,
Médée, Tigre hurlant, Sardanapale, le Roi Jean à la
bataille de Poitiers, Choc de cavaliers, Un Lion déchirant un Arabe,
etc. Delacroix a traité tous les genres avec un égal succès,
même dans la caricature, et il y a de lui des fleurs
et des bouquets plus remarquables que ceux de Van Huysum. L'année
1827
sera la date triomphale de l'école romantique. Ne pourrait-on grouper
autour du nom de Delacroix tout un état-major que, faute d'espace,
nous ne pouvons étudier en détail : Louis Boulanger, Champmartin,
Ary Scheffer, Decamps, Roqueplan, Delaroche,
Devéria,
Chassériau?
Le différend
visait principalement la prépondérance de la ligne ou de
la couleur. Naturellement, les ingristes,
en héritiers de David, antiquisants
et raphaélistes, tenaient pour le dessin.
Au contraire, Delacroix et les romantiques
préconisaient la couleur qui engendre le relief. A cette première
question se rattache une seconde : les classiques voulaient des poses calmes,
les coloristes recherchaient le mouvement, voire l'agitation.
L'Entrée des Croisés à Constantinople, par Eugène Delacroixt (1840). La guerre dura plus de vingt ans, avec, pour théâtre, les expositions où se manifestait la partialité du jury en faveur des classiques. Ceux-ci avaient pour eux les vieilles gens, le monde officiel, l'Institut. Delacroix entraînait la jeunesse. Il convient de le dire, la scission et l'antipathie subsistèrent surtout entre les deux chefs. Entre leurs partisans, les échanges se produisirent dès le début. Ingres conserva des disciples irréductibles comme Hippolyte Flandrin (1809-1864), Gleyre (1806-1874), Mottez (1809-1897); mais d'autres, plus avisés et plus conciliants, cherchèrent un compromis entre les conceptions de leurs maîtres. Paul Delaroche (1797-1856) agit comme Casimir Delavigne, qui servait de trait d'union entre classiques et romantiques littéraires. Tous deux traitèrent le sujet des Enfants d'Édouard avec le même esprit. En définitive, ce compromis sera adopté par la majorité des peintres qui, pendant le XIXe siècle, connaîtront la faveur du public et les succès officiels. Dans cette combinaison, l'influence d'Ingres dominera. Ingres a été, avant tout, un artiste visuel rendant avec le crayon ou le pinceau ce que ses yeux avaient enregistré et amoureux de réalité et de précision. Chez Delacroix, par contre, la prépondérance revient à l'imagination. La part de la littérature, et particulièrement de la littérature . étrangère, est considérable dans sa formation. Il est poète et musicien presque autant que peintre. Avec des couleurs, au lieu de mots ou de notes, il traduit ses rêves ou ses interprétations littéraires. Aussi conçoit-on que l'influence de Delacroix ait été éphémère et peu profonde sur les autres artistes dont la culture intellectuelle était, en général, peu étendue. On retrouve fort peu de lui-même chez ses compagnons de lutte : Eugène Devéria (1805-1865), Boulanger (1806-1867), les illustrateurs Tony Johannot (1803-1852), Célestin Nanteuil (1813-1873), qui s'attachent à représenter un décor et des figurants amusants et pittoresques. Par certains côtés, Delacroix retrouve un fils spirituel en Chassériau (1819-1856), qui possède, comme lui, une intelligence raffinée et nourrie de lettres, interprétant son rêve intérieur et traduisant picturalement Shakespeare. Mais, par sa technique, Chassériau se rapproche davantage d'Ingres. La lutte avait été vive entre
le classicisme et
le romantisme; celui-ci avait remporté la victoire, et il allait
bientôt céder la place à un nouvel ennemi, le réalisme.
Avons-nous besoin d'ajouter que nous n'avons pu nommer tous les combattants
qui, de part et d'autre, prirent part à la bataille? Mais certains
noms viennent sous notre plume qu'il faut cependant citer : c'est l'attendrissant
et tragique Charlet dont les soldats et les scènes
militaires sont populaires; Raffet, dont la fortune dans le même
genre fut moins brillante, mais à qui, après l'exposition
récente de ses oeuvres, on a enfin rendu justice; c'est Decamps,
spirituel dans ses peintures |
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