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Arles (Arelas,
Arelate, Arelatum) est une ville de France ,
dans le département des Bouches-du-Rhône, située sur
les deux rives du Rhône ,
mais surtout sur la rive gauche ou orientale, au-dessous du point où
le fleuve se partage en deux bras; à 28 km environ au Nord de l'embouchure
du Rhône, et à 691 kilomètres de Paris;
50 400 habitants. Petit port; beaucoup de monuments antiques (théâtre,
amphithéâtre,
obélisque,
aqueduc,
temples, arc de triomphe); c'est dans
cette ville que fut trouvée, en 1651, la Vénus d'Arles,
aujourd'hui au Louvre.
Histoire.
Les origines de l'histoire d'Arles sont
absolument inconnues, ainsi que l'étymologie de son nom. Strabon
prétend qu'elle fut fondée par les Phocéens
de Marseille ,
mais elle existait probablement avant l'arrivée des Grecs
en Provence ,
car le Provençal Trogue-Pompée,
si bien informé de l'histoire de leur établissement, ne mentionne
pas cette fondation. D'autres historiens en font la résidence du
roi des Ségorélliens, Sénamus, que les Phocéens
seraient venus y visiter. L'étymologie peut-être la plus probable
est celle que Camden avait indiquée à
Peiresc
et que Gassendi a consignée dans la vie
de son ami : Arelate viendrait du
celteAr-lait
et signifie
près des eaux ou ville bâtie dans un
lieu marécageux. C'est l'opinion également adoptée
par d'Arbois de Jubainville. Dans l'Antiquité ,
Arles s'appelait aussi Théline, de thèlè =
mamelle, Arelatum illic civitas attollitur Theline vocata sub priore
saeculo Graio incolente, d'où viendrait l'épithète
de mamillaria donnée à Arles dans des textes épigraphiques.
Sans s'arrêter plus longtemps à
des origines légendaires, il faut retenir seulement que l'admirable
situation géographique d'Arles (plus admirable encore dans l'Antiquité)
dut en faire dès une époque très reculée un
centre pour les populations indigènes, puis une colonie grecque .
Située au confluent du Rhône et de la Druentia (bras aujourd'hui
mort de la Durance), au point de division des trois bras du Rhône,
au pied de l'important massif des Alpines et sur les étangs alors
plus considérables du plan du bourg moderne, la cité dut
être peuplée et devenir importante de bonne heure; elle l'était
à coup sûr déjà quand Marius
vint au-devant de l'invasion des Cimbres,
puisqu'il voulut la protéger et qu'il établit pour cela son
camp à Ernaginum (Saint-Gabriel), et creusa le grand canal des fossae
marianae pour faire d'Arles son port et son point de ravitaillement.
Après cette crise, après que Marius eut donné aux
Marseillais son canal qui devint le grand chemin du trafic avec l'intérieur
et qui fut pour eux une source de richesses, Arles s'enrichit rapidement,
étant la première escale du commerce par eau auquel se prêtaient
si admirablement ses deux ports, l'un pour la navigation fluviale, sur
le Rhône (le plus important, au témoignage d'Ausone),
l'autre pour la navigation maritime, sur la Fossa, et qui communiquaient
probablement entre eux. Il exista sans doute promptement une rivalité
entre Arles et Marseille qui abusait de ses privilèges commerciaux
sur le Bas-Rhône.
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Vue
générale d'Arles, prise depuis les Arènes
(début du XXe siècle).
Pendant le siège de Marseille
en 49 av. J.-C Arles fut le chantier de César
qui y construisit douze vaisseaux pour bloquer le Lacydon. Pour la récompenser
de l'aide fournie contre l'altière république, César
y établit une colonie
qui fut fondée par son lieutenant Tiberius Claudius Nero; elle reçut
à la fois des colons civils et des colons militaires (des vétérans
de la sixième légion ),
mais ceux-ci en moins grand nombre que les premiers, et prit le nom de
Colonia Julia Paterna Arelatensium Sextanorum. Ce fut une des six colonies
fondées par T.-Claude Néron en 46-45. En l'an 727 de Rome
(27 av. J. C.), quand l'assemblée de Narbonne
réunie par Auguste établit la division
administrative que la Gaule
devait conserver pendant tout l'empire, Arles devint une des vingt civitates
de la province sénatoriale de Narbonnaise
(22 av. J.-C.) Sous l'empire ,
Arles jouit du régime ordinaire des colonies militaires. Ses habitants,
inscrits dans la tribu Terentina, avaient le droit de cité dans
sa plénitude.
Outre les magistrats ordinaires des colonies
: duumviri, aediles, quaestores, Arles avait un flamine d'Auguste,
un pontifex, un collège de sévirs augustaux. C'était
une ville industrielle et surtout commerciale, qui avait de nombreuses
corporations; ouvriers des chantiers de la marine (fabri navales),
tailleurs et marchands d'habits (centonarii), charpentiers (fagni
tignarii), marins (utricularii, navicularii marini), corporation
distincte de celle des mariniers de rivière (nautae) qui
existait sur le Rhône et dont un important syndicat fonctionnait
à Lyon,
mariniers pour la navigation fluviale, mariniers pour celle de la Durance.
Des liens étroits existaient entre ces diverses sociétés,
organisées avec des curateurs et dont nous connaissons plusieurs
protecteurs; le choix des mêmes patrons, l'élection en commun
des sévirs augustaux éveillent l'idée d'une grande
solidarité municipale et d'une démocratie
riche, intelligente et sage.
Les monuments d'Arles, son théâtre,
ses arènes, montrent au reste sa prospérité.
Après quatre cents ans de pain et d'enrichissement par le travail,
elle était devenue une des capitales du monde romain .
Ausone
l'appelle non sans exagération Gallula Roma. Les titres de
ville très noble, ville très puissante, ornement de plusieurs
cités, lui sont décernés par
Prudence,
Ammien
Marcellin et Isidore. La constitution de
Théodose
l'appelle mère des Gaules ,
mater
omnium Galliarum. Au milieu de la décadence générale
qui marque dans l'empire la fin du IIIe
siècle et tout le IVe, Arles demeure
prospère.
Constantin qui en avait
fait quelque temps sa résidence avant sa lutte contre Maxence
ne lui retira jamais sa faveur. Arles lui dut, entre autres embellissements,
le palais impérial, connu sous le nom de palais de la Trouille,
construit sur la rive occidentale, sur l'emplacement du faubourg actuel
de Trinquetaille, qu'il désigna sous le nom de Ripa dextra.
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Une
Arlésienne en
costume
traditionnel.
Les deux parties de la ville furent réunies
par un pont de bateaux rattaché aux deux rives par de forts ouvrages
en pierre. Constantin fit aussi reconstruire les murailles de la ville,
détruites par le chef germain Crocus.
Dans les actes officiels, Arles s'appela même quelque temps Constantina,
mais ce nom disparut avec l'empire d'Occident. Dans sa réorganisation
des provinces, Constantin avait fait d'Arles la résidence du vicarius
ou gouverneur des Gaules dont elle fut ainsi la capitale réelle,
quoique le titre officiel fit réservé à Trèves,
capitale de la préfecture des Gaules (Gaule ,
Bretagne ,
Hispanie ).
Lors de la division définitive de l'empire et des premiers établissements
des barbares, Arles, d'après la
Notitia
dignitatum, fait partie de la Viennensis, province consulaire
dont elle est l'une des 13 cités (vers 395). En 418, quand Trèves
fut menacée, et envahie par les Germains, le préfet du prétoire
transporta sa résidence à Arles.
Le mémorial des évêques
de Gaule de 450 dit que les empereurs Honorius
et Valentinien l'avaient déclarée
métropole. L'édit de 418 la désigne comme lieu de
réunion de l'assemblée des sept provinces (Viennoise, Aquitaines
lre et IIe ,
Novempopulanie, Narbonnaises Ire et Ile ,
Alpes-Maritimes), créée au Ve
siècle et qui se réunissait annuellement en août et
septembre. Cet édit (longtemps attribué
à Constantin sur la foi de son premier éditeur, le cardinal
de Cusa, attribué à Constantin le
Tyran par Scaliger, restitué à
Honorius, avec sa date de mai 418 par Sirmond), fixe cette assemblée
à Arles, dont la situation, dit-il, est le plus favorable à
la réunion, à cause de la proximité du Rhône
et de la mer Méditerranée
qui y font affluer les richesses de tout le bassin méditerranéen.
Arles du reste, à cause de son importance même, fut victime
des guerres qui divisèrent les héritiers de Constantin. Résidence
de Constantin le Tyran, elle fut assiégée et prise en 411
par Constance, qui y fit Constantin prisonnier.
Comme ville épiscopale, Arles n'était
pas moins importante que comme ville municipale. Ville de naissance d'Ambroise,
évêque de Milan et père de l'Eglise
(qui y naquit d'un sénateur romain envoyé comme préfet
du prétoire des Gaules), Arles aspirait à la suprématie
religieuse. Vers l'an 400, d'après le concile de Turin ,
les évêques d'Arles prétendaient avoir la primatie
des Gaules
comme successeurs de saint Trophime, disciple immédiat des saints
Pierre
et Paul, qu'ils confondaient avec le Trophime envoyé
par le pape Fabien vers 250, dont Grégoire
de Tours a parlé le premier. Après un long différend
entre les évêques de Vienne
et ceux d'Arles, plusieurs fois rallumé par des décisions
contradictoires rendues par les papes, saint Léon adjugea à
Arles, en 450, les droits et prérogatives des primats sur la Première
Viennoise, sauf Valence ,
Grenoble
et Genève,
évêchés qu'il soumit avec celui de Tarentaise à
la métropole de Vienne. L'archevêché d'Arles avait
ainsi dix suffragants savoir : Marseille ,
Toulon ,
Orange ,
Saint-Paul-Trois-Chateaux, Viviers, Die ,
Avignon,
Cavaillon ,
Carpentras
et Vaison; il devait les perdre peu à peu en 1475, Die et Viviers
lui avaient été enlevés; à cette date la création
de l'archevêché d'Avignon le priva encore de Marseille, Toulon,
Orange, Saint-Paul.
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Les
Arènes d'Arles.
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Le
musée Arlaten.
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Avec l'établissement des Germains
dans les Gaules commença pour Arles une période de troubles
qui ne devait finir qu'avec la réunion de cette ville à la
France ;
mais qui ne l'empêcha pas d'être florissante par son commerce
et son industrie, république puissante, et de jouer un rôle
politique souvent important. L'histoire d'Arles, malheureusement, comme
celle de toute la Provence ,
doit au manque presque absolu de chroniques régionales d'être
pleine d'obscurités. On sait qu'elle soutint plusieurs sièges
au Ve siècle : Aétius
repoussa les Wisigoths
en 429; en 452 Thrasamond, en 457 Théodoric
Il, l'assiégèrent non moins infructueusement. Le roi
des Wisigoths, Euric, y établit sa cour
et sa résidence. Théodoric, fondateur
de l'empire ostrogothique, s'en empara après la mort d'Alaric
fils d'Euric et en fit le siège de la préfecture des Gaules.
Elle fut enlevée par les Austrasiens
aux descendants de Théodoric, malgré la résistance
que le général ostrogoth Ibas leur opposa en 508-509; elle
appartint finalement aux rois de Neustrie .
Sous les Carolingiens, partie intégrante
de l'empire, puis du royaume de Lotharingie, après avoir été
prise par les Sarrasins en 730 et leur
avoir été reprise par Charles-Martel,
Arles cesse d'avoir une histoire particulière. La création
du royaume de Bourgogne
en 879, par Boson, dans l'assemblée de Mantaille du 15 octobre,
ne lui rendit pas d'abord toute son importance, Boson et Louis
l'Aveugle firent de Vienne
leur capitale. Hugues seulement la replaça à Arles.
Arles prétendait être ville
impériale libre, ne voulait reconnaître que la puissance des
empereurs, et les empereurs confirmèrent, par la concession de plusieurs
chartes, les privilèges de l'archevêché, de l'église
et de la ville. En fait comme en droit, sous les empereurs-rois et sous
les comtes de Provence
des dynasties mérovingienne
et carolingienne, Arles fut à
peu près libre. La disparition du royaume d'Arles ,
l'éloignement des souverains auxquels Rodolphe le Fainéant
avait transmis ses droits, favorisèrent l'établissement des
libertés communales dans les grandes villes de Provence. Depuis
1131, la ville se gouverna presque seule sous l'autorité d'un conseil.
En 1212, Frédéric Il
concéda à Arles, sur la demande de l'archevêque Michel
de Morienne, qui lui avait été député à
Bâle ,
une constitution municipale (preuve qu'Arles n'a jamais dépendu
des comtes de Provence avant l'avènement de la maison d'Anjou ),
constitution si étendue qu'elle se déclara république,
et, en 1220, la création des podestats rapprocha encore plus son
gouvernement de celui des villes italiennes. Elle fut, dès lors,
gouvernée par un chef nommé podestat, des consuls et un juge
ou viguier. Le peuple élisait le podestat qui nommait le viguier;
l'archevêque nommait les consuls. Chef de la république,
le podestat prêtait serment de fidélité à l'empereur
entre les mains de l'archevêque, qui l'attendait en habits pontificaux
à la porte de la cathédrale.
Le podestat entrait en charge le lundi de Pâques,
avait l'administration des finances, de la police, de la guerre et était
juge souverain. Il datait les actes de l'année de l'empereur et
de l'année de son gouvernement. Il pouvait être renommé
après un an d'exercice de ses fonctions. Pierre d'Eyguières,
qui fut le premier podestat, fut continué pendant plusieurs années
en charge. Le viguier prêtait serment entre les mains de l'archevêque
ou de son grand-vicaire, avait l'administration de la justice et entrait
en charge le mardi de Pâques. Les consuls avaient le soin des affaires
de police.
Cette république ne tarda pas à
devenir très puissante par son commerce; elle contracta des alliances
avec Gênes
et avec d'autres villes maritimes. Cette indépendance prospère
dura peu. L'orgueilleux et tyrannique Charles
Ier d'Anjou ne put la supporter et
essaya de soumettre la ville à sa puissance par de moyens juridiques.
Devenu comte de Provence par suite de son mariage avec Béatrix,
il prétendit qu'en 1162 Frédéric
Barberousse avait donné au comte Raimond-Bérenger toute
juridiction sur la ville d'Arles, et que Raimond et ses successeurs en
avaient joui paisiblement. Il voulut faire revivre des droits plus ou moins
fondés. Les Arlésiens repoussèrent ses prétentions;
mais, intimidés par les forces du prince, vaincus par les conseils
de leur archevêque Jean de Baussan et du podestat Barral des Baux,
ils firent hommage, en 1251, à Charles, alors à Tarascon,
pour leur ville et ses dépendances, conservant toutefois leurs franchises,
et ils le reconnurent, non comme comte de Provence ,
mais seulement comme seigneur d'Arles. L'archevêque, personnellement,
fit hommage de la ville de Salon
et de tout le temporel de l'archevêché. Les prétentions
de Charles d'Anjou ne paraissent pas avoir été fondées,
car, avant lui, les comtes étaient seulement défenseurs et
avoués de l'Eglise et de la cité
d'Arles, à qui ils prêtaient serment de fidélité.
La fiction légale qui rattachait Arles au Saint-Empire
cessa sous le règne de Charles; après avoir exercé
plusieurs droits de souveraineté et confirmé les privilèges
d'Arles dans son voyage de 1354, après avoir été couronné,
en 1364, par l'archevêque G. de la Garde, comme roi d'Arles, devant
nombre de seigneurs, entre autres le sénéchal de Provence,
R. d'Agoult, il céda à son petit-neveu le dauphin, plus tard
Charles
VI, le vicariat du royaume d'Arles, en exceptant seulement les domaines
de la maison de Savoie .
Ainsi soumise à la domination immédiate des comtes de Provence
et à la suzeraineté des rois
de France, Arles suivit la fortune de la Provence. Son union à
la couronne fut définitivement terminée en 1535, quand François
ler s'y
attribua la haute justice en y fondant un siège de sénéchaussée.
De son ancienne grandeur, il ne resta à Arles que la satisfaction
de n'être ni viguerie, ni bailliage, mais simplement « terre
adjacente au comté de Provence ».
L'histoire municipale d'Arles finit ici.
Elle ne joua aucun rôle important sous la monarchie;
elle entra avec ardeur dans le mouvement révolutionnaire, dont elle
subit les excès. Privée de son archevêché, dépouillée
de son commerce par la transformation des constructions navales, qui a
rendu le cours du Rhône inférieur impraticable aux vaisseaux
modernes, Arles s'est muée en une ville de souvenirs, qu'éveillent
les touristes et le brouhaha qui entoure la féria taurine qui s'y
déroule chaque année.
Arles porte dans ses armes : d'argent
au lion accroupi d'or.
Monuments.
Arles a heureusement conservé les
reliques des civilisations qu'elle a traversées et ces monuments
en font une des villes de France les plus
intéressantes pour l'archéologue et le visiteur.
Les
« Arènes ».
L'amphithéâtre,
connu sous le nom vulgaire d'Arènes, est un monument de forme
elliptique dont le grand diamètre a environ 69,40 m, et le petit
39,63 m. Il pouvait contenir 25,000 spectateurs.
II se compose de deux rangs de portiques
superposés : le premier d'ordre dorique,
le second d'ordre corinthien, composés
à chaque étage de 60 arcades
cintrées à plein jour. L'intérieur est en ruines,
les dalles du podium sont brisées, les 43 rangs des gradins et les
précinctions sont enlevés. La restauration du monument a
été commencée sous Louis-Philippe
(1846-1847). Au Moyen âge
l'amphithéâtre servit de lieu de retraite et une ville tout
entière fut bâtie sur ses ruines; elle a subsisté jusqu'à
la Restauration, époque où l'on a commencé les fouilles
(1825) et le déblaiement; on a conservé une de ces masures
comme spécimen. Estrangin a dit que l'amphithéâtre
d'Arles était antérieur à celui de Nîmes
qui date de Titus. On connaît les jeux
qu'y donnèrent Gallus (251), Constance
II (353), Majorien (461) et les combats
de gladiateurs sous Childebert
en 538, après une première restauration de l'amphithéâtre.
Le wali de Narbonne
Yousouf Ibn-Abd-ar-Rahman, ayant pris Arles, transforma les arènes
en forteresse avec quatre énormes tours d'observation dont deux
seulement subsistent.
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Un
spectacle taurin dans les arènes d'Arles.
Le
théâtre.
Le théâtre,
beaucoup moins bien conservé que les arènes, avait une enceinte
extérieure de trois rangées d'arcades.
Dès 446, saint Hilaire, évêque
d'Arles, en commença la dévastation, enleva les marbres,
brisa les statues dont il fit enfouir les restes.
Les fouilles faites à diverses époques ont amené plusieurs
belles découvertes; la plus fameuse est celle de la Vénus
d'Arles en 1651, qui fut offerte à Louis
XIV. On y trouva aussi des fragments d'une statue d'Auguste,
un bas-relief représentant le supplice
de Marsyas ,
la célèbre tête de femme au nez cassé, trouvée
en 1822, un silène, qui sont aujourd'hui conservés au musée
des Antiquités, établi dans l'église
de Sainte-Anne. Du théâtre lui-même bâti sur le
même plan et dans les mêmes proportions que celui d'Orange ,
il ne reste aujourd'hui qu'une porte latérale,
trois arcades, deux colonnes corinthiennes
à chapiteaux, le proscenium,
le pavé de marbre et les premiers gradins. La largeur de la scène
est de 9 m; la largeur totale de 102,25 m. Il pouvait contenir 16,000
personnes.
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Le
théâtre romain.
Les
autres vestiges civils.
Il ne reste presque rien du forum;
deux colonnes en granit d'ordre corinthien encastrées dans la façade
d'un hôtel, quelques fragments de la façade des Thermes, et
des substructions sous les maisons voisines. A l'Est de la ville, on voit
quelques restes de l'ancien rempart'
romain.
Il ne reste rien des enceintes fortifiées construites au Moyen
âge dans l'intérieur de la cité pour séparer
la juridiction épiscopale de celle des magistrats municipaux.
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Les
remparts romains.
Il n'y a que quelques substructions
sans intérêt du palais de la Trouille, qui aient survécu
à la destruction du faubourg de Trinquetaille, où s'éleva
jadis une redoutable forteresse de la famille des Baux, que Raimond-Bérenger
prit et rasa en 1161. Sur le rocher qui s'élève près
des arènes et sur le chemin de Mouriès, il y a des restes
des aqueducs qui amenaient à Arles
les eaux des sources de Saint-Remy.
Sur la place de l'Hôtel-de-Ville
ou du Marché, ancienne place Royale, s'élève aujourd'hui
un bel Obélisque de granit qui,
destiné probablement à servir de spina au milieu du
cirque, est resté enfoui dans les vases du Rhône, peut être
depuis son débarquement jusqu'en 1676. Le 20 mars de cette année,
on le traîna sur rouleaux jusqu'à la place, on en refit les
angles avec des morceaux de granit, et on l'éleva sur un piédestal
en le consacrant à Louis XIV. ll repose
sur quatre lions accroupis, et porte l'inscription : Ab ira Leonis.
Sur sa pointe est un globe terrestre chargé
des armes de France et d'un soleil; c'est un monolithe haut de 15 m, qui
n'est pas de provenance égyptienne, comme on l'a cru longtemps,
mais bien en granit de l'Esterel ou peut-être de Corse .
Charles
IX avait voulu le faire déterrer et emporter à Paris,
mais il ne donna pas suite à son projet. Arles ne possède
plus aussi qu'un moulage de sa Vénus ,
ce ravissant marbre grec, dont l'attitude est
si noble et l'air de tête si charmant. On la trouva en 1651 dans
une maison particulière en creusant un puits; après avoir
été quelque temps l'ornement de l'hôtel de ville d'Arles,
elle fut offerte en 1684 à Louis XIV, et placée d'abord à
Versailles,
puis au Louvre.
A l'architecture privée de la Renaissance ,
Arles doit les beaux hôtels de Nicolay, Saint-Roman, Datty, Artaut
et Du Rourre. L'architecture civile moderne a doté Arles des magnifiques
quais du Rhône, et du pont tubulaire fixe, qui a avantageusement
remplacé les ponts de bateaux de Constantin et de 1240. La seule
promenade publique d'Arles est celle de la Lice, qui s'étend entre
les portes aujourd'hui détruites de la Roquette et de Maraneau.
Les autres portes de la ville étaient
la porte de la Cavalerie, la porte Agneau et la porte de Laure.
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L'église
Saint-Honorat, aux Aliscamps..
Une des curiosités les plus intéressantes
d'Arles, au moins pour les souvenirs historiques, est le cimetière
des Aliscamps ( Vivien ).
L'église
Saint-Trophime.
Comme souvenir du Moyen
âge ,
Arles possède sa cathédale
de Saint-Trophime, autrefois Saint Etienne, bâtie sur les ruines
d'une basilique romaine. La fondation en est
attribuée à Virgile, qui fut évêque en 631.
Saint Trophime existait sûrement en 813, lors du concile
réuni par Charlemagne. Bâtie
sur les plans des églises romanes,
elle fut reconstruite en 1421-1450, au moins en partie, par le cardinal-archevêque
Alleman; de cette époque datent le choeur et les chapelles
contiguës. Des travaux de consolidation et de restauration ont eu
lieu de 1865 à 1875. Saint-Trophime contient les tombeaux de plusieurs
archevêques, une statue de la Vierge, de
Léonard Murano (1618), une Lapidation de saint Estienne et
une Adoration des mages, énergiques peintures
du fameux Belge Finsonius, qui
passa presque toute sa vie en Provence ;
une fresque médiocre du Milanais Visconti
(1768) représentant la Prédication de saint Trophime; un
saint Christophe du sculpteur arlésien Dedieu. Derrière le
maître-autel
de Saint-Trophime, on conserve la châsse dite Sainte-Arche, que l'on
a prétendu renfermer un morceau du suaire
de Jésus, des épines de la couronne
de la Passion, des habits de la Vierge et des
os de saint Pierre et saint Paul.
La chaire est construite de débris antiques.
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Le
portail et, ci-dessous, le cloître de l'église saint-Trophime.
La partie la plus intéressante de
Saint-Trophime est son portail, commencé
par l'archevêque Hugues Béroard (vers 1221) et terminé
par J. Beaussan, purement gothique,
ce qui n'a pas empêché Emeric David, de le nommer «
le dernier soupir du ciseau grec ». Aussi beau que ceux des grandes
cathédrales
du Nord, il se compose de trois séries circulaires de bas-reliefs,
séparés par des colonnes de granit auxquelles sont adossées
les statues en pied des apôtres
reposent sur des animaux chimériques,
des vagues et des méandres ( L'imagerie).
Il est précédé d'un escalier
de dix marches, couronné d'un fronton
surbaissé dont les deux côtés reposent sur une corniche
que soutiennent d'espace en espace des consoles
représentant des figures allégoriques ou des feuillages.
A droite et à gauche du portail sont, dans des niches, les statues
du patron de l'église et de quatre apôtres en longues robes.
Les petites portes carrées des côtés sont du XVIIe
siècle.
Le cloître
a des analogies avec le portait. Il se compose de quatre galeries à
50 arcades; celles du midi et du couchant sont en arc
brisé, celles du levant et du nord sont à plein cintre.
Les colonnettes et les chapiteaux sont en marbre blanc avec des sculptures
médiocres comme oeuvres d'art, mais intéressantes, et des
feuilles d'acanthe d'un beau style. Saint-Trophime avait jadis un chapitre
de vingt chanoines, dont quatre dignités (prévôt, archidiacre,
sacristain, archi-prêtre), trois personats (capischol, primicier,
trésorier), et treize chanoines, dont un théologal. Ce chapitre
et celui des bénéficiers reçurent de Pierre Aimard
la règle de Saint Augustin, et se sécularisèrent sous
Nicolas Cybo, en 1484.
Les
autres églises d'Arles.
Les autres églises
d'Arles, Notre-Dame-la-Majeure, Sainte-Croix, Saint-Julien, Saint-Laurent
et Saint-Lucien, bâtie sur une chapelle
de l'époque romaine ,
n'offrent aucune curiosité. A Notre-Dame-la-Majeure, église
romane
bâtie sur les ruines d'un temple de Cybèle ,
une restauration complète n'a laissé subsister de la construction
primitive que les gros murs.
L'Abbaye de
Saint Césaire, aujourd'hui maison particulière, a deux chapelles,
l'une du XVe siècle, l'autre plus
ancienne. La chapelle de Notre-Dame de l'Assomption, devenue maison particulière,
a une belle voûte gothique.
L'hôtel de ville est une construction assez lourde du règne
de Louis XIV, sur un plan revu par Mansart.
Dans l'hôtel de ville est engagée la tour de l'Horloge, avec
une coupole de bon goût, qui supporte une statue de Mars ,
dite Homme de Bronze.
Dans l'ancienne église de Sainte-Anne,
on a établi le Musée lapidaire, qui renferme, outre les pièces
provenant du théâtre et citées plus haut, une statue
de Mithra ,
des bas-reliefs : les Muses ,
Médée
égorgeant ses enfants, des autels antiques,
l'un avec le bas-relief célèbre de Marsyas
et Apollon ,
des tombeaux romains, des sarcophages chrétiens.
A quelque distance d'Arles, s'élèvent
les ruines de la célèbre Abbaye de Montmajour.
(L.-G. Pélissier). |
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