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On
appelle pastel un procédé de peinture
qui consiste à peindre avec des crayons tendres de toutes les couleurs.
Le mot pastel, qui désigne encore et l'oeuvre ainsi peinte et le
crayon employé, vient de l'italien pastello, parce que les
crayons sont faits de couleurs broyées, réduites en pâte
(pasta) avec de l'eau de gomme et qu'on façonne en petits
rouleaux pendant quee la pâte est molle. Autrefois on peignait au
pastel sur un papier d'un jaune roux qu'on collait sur un bois léger;
aujourd'hui l'on peint souvent sur toile. L'invention de cette manière
de peindre est attribuée à Thiele, d'Erfurt, qui vivait au
commencement du XVIIIe siècle, et
aussi à Mlle Heid, de Dantzig. Un peintre allemand, Reifenstein,
a inventé des crayons durs et peint ce qu'il a appelé du
pastel
à la cire; Bachelier a aussi trouvé
une fabrication particulière de crayons, et le graveur Bonnet avait
imaginé une manière de graver qu'il dénommait gravure
au pastel, et sur laquelle il publia un mémoire en 1769,
le Pastel en gravure.
La peinture
au pastel, produite par la poussière du crayon qui s'écrase,
a une extrême légèreté; les passages s'obtiennent
avec un frottement du doigt et, comme dans la nature, le trait n'y apparaît
pas; d'un maniement plus facile que la peinture
à l'huile, elle peut se prendre et se quitter, et elle garde
au long du travail toute la fraîcheur de son éclat et la fleur
de son velouté. Mais elle est fragile; tout contact l'efface, et
le Soleil et l'humidité la détériorent : aussi, en
l'encadrant, la recouvre-t-on toujours d'une glace. La Tour et Loriot ont
publié le moyen de la fixer avec une préparation d'eau de
gomme additionnée d'esprit-de-vin dont les vapeurs se mêlent
au pastel.
Cet art, d'un charme enveloppant, était
singulièrement fait pour plaire, au XVIIIe
siècle; La Tour en fut le maître admirable, il mourut en 1788;
le musée de Saint-Quentin,
sa ville natale, possède une partie importante de son oeuvre. Autour
de lui il faut nommer Lietard, Chardin, Heinsius,
Prudhon.
L'Italie
eut la célèbre Rosalba Carriera, morte à Venise
en 1757; et l'Allemagne ,
Raphael Mengs, mort à Rome en 1779; le musée de Dresde compte
157 pastels de la Rosalba et 13 de Mengs, dont deux portraits
de lui-même. Le Louvre
a une superbe collection de pastels.
L'art du pastel, longtemps abandonné,
a repris à la fin du XIXe siècle
époque une vie nouvelle, et de grands peintres en ont recherché
le charme et la beauté. Une «-société
de pastellistes français » s'est fondée en 1885, qui
fit tous les ans une exposition à la galerie Georges Petit; Besnard
et Helleu, qui étaient les maîtres du pastel furent naturellement
au nombre des premiers sociétaires, ainsi que Puvis de Chavannes,
Heilhuth, et aussi Cazin et R. Ménard; parmi ceux qui plus tard
se joignirent à eux, on citera : J. Blanche, Chéret,
Dagnan, Eliot, Forain, La Touche, Machard. Une semblable association se
fonda un peu plus tard à Londres, The Pastel Society,
qui comptait parmi ses membres sir Richmond, Watts, J.-J. Shannon, Walter
Crane, Byam Schaw, J. M. Swan, et qui fit sa première exposition
au mois de février 1899. (Etienne Bricon). |
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