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Rigaud (Hyacinthe
François Honorat Pierre André Jean Rigau y Ros, dit
Hyacinthe Rigaud). - Peintre né à Perpignan
en 1659, mort à Paris
en 1743. Fils et petit-fils de peintres obscurs, il fut envoyé dès
l'âge de quatorze ans par sa mère à Montpellier ,
où il reçut les leçons de Pezet, de Verdier, de Ranc
le père, qui lui apprit surtout à admirer Van
Dyck. Ce fut à Lyon
que le jeune Rigaud commença de se distinguer; puis il se rendit
à Paris. Il avait alors vingt-deux ans. Le prix de Rome, qu'il remporta
en 1685, et la faveur du tout-puissant Charles
Le Brun, qui remarqua dès lors dans son protégé
une vocation aussi heureuse que décidée pour le portrait,
lui valurent rapidement une belle place dans le monde des arts.
Rigaud ne tarda pas à faire parler
de lui comme portraitiste, et l'effigie bourgeoise du joaillier Materon,
suivie de maint portrait des artistes de
l'époque, des fameux sculpteurs Girardon,
Desjardins, Coysevox,
Nicolas Coustou, des peintres Sébastien
Bourdon, Hallé, Lafosse, des architectes Robert
de Cotte et Mansart, et de Rigaud lui-même,
comptent parmi ses plus remarquables morceaux. Les littérateurs
aussi sont en nombre dans sa galerie : La Fontaine,
Boileau, Santeuil. L'Eglise y est représentée
par les évêques de Troyes ,
de Cambrai ,
de Meaux (Bossuet), etc. Mais les princes et
les ducs y tiennent la première place. On y voit le prince de Conti,
au moment où il fut nommé roi de Pologne ;
le duc d'Anjou ,
quand il fut appelé au trône d'Espagne ;
puis les ducs de Villars, de Villeroi, de Lesdiguières, d'Aiguillon.
Louis XIV lui-même vint poser devant Rigaud
en 1691.
-
Hyacinthe
Rigaud, autoportrait (1698).
Le Louvre
possède neuf des ouvrages de ce maître, parmi lesquels on
cite les portraits de Philippe
V, de Le Brun, de Mignard
et surtout de Bossuet. Dans cette dernière
oeuvre, qui n'est pas exempte d'une certaine emphase; Rigaud s'est élevé
,jusqu'à la dignité de l'histoire. La pose est pleine de
noblesse, et les moindres détails, draperies, guipures, soieries,
meubles, etc., ajoutent à la majesté de l'ensemble, sans
rien distraire de l'intérêt principal. En général,
les portraits de Rigaud respirent le faste qui était dans l'air
en ce temps-là; ils ont plus d'extérieur que de fond. Mais
ils sont magistralement peints : les têtes que Rigaud exécutait
à part, sur de petites toiles de chevalet, pour les rajuster ensuite
en les cousant à la place qu'elles . devaient occuper dans la grande
toile, sont pleines de caractère et d'expression. En 1709, les consuls
de sa ville natale admirent Rigaud au rang des citoyens nobles de Perpignan .
Louis XIV confirma cette nomination, que Louis
XV lui maintint également. (G. Cougny). |
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Rigaud (John Francis).
- Peintre anglais ,
né à Turin
le 18 mai 1749, mort à Londres
le 6 décembre 1810. Descendant, par son père Jean Duthil,
d'une famille protestante de Guyenne
exilée par la révocation de l'édit
de Nantes
et, par sa mère Elisabeth Rigaud, d'une famille dauphinoise, il
était destiné à continuer le commerce paternel, mais
il obtint de céder à son penchant pour la peinture. Après
des études chez Beaumont, peintre du roi de Sardaigne ,
il visita Florence ,
Bologne ,
Rome ,
retourna à Turin, puis reprit le chemin de Rome en 1768. Il se lia
dans cette ville avec James Barry (1741-1806), qui l'engagea à se
rendre en Angleterre .
Installé à Londres en 1771, il fut associé à
la Royal Academy en 1772, membre effectif en 1784, promu, à la même
date, peintre de Gustave IV de Suède
et membre de l'Académie de Stockholm .
Son oeuvre comprend de médiocres tableaux
d'histoire, de nombreux portraits, dont
quelques-uns assez bons, et surtout des décorations de plafonds
ou d'escaliers dans le goût italien.
On peut l'apprécier comme portraitiste à la National Portrait
Gallery de Londres. Il traduisit le Traité de peinture de
Léonard de Vinci (1802, 1806, 1838). Son
fils, Stephen-Francis Duthil (1777-1862), fut souvent le collaborateur
de son père et peignit lui-même, surtout à l'aquarelle.
(Fr. Benoît). |
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Rigaud (Jean Cyrille).
- Littérateur et poète français, né à
Montpellier
en 1750, mort à Montpellier en 1824. Elevé par son père
qui était libraire, il fit ses humanités à Genève .
Il se fit recevoir docteur en médecine, mais sa sensibilité
ne lui permit pas d'exercer. Rêveur et poète, il avait, dès
sa jeunesse, remporté un prix à l'Académie des Jeux
Floraux; il écrivit une comédie
qui fut jouée avec grand succès : la Nouvelle Paix;
il a aussi composé des fables, un poème
l'Amour et l'Hymen et un Eloge de Roucher. Les poésies
françaises de Rigaud sont oubliées, mais ses poésies
languedociennes sont encore très goûtées la plus jolie
par la beauté du style et la gaieté légère
est les Amours de Mounpeïé. On a publié ses vers
sous le titre de Pouesias patouesas. (Ph. B.). |
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Rigaud (Pierre-Augustin,
dit Auguste). - Poète languedocien, né à Montpellier
le 29 mars 1760, mort à Brive en avril 1835. Ses poésies
patoises sont élégantes et gracieuses, mais non exemptes
d'une certaine mièvrerie. Son oeuvre la plus connue est le petit
poème pastoral et descriptif des Vendemias de Pignan (écrit
vers 1780).
Son frère aîné, Jean-Cyrille,
né à Montpellier le 28 janvier 1750, mort à Montpellier
le 29 janvier 1824, longtemps bibliothécaire de sa ville natale,
est aussi l'auteur de diverses poésies patoises qlui ont été
imprimées avec celles du précédent (Pouesias patouesas
d'Auguste Rigaud et de Cyrille Rigaud (Mounpeyé, 1806); Obras
completas d'Auguste Rigaud et de Cyrille Rigaud; Mounpeyé, 1845).
(A. Jeanroy). |
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Rigaud (Antoine François).
- Auteur dramatique français, né à Paris
en 1767, mort en 1836. Encore au collège, il écrivit :
l'Ecole des belles-mères, petite pièce qui fut reçue
à la Comédie-Française; il composa alors le Souper
d'Auteuil, reçue aussi mais non jouée, car les acteurs
furent emprisonnés en 1793. En 1814, Rigaud est entré à
l'administration des postes où il resta jusqu'en 1830. Il a fait
représenter avec succès de nombreuses pièces, parmi
lesquelles nous citerons : les Deux Veuves (1799); l'Inconnu
(1800); les Deux Paulines, le Souper d'Auteuil (1806); Evelina
(1813); Retour de jeunesse (1824). |
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Rigaud (Stephen Peter).
- Astronome né à Richmond (Surrey), le 12 août 1774,
mort à Londres
le 16 mars 1839. Son grand-père et son père, qui descendaient
eux-mêmes de protestants réfugiés,
avaient été l'un et l'autre directeurs de l'observatoire
de Kew. Lui-même fit ses études à l'Exeter College
d'Oxford ,
où il occupa ensuite divers emplois et, de bonne heure, il se fit
remarquer par de savants travaux qui lui valurent d'être élu,
dès 1805, membre de la Société royale de Londres.
En 1810 il fut appelé à la chaire de géométrie
de l'Université, en 1827 à celle d'astronomie
et, la même année, fut nommé directeur de l'observatoire
Radcliffe, qu'il agrandit et améliora. Outre un grand nombre de
mémoires, de notes et d'articles parus dans les Philosophical
Transactions, dans le Philosophical Magazine, dans le Nautical
Magazine, etc., Rigaud, qui possédait une vaste érudition,
a publié : The Miscellaneous works and correspondence of J.
Bradley (Oxford, 1832; suppl., 1833); Account of Halley's
Astronomiae cometicae synopsis (Oxford, 1835); An historical essay
on the Isaac Newton's Principia (Oxford, 1838);
Correspondence of scientific men of the 17th, century (Oxford, 1841,
2 vol.). La plupart de ces correspondances, crues depuis longtemps perdues,
avaient été retrouvées par lui, en même temps
que d'importants manuscrits de Bradley, de Th. Harriot,
etc., dans les vieilles archives de l'observatoire Radcliffe. (L.
S.). |
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Rigaud (André).
- Général haïtien, né aux Cayes en 1761, mort
le 18 septembre 1841. Rigaud lutta énergiquement contre les Anglais
en 1794 à Leogane et à Tiburon, puis prit parti pour la révolution
lors du soulèvement des gens de couleur (1796). Il se sépara
de Toussaint Louverture (1800), mais fut cependant
déporté en France
par le général Leclerc, lorsque celui-ci eut fait exécuter
Toussaint. Il résida longtemps à Montpellier ,
puis, le 2 janvier 1840, réussit à s'embarquer au Havre
et arriva aux Cayes le 7 avril. Le 19, Pétion le créa général
de division et, en ,juin, lui confia la direction d'une expédition
contre Goman révolté, dans la région de la grande
Anse. Rigaud ne tarda pas à se soulever contre Pétion. Le
1er novembre 1840, il entra victorieux
aux Cayes et détacha le département du Sud de celui de l'Ouest.
Pétion dut traiter (25 novembre) et conclure avec lui une alliance
contre le Nord. Le 9 janvier 1841, Rigaud fit voter la constitution du
Sud. Renversé à son tour par une conspiration militaire (27
juin-13 août 1841), Rigaud se laissa mourir de faim ( L'histoire
de Haïti ). |